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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 11:11

 
     François FILLON répond à Christian JACOB sur la confirmation lors des questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale le Mardi 17 mai 2011.
 

Monsieur le président,

Mesdames et Messieurs les députés,

Monsieur le président Jacob,

 

1 % de croissance pour le premier trimestre 2011, c’est la confirmation que l’économie française est sur la voie d’une reprise solide. C’est la plus forte hausse depuis 2006. C’est une hausse qui est supérieure à la moyenne des autres pays européens, c’est une hausse qui est deux fois supérieure à celle de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Et comme vous l’avez vous-même indiqué, tous les autres indicateurs convergent sur la voie de cette reprise solide de l’économie française : la consommation des ménages qui a augmenté, l’investissement des entreprises. Et naturellement, la résultante de cela c’est près 60.000 emplois créés au premier trimestre 2011. C’est une augmentation de 56 % par rapport aux créations d’emplois du trimestre précédent.

 

Ceci n’est pas le fruit du hasard. C’est le fruit d’une politique économique que nous avons conduite, que le Gouvernement a conduite, que vous avez mise en œuvre. Cette politique économique a consisté à privilégier la relance par l’investissement à travers des mesures clés comme la suppression de la taxe professionnelle ou comme l’augmentation très importante du crédit impôt-recherche. Nous avons désormais un acquis de croissance pour l’année 2011, alors que nous ne sommes qu’à la fin du premier trimestre, de 1,6 %. C’est dire si les prévisions de croissance de 2 % que le Gouvernement avait faites sont désormais des prévisions qui sont parfaitement tenables.

 

Alors, Mesdames et Messieurs les députés, au moment où les efforts des Français portent leurs fruits, ce qui est très important c’est de ne pas varier notre ligne économique, de la tenir. De la tenir en continuant à valoriser le travail. Valoriser le travail avec les mesures sur les heures supplémentaires et avec le nouveau partage de la valeur dans les entreprises, sur lequel vous allez être amenés à débattre dans quelques semaines. C’est ensuite soutenir l’innovation à travers la mise en œuvre des investissements d’avenir, c’est combattre le chômage des jeunes avec les mesures sur l’apprentissage et c’est enfin réduire nos déficits.

 

Mesdames et Messieurs les députés, face à la crise, il y avait plusieurs stratégies possibles et les critiques ont été nombreuses sur celle que nous avons suivie. On nous indiquait notamment, s’agissant de l’opposition, qu’il fallait baisser la TVA pour relancer la consommation et nationaliser notre secteur bancaire. Aujourd’hui, on constate les résultats : ceux qui ont choisi cette stratégie en Europe ont des résultats qui sont deux fois moins bons que les nôtres. Mesdames et Messieurs les députés de l’opposition, la crédibilité c’est aussi de reconnaître cette situation.

 

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 17:39

 


 François FILLON répond à une question de François SAUVADET sur le RSA lors des questions au Gouvernement à l'Assemblée Nationale le mardi 10 mai 2011.
 

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les députés,

Monsieur le Président Sauvadet

 

Le Revenu de Solidarité Active, c’est une avancée sociale qui est à mettre au crédit du Président de la République et de cette majorité.

 

Grâce au Revenu de Solidarité Active, reprendre une activité, même une activité partielle, est désormais plus attractif que la dépendance à l’égard de la solidarité. Grâce au Revenu de Solidarité Active, 70.000 familles françaises sont passées au-dessus du seuil de pauvreté.

 

Le RSA, c’est une avancée par rapport au Revenu Minimum d’Insertion. Mais, cette réforme n’a pas pour autant résolu tous les problèmes et on ne peut pas se satisfaire de compter aujourd’hui 1 million de Français qui sont éligibles au Revenu de Solidarité Active que l’on appelle « socle ».

 

Nous avons deux défis à relever : le premier, c’est d’orienter davantage de personnes vers un parcours d’insertion, et le deuxième, c’est de lutter contre les fraudes qui exaspèrent, à juste titre, nos concitoyens. L’action des départements qui gèrent le Revenu de Solidarité Active est très variable sur ces deux sujets.

 

Je reconnais qu’il s’agit de questions difficiles mais en même temps, renoncer sur ces deux questions, ce serait une faute. Le Gouvernement sera donc attentif à toutes les propositions qui seront faites et qui visent à améliorer le niveau d’insertion, le taux d’insertion et à lutter plus efficacement contre les fraudes.

 

Mais, mesdames et messieurs les députés, il y a aussi une chose qui doit nous guider : nous parlons d’hommes, de femmes et d’enfants qui sont en grande précarité et il s’agit d’une réalité humaine qui ne doit pas être oubliée. Cmme nous ne devons pas oublier que la dignité qui s’attache au travail doit toujours être privilégiée par rapport à l’inactivité.

 

Mesdames et messieurs les députés, la République, c’est la solidarité, mais la République c’est aussi les droits et les devoirs. C’est la philosophie du Gouvernement. C’est la philosophie de cette majorité.

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Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:16

 


François FILLON a réuni le Gouvernement en séminaire le Jeudi 5 mai 2011 à 9h00 à l’Hôtel de Matignon.
 

Mesdames et messieurs,

 

Je viens de réunir le Gouvernement pour faire le point des actions que nous avons engagées depuis 2007 et pour tracer les perspectives des prochains mois.

Au moment où l’ensemble des forces politiques se prépare aux échéances de 2012 et où, comment dirais-je…., une certaine fièvre préélectorale se fait sentir, j’ai d’abord demandé au Gouvernement de se concentrer sur son travail et sur ses devoirs.

Beaucoup de sujets ont été abordés ce matin, mais la priorité des priorités: c’est la consolidation de la croissance.

 

La nette amélioration du climat des affaires permet d’anticiper une accélération de la croissance trimestrielle ; le nombre de chômeurs a baissé en mars pour le troisième mois consécutif, la réduction de nos déficits s’est amplifiée: bref, nous entrons dans un cycle positif qui exige de la discipline.

 

J’ai remis aux membres du Gouvernement les lettres de cadrage économique et financier pour la préparation du budget 2012 en insistant sur la continuité des efforts de compétitivité et de réduction des déficits qui doit être la nôtre dans cette phase actuelle de reprise économique.

 

A côté de la préparation du budget 2012, que nous avons évoquée, une quarantaine de projets de loi sont en cours d’examen ou sont à venir.

 

L’environnement international ne nous autorise par ailleurs aucune défaillance :

  • la lutte contre le terrorisme nous commande une vigilance absolue et des instructions ont été données en ce sens;

  • l’épreuve de force engagée contre le régime répressif du Colonel Kadhafi doit être poursuivie;

  • les leçons de Fukushima doivent être tirées. Avant l’hiver prochain, toutes nos centrales devront avoir été auditées et nous en tirerons toutes les conséquences;

  • enfin, les efforts pour stabiliser et consolider la zone euro doivent être poursuivis pour éviter de nouvelles turbulences.

 

Face à ces enjeux, les Français doivent être assurés que la direction de l’Etat et l’application des réformes ne souffrent d’aucun relâchement. Ils doivent être convaincus que la présidence de Nicolas Sarkozy aura été, jusqu’au dernier jour, inspirée par une intensité politique qui en fait sa singularité et son honneur.

 

Ce quinquennat marque le retour de la volonté politique, avec ses avantages, mais aussi avec tous les soubresauts et tous les débats contradictoires qu’une telle dynamique peut naturellement susciter.

 

La France rétive aux changements, crispée sur quelques dogmes politiquement intouchables, s’est mise en mouvement, et sur plusieurs sujets, je crois pouvoir parler de révolution culturelle.

 

Dans les universités, le principe de l’autonomie, autrefois honni, fait désormais consensus et tous les acteurs s’en sont emparés avec résolution.

Hier, le classement de Shanghaï était considéré par la communauté universitaire et scientifique comme un affront, il est désormais considéré comme un défi.

 

Dans les entreprises, l’intérêt pour les heures supplémentaires défiscalisées a relativisé celui pour les RTT. 9 millions de salariés ont bénéficié de ce dispositif pour un gain net de 400 euros par mois en moyenne par salarié.

 

Dans les transports, le service minimum s’est imposé.

Et lors des conflits du mois d’octobre, un train sur deux circulait.

Le paysage syndical est lui-même en pleine mutation. La représentativité des organisations syndicales, sujet tabou s’il en était, dépend dorénavant des résultats électoraux obtenus dans les entreprises. C’est une disposition qui est, vous en conviendrez, plus démocratique que la référence à la présomption irréfragable.

 

En matière de sécurité, les vieux clivages idéologiques qui stérilisaient notre action se sont effacés au profit d’une fermeté républicaine qui est d’ailleurs exigée par tous les Français.

La délinquance qui avait augmenté de 17% entre 1997 et 2002, elle a diminué de plus de 16% depuis 2002. Je sais que nos concitoyens réclament plus de résultats encore et ils ont raison, mais ce sont des chiffres, c’est la réalité de l’action qui a été la nôtre comparée à celle de nos prédécesseurs.

