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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 11:15

François Fillon, Premier ministre, invité du journal de 20 heures de France 2 répond aux questions de David Pujadas après le remaniement ministériel, le mercredi 24 juin 09 (version vidéo et écrite intégrale).


David PUJADAS
On en vient à l’actualité politique évidemment très riche ce soir, la France a un nouveau gouvernement (…) Quel sens donner à ces changements ? Quelle politique pour demain ? Le Premier ministre, François FILLON, est notre invité ce soir. Merci d’avoir choisi FRANCE 2 pour cette première intervention. D’abord, quelques réactions à l’annonce de ce gouvernement (…) On entendait, François FILLON, Jean-Marc AYRAULT dire : « C’est plutôt un gouvernement de fermeture. » C’est vrai qu’il n’y a aucun ministre de gauche nommé. L’ouverture, elle a fait son temps, c’est terminé ?
François FILLON
Non, l’ouverture, ça dure et ça marche. Je veux dire par là que les ministres qui incarnent l’ouverture dans mon gouvernement, qui pour l’essentiel viennent de la gauche, ils ne sont pas partis du gouvernement, donc il n’y avait pas lieu de les remplacer. Bernard KOUCHNER est toujours là, Eric BESSON est toujours là. Ce que nous avons cherché à faire avec le président de la République, c’est à poursuivre l’effort au fond de représentation de la diversité de la société française en allant chercher une compétence comme celle de Frédéric MITTERRAND, qui est reconnu comme un grand professionnel de la culture, ou Nora BERRA ou Marie-Luce PENCHARD, que vous avez montrée à l’instant, ou des jeunes, il y a trois, quatre quadragénaires qui accèdent à des responsabilités nouvelles, je pense à Luc CHATEL, à Bruno LE MAIRE ou à Benoist APPARU. Donc, on poursuit cet effort d’ouverture, l’ouverture n’est pas seulement une ouverture vers la gauche, c’est aussi une ouverture vers la société française.
David PUJADAS
Frédéric MITTERRAND, qu’est-ce que c’est ? C’est la touche de surprise ou d’exotisme qu’il faut à tout gouvernement pour être un peu médiatique ?
François FILLON
Non, c’est un grand professionnel qui va apporter son regard, son expérience, son talent au gouvernement. Il n’y a aucune raison de constituer des gouvernements homogènes, avec des hommes et des femmes qui pensent tous la même chose, qui viennent tous des mêmes horizons. C’est comme…
David PUJADAS
C’était votre choix ?
François FILLON
… C’est comme ça qu’on se ferme. Le gouvernement de fermeture, ce serait celui-là. Donc, avec le président de la République, on a cherché en permanence, depuis deux ans d’ailleurs, à recruter aux bons postes les bonnes personnes. Je pense qu’on a réussi de ce point de vue-là à trouver les bons équilibres.
David PUJADAS
Il y a des éléments qui retiennent l’attention, le secrétariat d’Etat aux Droits de l’homme est supprimé. Ça veut dire quoi ? Ça ne marchait pas ? C’était inutile ? C’était un artifice ?
François FILLON
Non, en réalité, il n’est pas supprimé, c’est le ministre des Affaires étrangères, Bernard KOUCHNER, qui a en responsabilité désormais la fonction qui était celle de Rama YADE…
David PUJADAS
On aurait pu avoir ce raisonnement avant alors !
François FILLON
C’est vrai qu’on fait des essais, on peut parfois se tromper. On est arrivé, avec Bernard KOUCHNER et avec Rama YADE, à la conclusion que c’était difficile pour une personne d’occuper seulement cette fonction-là. C’était très compliqué, ce n’était pas au fond extrêmement efficace. Donc, on a préféré remettre cette fonction dans le portefeuille de Bernard KOUCHNER qui le défendra avec beaucoup de talent.
David PUJADAS
Alors, ce n’est pas un secret, vous, vous étiez pour un réajustement technique très limité. Finalement, le changement est plus grand, plus profond. Pourquoi ?
François FILLON
D’abord, je voudrais vous faire remarquer que ce n’est pas un remaniement aussi considérable que je l’entends dire. Il y a huit nouveaux entrants et huit sortants sur un gouvernement de trente-neuf personnes…
David PUJADAS
Neuf changements d’affectation.
François FILLON
Il y a beaucoup de stabilité, en particulier il y a beaucoup de stabilité sur des sujets qui, pour moi, étaient absolument fondamentaux, notamment face à la crise économique. Vous constaterez que tous les ministres en charge de l’économie, des finances sont les mêmes. C’est un vrai changement dans notre pays qui avait pris l’habitude de modifier, de changer les ministres des finances quasiment tous les six mois. Alors, c’est vrai qu’on a changé quelques titulaires de poste, d’abord, parce qu’un gouvernement, il faut que ça respire, c’est un métier très, très difficile, surtout à des responsabilités comme l’intérieur ou comme la justice ou comme l’éducation. Et puis, il y a de nouvelles pages qui vont s’écrire avec de nouvelles réformes. On a estimé, avec le président de la République, que pour la réforme de la justice, après le travail remarquable et très difficile qu’avait fait Rachida DATI, il fallait quelqu’un qui incarne cette réforme. Pour la réforme des collectivités locales, qui va être conduite par Brice HORTEFEUX à l’Intérieur, il nous a semblé que c’était l’homme le plus apte à convaincre la majorité parlementaire de conduire cette réforme. Voilà, donc on cherche en permanence à trouver la bonne personne à la bonne place.
David PUJADAS
Alors, quelle sera la politique suivie ? Avant de vous entendre sur le sujet, deux chiffres et un commentaire. Les chiffres, les voici, c’est le ministère du Budget qui les donne et ils montrent le plongeon des comptes publics ; déficit prévu cette année : 140 milliards d’euros tout compris, soit 7 à 7,5 % du PIB, c’est un record absolu ; la dette fait un bond à près de 1 500 milliards d’euros et 77 % du PIB, là aussi, on bat tous les records. Le commentaire, c’est celui de Philippe SEGUIN, le président de la Cour des comptes, qui a rendu son rapport annuel, qui était l’un de vos proches, François FILLON, il parle de « fuite en avant, plus on attend, plus il faudra payer », dit-il. On l’écoute.
(Déclaration Philippe SEGUIN)
David PUJADAS
 Soixante-dix milliards d’économie, dit Philippe SEGUIN. Monsieur le Premier ministre, est-ce qu’il honnête de dire qu’on n’augmentera pas les impôts ?
François FILLON
Oui, parce qu’il faut distinguer deux choses. Philippe SEGUIN a raison, il est dans son rôle en alertant sur l’importance du déficit. Il faut ajouter que tous les pays développés sont aujourd’hui dans la même situation. Il y a deux…
David PUJADAS
Sauf l’Allemagne, qui est un peu moins…
François FILLON
Enfin, qui est en train de voir son déficit augmenter, même si elle part effectivement d’une situation meilleure. Il y a deux déficits, il y a le déficit structurel, c’est-à-dire les dépenses courantes, quotidiennes, sur lesquelles…
David PUJADAS
La moitié du déficit, dit Philippe SEGUIN.
François FILLON
… Qui représentent la moitié du déficit et sur lesquelles nous avons, depuis trois ans, porté un effort considérable. Depuis trois ans, pour la première fois depuis très longtemps, les dépenses de l’Etat ont été gelées à zéro et elles le seront encore en 2010. On a engagé un effort de réduction des emplois publics, qui est d’ailleurs difficile parfois à accepter par nos concitoyens, qui va se poursuivre en 2010. On a surtout engagé des réformes structurelles qui permettront de réduire ce déficit. La réforme des collectivités territoriales, elle vise à réduire le nombre d’échelons, à enlever de la complexité dans le système pour réduire les coûts…
David PUJADAS
Elle n’est pas encore engagée…
François FILLON
Non, mais il faut, justement, c’est bien pour ça qu’on veut accélérer les choses. La réforme des retraites, qui a connu déjà trois étapes, la fonction publique, les régimes spéciaux, l’ensemble des régimes de retraite, le président de la République a fixé un rendez-vous en 2010 qui va nous conduire à prendre des décisions qui seront forcément des décisions fortes, soit sur l’allongement de la durée de cotisation, c’était la proposition que la majorité avait acceptée dans la réforme que je portais, soit…
David PUJADAS
C’est inévitable ?
François FILLON
C’est absolument inévitable, parce que la vie s’allonge. Soit, sur l’allongement de la durée légale, enfin sur l’allongement de la durée légale de départ à la retraite. Aujourd’hui même, a été votée, après bien des débats, une réforme fondamentale de l’hôpital qu’a portée Roselyne BACHELOT, qui va conduire à réduire les déficits. Donc, il y a d’abord cet effort de réduction des déficits structurels sur lequel je suis parfaitement d’accord avec Philippe SEGUIN et j’ai toujours dit que, moi, je ne céderai jamais sur cette question parce que, pour moi, elle est fondamentale. A côté, vous avez les déficits qui sont liés à la crise, c’est-à-dire les dépenses de relance, les recettes qui sont en chute libre. C’est là où le président de la République a fait une proposition que nous allons mettre en œuvre, qui consiste à investir massivement – je sais que ça peut paraître paradoxal – dans des secteurs porteurs d’avenir en termes de création de richesse et de création d’emploi. Parce que pour nous, la seule façon de réduire ce déficit, c’est d’aller chercher de la croissance. Si on augmente les impôts aujourd’hui, on va accroître la récession dans notre pays. Si on augmente les impôts, demain, au moment où on sortira de la crise, on cassera la reprise. Donc, la seule solution, c’est de faire ce qu’on a fait dans les années 60 quand on a financé massivement le nucléaire, l’aéronautique, le spatial…
David PUJADAS
Alors, Nicolas SARKOZY dit : Un grand emprunt sera lancé. Est-ce qu’on peut en savoir davantage ? Combien ? A quel taux ? Qui sera sollicité pour le souscrire ?
François FILLON
Avant de lancer l’emprunt, on va d’abord définir les vraies priorités stratégiques. Pour moi, il est absolument essentiel que pas un euro de cet emprunt ne soit utilisé à des dépenses qui seraient des dépenses non prioritaires, qui ne seraient pas des dépenses utiles, qui ne seraient pas des dépenses qui génèreraient de la richesse. Je réunis le gouvernement dès dimanche prochain pour fixer ces priorités, en tout cas du point de vue gouvernemental. Le 1er juillet, avec le président de la République, on va recevoir les syndicats, les partenaires sociaux, pour débattre avec eux de cette question. Et puis, ensuite, le Parlement, dans les semaines suivantes, sera amené à prendre des décisions sur les priorités…
David PUJADAS
Est-ce qu’on a une idée des grands thèmes qui seront concernés ?
François FILLON
On peut imaginer naturellement que les biotechnologies, que l’énergie du futur, les voitures électriques, un certain nombre de secteurs dans le domaine alimentaire ou dans le domaine de la santé, l’éducation en général, parce qu’on a évidemment besoin d’investir, notamment dans l’enseignement supérieur et dans la recherche. A partir de la définition de ces priorités, on fixera le montant de cet emprunt…
David PUJADAS
Ce sera quoi, une vingtaine de milliards, l’ordre de grandeur ?
François FILLON
Je n’en ai, aujourd’hui, pas du tout idée et je n’ai, en plus, pas du tout envie d’en parler, parce qu’il faut d’abord commencer par parler des priorités…
David PUJADAS
Mais c’est les Français qui seront sollicités en tout cas…