 

Quant au symbole de la retraite à 60 ans, il appartient à une époque révolue, et je le dis solennellement devant vous, nul ne reviendra plus sur cette décision responsable.

Nous travaillerons tous plus longtemps pour pérenniser notre système par répartition qui, d’ici 2018, devra revenir à l’équilibre.

La justice est aussi au rendez-vous de cette réforme, puisque 120.000 personnes vont bénéficier chaque année des mesures prises sur la pénibilité et sur les carrières longues.

 

Ces exemples, j’aurais pu en prendre d’autres, mais ce sont je crois les plus significatifs, démontrent que les rigidités structurelles et intellectuelles ont été dépassées, et tout n’est pas venu du sommet !

Les Français y ont pris leur part, et rien n’est plus faux que de les présenter comme des conservateurs ou des nostalgiques.

 

La réforme constitutionnelle de juillet 2008 a installé le Parlement au cœur des équilibres constitutionnels, et parmi ses nombreuses avancées, celle de la question prioritaire de constitutionnalité est en train de révolutionner les droits du citoyen. Je veux dire d’ailleurs sur ce sujet que contrairement à une idée répandue, une de plus, le quinquennat de Nicolas Sarkozy aura été l’occasion de la conquête de nouveaux droits et de nouvelles libertés pour les Français. Nouveaux droits avec la question prioritaire de constitutionnalité, nouveaux droits pour le Parlement, nouveaux droits avec le Défenseur des droits, qui sera mis en place dans quelques jours et qui va constituer une autorité constitutionnelle extrêmement puissante, pour défendre les droits des citoyens.

 

Les partenaires sociaux ont, eux aussi, joué un rôle important.

Bien sûr, nous avons eu des différends avec eux !

Oui, je le dis, le pouvoir politique a cru être en droit d’imposer sa loi sur celle de la rue… Mais depuis quatre ans, la démocratie sociale a été respectée comme jamais.

 

Trois lois importantes sont issues d’accords entre les partenaires sociaux: la réforme de la formation professionnelle, la loi sur la modernisation du marché du travail, et celle sur la représentativité des syndicats qui, je l’ai dit, modifiera à terme, considérablement le paysage syndical.

Enfin, récemment, des accords très importants ont été signés par les partenaires sociaux, sur les retraites complémentaires et sur l’assurance chômage.

 

La plupart des réformes qui ont été annoncées par le Président de la République en 2007 ont été mises en œuvre.

Nous avons fait ce matin le point sur leur état d’avancement.

 

Je veux dire que depuis 2007, nous n’avons pas biaisé, mais c’est vrai nous avons rencontré des obstacles : c’est le cas sur la croissance sur laquelle nous avions bâti notre projet, et a fortiori, sur l’emploi et le pouvoir d’achat ; c’est le cas sur le bouclier fiscal qui n’a pas été compris en période crise ; c’est le cas sur la violence aux personnes qui est venue altérer notre bon bilan sur la sécurité.

Bref, nous avons connu des revers, nous avons essuyé quelques échecs qui ont pu décevoir ceux qui espéraient tant en nous, mais personne ne peut nous jeter la pierre en disant: «Ils n’ont pas tenu leurs engagements» !

 

Nous avions reçu le mandat de moderniser la France: nous l’avons rempli avec honnêteté et avec courage.

 

Mais l’Histoire nous a imposé un autre mandat, que nous n’avions pas prévu et que nous n’avions pas choisi: celui de répondre à la pire crise financière et économique depuis les années 30.

Cette crise a bousculé nos objectifs. Elle a réduit nos marges de manoeuvre.

En quelques mois, la France s’est retrouvée en récession, et tous ceux qui évaluent ces quatre dernières années en feignant d’oublier cette épreuve sont malhonnêtes.

 

Dans son dernier rapport, l’OCDE considère, je la cite, que «notre plan de relance a été bien conçu, mis en œuvre rapidement, et qu’il a ainsi permis d’amortir sensiblement le choc subi». Quant au Fond Monétaire International, il a estimé, je le cite, que les « pouvoirs publics sont intervenus en temps opportun et de façon décisive».

On est très loin des critiques manichéennes de l’opposition, et encore plus loin des solutions démagogiques et irresponsables qu’elle avançait face à cette crise économique et financière.

 

En 2009, notre pays a enregistré une récession deux fois plus faible que ses partenaires (-2,6 % en 2009 contre -4,1 % pour la zone euro) et nous retrouvé le chemin de la croissance plus rapidement que la moyenne des pays de la zone euro.

 

En dépit de la récession, et je voudrais insister sur ce point, le pouvoir d’achat des ménages n’a pas reculé en France. 

En 2009, le pouvoir d’achat a progressé de +1,6%, contre +0,1% dans la zone euro. Et en 2010, les premières données provisoires dont nous disposons, nous permettent de penser que le pouvoir d’achat a continué à être plus allant qu’en Allemagne, sans doute +1,2 % contre +0,7% en Allemagne.

De même, les ménages ont continué à consommer contrairement à plusieurs de nos partenaires.

 

Quant à notre taux de chômage, il a certes augmenté de 27%, mais il a bondi de 50% au Royaume Uni, de 99% en Espagne, de 41% dans l’Union européenne.

La mobilisation du chômage partiel pour 500.000 salariés, les contrats de transition professionnelle dans 32 bassins d’emplois, la mobilisation des contrats aidés, l’aide à l’embauche dans les Très Petites Entreprises : toutes ces mesures d’urgence, qui ont d’ailleurs été prises en lien avec les partenaires sociaux, ont bénéficié à trois millions de salariés et de demandeurs d’emplois.

 

J’avance tous ces chiffres avec modestie, parce que je sais bien qu’entre les chiffres et le ressenti des Français, entre les statistiques et la réalité vécue au quotidien, il y a un fossé.

 

Pour autant, je crois qu’il est juste de dire que nous avons été à la hauteur d’une crise sans précédent.

Ni la récession, ni les sondages, ni les rendez-vous électoraux qui ont rythmé le quinquennat, ne sont venus freiner notre volonté de réforme.

L’année dernière nous avons enclenché et nous avons réussi la réforme des retraites là où tant d’autres auraient repoussé l’échéance.

 

Et nous voici maintenant en train de lancer la réforme de la fiscalité du patrimoine, celle de la justice, celle de la dépendance, celle de la gouvernance des finances publiques, et nous continuons de réformer l’Etat, de réduire nos déficits alors qu’il serait si commode d’ouvrir à la veille des rendez-vous électoraux les vannes de la dépense publique.

 

Cette audace constitue un risque, mais tout ce quinquennat est fondé sur le pari que le mouvement vaut mieux que l’attentisme.

 

Le Président de la République reste fidèle à son mandat et à son cap, et le moment venu, lorsque les scories et les commentaires accessoires qui entourent son action se seront dissipés, la seule et véritable question qui se posera sera très simple: «Est-ce que depuis 2007, la France a mieux résisté au choc et est-ce qu’elle est mieux armée pour aller chercher la croissance, pour sécuriser son pacte social et pour faire entendre sa voix dans le monde ? »

 

Eh bien, ma conviction c’est qu’avec Nicolas Sarkozy nous avons posé les bases d’une société française plus innovante, plus solide, plus clairvoyante face aux défis de la mondialisation.

 

Naturellement, j’entends les critiques à l’égard du Président. Je veux dire qu’elles sont injustes et qu’elle sont souvent très basses. Le Président de la République que je connais, celui que je côtoie depuis quatre ans, est bien éloigné des caricatures qui en sont faites.

 

Qu’est-ce qu’on lui reproche ? Parlons-en clairement puisque ses détracteurs osent moins attaquer sa politique que l’homme.

 

Son style direct ? Au lieu de regretter les temps anciens où le Chef de l’Etat survolait habilement les évènements, les Français devraient accorder à Nicolas SARKOZY le mérite de la sincérité et de la responsabilité.

 

On lui reproche de ne pas avoir pu tenir tous ses engagements ?

J’ai indiqué qu’il en avait réalisé la plupart, et cela dans des circonstances économiques internationales désastreuses. Et au demeurant, est-ce qu’il vain d’en appeler au bon sens des Français qui peuvent comprendre qu’on ne transforme pas la société française en quatre ans ?

Chaque jour du quinquennat fut et reste une aventure humaine avec ses idéaux mais aussi ses réalités, ses impulsions et ses résistances.

On ne conduit pas la France comme on conduit froidement une expérience en laboratoire.

 

Qu’est-ce qu’on lui reproche encore ? D’avoir mené avec le Gouvernement une politique prétendument «favorable aux riches et aux banques» ? Et on retrouve, là, la sempiternelle et insultante attaque de la Gauche. Rien n’est plus faux. Et cette démagogie doit être combattue. Le bouclier fiscal était mal compris. Nous y avons renoncé, mais nous n’avons pas renoncé au bon sens et nous adapterons l’ISF pour corriger ses excès.

 

Nous n’avons pas de leçons de justice sociale à recevoir. Avec le Président de la République, nous avons encadré les retraites chapeaux ; les socialistes ne l’avaient pas fait. Nous avons taxé les stock options ; les socialistes ne l’avaient pas fait. J’ajoute même que Monsieur Fabius avait, juste avant de quitter le Gouvernement avant 2002, allégé la fiscalité sur les stock options. Nous avons combattu les paradis fiscaux, les socialistes n’avaient jamais rien fait contre les paradis fiscaux. La revalorisation du minimum vieillesse de 25% sur cinq ans, la suppression en 2009 des deux tiers de l’impôt sur le revenu pour 5 millions de Français, la prime de solidarité, l’augmentation de l’indemnisation du chômage partiel, le RSA, le doublement des constructions de logements sociaux, l’effort en direction de l’hébergement d’urgence, ont permis de préserver la cohésion sociale au plus fort de la crise. Quant au nouveau prêt à taux zéro pour l’accession à la propriété et la suppression des droits de succession, ces deux mesures ont élargi l’espoir des classes moyennes. Dans un monde incertain, la propriété et l’héritage restent des valeurs que nous assumons.

 

Les nouvelles règles du partage de la valeur annoncées par le Président de la République sont dans ce contexte justes et raisonnables. Je veux les rappeler, toutes les entreprises de plus de 50 salariés qui augmenteront leurs dividendes devront négocier avec leurs représentants syndicaux le montant d’une prime en faveur de leurs salariés. Cette prime bénéficiera d’un statut social particulier, le même que celui des dividendes versés aux actionnaires, dans la limite de 1200 euros. Et dans les entreprises de moins de 50 salariés, cette disposition sera facultative. Naturellement, si les partenaires sociaux auxquels nous avons demandé de débattre de cette question depuis deux ans, trouvent avant le débat parlementaire, une solution meilleure que celle que nous proposons, nous serons ravis de l’examiner avec eux. Mais je veux dire que le Parlement sera saisi de ce projet en juin prochain.

 

Pour ce qui est de notre soutien aux banques, qui a été tellement caricaturé, je veux rappeler qu’une étude récente d’Eurostat a montré que le plan français avait été le seul en Europe à bénéficier aux finances publiques. Vous avez tous écrit pendant des semaines et des semaines que l’Etat avait trouvé des milliards pour les banques, et parfois certains s’étonnaient qu’il n’en trouve pas pour tel ou tel autre domaine de l’action publique, et bien la vérité c’est que notre plan de soutien aux banques a rapporté 2,4 Md€, alors que le plan britannique a coûté au contribuable britannique 15 Md€, le plan allemand a coûté au contribuable allemand 17 Md€, le plan néerlandais a coûté au contribuable néerlandais 3 Md€. Je n’évoque pas, ou plutôt, si je le fais, le plan irlandais qui a coûté au contribuable irlandais 35 Md€.

 

Quatre ans après l’élection de Nicolas Sarkozy, je laisse aux observateurs et aux historiens le soin de faire l’exégèse du bilan, parce qu’en politique, ce qui importe, c’est d’abord l’énergie qui est imprimée au pays, et c’est ensuite la continuité et la cohérence de l’action. Education, sécurité, justice, développement durable, rénovation urbaine, Grand Paris, vous voyez bien qu’il faut plus que quatre ans pour orienter la trajectoire de notre pays.

 

Mais depuis 2007, nous avons bâti un socle, un socle pour aller plus loin.

Et parmi ses lignes forces, sur lesquelles nous devons prolonger nos efforts, je voudrais en citer trois qui sont au cœur de la bataille de la croissance et de la mondialisation.

 

Il y a d’abord notre stratégie en faveur de l’éducation, de l’intelligence.

Le recentrage sur la maîtrise des savoirs fondamentaux, la mise en place en 2008 du soutien personnalisé dans le primaire qui bénéfice à plus d’un million d’élèves, l’accompagnement éducatif des collégiens et des lycéens qui, depuis 2007, concerne près d’un tiers d’entre eux, la réforme de la filière professionnelle au lycée, les internats d’excellence. L’Education nationale a été et reste la priorité du Gouvernement et notre chance pour l’avenir.

 

Ensuite, comme aucun gouvernement par le passé, nous avons mis le paquet sur la recherche, l’université, l’innovation, la technologie, la croissance verte impulsée par le Grenelle de l’Environnement… bref, tout ce qui permettra de garantir la prospérité de notre pays dans les prochaines années. Nous en avons longuement parlé à l’occasion de ce séminaire.

 

Entre 2007 et 2012, l’engagement présidentiel d’augmenter de 9 milliards d’euros les moyens de l’enseignement supérieur et de la recherche aura été strictement tenu. Il faut y ajouter 5 milliards d’euros pour les campus.

 

Et enfin, 35 milliards d’euros prévus pour les investissements d’avenir, qui constituent un formidable pari.

A travers tous les projets qui nous étaient soumis et qui ont été retenus, nous sommes en train de fédérer les équipes scientifiques, de réveiller l’industrialisation de la France, de stimuler l’aménagement du territoire autour des technologies de demain.

Nous avons déjà engagé sur ces 35 milliards d’investissements d’avenir plus de 8 Md€ sur 300 projets concrets ; 1 700 entreprises ont été soutenues et avant la fin de cette année, ce seront 15 à 20 Md€ qui auront été ciblés sur ces projets.

Dans les entreprises, enfin, le triplement du crédit impôt recherche et la suppression de la taxe professionnelle offrent de nouvelles marges de manœuvre pour investir.

 

Il y a ensuite le choix de la flexisécurité.

On en parle depuis si longtemps ! Comment trouver l’équilibre entre la flexibilité nécessaire au développement de notre économie et la sécurité de l’emploi ? Eh bien, avec la création de Pôle emploi, avec la rupture conventionnelle du contrat de travail, avec la réforme de la formation professionnelle, avec la fusion du Contrat de Transition Professionnelle et de la Convention de Reclassement Personnalisée, avec le développement massif de l’apprentissage, nous disposons aujourd’hui des moyens de créer les bases d’une véritable flexisécurité à la française.

 

Il y a ensuite le choix de la souveraineté financière. Pour réduire le déficit, le Gouvernement s’est refusé à une hausse généralisée des impôts, notre pression fiscale étant déjà l’une des plus fortes de la zone euro. Libre à la gauche de vouloir «réhabiliter l’impôt», ce qui veut dire en réalité écraser les Français sous l’impôt.

 

Notre choix à nous, c’est celui de la maîtrise stricte et durable de la dépense publique. Et c’est le retour à l’équilibre des comptes sociaux pour préserver la Sécurité Sociale. Les Français veulent que la Nation soit sérieusement gérée. Eh bien nous nous en donnons les moyens en gelant les dépenses de l’Etat depuis 3 ans, en restructurant ses services, en réduisant le nombre de fonctionnaires. Nous maintiendrons en 2012 la règle du 1 sur 2. De 7,0% du PIB en 2010, le déficit public sera ramené à 5,7% en 2011, et à 4,6% en 2012.

 

La loi de programmation des finances publiques pour les années 2011-2013, votée par le Parlement en décembre, prévoit une évolution très stricte des dépenses publiques. Et bien, j’ai indiqué ce matin aux membres du Gouvernement que nous nous y tiendrons absolument.

 

Reste enfin, et je voudrais en terminer par là, la relance de l’Europe. Je rappelle qu’en 2007, la France était marginalisée. Marginalisée par l’échec du Traité constitutionnel. Nous nous sommes, depuis, réinstallés au cœur de l’Union européenne. D’abord avec la Présidence française de l’Union qui a été conduite avec un brio unanimement reconnu par Nicolas SARKOZY, puis ensuite avec la manière dont l’Europe a affronté des épreuves liées à la crise économique. En quelques mois, l’Europe s’est découvert le pouvoir de sauver son système financier, de coordonner les plans de relance, d’éviter la banqueroute de la Grèce et de l’Irlande.

 

Nous nous sommes réconciliés avec l’Europe. Mais nous savons en même temps que beaucoup reste à faire pour donner à notre continent les armes pour exister et pour peser dans la mondialisation. Au cœur de cette problématique, il y a le tandem franco-allemand qui reste l’un de nos biens les plus précieux. Nicolas SARKOZY et Angela MERKEL l’ont parfaitement compris, et je suis convaincu que l’approfondissement de l’Europe sera l’un des enjeux de la prochaine élection présidentielle.

 

Voilà, mesdames et messieurs, le contenu de ce séminaire gouvernemental. La clé de la prospérité française c’est la compétitivité, c’est l’investissement, c’est le désendettement, et c’est l’Europe. Et cette clé, je veux vous dire que nous ne souhaitons pas la voir remise entre les mains d’une Gauche qui refuse de comprendre les changements du monde.