François FILLON
… Notre idée, c’est de solliciter les Français, en tout cas pour une part. Parce que, au fond, derrière cet emprunt, il y a l’idée d’associer la Nation à cet effort. Je pense que face à la crise qu’on rencontre…
David PUJADAS
Il y a un côté psychologique…
François FILLON
… Le maître mot, c’est l’unité nationale. On a besoin d’unité au sein de l’exécutif, on a besoin d’unité au sein de la majorité. Mais on a surtout besoin d’unité avec les Français pour faire face à une crise qui est une crise comme on n’en a jamais connue et pour laquelle aucune des solutions précédentes ne peut être appliquée.
David PUJADAS
Un mot encore, François FILLON, on a le sentiment que sur ce remaniement gouvernemental, la quasi-totalité des décisions ont été prises à l’Elysée. On l’a vu au Congrès de Versailles, finalement, vous n’aviez pas votre mot à dire, pour des raisons constitutionnelles, mais le fait est là ! Alors, est-ce que les textes et la pratique ne conduisent pas à un effacement du Premier ministre qui est de plus en plus difficile à supporter ?
François FILLON
Je vais vous dire, je pense que c’est un débat qui intéresse 300 personnes à Paris. Est-ce que vous pensez un seul instant que les Français attendent que le Premier ministre s’oppose au président de la République ?
David PUJADAS
S’oppose, pas forcément, mais décide autant que lui…
François FILLON
… Pour le reste, vous ne savez pas naturellement ce qui, dans les décisions qui sont prises, revient au président de la République et au Premier ministre. Je peux vous dire que la Constitution est parfaitement respectée. Moi, j’ai en charge, c’est l’article 21 de la Constitution, la conduite du gouvernement. Ce gouvernement, il met en œuvre une politique qui est celle que le président de la République a présentée aux Français. C’est lui qui a été candidat devant les Français, c’est son projet politique que je mets en œuvre.
David PUJADAS
Vous ne rongez pas votre frein ?
François FILLON
Je ne ronge pas mon frein, pour la bonne raison que je mets en œuvre un projet politique auquel j’adhère. Si je n’adhérais pas au projet politique du président de la République, je m’en irais. Parce qu’il n’y a pas de place dans notre système institutionnel pour un Premier ministre qui aurait la volonté de conduire une politique différente ou même si c’est à la marge de la politique du président de la République.
David PUJADAS
Merci, Monsieur le Premier ministre, d’avoir accepté notre invitation ce soir.

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Publié par François Fillon - dans INTERVIEWS
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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 14:08
Jeudi 12 juin 2008, le Premier ministre était l'invité de l'émission "A Vous de juger", présentée par Arlette Chabot sur France 2. Il a décrit les grands axes de la politique de réformes du gouvernement (version intégrale ici) et est  revenu sur des questions de fond de notre époque, comme la hausse du prix du pétrole (extrait suivant).

Extrait :

BÉATRICE MADELINE
"(…) le prix du pétrole ce n’est pas un élément intrinsèque à l’économie française mais les Français subissent de plein fouet la hausse des prix à la pompe. On le voit aujourd’hui, le prix des carburants vient devant l’alimentation par exemple dans le budget des ménages. Alors qu’est-ce qu’on fait pour aider les Français aujourd’hui qui ont du mal à remplir leur réservoir et à aller travailler pour certains ? Aujourd’hui, le coût du trajet domicile/travail peut annuler l’intérêt de l’emploi…    

FRANÇOIS FILLON
Absolument. D’abord il faut dire qu’on n’est pas devant une crise conjoncturelle qu’on pourrait espérer passagère, on est devant une situation qui va durer avec peut-être des hauts et des bas. Il y a une demande très, très forte qui est liée à la mondialisation, qui est liée à l’émergence de nouvelles économies, et puis il y a une offre de pétrole qui, elle, est stagnante et dont on connaît à peu près la fin.

BÉATRICE MADELINE
Oui, on dit qu’en 2050 il n’y aura plus de pétrole… 

FRANÇOIS FILLON
On dit grosso modo qu’il y a 45 ans de réserves avec en tous cas les moyens techniques actuels, il y en a peut-être un peu plus. Mais je voudrais vous faire remarquer une chose c’est que c’est la première fois que des générations qui sont vivantes sont confrontées à la question de la fin du pétrole. C’est-à-dire que j’ai un fils de sept ans, il est certain qu’il verra un monde sans pétrole, ce qui est une grande nouveauté. Donc la première chose qu’il faut faire c’est refuser la démagogie, je pense que la responsabilité d’un homme d’Etat c’est de préparer son pays à cette situation. Ca veut dire premièrement le Grenelle de l’environnement, les économies d’énergie massives, ça veut dire le développement des énergies renouvelables, on s’est fixé un objectif de 20% en 2020, et ça veut dire, et je voudrais insister là-dessus ce soir, le développement de l’énergie nucléaire.    

BÉATRICE MADELINE
Donc concrètement on fait quoi ?

FRANÇOIS FILLON
Donc ça veut dire que concrètement nous allons, nous avons déjà décidé de la construction d’un premier EPR, c’est-à-dire un réacteur nucléaire de nouvelle génération qui est en cours de construction, on est en train de réfléchir avec le président de la République et avec le ministre de l’Industrie au lancement de la construction d’un deuxième EPR. Nous voulons que l’énergie nucléaire soit une des réponses principales à la crise du pétrole que l’on connaît. Ca c’est pour les réponses structurelles…

BÉATRICE MADELINE
A long terme… 

FRANÇOIS FILLON
Ca prend du temps…

BÉATRICE MADELINE
Dans l’immédiat, pour les Français…  

FRANÇOIS FILLON
Pour les réponses conjoncturelles, on a pris plusieurs initiatives, d’abord une initiative européenne. La gauche réclame à corps et à cri ce qu’on appelle la TIPP flottante. C’est une mauvaise idée.  

ARLETTE CHABOT
François HOLLANDE va sûrement vous en parler tout à l’heure…    

FRANÇOIS FILLON
Sûrement, c’est une très mauvaise idée, je luis dis à l’avance. C’est une très mauvaise idée parce que la TIPP flottante ça n’a jamais marché, ça avait coûté à l’époque trois milliards d’euros quand ils l’avaient mis en place les socialistes, ça avait baissé le prix de l’ordre de trois centimes au litre. Et surtout la TIPP étant une taxe sur les volumes de pétrole consommé, comme les volumes diminuent avec l’augmentation des prix c’est une taxe qui baisse, c’est une recette qui baisse. Ce que nous voulons avec le président de la République c’est de pouvoir moduler la TVA qui, elle, augmente au fur et à mesure de l’augmentation du prix du pétrole au-dessus d’un certain niveau. Et nous avons demandé aux Européens puisqu’il faut un accord des Européens d’examiner cette question.     

ARLETTE CHABOT
Mais pour l’instant ils vous ont dit non, ils ont dit non dans un premier temps.   

FRANÇOIS FILLON
Oui mais c’est toujours comme ça en Europe, c’est-à-dire que la pensée unique c’est toujours non d’abord puis après on discute. Donc on a commencé à discuter, on a eu une longue conversation avec madame MERKEL lundi sur cette question, le président de la République a eu monsieur ZAPATERO aujourd’hui longuement, et nous allons faire ensemble une demande officielle à la Commission pour qu’elle examine…

ARLETTE CHABOT
Quand ?

FRANÇOIS FILLON
Au prochain Conseil qui a lieu dans quelques jours pour qu’elle examine cette question. C’est quand même assez…

ARLETTE CHABOT
Et ça peut aboutir cette fois ?

FRANÇOIS FILLON
Bien sûr que ça peut aboutir, ça consisterait à donner aux Etats la possibilité au-dessus d’un certain niveau de prix du baril de moduler la TVA. C’est quand même assez simple, je pense, de comprendre même quand on est haut fonctionnaire à Bruxelles que ce n’est pas pareil d’exiger 20% de TVA sur un baril à 40 dollars et sur un baril à 200 dollars, ça n’a pas les mêmes conséquences.

BÉATRICE MADELINE
La modulation pourrait être de combien avec quel impact sur les prix à la pompe ?      

FRANÇOIS FILLON
Ca c’est une discussion qu’il faut qu’on ait avec l’ensemble des Européens, qu’on se mette d’accord sur le seuil de déclenchement de cette modulation, et surtout qu’on laisse ensuite aux Etats la possibilité peut-être d’adapter la modulation en fonction de leur propre situation. Alors maintenant ça encore c’est une réponse, c’est du court, moyen terme.

BÉATRICE MADELINE
C’est une réponse…

ARLETTE CHABOT
Pardonnez-moi, précisément, même s’il y a un accord européen ça s’appliquera quand à peu près ?  

FRANÇOIS FILLON     
Ca peut s‘appliquer dans plusieurs mois.

ARLETTE CHABOT
Oui, c’est-à-dire genre 2009, 2008 ou 2009 ?

FRANÇOIS FILLON
Ah ça peut s’appliquer s’il y avait un accord européen ça peut s’appliquer très vite mais il faudra quand même plusieurs mois. Et c’est pour ça que nous avons prévu aussi des réponses nationales immédiates, d’abord l’augmentation de l’aide à la cuve pour les personnes…

BÉATRICE MADELINE
Alors la prime à la cuve c’est combien, c’est 150 euros ?       

FRANÇOIS FILLON
Elle va être à 200 euros, elle va être portée de 150 à 200 euros, et c’est une prime à la cuve qui est pour environ
700.000 ménages…

BÉATRICE MADELINE
700.000 Français, c’est assez peu… 

FRANÇOIS FILLON
C’est assez peu…

BÉATRICE MADELINE
Par rapport au nombre de gens qui sont pénalisés aujourd’hui par rapport au prix de l’essence… 

FRANÇOIS FILLON
C’est assez peu et en même temps c’est beaucoup, et il n’y a pas de miracle sur ces sujets-là, on ne pourra pas baisser le prix du carburant au moment où le pétrole s’envole. Deuxièmement, on a mis en place un tarif social du gaz qui va entrer en vigueur dans les tout prochains jours et qui…

BÉATRICE MADELINE
Alors là aussi c’est combien, ça concerne combien de personnes ?  

ARLETTE CHABOT
Qui ?

FRANÇOIS FILLON
Ca concerne donc les personnes qui sont à la CMU, donc environ à peu près le même nombre de personnes, et ça pourra…

BÉATRICE MADELINE
700.000.

FRANÇOIS FILLON
Et ça pourra monter jusqu’à environ une centaine d’euros. Il y a un tarif social de l’électricité qui a été mis en place. Puis il y a un débat sur le problème des trajets domicile/travail. Il y avait un système qui avait été imaginé par le gouvernement précédent de chèque transport qui ne fonctionne pas…

BÉATRICE MADELINE
Que vous avez abandonné en novembre dernier, auquel vous avez renoncé…  

FRANÇOIS FILLON
Non, on ne l’a pas abandonné mais il ne fonctionne pas, il n’y en a jamais eu.

BÉATRICE MADELINE
Il n’a jamais fonctionné… 

FRANÇOIS FILLON
Il n’y en a même jamais eu d’imprimé, donc ça veut dire que ça n’a pas été un succès. Alors j’ai regardé pourquoi ça n’a pas été un succès, ça n’a pas été un succès parce que c’était trop compliqué. Donc j’ai décidé qu’on allait remplacer ce chèque transport par une aide directe qui sera sur la feuille de paie du salarié et comme ce sont les entreprises qui financent avec l’aide de l’Eta ce dispositif je demande aux partenaires sociaux ce soir, et je vais leur écrire demain, de se réunir pour décider ensemble puisque c’est leur responsabilité des conditions d’application de cette nouvelle aide et l’Etat naturellement, comme il le faisait ou comme il l’aurait fait pour le chèque transport, apportera sa contribution sous forme d’une aide fiscale.