 

Pour nous, tout l’enjeu c’est de tirer la société française vers le haut, par les réformes, par l’innovation, par le travail, par l’éducation des enfants, par la formation, par l’encouragement. C’est dans ce sens que nous agissons depuis quatre ans. Nous sommes naturellement conscients de n’avoir franchi qu’une première étape dans la rénovation du modèle français. Mais nous disposons désormais d’un socle pour aller plus loin.

 

L’acquis et l’avenir, la lucidité et la volonté : voilà en résumé, Mesdames et Messieurs, le fil rouge de ce séminaire gouvernemental.

 

 


François FILLON répond aux questions de la presse lors du Séminaire du Gouvernement à l'Hôtel de Matignon le jeudi 5 mai 2011.

Monsieur le Premier ministre, vous avez parlé des engagements du Président pendant la campagne, et vous avez dit que la plupart avaient été tenus. S’agissant de la promesse du « Président du pouvoir d’achat », est-ce que la prime de 1.000 euros est nécessaire et suffisante à cocher la case « Promesses tenues », première question. Et, deuxième question : vous avez évoqué brièvement la pression fiscale, dans le programme pluriannuel de la France qui a été adopté cette semaine, que vous avez fait adopter, on voit que le taux des prélèvements obligatoires devrait augmenter ces prochaines années. Est-ce que cela veut dire que le Gouvernement, qui succédera en 2012, devra augmenter les impôts ou à tout le moins ne pourra pas les baisser ?

 

François Fillon : Merci beaucoup de me poser ces questions, qui vont me permettre de revenir sur des sujets essentiels. D’abord, pouvoir d’achat. Vous répétez les uns ou les autres, jour après jour, que les engagements n’ont pas été tenus sur le pouvoir d’achat. C’est faux. Regardez les chiffres. Le pouvoir d’achat des Français a progressé chaque année depuis l’élection du Président de la République, et cela malgré la crise. J’ai donné tout à l’heure les chiffres.

2009 : 1,6 % quand le pouvoir d’achat dans les autres pays européens était en augmentation de 0,7 %. Le pouvoir d’achat a progressé. Naturellement, nous aurions souhaité qu’il progresse plus, mais nous avons dû affronter cette crise économique et financière et c’est une performance de la France, des Français, et le Gouvernement y a pris toute sa part, sous l’autorité du Président de la République, que d’avoir maintenu une progression du pouvoir d’achat pour les Français, en moyenne, dans un contexte aussi difficile.

La prime qui va être mise en place n’a rien à voir avec cette question du pouvoir d’achat. Et d’ailleurs, ce n’est pas une prime de 1.000 euros, donc… Vous voulez que je coche des cases ? Vous pouvez rayer 1.000 euros, et puis vous pouvez rayer « pouvoir d’achat ». C’est une mesure de justice de sociale.

Il y a deux ans, le Président de la République et le Gouvernement ont demandé aux partenaires sociaux de se mettre d’accord, de négocier sur une meilleure répartition de la valeur produite par l’entreprise. Chaque année, les entreprises, quand elles sont bénéficiaires, produisent de la valeur. Cette valeur c’est le résultat des capitaux qui ont été investis dans l’entreprise, mais c’est aussi le résultat du travail des salariés.

Ce travail des salariés il est rémunéré, nous sommes dans une situation où la compétitivité rend difficile des augmentations importantes de salaire, parce qu’il y a la compétition mondiale. Mais il n’est pas anormal que les bénéfices de l’entreprise soient répartis de façon plus équitable, entre les actionnaires, l’investissement nécessaire dans l’avenir et les salariés. Et donc puisque en deux ans les partenaires sociaux n’ont pas avancé d’un iota sur cette négociation, nous avons décidé de proposer un projet de loi.

Ce projet de loi est très simple : toutes les entreprises de plus de cinquante salariés qui augmentent la distribution de dividendes à leurs actionnaires, par rapport à une moyenne de deux ans, sont tenues d’ouvrir une négociation avec les partenaires sociaux pour verser une prime qui représente une partie au fond de ces dividendes versés aux salariés.

La négociation est libre, naturellement, le montant de la prime sera fixé par l’entreprise et les partenaires sociaux.

Simplement, sur la question des charges pesant sur cette prime, nous avons fixé jusqu’à 1.200 euros l’exonération de charges sociales. Ce sera le même traitement que pour les dividendes, c’est-à-dire le forfait social. Ce qui est assez logique, puisque au fond, dans l’esprit qui est celui de ce projet de loi, c’est bien une meilleure répartition des dividendes entre les actionnaires et les salariés.

Dans les entreprises de moins de cinquante salariés, conscients des fragilités que représentent beaucoup de ces entreprises, cette négociation sera possible, mais elle sera simplement facultative dans les mêmes conditions, avec les mêmes avantages.

J’ajoute que si dans une entreprise, à la suite d’une négociation sociale, des propositions meilleures que celles que nous faisons sont faites, naturellement elles pourront se substituer au dispositif.

 

Deuxième sujet sur les prélèvements obligatoires : nous allons et nous avons commencé à supprimer des niches fiscales.

Ces niches fiscales, qui ont été accumulées au cours des années, avaient sans doute, toutes, des justifications, certaines d’ailleurs ne les avaient plus.

Mais surtout c’était un moyen pour beaucoup de contribuables d’échapper à l’impôt que normalement leur capacité financière devait les conduire à acquitter.

Donc, nous avons décidé de mettre de l’ordre dans ces niches fiscales, et l’augmentation des prélèvements que vous évoquez, qui est contenue dans le document que nous avons remis à Bruxelles, c’est la poursuite de la suppression, année après année, de ces niches fiscales.

Il y a d’ailleurs, dans le programme qui a été voté par l’Assemblée nationale et le Sénat, un montant annuel de suppressions de niches fiscales. Il n’y a pas d’augmentation généralisée des impôts.

 

Est-ce que la réforme constitutionnelle sur les finances publiques sera adoptée à l’été, c’est-à-dire est-ce que vous entendez réunir un Congrès dès cet été pour l’appliquer rapidement ? Deuxième question : est-ce qu’il faudra supprimer à nouveau 16.000 postes de fonctionnaires dans l’Education nationale en 2012 ?

 

François Fillon : A la deuxième question, j’avais déjà répondu, puisque la règle du 1 sur 2 continuera de s’appliquer en 2012, comme d’ailleurs le Parlement s’y est engagé en votant les lois de finances pluriannuelles.

Après, la répartition à l’intérieur des effectifs de la fonction publique d’Etat, c’est un débat que nous avons chaque année, que nous aurons encore cette année, mais enfin, grosso modo, on est sur les mêmes chiffres.

Deuxièmement, sur la réforme constitutionnelle, je voudrais d’abord saluer le vote intervenu hier soir (et je voudrais en remercier François Baroin car ça n’était pas si facile) du texte à l’Assemblée nationale. Il faut maintenant que le débat s’engage au Sénat. Nous verrons bien, en fonction du vote au Sénat et en particulier de la question de savoir si le vote sera conforme, nous verrons bien quand est-ce que nous engagerons la dernière étape, qui est celle de la réforme constitutionnelle.

J’ai compris que la Gauche n’était pas favorable à cette réforme. Elle est devant ses responsabilités et, en réalité, une fois que nous serons à la veille de prendre la décision de convoquer le Congrès, les masques tomberont, et on verra bien quels sont ceux qui veulent se donner les moyens de réduire le déficit, et quels sont ceux qui, tout en étant critiques sur la politique économique et financière conduite, n’ont absolument pas l’intention de le faire.

J’ajoute d’ailleurs que dans les projets du Parti socialiste, dans les propos qui sont tenus par les responsables socialistes, j’ai compris qu’ils envisageaient de négocier avec nos partenaires européens de retarder de deux ans le retour à l’équilibre des comptes publics.

Outre que je leur souhaite beaucoup de plaisir pour négocier avec des partenaires européens qui eux-mêmes savent que ces décisions conditionnent la bonne tenue financière de notre monnaie, la conséquence immédiate de cette annonce serait une fragilisation de la notation financière de notre pays, et quand on paie 45 milliards d’euros d’intérêts, on comprend qu’il y a de bonnes raisons de protéger cette notation triple A et de protéger le taux d’intérêt qui est le nôtre, aujourd’hui.

 

Tous les voyants sont au rouge en terme d’enquête d’opinion, est-ce que malgré tout, vous vous dites vous aussi : la situation pour 2012, je la sens bien.

 

François Fillon : Oh ! Vous savez les voyants… Quand on regarde les derniers sondages, c’est très intéressant, on voit qu’il y a une majorité de Français très large, qui est critique sur le bilan du Gouvernement, et puis quand on regarde les réformes les unes après les autres, on s’aperçoit que finalement beaucoup de ces réformes sont jugées de façon assez positive par nos concitoyens.

Je crois que nous avons dû affronter une situation économique et financière très difficile, et quand je regarde la situation dans les autres pays européens, la situation politique, elle est souvent plus difficile que chez nous.

Les tensions en Allemagne sont très fortes, le nouveau gouvernement britannique est confronté à des résistances importantes, l’Espagne, le Portugal, on voit dans certains pays d’Europe du nord, monter le nationalisme, des expressions d’extrême droite… C’est une situation qui est assez naturelle dans une phase de sortie de crise au fond.

Nous venons de connaître une crise difficile, cette crise a conduit nos concitoyens à faire des efforts, à faire des sacrifices.

 

Aujourd’hui, on est dans la phase de redémarrage de l’économie, il y a beaucoup d’impatience, on a un an devant nous et c’était un des leitmotivs de notre séminaire : un an devant nous pour consolider cette croissance et pour poursuivre l’effort de réforme sans se préoccuper des sondages et des tensions politiciennes. Et on verra bien à ce moment-là, au bout de l’année, lorsque les Français auront l’ensemble des résultats sous les yeux, lorsqu’ils auront les projets devant eux, lorsqu’ils auront à choisir entre des candidats, des hommes et des femmes, sur la base de leur parcours, sur la base de leur passé, sur la base de leur crédibilité politique, oui, je suis confiant dans l’avenir.

 

Vous êtes à Matignon depuis quatre ans et sans doute, sauf surprise peut-être, cinq. C’est donc aussi votre bilan aujourd’hui. Je voudrais savoir quel regard vous portez sur vos relations avec le Président de la République, comment vous les qualifieriez. Je voudrais savoir aussi, au regard de ce que vous aviez écrit en 2006 dans un livre qui s’appelait « La France peut supporter la vérité », si vous êtes toujours partisan de la suppression du poste de Premier ministre ?

 

François Fillon : Je vais commencer par là.

J’écrivais à l’époque mon souci de voir simplifié notre système politique, notre système institutionnel, d’aller vers un Président qui gouverne, vers un Président élu pour cinq ans au suffrage universel, qui assume lui-même les réformes, et pas comme un Président arbitre, comme ça a été si souvent le cas dans la 5ème République.

Et dans cet esprit, je préconisais une reforme plus radicale des institutions, c'est-à-dire la présidentialisation du régime. Bon, quand on est dans l’opposition, on a toujours la tentation d’aller plus loin dans la radicalité des réformes. Je reste persuadé que la présidentialisation, le régime présidentiel est un régime que la France pourrait supporter, mais ce n’est pas le choix que nous avons fait lors de la réforme constitutionnelle qui a été votée en 2008.

Et donc dans cette réforme constitutionnelle, dans l’équilibre que nous avons retenu, oui le Premier ministre a toute sa place, il ne l’aurait pas dans un vrai régime présidentiel où il devrait être remplacé par un vice Président. Quant à mes relations avec le Président de la République, elles sont excellentes, comme vous le savez. D’ailleurs la meilleure preuve c’est que je suis son Premier ministre depuis quatre ans, je vais sans doute battre quelques records dans le cadre de la 5ème République, c’est je pense la meilleure réponse à tous ceux, qui depuis quatre ans, cherchent en permanence à nous opposer.

 

Une question : à titre personnel, dans la probable campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, quel rôle vous vous voyez jouer ?

 

François Fillon : Alors comme vous avez pu le constater, pendant trois heures, j’ai appelé les ministres à se concentrer sur le gouvernement de la France, sur la poursuite des réformes, sur la conduite de la politique gouvernementale et pas sur la préparation de l’élection présidentielle.

Ca c’est un autre sujet et c’est pour plus tard.

Merci beaucoup.

 

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 17:53

 


François FILLON répond à une question, sur la mort d'Oussama Ben Laden, de François SAUVADET lors des questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale le Mardi 3 mai 2011. 

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les députés,

 

 

Avant de répondre à la question du Président Sauvadet, je voudrais m’associer au nom du Gouvernement aux propos que vous avez tenus il y a quelques instants à l’égard de Patrick Roy. Nous avons tous ressenti sa disparition avec une très grande émotion. Je me souviens pendant sa maladie d’avoir eu l’occasion de lui parler ; il ressortait de cet homme, à la fois si proche de la mort et en même temps tellement plein d’espoir, une humanité qui nous avait tous touchés. Et je voudrais lui rendre hommage et dire à sa famille toutes les condoléances du Gouvernement.

 

Monsieur le Président Sauvadet, la disparition, l’élimination d’Oussama Ben Laden, c’est une victoire dans la guerre contre le terrorisme, mais ça n’est pas la fin de la guerre contre le terrorisme. Comme l’a dit à l’instant le ministre d’Etat, Alain Juppé, Oussama Ben Laden c’est le responsable direct des 3.000 morts de l’attentat du World Trade Center, mais c’est aussi celui qui a construit une organisation qui a revendiqué des dizaines et des dizaines d’attentats depuis 1992 au Yémen, et qui est sans doute responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts.

 

Je veux dire, devant la disparition de cet homme qui au fond a commis des crimes contre l’humanité, qu’il a eu simplement le sort qu’il méritait.

 

Pour autant, sa disparition ne signifie pas la fin de la guerre contre le terrorisme, et le niveau de la menace qui pèse sur notre pays comme sur d’autres, reste très élevé depuis plusieurs années. L’attentat qui vient d’avoir lieu à Marrakech en est un témoignage.

 

Nous avons donc naturellement décidé de renforcer la vigilance sur notre territoire, nous avons demandé à nos ambassades de renforcer la sécurité des chancelleries, la sécurité des établissements scolaires à l’étranger, mais aussi la sécurité des entreprises qui opèrent dans les zones les plus dangereuses. Et surtout nous demandons à nos concitoyens de ne pas se rendre dans les zones dangereuses que le ministère des Affaires étrangères a listées et que l’on peut consulter sur le site Internet du ministère.

 

Je voudrais tirer deux constats de cet événement. Le premier concerne le Pakistan ; nous allons recevoir à partir d’aujourd’hui, en visite officielle à Paris, le Premier ministre du Pakistan. Le Pakistan est l’un des pays qui a payé un des plus lourds tributs au terrorisme, et nous allons dire au Premier ministre du Pakistan que nous sommes à ses côtés, aux côtés du gouvernement pakistanais pour l’aider à renforcer la lutte contre le terrorisme. Il faut que le Pakistan modernise son organisation, clarifie ses relations avec certaines organisations, il faut que le Pakistan mène une lutte sans répit, à la fois contre les talibans pakistanais mais aussi contre les talibans afghans.

 

Et puis le deuxième enseignement que je voudrais tirer de cet événement, c’est un enseignement qui tient à la réaction des rues arabes. Nous avons tous constaté qu’à quelques exceptions près, la « rue arabe » ne fête pas Oussama Ben Laden comme un héros. Il s’est produit avec les révolutions dans le monde arabe, des événements considérables et au fond je veux croire qu’Oussama Ben Laden et le terrorisme qu’il incarnait, appartiennent à une époque qui est en train de changer et que les modèles qui sont ceux de la jeunesse arabe aujourd’hui ce sont plutôt les manifestants de la place Tahrir, les bloggeurs de Tunisie ou les combattants de Benghazi. Je voudrais m’en réjouir et je voudrais avec l’ensemble de la représentation nationale, souhaiter que la concomitance de ces deux événements signifie que c’est la démocratie et c’est le respect des Droits de l’homme qui est en tain de gagner dans le monde arabe.

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 14:05

 


François Fillon est l'invité du journal de France 2

David PUJADAS

Comment appréhendez-vous cette information, la mort d’Oussama BEN LADEN, Monsieur le Premier ministre ? Est-ce que c’est une grande nouvelle, est-ce que ça change la donne pour le terrorisme international ?

François FILLON

Je crois que c’est une bataille gagnée par les Américains dans une guerre qui est une guerre contre le terrorisme. Mais ça n’est pas la fin de cette guerre. C’est néanmoins l’effondrement d’un symbole très important, c’est justice qui est rendue aux victimes de l’attentat du World Trade Center, près de trois mille victimes, trois mille morts et à tous ceux qui sont tombés sous les coups d’attentats qui étaient revendiqués par Al-Qaïda, on le voyait à l’instant sur vos écrans, près de dix mille personnes dans le monde. Moi je veux voir un signe avec la concomitance de cette disparition et la montée du mouvement démocratique dans les pays arabes. Au fond, ce que je souhaite, ce que j’espère, c’est que le modèle de la rue arabe, ce ne soit plus Oussama BEN LADEN, mais que ce soit désormais le manifestant de la place Tahrir, le blogueur de Tunisie ou les hommes et les femmes de Benghazi qui se battent pour la liberté et pour les droits de l’homme.

David PUJADAS

C’est un souhait ou c’est une analyse ?