ARLETTE CHABOT
Donc ça va se discuter dans chaque entreprise pour qu’on comprenne bien ?  

FRANÇOIS FILLON
Non…mon idée c’est ce que ça se discute d’abord entre les partenaires sociaux au plan national, qu’ils se mettent d’accord sur un dispositif, qui y a droit, dans quelles conditions, et puis ensuite nous mettrons en place le dispositif. Ce qu’il faut simplement c’est que ce dispositif soit conforme à nos intérêts sur le plan écologique, donc ça veut dire qu’il encourage l’utilisation des transports en commun et que ce ne soit une aide au plein d’essence que lorsqu’il n’y a pas d’autre solution".

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 08:57
Voici le texte intégral de l'entretien du Premier ministre avec Virginie LEGUAY, publié dans le Journal du Dimanche

Vous réclamiez une feuille de route. L'avez-vous aujourd'hui?
La feuille de route, je la connais. L'intervention du Président répondait plus à une demande des Français. La réforme bouscule: les interrogations sont nombreuses, des tensions se manifestent. Il était nécessaire de redonner le cap. Le président de la République l'a fait simplement, avec franchise. Sans rien cacher aux Français des difficultés rencontrées.

Pour expliquer ses difficultés, Nicolas Sarkozy a invoqué le contexte international: crise des subprimes, baisse du dollar, prix du pétrole... Tous les pays européens sont logés à la même enseigne: certains ont des meilleurs résultats que la France...
La France a pris du retard. Depuis vingt ans, notre pays hésite à entrer dans le 21e siècle. Il s'est accroché à une époque bénie où les grandes puissances se partageaient la production des richesses du monde et a fait pendant trop longtemps comme si cette situation devait durer toujours. Si nous voulons rattraper ce retard, nous devons faire vite. Ce qui se joue en ce moment dépasse largement la popularité de Nicolas Sarkozy, la mienne ou celle de la majorité. Il s'agit de savoir si la France est capable de se redresser ou si elle va s'orienter de façon durable vers le déclin. Et il y a un an, nous avons fait un choix: celui de faire toutes les réformes en même temps pour relancer notre pays.

"Toutes les réformes en même temps". Un choix critiqué jusque dans votre camp. Trop de réformes tuent la réforme disent certains. Hervé de Charrette a accusé Nicolas Sarkozy de rendre la "réforme haïssable".
La France n'a pas de temps à perdre. Ceux qui appellent à moins de réformes, sont souvent ceux qui n'en n'ont jamais fait. Et pour lesquels la réforme acceptable est une réforme d'apparence. Une réforme superficielle, sans effet. Quand je vois ce qui a été fait, ou plutôt ce qui n'a pas été fait, depuis vingt-cinq ans, je me demande qui est vraiment en mesure de nous donner des leçons en matière de réforme.

Les Français doutent de la méthode suivie. D'autant qu'ils ne constatent aucune amélioration de leur niveau de vie...
Que les Français soient préoccupés, inquiets, critiques à l'égard des réformes, je l'entends. Mais tous peuvent comprendre que les réformes lancées il y a un mois, trois mois, six mois ne peuvent déjà avoir des résultats. Pour les heures supplémentaires, par exemple, la feuille de paye augmente dès maintenant, mais la feuille d'impôt baissera l'année prochaine, lorsque les Français payeront leurs impôts.

Vous évoquez le bouclier fiscal: un "cadeau fait aux riches" disent les Français...
Mettre en place un bouclier fiscal, c'est reconnaître qu'on ne doit pas travailler plus de la moitié de son temps pour l'Etat. Ecraser de fiscalité les Français qui réussissent, c'est les encourager à se délocaliser. On ne peut pas rester les bras croisés face aux Français qui quittent chaque année notre pays pour s'installer en Grande-Bretagne ou en Belgique. Il faut avoir le courage de prendre les bonnes mesures, même si elles ne sont pas comprises sur le moment. Le bouclier fiscal ne représente que 220 millions d'euros et la gauche qui avance le chiffre de 15 milliards d'euros par an est d'une absolue mauvaise foi. C'est une escroquerie. Ces 15 milliards d'euros sont, en réalité, essentiellement destinés aux Français modestes et aux classes moyennes, à travers les heures supplémentaires, les réductions d'intérêts d'emprunts pour l'acquisition d'un logement et la quasi-suppression des droits de succession.

A propos de ce bouclier fiscal, Nicolas Sarkozy a évoqué des "erreurs de communication". En prenez-vous votre part?
J'assume ma part d'erreur! Je regrette notamment de ne pas avoir été, à l'époque, plus offensif face à une gauche qui travestissait la vérité avec des chiffres et des arguments archi faux. Nous aurions dû combattre ce discours mensonger et irresponsable avec plus de fermeté. J'ai pensé qu'il était tellement éloigné de la réalité qu'il ne prendrait pas dans l'opinion publique. J'ai eu tort.

Coupant court aux rumeurs de mésentente, Nicolas Sarkozy a parlé de vous comme d'un "bon premier ministre" avec lequel il dit travailler "la main dans la main". Un service minimum?
Nous vivons une situation étrange où quand le Président a des paroles aimables à l'égard de son premier ministre, c'est insuffisant, et quand il n'en a pas c'est que notre relation est difficile. Nous avons, avec Nicolas Sarkozy, une relation confiante, ancienne, qui résiste à la gravité de sa charge et aux exigences de ma fonction. Le Président me connaît assez pour savoir que je suis fidèle, loyal, sans être courtisan. Qu'il y ait eu, entre nous, des moments de tension compte tenu de la charge de travail qui est la nôtre, c'est normal. Qu'il y ait eu des débats préalablement à l'élaboration de positions communes, là aussi, c'est normal.

Nombreux pourtant sont les ministres qui disent que les arbitrages se font dorénavant à l'Elysée au détriment de Matignon.
L'équilibre entre l'Elysée et Matignon correspond au couple que nous formons avec Nicolas Sarkozy. Le Général de Gaulle centralisait beaucoup. Valéry Giscard d'Estaing envoyait de nombreuses lettres de mission à son premier ministre. Il n'y a rien de nouveau dans la situation actuelle. Des réunions ont lieu à l'Elysée durant lesquelles s'élabore la ligne gouvernementale. Ensuite Matignon fait son travail d'arbitrage, assure la cohérence budgétaire. C'est un partage du travail normal entre un Président de la République investi par les Français, qui assume pleinement ses responsabilités, et un premier ministre à qui il revient d'assurer le fonctionnement quotidien de la machine gouvernementale.

De nombreux couacs gouvernementaux sont intervenus ces deniers mois. Un manque de cohérence entre l'Elysée et Matignon?
Ces "couacs" sont pour l'essentiel des couacs de faible importance quand on pense, par exemple, à ce qui se passait avec la majorité plurielle de Lionel Jospin. Ce qui a pu toutefois poser problème, c'est leur répétition. Avec le président de la République nous l'avons dit de façon vigoureuse aux ministres concernés. Ces couacs sont aussi dus au fait que nous faisons beaucoup de réformes à un train rapide. La rapidité d'exécution conduit parfois à faire des erreurs. Je préfère qu'il y ait quelques erreurs mais qu'on ne freine pas l'exécution des réformes.

Ces incidents rendent parfois la politique gouvernementale illisible: la carte de famille nombreuse et la réforme des allocations familiales...
La carte SNCF a donné lieu à une mauvaise appréciation de ma part. Il y a eu une erreur. Je l'assume. Elle a été corrigée. Le processus de décision a, sans doute, été trop précipité. En revanche je nie tout couac à propos des allocations familiales. La réorganisation des allocations familiales est une réforme annoncée par le Président, et validée par le Parlement en octobre dernier. Elle consiste à donner plus aux enfants à partir de 14 ans et plus à la petite enfance. Sans faire la moindre économie sur les sommes versées aux familles.

Des couacs sur le fond et sur la forme. Rama Yade ou Nathalie Kosiusko-Morizet auraient dues être "sanctionnées" a reconnu Nicolas Sarkozy. N'était-ce pas votre rôle?
C'est une décision qui se prend d'un commun accord avec le président de la République. J'ai demandé à Nathalie Kosiusko-Morizet de faire des excuses. Ce qu'elle a fait. C'était un avertissement. L'affaire est close. Comme l'a indiqué le Président, chacun sait qu'à l'avenir, après les avertissements, les sanctions seront lourdes, même si un gouvernement n'est pas une armée de godillots mais des hommes et des femmes choisis en raison de leurs convictions.

Nicolas Sarkozy a annoncé la généralisation du RSA en 2009. Une mesure que vous jugiez trop coûteuse...
Cette mesure figurait dans notre programme. J'en suis un ardent défenseur. Mais parce que la France est un des pays qui a les dépenses sociales les plus élevées au monde, il n'est pas question d'augmenter leur volume. Le dispositif imaginé par Martin Hirsch permettra de reconcentrer les politiques sociales comme le RMI ou la Prime pour l'emploi.

La redistribution de cette prime pour financer le RSA ne va t-elle pas déshabiller les plus modestes pour habiller les plus pauvres?
La prime pour l'emploi (PPE) bénéficie aujourd'hui à près de 9 millions de Français. Son effet est souvent faible du fait de sa dispersion. Nous souhaitons qu'elle soit reconcentrée sur ceux qui en on le plus besoin.

Combien de personnes pourraient toucher le RSA en 2009, et à combien estimez-vous le coût final de cette réforme?
Entre trois et quatre millions de personnes sont concernées par cette mesure dont le coût total n'est pas encore complètement évalué. Mais c'est une opération très lourde.

Des régularisations de travailleurs sans papiers sont en cours. Combien pourraient avoir lieu?
Quelques centaines, pas plus. Nous sommes totalement opposés aux régularisations massives. Le président de la République a eu raison de dénoncer l'hypocrisie de certains chefs d'entreprise qui recrutent des clandestins pour, ensuite, demander leur régularisation. Le chef d'entreprise se doit de respecter la loi. Comme n'importe quel Français. Quand il recrute un salarié, il doit vérifier s'il est en règle. Régulariser tous les salariés en situation illégale serait une incitation à les recruter plutôt que d'embaucher ceux qui ont des papiers. Ce serait la négation de toutes les lois de notre pays.

La manifestation des fonctionnaires et des enseignants annoncée le 15 Mai vous inquiète-t-elle?
L'avenir de l'Etat passe par le retour à l'équilibre des comptes publics. La réduction des effectifs de la fonction publique est une nécessité absolue, incontournable, quels que soient les discours démagogiques de l'opposition. Un Etat qui cède à la première pression venue est un Etat qui ne se respecte pas.

Êtes-vous aujourd'hui un premier ministre heureux?
Pour la première fois depuis vingt ans, un Président et sa majorité vont tenir leurs engagements même si c'est difficile. Je ne sais pas si je suis heureux, ce mot ne s'adapte pas à la fonction que j'occupe, mais je suis fier de servir notre pays.

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Publié par JDL - dans INTERVIEWS
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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 13:23
Voici le texte de mon interview de mardi dernier par Jean-Pierre ELKABBACH.