François FILLON

C’est les deux ! Enfin je pense que cet événement, la concomitance de cet événement a une signification ; c’est une époque qui se termine et on voit bien à travers les réactions de la rue arabe, on voit bien à travers ce qui se passe dans le monde arabe, que les choses sont en train de changer profondément et que le mouvement qui a été initié par Oussama BEN LADEN n’est plus en résonnance avec la société d’aujourd’hui.



David PUJADAS

Alors en attendant on se pose beaucoup de questions ; première question : est-ce que la France comme d’autres pays du monde craint des représailles – la CIA par exemple l’évoque à mots ouverts aujourd’hui.

François FILLON

Je crois que, comme je l’ai dit, ce n’est pas la fin de la guerre contre le terrorisme et nous avons un haut niveau de menace depuis plusieurs années…

David PUJADAS

Est-ce qu’il va être renforcé ?

François FILLON

Je pense que cet événement ne change pas fondamentalement les choses dans l’immédiat. Il peut y avoir des mouvements en retour, soit initiés par des organisations qui sont proches d’Al-Qaïda, soit par des émules d’Oussama BEN LADEN, c’est pourquoi nous avons donné dès ce matin des instructions à nos ambassades dans les pays les plus sensibles pour renforcer la sécurité, la sécurité des lieux - ambassades et consulats, des écoles, des lycées - et puis également des entreprises françaises dans les zones les plus dangereuses mais surtout - et je profite de l’occasion que vous me donnez pour le dire à tous les Français qui nous regardent – nous demandons instamment à nos concitoyens de ne pas se rendre dans les zones à risques qui sont mentionnées sur le site Internet du ministère des Affaires étrangères ; il n’y a vraiment aucune raison aujourd’hui, que ce soit pour des raisons touristiques ou autres, d’aller s’exposer dans ces pays.

David PUJADAS

Est-ce que sur le sol français, il va y avoir un renforcement ou un aménagement de VIGIPIRATE ?

François FILLON

Nous sommes quasiment au niveau maximum de vigilance puisque nous sommes au niveau rouge de VIGIPIRATE ; nous resterons à ce niveau mais naturellement les services de renseignement, les services de sécurité ont des instructions pour être plus vigilants et je pense qu’il faut que tous les Français aient eux-mêmes présents à l’esprit cette vigilance s’ils remarquent des choses qui pourraient conduire à mettre un terme à des tentatives d’attentats.



David PUJADAS

Est-ce que – et on va découvrir ces images – la mort d’Oussama BEN LADEN est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour nos otages qui sont détenus et je pense plus particulièrement bien sûr à Hervé GHESQUIERE et Stéphane TAPONIER qui sont détenus en Afghanistan depuis maintenant 489 jours ?

François FILLON

Je pense que personne aujourd’hui ne peut le dire. On peut espérer que ces mouvements qui détiennent en particulier vos confrères comprendront qu’il n’y a pas d’issue, qu’ils sont engagés dans une voie qui est une voie sans issue. Ce que je peux vous dire, c’est que le Gouvernement français va intensifier ses efforts pour obtenir leur libération comme celle des otages au Sahel ou de notre otage en Somalie.

David PUJADAS

Est-ce qu’on sait s’ils sont aux mains d’une branche d’Al-Qaïda via les Talibans ?

François FILLON

On sait qu’ils sont aux mains d’un mouvement qui n’est pas… ,qui ne se revendique pas d’Al-Qaïda, qui est un mouvement taliban. Mais je pense qu’il faut se garder de faire aujourd’hui des analyses à chaud sur des conséquences que personne n’est en mesure d’imaginer.

David PUJADAS

Alors en ce qui concerne nos quatre otages qui ont été enlevés au Niger, est-ce que là encore il n’y a pas un risque de radicalisation ? On sait qu’Al-Qaïda au Maghreb Islamique comme son nom l’indique, se revendique comme étant affilié directement à Al-Qaïda et Oussama BEN LADEN.

François FILLON

Bien sûr qu’il y a un risque, le niveau de risque est très élevé. L’attentat de Marrakech, même si on ne peut pas aujourd’hui l’attribuer à Al-Qaïda au Maghreb, est le signe que cette guerre contre le terrorisme est loin d’être terminée. S’agissant de nos otages, nous avons eu la bonne nouvelle de la libération de l’une d’entre eux il y a quelques semaines ; nous travaillons à essayer d’obtenir la libération des autres mais vous comprendrez que je ne veuille pas en dire plus et je pense qu’il faut éviter tout commentaire aujourd’hui sur la situation des otages.

David PUJADAS

François FILLON, rappelons ces chiffres : l’Afghanistan pour la France, ce sont 4.000 hommes engagés sur le terrain et 56 soldats tués depuis 2001 ; est-ce qu’un changement de politique en Afghanistan est à l’ordre du jour ce soir ?

François FILLON

C’est une victoire en Afghanistan par rapport au rôle qu’a joué Oussama BEN LADEN dans ce pays. Mais je rappelle que nous ne sommes pas en Afghanistan pour rechercher Oussama BEN LADEN. Nous sommes en Afghanistan pour y rétablir l’Etat de droit, pour lutter contre les Talibans qui imposaient à la population un régime insupportable et pour faire en sorte que l’Afghanistan ne soit plus le foyer terroriste international qui a permis notamment à Al-Qaïda de préparer ses attentats du 11 septembre. Donc aujourd’hui nous n’avons pas atteint tous les objectifs que nous nous étions fixés. Il y a encore un long chemin à faire en particulier pour que l’armée afghane et la police afghane puissent prendre le contrôle de la situation en matière de sécurité. Vous savez que nous avons déjà donné, nous Français, le contrôle de la zone de Kaboul dont nous avions la responsabilité, à des forces afghanes. Nous devons, en principe dans les prochains mois, le faire dans une autre région dont nous avons le contrôle. Donc ce mouvement se poursuit ; il y a des résultats qui sont obtenus, mais on est encore loin de l’objectif et la mort d’Oussama BEN LADEN, elle viendra, je l’espère, renforcer cet effort de la communauté internationale. Mais ça n’est pas en soi un aboutissement.

David PUJADAS

Alors dernière chose : il y a non pas une controverse mais disons des interrogations sur les conditions de cette intervention américaine et sur la mort d’Oussama BEN LADEN ; à l’instant une dernière dépêche, puisque je le rappelais tout à l’heure, les précisions sont données au fur et à mesure de la journée à Washington : BEN LADEN s’est servi d’une femme comme bouclier humain pendant le raid – c’est ce qu’indiquent les autorités américaines et c’est ce qui expliquerait effectivement qu’Oussama BEN LADEN ait été tué, alors que l’ordre de mission des soldats américains n’était pas forcément celui-là. Interrogation en tout cas concernant la mort d’Oussama BEN LADEN ; je vous propose Monsieur le Premier ministre d’écouter ce qu’en disait l’un de vos ministres, Alain JUPPE, tout à l’heure, interrogé sur le sujet, on l’écoute.

Alain JUPPE, ministre des Affaires étrangères

Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de personnes attachées à la liberté, à la démocratie, aux droits de l’homme, au respect de la personne humaine qui vont verser des pleurs sur le cadavre de BEN LADEN. Son cadavre comme tout cadavre doit être traité avec dignité naturellement, mais on ne peut que se réjouir de voir éliminer quelqu’un qui a fait preuve d’une telle inhumanité. Souvenez-vous de ses déclarations, des exécutions d’otages, gardons en tête ce qu’était le personnage.

David PUJADAS

Alors interrogation ou pas ?

François FILLON

Alain JUPPE a raison ; moi je ne connais pas dans le détail la façon dont cette action a été conduite ; ce que je constate, c’est qu’Oussama BEN LADEN ne s’est jamais embarrassé d’aucun principe, qu’il n’a jamais eu aucun respect pour la vie humaine. Il est responsable de plus de dix mille morts. Franchement aujourd’hui la question, c’est moins de savoir dans quelles conditions cette mort est survenue, que de savoir qu’enfin Oussama BEN LADEN a été éliminé.

David PUJADAS

Merci François FILLON d’avoir répondu à nos questions ce soir sur le plateau de FRANCE 2.







 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 18:59

 


François FILLON s'est rendu dans le Rhône visiter la police technique et scientifique le lundi 2 mai 2011.

 

 

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

 

Ce matin, à l’aube, nous avons appris la mort d’Oussama BEN LADEN, tué au Pakistan lors d’une opération américaine.

Cet événement marque la fin de dix ans de traque, de celui qui était l’instigateur des attentats du 11 septembre 2001 et de tant d’autres actions terroristes dans le monde.

C’est une victoire pour tous ceux qui luttent contre le terrorisme, c’est une victoire pour tous ceux qui en furent les victimes.

La fin de la traque du leader d’Al Qaida montre une chose : pour les terroristes, dont l’arme est le mépris de la vie, il n’y a ni refuge, ni impunité.

Elle nous encourage à continuer nos efforts contre tous ceux qui visent des innocents et qui veulent imposer leur loi par la terreur.