Interview
du Premier Ministre, François FILLON
à Europe 1
– « L’invité » de Jean-Pierre ELKABBACH
**********
Mardi 4 mars 2008 de 8H20 à 8H35




JACQUES PRADEL
En direct sur EUROPE 1 et en vidéo sur EUROPE 1.FR, Jean-Pierre ELKABBACH, vous recevez le Premier ministre François FILLON.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Monsieur le Premier ministre François FILLON, bonjour…
FRANÇOIS FILLON
Bonjour Jean-Pierre ELKABBACH.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Merci d’être avec nous. Vous n’avez pas été exaucé, et j’ai envie de dire heureusement, vous qui souhaitiez la disparition du Premier ministre, vous ne seriez pas ici, avocat du président et dans cette forme.
FRANÇOIS FILLON
Non Jean-Pierre ELKABBACH, il y a deux régimes politiques différents possibles dans une démocratie moderne, il y a un régime présidentiel ou il y a un régime parlementaire. La France a un régime qui est un petit peu entre les deux. Moi, j’aurai souhaité qu’on aille vers un vrai régime présidentiel, ça n’est pas le souhait des Français manifestement, ça n’a pas été au cœur de la campagne présidentielle. Donc on reste dans le système de fonctionnement qui a été celui de la 5ème République, où il y a un président de la République qui impulse, qui prend les décisions, qui répond devant les Français au fond de la mise en œuvre de son projet, et puis il y a un Premier ministre qui est chargé de la mise en œuvre et qui est chargé tous les jours de rendre des comptes à la majorité parlementaire.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais dans le prochain sondage IPSOS Le POINT, vous gagnez 7 points, 59 % c’est un record, vous l’avez assez entendu, pour un Premier ministre. Est-ce que chaque matin, vous êtes un peu embarrassé, vous vous dites « oh la là ! Je monte encore dans les sondages » ?
FRANÇOIS FILLON
Non, mais je ne suis pas plus embarrassé quand je monte que quand je descends, parce que je pense que tout ça, c’est la photographie d’un moment, c’est l’immédiaté des commentaires…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le moment dure là, le moment dure.
FRANÇOIS FILLON
Des commentaires. Ce qui compte c’est les élections, donc il y a eu une élection présidentielle en 2007, les Français ont choisi un projet politique et ils ont choisi un homme. Le président de la République a un mandat qui court jusqu’en 2012, il va mettre en œuvre son projet entre 2007 et 2012, quoi qu’il arrive…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Quand vous entendez…
FRANÇOIS FILLON
Et ce qui comptera, ça sera le jugement… à la fin, c’est le jugement quand les réformes sont faites, quand les gens peuvent peser ce qui a été réussi, ce qui ne l’a pas été et comment leur vie a changé.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais quand vous entendez « ça va mal finir »…
FRANÇOIS FILLON
Enfin tout ça est assez pathétique. La manière dont les mêmes commentateurs, qui portaient aux nues le président de la République, aujourd’hui organisent la chassent à l’homme montre à quel point tout ça est dérisoire. Et un homme politique digne de ce nom doit prendre ses distances par rapport à cette agitation. Le président de la République, on l’a vu dans le passé, a une très très grande capacité de rebond, il sait très bien où il va et il sait très bien qu’il sera jugé sur sa capacité à tenir ses engagements, et il a 5 ans pour le faire.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le même sondage IPSOS Le POINT dit que pour la première fois, vous parlez de rebond, la popularité de Nicolas SARKOZY remonte, plus de points, est-ce que c’est pour lui le début du commencement d’une sortie de l’enfer ?
FRANÇOIS FILLON
Vous voyez qu’il a une capacité de rebond mais encore une fois, prenons nos distances par rapport à ces sondages qui sont…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais quand vous voyez qu’il remonte, est-ce que vous vous dites « je suis soulagé » ?
FRANÇOIS FILLON
Ils sont terriblement ambigus, quand on dit qu’il y a une différence dans les sondages entre le président de la République et le Premier ministre, ça veut dire quoi ? Puisque le président de la République et le Premier ministre mettent en œuvre la même politique, celle qui a été décidée par les Français. Donc la capacité de rebond du président de la République, elle est dans la mise en œuvre de ses engagements. Je pense, et je m’en suis souvent expliqué y compris sur votre antenne, la crise de confiance qui a caractérisé la vie politique française pendant très longtemps était liée au fait que les Français avaient le sentiment que les hommes politiques ne respectaient jamais leurs engagements. Eh bien ! C’est en train de changer, ils ont à la tête de l’Etat un président de la République qui respecte ses engagements, et il sera jugé sur cela.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce que vous pouviez dire autre chose ce matin ?
FRANÇOIS FILLON
Non mais je vous dis ce que je pense Jean-Pierre ELKABBACH, je dis toujours ce que je pense, surtout à vous.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui. Le conseil de Jean-Pierre RAFFARIN, est-ce qu’il a été utile ? Parce que…
FRANÇOIS FILLON
Quel conseil ?
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Je vais vous le dire, de ville en ville (il l’a dit ici) vous avez investissez votre capital en faveur du président de la République, vous n’épargnez plus, vous n’épargnez pas et vous ne vous épargnez pas.
FRANÇOIS FILLON
Tout ça n’a… enfin je veux dire, c’est très intéressant mais il n’y a pas de capital. Tous les matins, je mets en œuvre la politique du président de la République. Le jugement des Français, forcément, se rejoindra entre l’avis qu’il porte sur le président et l’avis qu’il porte sur le Premier ministre, puisque nous mettons en œuvre la même politique. Moi je ne gère pas un capital, je suis très éloigné de ces calculs et de ces formules alambiquées de communicants, auxquelles d’ailleurs je n’ai jamais rien compris.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
On passe au fond des sujets, on reviendra peut-être sur le problème institutionnel des rapports entre le président et le Premier ministre. Mais à Hanovre cette nuit, Angela MERKEL et Nicolas SARKOZY se sont apparemment réconciliés. Ils ont défini un compromis…
FRANÇOIS FILLON
Vous savez, ils n’étaient pas fâchés…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais enfin ils étaient en froid, ils étaient en froid. Un compromis sur l’Union de la méditerranée qui devient un projet de toute l’Europe. Est-ce que la France fait en ce moment l’apprentissage de la modestie ?
FRANÇOIS FILLON
Non. Ce qui se passe en Europe, c’est que l’Allemagne est forte, elle est forte de sa réunification, elle est forte des réformes qu’elle a accomplies et qui nous redonnent une capacité en terme de croissance sur le plan industriel, elle est peut-être forte aussi de sa situation politique étonnante…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais c’est une coalition.
FRANÇOIS FILLON
Avec cette coalition. Et en même temps la France, depuis l’arrivée de Nicolas SARKOZY, est forte aussi en Europe, elle est forte parce que c’est elle qui a remis le processus européen en marche, elle est forte parce qu’elle a des ambitions, parce qu’elle veut bousculer certaines traditions établies. Et du coup, il y a une certaine confrontation entre la France et l’Allemagne, dans le bon sens du terme, entre deux grandes puissances qui sont les deux plus grandes puissances de l’Union européenne et qui ont des intérêts communs, et parfois des intérêts divergents…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais cette nuit à Hanovre…
FRANÇOIS FILLON
Et donc sur l’Union de la méditerranée, il est incontestable que la France a des intérêts plus directs que l’Allemagne parce qu’elle est riveraine de la méditerranée. En même temps l’Allemagne naturellement, étant un des leaders de la construction européenne, a vocation à participer à l’Union de la méditerranée, le compromis que nous avons trouvé cette nuit, c’est un compromis qui s’appuie sur une structure déjà existante qui est l’Union de la baltique, dans lequel naturellement l’Allemagne a un rôle particulier dans lequel la France…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il y en a qui l’avaient oublié ça.
FRANÇOIS FILLON
N’est qu’observateur. Et donc, nous avons dit aux Allemands : ben voilà ! il y a l’Union de la baltique dans lequel nous, on est observateur, on va faire l’Union de la méditerranée, vous serez associés à tout ce qui sera organisé dans ce cadre-là. Mais reconnaissez que la France et les pays riverains de la méditerranée ont un rôle particulier à jouer dans la mise en œuvre de ce projet, qui est très très important pour la stabilité de l’Europe et pour la stabilité du monde, parce que la méditerranée c’est aujourd’hui l’un des ferments de crise les plus importants.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
L’UIMM n’a cédé qu’en partie à Laurence PARISOT, obligée de congédier ses directeurs, elle veut garder tous les mandats sociaux de la métallurgie. Est-ce que vous êtes tout de même satisfait de ces décisions ?
FRANÇOIS FILLON
Je crois que Madame PARISOT a eu la bonne réaction. Tout le monde a été choqué, à la fois par le montant des indemnités de départ de Monsieur GAUTIER-SAUVAGNAC, mais surtout par la méthode au fond…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le secret ?


FRANÇOIS FILLON
Mais je veux rappeler qu’il y a une instruction judiciaire en cours, et que le rôle du Premier ministre, le rôle des membres du gouvernement, ce n’est pas de se substituer à la justice. Donc, il y a une instruction judiciaire qui a commencé il y a déjà quelques semaines, qui doit faire la lumière sur ce qui s’est passé à l’UIMM, où allaient les financement de l’UIMM. Et dans ce cadre-là, les contrats incriminés (qui semble-t-ils vont être revus d’ailleurs) vont être soumis au juge. Et le juge dira si ces contrats sont légaux ou s’ils ne sont pas légaux.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais hier, vous avez reçu à Matignon Laurence PARISOT, de quelle façon vous soutenez la présidente du MEDEF ?
FRANÇOIS FILLON
Moi, je soutiens tous les responsables des organisations syndicales et patronales quand ils sont engagés dans la voie de la réforme du dialogue social, de la réforme du financement…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
C’est son cas, c’est son cas.
FRANÇOIS FILLON
C’est son cas, Laurence PARISOT est, avec d’autres responsables syndicaux, très très engagée dans la modernisation du dialogue social. Et la modernisation du dialogue social passe par des partenaires sociaux plus forts, donc avec une meilleure représentativité, élue de façon plus démocratique et avec un financement complètement transparent. Je pense par exemple qu’il serait très utile que toutes les organisations syndicales et patronales fassent certifier leurs comptes par un commissaire aux comptes, de façon à ce qu’il n’y ait plus les ambiguïtés qui existent aujourd’hui.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais est-ce que vous François FILLON, Premier ministre, vous pensez que le moment est venu de s’occuper du financement des organisations syndicales ?
FRANÇOIS FILLON
Non seulement le moment est venu Jean-Pierre ELKABBACH, mais j’ai avec le président de la République demandé aux partenaires sociaux de travailler sur ce sujet. Je leur ai donné jusqu’au 31 mars pour qu’ils nous fassent des propositions sur la modernisation du dialogue social, les nouvelles règles de représentativité, le mode de négociation des accords et le financement de leurs organisations. Et si le 31 mars, ils ne me font pas de proposition, alors le gouvernement fera son travail, prendra ses responsabilités…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le 31 mars c’est dans quelques jours !
FRANÇOIS FILLON
Voilà, absolument.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
A la fin du mois.
FRANÇOIS FILLON
C’est pour ça que vous voyez que ce n’est pas un… Vous savez, on n’a pas attendu l’UIMM pour se lancer sur ce sujet.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Voilà, mais l’UIMM écarte avec des fleurs Denis GAUTIER-SAUVAGNAC et son adjoint Dominique de CALAN, les deux hommes qui savent tout partent avec leurs secrets. Je ne sais pas si vous trouvez ça normal, qui permettra de découvrir l’origine et la destination des fonds de la caisse ?
FRANÇOIS FILLON
Mais la justice, la justice, il n’y a de secret pour personne, on est dans un Etat de droit, on n’achète pas le silence de qui que ce soit, il y a des juges qui vont faire leur enquête. Alors évidemment, le temps de la justice est toujours trop long par rapport à celui des médias et par rapport à l’attente des citoyens…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et le Fisc s’en mêlera après ?
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr, mais vous imaginez bien que le Fisc ne va pas laisser de côté cette question.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc, on ne s’avoue pas impuissant ou que l’on soit…
FRANÇOIS FILLON
Absolument.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Devant la pratique des caisses noires qui remonte loin ?
FRANÇOIS FILLON
Non, il n’y a aucune impuissance. La nouveauté simplement, c’est que ces pratiques apparaissent en pleine lumière et c’est bien pour la démocratie, mais il faut en tirer toutes les conséquences. C'est-à-dire qu’il ne suffit pas simplement de sanctionner des fautes qui ont été commises, mais aussi de mettre en place de nouveaux systèmes qui permettent d’éviter qu’on se fourvoie dans de tels écarts.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire que l’UIMM était une forteresse, elle ne restera pas une forteresse ?
FRANÇOIS FILLON
Oui, mais c’était vrai de l’ensemble du système d’organisation des partenaires sociaux dans notre pays, chacun le sait bien.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et de grandes négociations sociales sont attendues en 2008, dans ce climat, avec cette guerre ouverte au sein du MEDEF, comment vous ferez évoluer les relations sociales ?
FRANÇOIS FILLON
Moi, je ne crois pas que ce soit un obstacle pour les négociations sociales, au contraire. Je pense que quand il y a une pression comme ça qui s’exerce sur les uns et sur les autres, on négocie mieux, on est moins conservateur, on sait qu’on est jugé par l’opinion, qu’on est sous les feux des projecteurs de l’actualité. Et donc, je suis convaincu que les partenaires sociaux vont avoir à cœur d’aller plus vite et plus loin dans la négociation, en particulier sur la représentativité, en raison de la situation et des doutes qui pèsent sur leur fonctionnement.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
François FILLON, la querelle sur l’augmentation des prix, des prix de quelques produits alimentaires et non de tous les prix et de tous les produits, ils ont des effets sur le pouvoir d’achat. Quelle action efficace vous pouvez, vous, mener là où vous êtes ?
FRANÇOIS FILLON
L’action plus efficace que peut conduire le gouvernement sur les prix, parce que sur le pouvoir d’achat le gouvernement peut agir sur les prix et sur l’organisation économique, la croissance, l’emploi…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais pas les contrôler !
FRANÇOIS FILLON
Sur les prix, le plus efficace c’est d’accroître la concurrence, car on voit à travers les contrôles qu’on a faits qu’il y a moins d’augmentations que ce qu’ont dit certaines enquêtes, qui ont fait… comment dirai-je, un peu du sensationnel en prenant des produits qui étaient des produits de niche, mais enfin il y a une augmentation. Et on s’aperçoit que cette augmentation…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais vous le saviez, vous avez attendu…
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr qu’on le sait, on le sait, d’ailleurs on a fait voter une loi au mois de décembre qui entre en application au mois de mars, pour déjà peser sur les prix en permettant la réintégration de ce qu’on appelle les marges arrière. Donc il y a des entreprises industrielles, il y a des distributeurs qui répercutent la hausse des produits alimentaires de façon excessive, il y en a d’autres qui ne le font pas, donc il n’y a pas une concurrence suffisante dans le système. Donc ce que nous allons faire, dès que le Parlement sera revenu de l’interruption de session qui est due à l’élection municipale, c’est proposer un débat sur une loi de modernisation de l’économie dans laquelle, il y aura des mesures pour permettre la négociabilité des prix. C'est-à-dire pour permettre une meilleure négociation des prix entre les industriels et les distributeurs, des mesures pour accroître la concurrence entre les enseignes de distribution, tout le monde se rend bien compte que les lois qui ont été votées en France pour protéger le petit commerce ont en fait abouti au contraire. C'est-à-dire que le petit commerce a été éradiqué des centres-villes, mais en même temps il y a une sorte de monopole de certaines enseignes qui s’est installé et qui est contraire à la concurrence. Et enfin, on va mettre en place une autorité indépendante de la concurrence avec des pouvoirs accrus, pour qu’elle puisse traquer les ententes et les abus de position dominante…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc plus de concurrence. Le rapport ATTALI, quand il n’est pas caricaturé, proposait des mesures renforçant…
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr, il proposait ces mesures-là…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Qu’est-ce que vous allez retenir du rapport ATTALI, à moins que vous ne le mettiez à la poubelle ?
FRANÇOIS FILLON
Non, non, mais sur le rapport ATTALI on prend les mesures que je viens d’indiquer, on les prend d’autant plus qu’elles étaient déjà dans les projets du président de la République sur lesquels on avait fait campagne en 2007.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
La hausse des prix, c’est un problème français mais c’est un problème européen, je regardais le débat hier, RAJOY hier soir à la télé, et ZAPATERO, ils ont passé au moins 20 minutes à comparer les prix et les augmentations de prix, parce qu’on vit dans un marché libre avec une compétition mondiale sur les matières premières. Comment on peut tenir les prix sans les contrôler, parce que vous ne voulez pas les contrôler !
FRANÇOIS FILLON
Contrôler les prix, ça n’a jamais donné de bons résultats, les économies administrées ont toujours été des économies de pénurie, donc personne ne veut aller dans ce sens. Pourquoi est-ce qu’il y a aujourd’hui une augmentation forte des prix ? Parce qu’il y a une pression sur les matières premières et puis parce qu’il y a des variations de cours des monnaies qui sont complètement désordonnées. Donc, il y a un problème de rapport entre le dollar et l’euro, sur lequel le président de la République a été le premier à attirer l’attention à un moment où personne ne considérait qu’il s’agissait d’un problème. Et puis il y a un deuxième sujet qui est la capacité de production des pays développés, et en particulier de l’Union européenne, notamment dans le domaine agricole, on a pendant très longtemps pensé que ce qu’il fallait c’est réduire la production agricole pour éviter les surproduction et les baisses de prix. On n’avait pas anticipé le fait qu’un milliard et demi de Chinois allaient se jeter à corps perdu dans l’économie de marché, qu’un milliard d’Indiens allait faire la même chose, qu’ils ont le droit, que les pays d’Amérique latine allaient enfin émerger. Et aujourd’hui, il y a une demande mondiale qui est extrêmement forte, donc il faut que l’économie européenne et l’économie française s’adaptent à cette situation.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Je reviendrai tout à l’heure sur le pouvoir d’achat François FILLON. Selon quels critères pour les municipales, la droite aura gagné ou perdu ?
FRANÇOIS FILLON
Vous savez les municipales, c’est quoi ? Les municipales c’est le choix d’un maire, d’une équipe, d’un projet. Tous les maires, toutes les équipes et tous les projets ne se valent pas. Il y a des considérations locales, il y a des considérations nationales dans la mesure où les candidats de la majorité présidentielle portent des valeurs et des projets qui leur sont propres…


JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais ça veut dire que si un maire de gauche est bon localement, vous le soutenez ? C’est une question d’efficacité.
FRANÇOIS FILLON
Ca ce sont les électeurs qui le font et vous savez, vous avez remarqué que pour la première fois sous l’impulsion de Nicolas SARKOZY, les listes de la majorité présidentielle aux élections municipales sont des listes d’ouverture. C'est-à-dire qu’il y a dans toutes les listes de la majorité présidentielle aux élections municipales des hommes et des femmes de gauche, des hommes et des femmes du centre.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
C’est pour ça qu’il n’y a pas UMP sur leurs affiches ?
FRANÇOIS FILLON
Oui enfin vous savez, moi j’ai été maire pendant 20 ans, j’ai jamais mis aucun sigle politique sur mes affiches aux élections municipales parce qu’aux élections municipales vous essayez de rassembler le maximum de gens autour de sujets qui sont des sujets communs.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors sur quel critère la droite gagne ou perd ?
FRANÇOIS FILLON
J’imagine que les médias trouveront certainement des critères quant au nombre de villes gagnées ou perdues, quant au nombre de voix attribué à la majorité ou à l’opposition. Mais je disais que tous les projets ne se valent pas parce qu’il y a des sujets sur lesquels les listes de la majorité présidentielle portent des valeurs différentes, sur la sécurité les listes de la majorité présidentielle ne défendent pas les mêmes projets. Le Grenelle de l’environnement, les listes de la majorité présidentielle sont garantes de la mise en œuvre des objectifs du Grenelle de l’environnement, pas les listes de gauche. Sur le service minimum à l’école, c’est la même chose.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous voyez que vous faites de la politique et vous nationalisez le débat politique.
FRANÇOIS FILLON
Non je veux dire par-là que le débat, il est local et national. Il est forcément local et national et les électeurs doivent savoir qu’en votant pour une liste de gauche ou en votant pour une liste de droite, il y a des choses qu’ils auront et des choses qu’ils auront pas. Le service minimum à l’école, les listes de gauche n’en veulent pas par exemple.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
François HOLLANDE espère, il le disait à EUROPE 1, que le Parti socialiste pourra récupérer 30 des 40 villes perdues en 2001. Il ne vend pas encore la peau de l’ours mais il voit déjà l’ours.
FRANÇOIS FILLON
Enfin François HOLLANDE est un grand spécialiste de...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
La chasse ?
FRANÇOIS FILLON
François HOLLANDE, au moment des élections locales est très actif. On le voit moins lorsqu’il s’agit de défendre un projet politique pour notre pays et donc je pense que les Français ne s’y trompent pas. Les Français voient bien qu’il y a une espèce de tentative du Parti socialiste de se refaire une santé à l’occasion d’une sorte de troisième tour des élections présidentielles. Ca n’a pas de sens et en tous cas, ce que je veux dire c’est que c’est d’une certaine manière tromper les Français et tromper les électeurs, c’est priver les électeurs d’une ville, du vrai débat local dont ils ont besoin. Et c’est les tromper parce que de toutes façons, le président de la République mettra en œuvre le projet politique pour lequel il a été choisi par les Français.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
On va y venir.
FRANÇOIS FILLON
Et les élections municipales n’auront pas d’impact sur le projet politique choisi par les Français, sinon il y aurait plus de démocratie dans notre pays.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
François FILLON vous dites, ce n'est pas des élections nationales. Où vous serez ce soir ?
FRANÇOIS FILLON
Où je serai ce soir ? Moi je soutiens les candidats...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous allez à Lyon.
FRANÇOIS FILLON
Je soutiens les candidats de la majorité parce que c’est mon rôle de chef du gouvernement, c’est mon rôle de chef de la majorité. Je suis un militant politique, ça ne vous a pas échappé et donc je vais soutenir mes amis et j’ai choisi d’aller soutenir ceux qui, comment dirai-je, étaient dans les situations les plus difficiles, ceux qui étaient dans les villes où il y avait au fond le moins de chance de l’emporter parce qu’il y a des traditions de gauche importantes ou parce qu’il y a des maires sortants qui ont, qui sont bien établis parce que je pense que c’est le rôle du chef de la majorité.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous mettez, comme disait l’autre, votre capital au service de...
FRANÇOIS FILLON
Je n’ai pas de capital.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ce qui vous reste du capital.
FRANÇOIS FILLON
Je suis militant politique et je fais mon travail.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
François HOLLANDE et Laurent FABIUS vous soupçonnent de préparer un plan, je ne sais pas comment il faut l’appeler, d’austérité, de rigueur au lendemain des municipales. Vous, vous dites le contraire. Mais est-ce que vous pouvez affirmer qu’il n’y aura pas de prélèvements d’impôts nouveaux après ?
FRANÇOIS FILLON
Monsieur FABIUS est un grand spécialiste. Il nous a expliqué après le traité, au moment du débat sur le traité européen, qu’il y aurait un plan B. Tout le monde s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de plan B. Au lendemain des élections législatives, monsieur FABIUS nous a expliqué qu’il allait y avoir une forte augmentation de la TVA. Vous avez vu une forte augmentation de la TVA ? Et maintenant pour les élections municipales, il nous explique qu’il y aura un plan de rigueur. Tout ça est faux, c’est d’ailleurs pas digne d’un homme d’Etat que de mentir avec cette constance-la. Il n’y aura pas de plan de rigueur. Il y a un budget 2008 qui a été voté par le Parlement, il sera mis en œuvre, naturellement en fonction de la croissance et en fonction des rentrées fiscales. Comme tout gouvernement, on fait des ajustements sur les dépenses. Ca n’a rien à voir avec un plan de rigueur et d’ailleurs monsieur FABIUS a été sévèrement contredit par monsieur JUNCKER, le Premier ministre du Luxembourg qui préside le conseil des ministres des Finances de l’euro, qui a indiqué que contrairement à ce que disait monsieur FABIUS, madame LAGARDE n’avait à aucun moment défendu un plan de rigueur devant les ministres des Finances européens.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Au delà de la polémique, ce que l’on retient ce matin c’est qu’il y a pas d’impôt ou de prélèvement après, quand on l’aura voté.
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr mais ce n’est pas des méthodes. Ce n'est pas des méthodes politiques, ce n'est pas digne.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et quand François HOLLANDE disait dimanche, toujours sur EUROPE 1, que le Parti socialiste voulait après les régions, dominer les départements et les mairies pour vous obliger à une cohabitation territoriale. En quelque sorte le local contre Paris.
FRANÇOIS FILLON
D’abord ce serait une sorte de coup d’Etat institutionnel puisque...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
A travers les élections ?
FRANÇOIS FILLON
Les institutions n’ont jamais prévu que les régions, les départements ou les communes avaient un rôle législatif à jouer, avaient un rôle à jouer dans la conduite des affaires de l’Etat. Et puis deuxièmement les Français devraient bien s’interroger puisque après les élections régionales, qu’est-ce qu’on a vu ? Puisque toutes les régions, sauf deux, en Métropole sont à gauche. On a vu une augmentation massive des impôts, y compris d’ailleurs de la TIPP dont les socialistes réclament qu’elle baisse quand il s’agit d’alimenter les caisses de l’Etat mais qui augmentent le taux quand il s’agit d’augmenter les ressources des régions. On a vu dans beaucoup de régions des comportements très sectaires. J’ai pu l’expérimenter moi-même dans la mienne. C'est-à-dire qu’on aide les municipalités de gauche et moins celles de droite. Franchement je pense que les Français devraient regarder de près le bilan des régions avant de donner les clés des départements et des communes à la gauche.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Monsieur le Premier ministre, en quoi ces élections municipales vont t-elles intervenir pour l’avenir et la conduite des réformes ? Est-ce qu’il faut que les Français s’attendent à une pause comme certains le réclament ou à un nouvel élan, un nouveau souffle si vous avez des réformes dans votre sac ?
FRANÇOIS FILLON
Non il n’y aura aucune pause pour une raison simple, c’est que la France n’a pas le choix. La France n’a pas le droit de faire une pause. Ce que j’évoquais à l’instant, c'est-à-dire cette montée en puissance de la Chine, de l’Inde, des pays émergeants, la façon dont les autres pays européens autour de nous ont commencé depuis plus longtemps que nous à réaliser l’adaptation de leur économie et de leur système sociale. Le président de la République était hier en Allemagne, l’Allemagne est un exemple tout à fait éloquent. Il y a cinq ans l’Allemagne était donnée en très très grande difficulté, aujourd’hui l’Allemagne est un pays qui a des comptes équilibrés et qui a un dynamisme industriel qui impressionne le monde. Donc nous, nous n’avons pas le droit à la pause. Et d’une certaine manière j’ai envie de dire, après les élections municipales on va plutôt accélérer puisqu’on a été obligé pour cause d’élections, simplement parce que le Parlement ne siège pas, de ralentir le rythme des réformes.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais les Français sont dans le brouillard. Est-ce qu’il y a deux ou trois principales priorités, des priorités simples et claires pour 2008 ?
FRANÇOIS FILLON
Les priorités du gouvernement elles sont connues. Nous on veut qu’à la fin du quinquennat, on soit dans les trois premiers pays européens pour la croissance et qu’on ait atteint le plein emploi.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous maintenez l’idée des 2% de croissance alors que tous les autres sont en train de voir une croissance qui baisse sur la planète entière ?
FRANÇOIS FILLON
Je maintiens qu’on sera très près de 2% de croissance. On nous donne en ce moment entre 1,5 et 1,7 de croissance, on est en train de faire les réformes qui vont nous permettre d’aller chercher les dixièmes de points supplémentaires. Comment ? Ca veut dire que sitôt après les élections municipales, avec le président de la République, on proposera    un projet de modernisation de l’économie avec les mesures sur la concurrence que j’ai évoquées tout à l’heure, avec des mesures de soutien aux petites et moyennes entreprises comme la réduction des délais de paiement, des mesures fiscales sur l’impôt forfaitaire annuel de simplification administrative. Un plan très ambitieux de soutien aux nouvelles technologies et la réforme de la distribution du Livret A pour mieux alimenter la politique de logement social. Le deuxième projet qui sera présenté au Parlement immédiatement, c’est un projet de loi sur la flex sécurité. C’est à dire plus de flexibilité pour les entreprises pour qu’elles soient plus dynamiques sur les marchés internationaux et en même temps plus de sécurité pour les salariés. C’est la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC. C’est la réforme du contrat de travail qui a été décidée par les partenaires sociaux et qu’on va transformer en texte législatif mais c’est aussi la réforme de la représentativité syndicale que j’évoquais tout à l’heure et surtout une fois cette réforme de la représentativité syndicale faite, la possibilité pour l’entreprise de négocier avec ses salariés la question du temps de travail autour des heures supplémentaires, de façon complètement libre dans l’entreprise. On va mettre en place le plan banlieue et sur le pouvoir d’achat, nous voulons une loi très très ambitieuse sur l’intéressement. Vous savez qu’aujourd’hui l’intéressement profite...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Pourquoi vous dites toujours le pouvoir d’achat et jamais le niveau de vie que vous voulez améliorer, disons, à plus long terme ? C'est-à-dire avec des résultats un peu plus tard. Parce que vous avez naître tellement d’espoir que maintenant, ils sont, peut-être momentanément, mais en tous cas ils sont déçus.
FRANÇOIS FILLON
Je ne crois pas qu’on ait fait naître des espoirs. Il y a une pression sur les prix dans notre pays et il faut répondre à cette question de la pression sur les prix. Il faut y répondre en créant des emplois et de la richesse pour que les salaires augmentent. C’est ce qu’on essaie de faire. Et non pas en réduisant le temps de travail comme l’avaient fait nos prédécesseurs. Il faut agir sur le logement parce que personne ne parle du logement mais le logement, c’est le poste le plus important dans les dépenses des ménages. Or pourquoi est-ce que le logement est si cher en France ? C’est parce que pendant des années et notamment sous la gauche, on n’a pas construit suffisamment de logements. On construit plus de logements aujourd’hui.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Je vous écoute. Vous dites, on va faire. Donc vous resterez Premier ministre ?
FRANÇOIS FILLON
Ca c’est une question qui est entre le président de la République et moi. Vous savez dans la Vème République...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui mais alors comment... vous en avez parlé tous les deux ?
FRANÇOIS FILLON
Dans la Vème République, le Premier ministre est à la disposition du président de la République et de la majorité et donc c’est un sujet dont je parle avec le président de la République...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Dont vous parlez.
FRANÇOIS FILLON
Il n’y a pas de raison que je dévoile, même à la demande de Jean Pierre ELKABBACH, la nature des conversations que j’aie avec le président de la République sur ce sujet.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais avec Hélène FONTANEAU, on constatait que vous ne faites plus de jogging ensemble. Vous travaillez quand même ensemble directement tous les deux ?
FRANÇOIS FILLON
Simplement on a des emplois du temps qui sont assez lourd, qui ne nous permettent plus de courir ensemble, en tous cas lorsque, sauf, on a couru ensemble il y a pas si longtemps.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et qu’est-ce qui est le plus dangereux pour un Premier ministre ? Etre trop populaire ?
FRANÇOIS FILLON
Pas de courir en tous cas.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Etre trop populaire ou ne pas l’être assez ?
FRANÇOIS FILLON
Mais je crois que tout ça a très peu d’importance parce que la popularité, ça va et ça vient. Mais au fond la seule popularité qui compte en démocratie, c’est celle que donne l’élection. Et c’est au moment des élections que les Français font des choix et en général, ils font des choix qui sont des choix très raisonnés.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce qu’il y aura un gouvernement de printemps ?
FRANÇOIS FILLON
Il y aura un gouvernement au printemps ça c’est sûr.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non un gouvernement de printemps, remanié, revu ?
FRANÇOIS FILLON
Ce n'est pas un sujet d’actualité.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non ?
FRANÇOIS FILLON
Non.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Deux autres questions avant qu’on se sépare. On a retrouvé un opposant tchadien Ngarlejy YORONGAR. Il parait qu’on le cherchait. Il avait disparu depuis la crise. Il demande l’asile politique à la France, est-ce que vous allez lui accorder en dépit de nos très bonnes relations avec monsieur Idriss DEBY ?
FRANÇOIS FILLON
La France a une tradition d’asile que chacun connaît bien et l’asile politique sera accordé. Mais la question qui est posée pour nous au Tchad, c’est la question de savoir où sont les autres opposants qui ont disparu. Et le président de la République française a été, je crois, très courageux en allant au Tchad la semaine dernière et en exigeant du président tchadien qu’il y ait une commission d’enquête internationale qui soit mise en place pour retrouver la trace de ces opposants. Je pense que c’est quand même une vraie rupture avec la politique qui était conduite traditionnellement en Afrique.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Avec Nicolas SARKOZY, vous agissez beaucoup en faveur d’Ingrid BETANCOURT. Vous étiez allé, je m’en souvins, en Amérique latine. Est-ce que l’exécution du numéro 2 des Farcs, monsieur REYES, met la vie de Ingrid BETANCOURT en danger ?
FRANÇOIS FILLON
Je crois que la vie d’Ingrid BETANCOURT, elle est en danger avec ou sans l’exécution du numéro 2 des Farcs. Ce qui est très dangereux maintenant, c’est le climat qui est en train de se créer entre les différents pays de la région. Il faut appeler au calme, c’est ce que fait le président de la République, c’est ce que fait le gouvernement français. Et puis surtout démontrer aux Farcs que la mort d’Ingrid BETANCOURT dans ce contexte-la ne leur apporterait que la réprobation du monde entier. Et si les Farcs veulent trouver une sortie politique à la situation dans laquelle ils se trouvent, qui est une situation de guerre en réalité, la première chose à faire c’est de faire un geste vis-à-vis de la communauté internationale et ce geste, c’est la libération immédiate pour des raisons humanitaires, pas pour des raisons politiques, pour des raisons humanitaires d’Ingrid BETANCOURT.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
En dix mois à Matignon, de quoi vous êtes fier ? Le plus fier, vous François FILLON ?
FRANÇOIS FILLON
Du rythme des réformes. J’ai utilisé un jour une image en disant que le président de la République était le seul qui pouvait bousculer le mur des conservatismes et que le rôle du gouvernement, c’était ensuite derrière un mur des conservatismes bousculé de reconstruire un pays mieux ordonné. Je pense que ce qu’on a montré en neuf mois, c’est une capacité d’aller contre les idées reçues qui d’ailleurs peut-être, aujourd’hui, provoquent quelques troubles dans l’opinion, qui marque vraiment le redémarrage de notre pays et qui marque vraiment la mise en œuvre des réformes auxquelles je suis attaché.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Après cette conversation, le président de la République va vous appeler pour vous dire, c’était bien ?
FRANÇOIS FILLON
Vous savez je ne parle jamais de mes relations avec le président de la République. Elles ne regardent que lui et que moi.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Voilà et vous rougissez quand vous le dites, c’est drôle ça. Oui un peu, non ? Dernière remarque, je suppose que vous n’avez pas vu, moi non plus, le film très tendre et très drôle de Dany BOON, « Les Chtis »...
FRANÇOIS FILLON
Non malheureusement je ne l’ai pas vu.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
... qui est en train de faire plus fort qu’ « Astérix » et « Les bronzés ». 5 millions de Français vont l’avoir vu en une semaine. Son succès est considéré comme un évènement. Est-ce qu’à votre avis, c’est lié au besoin de racines locales dans la mondialisation ou simplement à l’envie de se marrer ?
FRANÇOIS FILLON
Je pense que c’est lié au besoin de racines locales dans la mondialisation, mais c’est lié aussi au talent de Dany BOON parce qu’il y a des réalisateurs qui savent faire des bons films et d’autres qui n’y arrivent pas. Et là incontestablement, on a un réalisateur de très grand talent qui est en train de naître.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui et qui fait rire.
FRANÇOIS FILLON
Et qui fait rire, ce qui est bien.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Merci d’être venu et bonne journée. Merci de votre intervention.
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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 00:43
Le Premier ministre explique, dans l'édition du 24 janvier 2008 du Financial Times, pourquoi, le contexte économique international actuel conforte le gouvernement dans sa volonté de réforme (transcription complète de l'entretien ici).