 

A un moment où un vent de démocratie souffle sur les pays arabes, nous devons rappeler que les musulmans sont les premières victimes de ceux qui se réclament d’Oussama BEN LADEN.

 

Une étape vient d’être franchie, mais le combat contre le terrorisme n’en est pas pour autant terminé et notre vigilance doit être renforcée.

La France, qui paye un lourd tribut à cette lutte, par le nombre de ses soldats tués ou blessés en Afghanistan, et par le nombre de ses ressortissants pris en otages dans diverses parties du monde où agissent justement des émules d’Oussama BEN LADEN, la France continuera à se battre pour le respect de la vie humaine, pour la paix et pour la démocratie

 

Mesdames et messieurs,

J’ai voulu, avec le ministre de l’Intérieur, Claude GUEANT, ce déplacement à Ecully pour rendre hommage au travail de la Police Technique et Scientifique, et pour dire aux Français que leur sécurité demeure une priorité du Gouvernement.

Ca n’est pas une priorité partisane, ça n’est pas une priorité d’un jour, c’est une priorité quotidienne qui commande de la continuité et de la ténacité.

Chaque jour, en matière de lutte contre l’insécurité, est un combat. Et c’est toute la chaîne qui garantit la tranquillité publique qui doit être mobilisée : la dissuasion, la répression, la sanction, la prévention, l’éducation, ce sont tous ces maillons qui doivent former une digue légale et morale face à la violence.

Les policiers et les gendarmes sont en première ligne, mais je veux dire que c’est toute notre société qui doit se sentir responsable et qui doit se sentir mobilisée face à ces dérives les plus sombres.

 

La volonté de Nicolas SARKOZY, ministre de l’Intérieur puis Président de la République, a permis d’engager une lutte à arme égale, en donnant à la Police et à la Gendarmerie Nationale les moyens de traquer la délinquance et de s’attaquer à toutes ses formes.

 

Depuis 2007, l’action des policiers et des gendarmes - votre action - porte ses fruits.

La délinquance qui avait augmenté fortement avant 2002 a diminué de plus de 16% depuis cette date.

Le taux d’élucidations, qui était de 26% en 2002, est aujourd’hui de 34%.

Sur cette même période, les infractions révélées par l’action des services ont augmenté de plus de 40%, ce qui confirme l’engagement sans faille de nos forces de sécurité.

Pour ne prendre qu’un exemple, le nombre de cambriolages, entre 2002 et avril 2011, a baissé de 32%, et l’élucidation de ces cambriolages a progressé de plus d’un tiers.

L’apport de la Police Technique et Scientifique y est évidemment, et on vient de le voir tout au long de cette visite passionnante, pour beaucoup.

 

Ces chiffres ne signifient pas que le combat est gagné.

Mais après des années de dégradation, nul ne peut sérieusement contester les résultats des dix dernières années.

Ces résultats ne sont pas les fruits du hasard.

 

Ce qui a changé depuis 2002, c’est d’abord notre doctrine.

La présence de policiers ou de gendarmes aux seules heures de service, sans prise en compte des mutations de la délinquance, c’est une situation qui appartient au passé.

Nous lui avons substitué une conception réactive et volontariste de la sécurité, qui implique d’analyser les formes de la délinquance, d’identifier les réseaux, d’encourager l’initiative, de mesurer les résultats pour les améliorer et pour agir avec plus d’efficacité.

 

Cette action déterminée, qui est aujourd’hui pilotée par Claude GUEANT, se poursuit méthodiquement, et en particulier à travers les sept plans d’action qui ont été élaborés et appliqués depuis 2010, pour lutter contre les cambriolages, contre les violences scolaires, contre les bandes, contre les hooligans, contre les trafics de stupéfiants, contre l’insécurité dans les transports, contre les atteintes aux personnes âgées.

 

Ce qui a changé, c’est aussi la qualité renforcée des moyens d’action des policiers et des gendarmes.

 

Depuis 2002, la Police Technique et Scientifique a été sollicitée comme jamais.

Elle a apporté un soutien inestimable à l’élucidation des affaires. Elle a fait l’objet d’investissements très importants et des moyens supplémentaires ont été alloués à la modernisation de ses outils, qu’il s’agisse des grands fichiers d’identification et de procédure, du relevé et de la numérisation des empreintes, de l’analyse des données informatiques et de téléphonie mobile. En quatre ans, les effectifs des personnels scientifiques de la DGPN ont progressé de plus de 30 %  et le nombre des policiers dédiés à la Police Technique et Scientifique a progressé de près de 6 %.

 

Grâce à tous ces efforts, la Police Technique et Scientifique n’est plus réservée aux grandes affaires criminelles.

Nous avons démocratisé cette technique pour la mettre au service de toutes les victimes, pour permettre de mieux lutter contre la délinquance du quotidien, qui est faite d’agressions, de vols, de cambriolages.

 

Enfin, ce qui a changé, c’est la confiance placée dans les femmes et les hommes qui s’investissent dans la lutte contre la délinquance. Je me souviens d’un temps, pas si ancien, où les forces de l’ordre et leur autorité étaient parfois dénigrées, caricaturées, déconsidérées. Cette injustice a été réparée et chacun, désormais, mesure le prix de la sécurité sans laquelle il n’y a pas de liberté, et chacun sait que chaque policier, chaque gendarme représente une part de la République dans laquelle il s’incarne.

 

Un plan sans précédent de recrutements, de qualification, de professionnalisation, a été mené pour la Police à partir de 2004.

Le protocole des corps de carrières, avec ses aménagements successifs ; la requalification des officiers de Police de catégorie A, celle des gradés et gardiens en catégorie B ; l’extension de la réforme aux gendarmes ; la définition du rôle de conception et de direction des commissaires de police, la reconnaissance du rôle d’encadrement des officiers : tout cela a profondément modifié la physionomie des forces de sécurité dans notre pays. La Police Nationale et la Gendarmerie sont plus modernes, elles sont plus réactives, elles ne sont plus ce qu’elles étaient il y a dix ans !

 

Notre sécurité n’est plus assurée par des corps d’exécution, mais par des fonctionnaires et des militaires recrutés et formés pour être responsables, pour prendre des initiatives dans les enquêtes, pour être à l’écoute des territoires dans lesquels ils évoluent.

 

Je veux profiter de l’occasion qui m’est donnée de m’adresser à vous pour rendre un hommage particulier à tous les policiers et à tous les gendarmes.

En 2010 et en 2011, 27 policiers et gendarmes ont trouvé la mort en service et beaucoup d’entre eux ont été blessés dans l’accomplissement de leurs missions.

Les Français ne doivent jamais oublier que leur sécurité a parfois un prix très douloureux.

 

La cohérence de notre politique de sécurité impliquait des évolutions législatives fortes, qui puissent prendre en compte en particulier les évolutions technologiques. Depuis le 15 mars, Monsieur le ministre de l’Intérieur, la LOPPSI 2 donne à nos forces de sécurité des moyens nouveaux. Les fichiers de police et de gendarmerie ont été mis au service de l’élucidation. Les opérateurs doivent désormais bloquer les téléphones portables qui ont été volés. En Ile de France, depuis l’entrée en vigueur de la loi, le Préfet de police a déjà ordonné le blocage de 5.000 téléphones. Quant au déploiement de la vidéo protection, il se poursuit, avec l’objectif de porter à environ 45.000 le nombre de caméras avant la fin 2011.

 

Aujourd’hui, nous devons aller encore plus loin.

Nous devons aller plus loin, parce que les délinquants ne désarment pas et nous savons qu’ils ne désarmeront jamais. C’est un combat sans fin, que nous devons conduire, que nous avons le devoir de conduire. Parce que la puissance publique doit en permanence adapter ses ripostes, parce que nos concitoyens attendent de nous des progrès constants et des progrès qui soient toujours plus tangibles.

 

Et ils ont raison d’être exigeants Peu importe les statistiques si au fond nos concitoyens ressentent l’insécurité. Nous ne prônons pas une politique du chiffre, comme je l’entends si souvent critiquée, mais une politique du résultat ! Au-delà de notre bilan, nous avons le devoir de convaincre et de rassurer, dans les quartiers, dans les cités, dans les campagnes.

 

Et pour cela je voudrais, cet après-midi devant vous, fixer plusieurs lignes d’action.

D’abord, nous devons prendre en compte l’attente de la population, qui souhaite une police plus présente et plus visible sur la voie publique. C’est tout le sens de l’instauration des patrouilleurs, que Claude GUEANT va déployer dans les zones urbaines. La présence accrue des policiers sur la voie publique est une réponse parmi d’autres à certaines formes de délinquance. Elle complète le travail d’investigation de fond mené par les brigades spécialisées.

 

Ces patrouilleurs contribueront à renforcer les contacts et le lien de confiance avec la population, mais dans le cadre d’une affirmation claire de leur autorité et du cœur de leurs missions, c’est-à-dire l’application des lois et le maintien de l’ordre public.