"Determined reformer emerges from shadows"

By John Thornhill, Ben Hall, and Peggy Hollinger

"Since becoming France’s prime minister in May, François Fillon has lived in the shadow of the country’s omnipresent president, Nicolas Sarkozy.

But over the past few weeks, Mr Fillon has crept into the light as his government pushes through what he describes as France’s “biggest economic and social reform programme since the 1960s”. As the Sarkozy era moves from promise to delivery, it is perhaps natural that Mr Fillon is coming to the fore. For the moment, at least, the prime minister’s approval ratings even outshine those of the president.

“The role of the president is to open up new avenues, to bring the country with him, to encourage change. The role of the prime minister is to make things work from day to day,” Mr Fillon says in an interview with the Financial Times.

“It is not unusual that the prime minister insists on deficit reduction, on sticking to timetables, to fulfilling our promises,” adds the centre-right politician and co-author of the president’s electoral programme.

The government’s critics argue that Mr Fillon does not yet have much to show for eight months’ activity in spite of all the noise generated by Mr Sarkozy. Early attempts at bold reform – such as scrapping pension perks for public sector workers or giving universities more autonomy – ended in compromise.

Mr Sarkozy’s trumpeted promise to overhaul public finances has also struck a discordant note with France running one of the biggest budget deficits in the eurozone and government spending stuck at 53 per cent of gross domestic product.

Mr Fillon, however, insists the country is changing. What may seem modest progress by the standards of other countries counts as revolutionary in France. As promised, Mr Sarkozy is delivering a real “rupture” with the past while carrying the people with him.

“This is not the continuation of minimalist reform or reform without substance,” Mr Fillon says. “We want the French to work more, to invest more, and the state to spend less. Of course, we still have a long way to go. Our external trade balance is not good. The reduction in our deficit is not yet enough. The competitiveness of the French economy has to be improved. But we have started nearly all of the big structural reforms.”

The Attali commission, which on Wednesday published 300 proposals for further reforms, will create a lot more work for Mr Fillon’s government. But the prime minister seems happy to accept the challenge, saying he strongly supports the main recommendations, which include liberalising the retail trade and de-regulating restricted professions.

“I agree with the spirit of this report, which rests on a simple idea: injecting competition into many parts of the French economy,” Mr Fillon says. “Competition is a means, which I place at the heart of my policy.”

How does that square with Mr Sarkozy’s insistence last year that the European Union drop references to “free and undistorted competition” from its amended institutional treaty?

Mr Fillon sees no contradiction. “Mr Sarkozy is someone for whom competition is part of life,” he says. “If you present competition as a way of cutting prices, living better and creating jobs, the French will accept it. If you present competition as a religion, as an objective in itself, the French will be against.”

In his cosy office in the Matignon, the mild-mannered Mr Fillon appears markedly different to the aggressive Mr Sarkozy. But as a regular participant in the 24-hour road race held in Le Mans, where he was born, he knows how to take corners at speed.

France, he argues, is less exposed than many other developed countries to the credit turmoil that is roiling the global economy because its banks, enterprises and households are not so heavily indebted. But he accepts that a US slowdown and a strong euro will constrain growth. France’s economy expanded at about 2 per cent in 2007 and Mr Fillon suggests it will come close to that again this year.

“These difficulties will only reinforce the government’s determination to move swiftly and far with structural reforms.”"





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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 20:25
François Fillon a accordé un entretien au Journal du Dimanche le 10 novembre 2007. Texte complet ici.

Extrait : 

"Faire des réformes en France c'est difficile. Mais en même temps, je sais qu'une majorité de Français souhaitent que la France soit modernisée. Ils ont choisi Nicolas Sarkozy et cette majorité pour accomplir ce travail. Personne ne peut prétendre ne pas savoir ce que nous avions l'intention de faire. Nous avons annoncé la couleur de la manière la plus claire qui soit. Ce que l'on veut, avec le président de la République, c'est que la France soit en 2012 parmi les quatre meilleurs pays européens en ce qui concerne la croissance, que le chômage soit inférieur à 5%, que les Finances publiques soient à l'équilibre et que la pauvreté soit réduite d'un tiers. Cela suppose que nous allions de l'avant".

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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 13:48
Entretien du Premier Ministre, François Fillon au journal « Le Parisien »
Vendredi 7 juin 2007
entretien par Dominique de MONTVALLON
 
 
Francois Hollande chiffre à 15 milliards le coût de vos mesures économiques et fiscales. Et certains vous reprochent d'oublier les équilibres budgétaires et le poids de la dette...
 
François Fillon. Notre objectif principal, c'est de rétablir la confiance. Cela fait vingt-cinq ans que notre pays traverse une crise politique, qui a provoqué le 21 avril 2002 et quelques autres événements du même genre. Pour rétablir la confiance, il y a, pour nous, deux choses fondamentales. Il faut d'abord tenir tous les engagements pris car la principale cause de la crise de confiance, c'est la déception qui a suivi pratiquement toutes les élections. En 1997, la gauche  fait campagne contre les privatisations, et puis elle privatise. En 2002, la droite fait campagne pour la revalorisation de la valeur travail et, après la réforme des retraites, renonce aux réformes de structure. Mon premier rôle c'est d'être le gardien des engagements pris. Le rétablissement de la confiance passe ensuite par la densité des mesures qui vont être prises dès juillet pour qu'il y ait une  vraie impulsion. C'est la raison pour laquelle nous avons voulu, dans un temps très court, soumettre au Parlement des mesures aussi différentes que le crédit d'impôt pour l'acquisition d'un logement principal, la défiscalisation du travail étudiant, les exonérations de charges et d'impôts sur les heures supplémentaires, la réglementation des parachutes dorés et des stocks options, le bouclier fiscal, la réduction de l'ISF. Avec un objectif central: rendre au travail toute sa valeur. Nous, nous voulons que le travail paie. Nous voulons que la réussite soit encouragée, et donc que le mérite ne soit pas découragé. Avec ces mesures -et il y en aura d'autres derrière- nous  commençons à tourner le dos à l'esprit des 35 heures, à cet esprit qui, avec le partage du temps de travail, a dominé depuis une quinzaine d'années la politique économique de notre pays.
Quant au coût de ces mesures, il n'est pas de 15 milliards, mais de 11 milliards: entre 5 et 6 milliards pour les heures supplémentaires, 3 milliards pour l'accession au logement et 1,7 milliard pour les droits de mutation. S'agissant du bouclier fiscal, nous estimons que le coût sera peu élevé parce que, s'il fonctionne, il réduira la fuite des capitaux. La réduction ISF pour les investissements dans les PME coûtera environ 500 millions. La défiscalisation du travail étudiant, 30 millions.

L'objectif, c'est quoi ?

Avec tout cela, et ce qui suivra en septembre, il s'agit d'aller chercher le point de croissance supplémentaire que les autres pays ont et qui nous manque. Notre objectif, c'est donc de provoquer un choc de confiance et de croissance.

Que ferez-vous en septembre ?

Nous proposerons une série de réformes qui visent à améliorer la compétitivité de l'économie française. Des réformes qui vont moderniser l'organisation du travail, alléger les  règlementations qui pèsent sur les entreprises. On relance l'étude sur la TVA sociale. Il peut être utile  de taxer un peu les importations pour qu’elles participent au financement de la protection sociale. Car faire supporter au seul travail des français le coût de cette protection socialel, c'est handicaper notre économie.
 
Et comment allez-vous financer ses réformes ?

Par un effort de réduction de la dépense publique qui est indispensable non seulement à la tenue de nos engagements et à la réduction de la dette, mais tout simplement à la compétitivité de notre économie. On tiendra, là aussi, nos engagements: le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, une franchise médicale qui est à l'étude, et la réorganisation de l'Etat pour réduire son train de vie. Avec une fusion d'organismes comme l'ANPE et l'UNEDIC , la révision de la carte judiciaire. Dans le budget 2008, on doit pouvoir recueillir les premiers fruits d'un certain nombre de restructurations.

Ceux qui ne sont pas imposables peuvent-ils trouver leur compte dans ces mesures ?

La mesure qui va toucher le plus de Français, c'est la mesure sur le logement, parce que le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunts sera cumulable avec le prêt à taux zéro. 60% des emprunteurs bénéficieront à plein de cette mesure à hauteur du plafond. Cela représente, si on prend le montant moyen des emprunts immobiliers des Français, un avantage équivalent chaque année à deux mensualités d'intérêts. On proposera dans un deuxième temps une batterie de mesures pour que les engagements de construction soient tenus. Cette mesure peut amener les gens qui sont dans le parc social à accéder à la propriété.

S'agissant des heures supplémentaires, dans quelle mesure les salariés peuvent ils décider d'en bénéficier?

Cela dépend complètement de la situation de leur entreprise. Il y a beaucoup d'entreprises où il y a un vrai dialogue entre le patron et le salarié sur la question des heures sup, et il y en a où ce n'est pas le cas. On n'a pas voulu toucher au Code du travail. Il y a des heures sup choisies, des heures sup subies. Cela dit, je voudrais insister sur un point: quand on a imposé les 35 heures à tout le monde, on ne s'est pas posé la question de savoir si les salariés avaient leur mot à dire. Pour desserrer aujourd'hui la contrainte des 35h, on agit dans le contexte qui nous est imposé. L'objectif sur le long terme devrait être de donner une beaucoup plus grande liberté aux partenaires sociaux dans l'entreprise pour négocier le temps de travail. Cet objectif passe par une révolution dans la nature des relations sociales en France.

Qu'attendez vous des partenaires sociaux ?

J'attends qu'ils soient à la fois imaginatifs, exigeants et responsables. Et qu'ils nous aident à moderniser une société française qui est pleine de talents et pleine d'atouts, mais qui ne cesse de perdre du terrain par rapport à ses voisins européens parce qu'elle refuse d'évoluer. J'attends qu'ils fassent demain ce que certains ont fait sur la réforme des retraites ou  sont en train de faire sur la pénibilité. Plus ils seront forts, plus je pense qu'ils pourront être responsables.

Qu'en est-il du contrat unique?

On a toujours dit que, sur les questions qui toucheraient au droit du travail, on respecterait scrupuleusement la loi qui vient d'être votée et qui prévoit que les partenaires sociaux ont un délai pour traiter eux mêmes le problème avant que le législateur ne s'en saississe. C'est typiquement le cas. Sur le contrat de travail, on leur a donné, grosso modo, six mois pour avancer, et on leur a dit aussi, que si il n'y avait pas de progrès durant ces six mois, le gouvernement prendrait ses responsabilités. C'est fondamental.

N'est-ce pas mettre la pression sur les partenaires sociaux ?

Leur accorder six mois ne doit pas être interprété comme un manque de considération à leur égard, mais simplement comme la conséquence d'une accumulation de retards de l'économie française. Des retards qui nous coûtent extrêmement cher. Nous savons très bien que, pour des résultats soient enregistrés par les Français, il va falloir deux ou trois ans. Il faut donc agir vite. Le texte sur les peines plancher et les mineurs récidivistes sera débattu par le Sénat dès le début de la session. Le texte travail-emploi-pouvoir d’achat le sera au même moment par l'Assemblée nationale. Ils seront suivis immédiatement par le texte sur le service minimum, et par celui sur l'Université.

Ne prenez vous pas des risques à discuter en plein été un texte sur l'autonomie des Universités?

Nous avons été élus pour agir. L'Université française qui était au premier rang des universités mondiales est aujourd'hui, pour la meilleure, au 45ème rang. Cela aboutit au gâchis que l'on connaît avec 50% d'échec en première année et 37% seulement d'une classe d'âge qui obtient un diplôme de l'enseignement supérieur contre plus de 60% aux Etats-Unis. C'est une situation qui n'est pas acceptable. Cette réforme des Universités, il aurait fallu la faire depuis longtemps. Cette fois, on ne va pas tergiverser : elle sera lancée dès le mois de juillet avec une réforme qui, certes ne réglera pas  tous les problèmes, mais qui créera un cadre dynamisant.

Comment définiriez-vous la fonction de Premier ministre avec un chef de l'Etat aussi omniprésent que Nicolas Sarkozy ?

Comme une équipe avec un pilote et un co-pilote. Depuis un mois, nous avons pris toutes les décisions ensemble. Certes, la situation actuelle est un peu particulière car; pour l'instant, il n'y a ni Parlement ni majorité. Cela changera dès le lendemain des législatives :  le Premier ministre devra aller chaque jour expliquer sa politique auprès des parlementaires et prendre en compte leur point de vue. Ma conception, c'est donc celle d'une équipe extrêmement soudée qui agit de concert, et pas d'une cohabitation au sommet. La légitimité est d'abord celle du président de la République, qui a été élu au suffrage universel. Le 6 mai, les Français ont choisi un projet de rupture. Le rôle du Premier ministre, c'est de mettre ce projet en oeuvre. Et de faire en sorte que le jour où le président voudra changer de gouvernement, Le Premier ministre puisse, avant de partir, cocher les cases du programme réalisé.

Qui est le chef de la majorité ? Le Président ou le Premier ministre?

C'est le Premier ministre qui est à la tête de la majorité parlementaire et pour une raison simple: le président de la République a vocation à dépasser la majorité, à rassembler l'ensemble du pays.

Le PS met en garde contre la vague bleue annoncée pour ces législatives et plaide, comme François Bayrou, pour qu'il y ait à l'Assemblée un contre-pouvoir...

Chacun est dans son rôle. Dans d'autres circonstances, j'ai entendu la gauche souhaiter avoir une majorité écrasante. M. Fabius parle aujourd'hui d'un risque d'absolutisme. J'étais député à l'époque où il était Premier ministre, et il ne se plaignait pas à l'époque d'avoir une majorité forte. En plus, l'élection du 6 mai est particulière. On a compris, à travers l'importance de la participation, qu'il y avait vraiment un choix de rupture. Or on sait que, dans une société française conservatrice, ce changement ne sera pas facile à mettre en œuvre. Si les législatives marquaient une sorte de recul par rapport à la présidentielle, l'élan serait sinon brisé, du moins freiné. Alors je dis aux Français qui hésitent à aller voter parce qu'ils ont le sentiment que l'essentiel est joué que ce n'est pas le cas.

Craignez-vous une abstention forte ?

Vous savez, nous sommes sur le terrain pratiquement tous les soirs depuis le 14 janvier, et on peut comprendre que les Français commencent à se fatiguer et puissent se dire qu'avec l'élection de Nicolas Sarkozy, ils ont fait le boulot. Eh bien non! La suite ne va pas de soi. L'Assemblée nationale n'est pas un contre-pouvoir, c'est le coeur du pouvoir. Sans majorité au Palais-Bourbon, ce que les Français ont décidé le 6 mai ne pourrait pas se traduire dans les faits.

Etes-vous en phase avec la volonté de Nicolas Sarkozy d'aller encore plus loin dans l'ouverture?

Oui, je souscris pleinement à cette démarche. Et dans le fonctionnement des premières semaines de mon gouvernement, je n'ai qu’à me louer des ministres d'ouverture. Il s'agit
d' une ouverture claire, à partir d'un contrat politique  précis, Nicolas Sarkozy ayant annoncé ce qu'il allait faire. Il n'y a donc pas d'ambiguité. Les hommes de gauche qui nous ont rejoints viennent avec leur sensibilité et leurs propositions, comme Martin Hirsch et son revenu de solidarité active. Ils apportent un regard différent et, pour nous, c'est incontestablement une richesse complémentaire.

Sur l'instauration d'une dose de proportionnelle aux législatives, êtes-vous aussi sur la même longueur d'onde que Nicolas Sarkozy?

Chacun sait que je suis un franc partisan du scrutin majoritaire. J'entends bien l'argument d'une représentation de la diversité de la société française, mais je pense que la Ve République a besoin d'une majorité forte à l’Assemblée nationale. C'est même l'atout principal de cette Constitution. Tout ce qui pourrait conduire à un émiettement de la vie politique me paraît dangereux dans un pays sensible à toutes les sirènes de la division. C'est pour cela que je préférerais l'idée d'introduire cette diversité au Sénat. En tout cas, si on doit le faire à l'Assemblée, il faut impérativement respecter deux conditions: que cela ne porte que sur peu de sièges, et que l'on n'augmente pas le nombre de députés.

Prévoyez-vous toujours de proposer la présidence de la Commission des Finances à l'opposition?

C'est un engagement que nous avons pris. Il sera respecté.

Au risque de bloquer parfois le travail parlementaire?

Je souhaite qu'on engage simultanément, avec l'opposition, un travail de rénovation du rôle du Parlement. Il faut réfléchir à la création, par exemple, d'une commission qui traiterait de tout le secteur confié à Alain Juppé sur le développement durable, au renforcement des moyens de contrôle mis à la disposition du Parlement pour contrôler l'exécutif, au contrôle des nominations, au fonctionnement même de la séance. Cela fait beaucoup de chantiers.

Est-il raisonnable de cogner sur la gauche, comme vous le faites?

J'ai de la marge: je ne serai jamais aussi brutal que la gauche l'a été à l'égard de Nicolas Sarkozy (rire). Je suis surtout très étonné de voir que, pendant cinq ans, la gauche a refusé toutes les mains que nous lui avons tendues, et s'est opposée à toutes les réformes, y compris celles qui étaient inspirées par des principes pas très éloignés des siens. Les socialistes viennent de perdre. Au lieu de se dire que c'est sans doute parce qu'ils n'avaient pas fait le travail de réajustement de leur corps de doctrine aux changements de la société, ils continuent comme si rien ne s'était passé. Mme Royal dit qu'elle a fait une campagne électorale formidable, et M. Hollande continue de vanter la réduction du temps de travail. Il faut placer la gauche devant ses responsabilités.
 
En somme, vous voulez lui rendre service!

Notre intérêt à court terme, c'est que la gauche reste ce qu'elle est. Mais l'intérêt du pays à long terme, c'est qu'elle se modernise car, derrière elle, il y a des millions de Français qui ont voté pour elle. Comment moderniser la société française si le PS ne reconnaît même pas que l'allongement de la durée du travail est la seule solution pour financer les retraites ? La clé des problèmes de la gauche, c'est l'attitude qu'elle a adoptée au moment de la réforme des retraites

Pourquoi ne pas lancer la réforme des régimes spéciaux?

 Cette réforme nécessite une négociation avec les partenaires sociaux. Un rendez-vous est fixé en 2008 sur l'actualisation de la réforme des retraites : ce serait provocateur de ne pas respecter ce rendez-vous.

Où en est le dossier GDF-Suez?

GDF est une grande entreprise qui a besoin d’alliances pour jouer dans la cour des grands. Le projet de fusion avec Suez est valable. Mais il y a d'autres options : l'option algérienne, l'option EDF et d’autres encore. Nous avons demandé aux entreprises d'examiner ces options, et nous travaillons pour prendre une décision.

Vous employez le mot «rupture» et vous dites que le résultat du 6 mai n'est pas ordinaire. Avez-vous les sentiment d'être aux commandes dans une phase «historique»?

Oui. Je compare la situation à celles de 1958 et de 1981. Pourquoi 83% des Français sont-ils sortis de chez eux pour aller voter? Parce qu'ils ont senti que le changement est possible avec l’arrivée d’une nouvelle génération. Cela crée pour le gouvernement et la majorité une obligation et une exigence considérables, que n'ont sans doute pas ressenti les majorités précédentes. Si on ne relève pas ce défi, la crise de confiance politique repartira de plus belle et économiquement, des rendez-vous essentiels seront manqués.

C'est la dernière chance?

On ne peut jamais dire cela. Mais sur la modernisation du système universitaire ou la compétitivité, sur lesquels on a déjà pris quinze ans de retard, le décrochage serait extrêmement sérieux si on ne réussissait pas.

Qu'est-ce que ça fait d'être Premier ministre?

Je savais que c’était une charge difficile mais j’ai eu le temps de m’y préparer. Pendant deux ans, j'ai été le coordinateur du projet. Et j'avais réfléchi pendant des années au mauvais fonctionnement de notre système institutionnel et politique. J'ai avec le président de la République une relation de confiance totale. Je déroule donc la feuille de route. Je sais que nous serons confrontés à des difficultés mais je sais aussi que nous les affronterons ensemble.

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 11:01
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J’étais hier soir l’invité de « Jour de sport », l’émission de Canal Plus animé par Lionel Rosso et Thierry Rey avec Henri Pescarolo et David Douillet. Nous avons parlé longuement de ma passion pour le sport automobile, des 24 heures du Mans et du sport à l’école.

Quel plaisir de retrouver Henri, quadruple vainqueur de la plus prestigieuse des courses d’endurance et David, le grand champion qui a si bien fait vivre aux téléspectateurs de Canal l 'ambiance magique du circuit de la Sarthe en 2006.

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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 12:20
Je vous signale l'interview que publie aujourd'hui lundi Libération au sujet de la mise en oeuvre de la loi sur l'école.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=358959

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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 23:12
Je serai sur RMC jeudi 9 février à 13 heures dans l'émission "Les grandes gueules"
Vous pouvez réécouter l'émission à l'adresse suivante: http://www.rmcinfo.fr/index.php?id=pagesearch#

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1 février 2006 3 01 /02 /février /2006 23:26
Bonsoir!
Je serai demain jeudi sur I Télé à 8 H 35 pour parler de mon déplacement au Proche Orient.

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21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 23:32
Rendez vous demain dimanche à 11 heure sur Radio J  (94,8 FM)

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