Bien connaître le terrain, connaître ceux qui y vivent, être connu par eux, c’est évidemment très important pour accomplir ces missions. Mais ce lien est une condition de l’application des lois. Il ne doit pas conduire à substituer la convivialité à l’autorité, comme on pouvait le voir dans la philosophie et dans la pratique de la police de proximité. Pour créer ce lien, il faut du temps. Il faut fidéliser davantage certains policiers dans les quartiers.

 

Il faut aussi que les policiers s’investissent dans la sécurité du quotidien, contre les faits de petite délinquance, contre les incivilités qui exaspèrent les Français, que ce soit l’occupation illicite des halls d’entrée d’immeuble, la mendicité agressive, ou l’usage de motos ou de cyclomoteurs débridés.

 

En deuxième lieu, il faut revoir les fondamentaux de notre politique pénale - Michel MERCIER s’y emploie avec résolution et avec un sens du dialogue tout à fait lyonnais.

 

Nous vivons actuellement une réforme importante. Je veux parler de celle de la garde à vue. Je sais que c’est une réforme qui inquiète les enquêteurs. Et je veux dire que je peux comprendre certaines de leurs appréhensions, parce qu’il s’agit d’une évolution brutale de la conduite de l’investigation, une évolution qui, vous le savez, nous est imposée par des décisions du Conseil Constitutionnel et de la Cour de Cassation. Elle implique un changement des modalités de l’interrogatoire, des stratégies de l’enquête, de la recherche de la preuve. L’aveu ne peut plus être la seule solution à toute enquête. Son statut de preuve, à elle seule déterminante et irréfutable a vécu. Même si son importance dans le déroulement de l’enquête et dans l’analyse des charges restera évidente.

 

Nous évoluons vers un système dans lequel la preuve matérielle devient essentielle. Et c’est pour cela que tous les investissements réalisés dans la Police Scientifique et Technique sont tellement importants aujourd’hui. J’ai confiance dans la capacité des policiers et des gendarmes à faire évoluer leurs modes d’intervention et leur savoir-faire professionnel pour s’adapter à cette réforme qui était devenue inévitable.

 

Et je veux dire que je serai très attentif aux résultats et aux recommandations de l’audit que j’ai demandé à Michel MERCIER et à Claude GUEANT pour évaluer l’impact des nouvelles dispositions et, le cas échéant, si cela était nécessaire, les aménager.

 

Mais nous ne devons pas en rester à cette seule question de la réforme de la garde à vue. La garde à vue, ça n’est qu’un élément d’une réforme beaucoup plus ambitieuse, qui est la réforme globale de la procédure pénale. Bien sûr, nous avons dû anticiper la mise en œuvre de la réforme de la garde à vue, pour éviter de nous mettre dans une situation d’inconstitutionnalité. Mais dans les prochaines années, la réforme globale de la procédure pénale sera plus que jamais d’actualité, et les professionnels de l’enquête que sont les officiers de police judicaire doivent y être très étroitement associés.

 

J’attache également beaucoup d’importance au bon fonctionnement de la chaîne pénale.

Trop de peines prononcées par les tribunaux sont exécutées tardivement. Nous avons commencé à nous attaquer à ce problème, avec des résultats encourageants, et nous allons continuer à le faire. Notre objectif, c’est aussi de mettre fin aux agissements d’un petit nombre de multi-réitérants, malheureusement souvent mineurs. C’est aujourd’hui la mission qui revient aux états-majors de sécurité qui sont présidés par les Préfets et par les Procureurs, que nous avons mis en place il y a un an et demi et qui doivent maintenant donner pleinement leur mesure.

 

La lutte contre la délinquance n’est pas seulement le fait des forces de sécurité et de justice. Elle s’appuie, sur le terrain, sur toute une chaîne d’acteurs dont l’engagement mérite la plus grande considération.

 

C’est la raison pour laquelle, en troisième lieu, je veux que nous continuions à promouvoir le rôle des élus dans la sécurité des Français, parce que leur connaissance des quartiers et des habitants en font des acteurs et des interlocuteurs incontournables.

 

La loi de mars 2007 place le maire au centre du dispositif comme «animateur et coordonnateur de la prévention de la délinquance». Eh bien il faut que nous soyons en mesure de mieux faire appliquer cette loi. Et je souhaite pour cela que nous diffusions l’exemple des actions qui, partout sur le territoire, ont donné de bons résultats. Elles peuvent changer de manière décisive la physionomie d’un quartier et améliorer la qualité de la vie.

 

J’avais décidé, fin 2009, la création d’une mission nationale d’évaluation de la prévention et de la délinquance. Plusieurs rapports parlementaires viennent de m’être été remis. Nous allons en tirer toutes les conséquences.

 

Enfin, il faut utiliser à plein le formidable potentiel humain dont nous disposons au sein de nos forces de sécurité. Le temps des plans nationaux rigides, qui tombent comme des instructions valables sur tout le territoire, pour toutes les régions, les zones urbaines comme les territoires ruraux, eh bien ce temps-là est révolu.

 

Les commissaires et les officiers de Police, les officiers de Gendarmerie, chacun dans leur département, dans leur circonscription ou dans leur brigade, savent mieux que quiconque où est l’adversaire et comment on le traque. Je demande donc qu’une plus grande place soit donnée, dans nos dispositifs de lutte, à l’initiative et à la responsabilité locale. Il faut davantage s’appuyer sur l’expertise, sur l’expérience de terrain des policiers et des gendarmes. Il faut sortir d’une stricte logique de décompte de l’activité des services, pour préserver une logique de résultat. Et pour moi, le résultat, c’est une notion très simple : c’est la capacité de nos services de sécurité à faire reculer les formes de délinquance qu’ils ont identifiées dans leur secteur d’activité. C’est aussi évidemment les témoignages de satisfaction qu’ils reçoivent de la part de nos concitoyens.

 

La délinquance est mouvante, elle est évolutive. Les policiers et les gendarmes, avec l’aide du puissant appareil de recherche et d’expertise apporté par la police scientifique, améliorent sans cesse la qualité de la riposte et l’élucidation. Pour accomplir leur mission, ils ont une capacité d’initiative et d’intervention sans précédent.

 

Je voulais vous dire cet après-midi que si la Police et la Gendarmerie ont le soutien de la population, s’ils ont le soutien du Président de la République et du Gouvernement, ils ont aussi, je veux vous le dire, toute notre confiance et toute notre estime.

 

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 16:50

 


 François FILLON rend hommage au caporal-chef Alexandre RIVIERE lors de la cérémonie d’honneurs militaires funèbres au Camp d’Auvours au Mans le jeudi 28 avril 2011.
 

La semaine dernière, en Afghanistan, un soldat de France est tombé au champ d’honneur.

 

Le caporal-chef Alexandre Rivière avait vingt-trois ans.

Il était marié; il était le père d’une petite fille.

C’était l’un de vos camarades, et son cœur battait, comme le vôtre, pour l’action et pour la France.

 

Nous sommes réunis aujourd’hui pour nous incliner devant sa mémoire et partager la douleur infinie de sa famille, de ses proches, de ses amis.

 

Engagé en 2007, le caporal-chef Alexandre Rivière avait servi au Tchad, puis en Côte d’Ivoire.

 

A la fin de l’année dernière, il avait rejoint l’Afghanistan avec ses frères d’armes du 2e régiment d’infanterie de marine, au sein du bataillon Richelieu.

 

C’était un chef d’équipe remarquable.

C’était un compagnon disponible, avenant.

Il était doué de cet enthousiasme à toute épreuve qui rend la volonté inépuisable et qui est, dans le service des armes, le meilleur sentiment de la cohésion des hommes.

Il mêlait la force et l’humilité, la joie de vivre et l’abnégation, la vivacité de la jeunesse et la maturité du professionnel.

Il était unanimement apprécié de ses chefs, de ses subordonnés, de ses camarades. Il avait déjà été plusieurs fois distingué. Sa valeur lui promettait un avenir brillant.

 

Le caporal-chef Rivière manquera à la France, comme il manquera à tous ceux qui le connaissaient, le côtoyaient et l’aimaient.

 

Le 20 avril 2011, le véhicule blindé où il se trouvait a été frappé par un engin explosif au cours d’une patrouille.

Cet événement tragique a meurtri une section toute entière du 2e Régiment d’infanterie de marine, la section rouge 1, celle du lieutenant de Cazenove, lui-même blessé avec ses hommes.

A ces combattants, je veux rendre l’hommage de la République, qui veille sur le souvenir de ses soldats disparus et sur la vie de ses soldats blessés.

Je leur souhaite de se rétablir au plus vite, de surmonter cette épreuve, d’exercer de nouveau leur vocation.

 

Le caporal-chef Alexandre Rivière était né à Sainte-Clotilde, sur l’île de la Réunion.

Plusieurs de ses camarades atteints dans leur chair par l’explosion du véhicule blindé viennent eux aussi de cette France d’Outre-mer qui donne tant de personnalités de valeur à notre République.

 

Nos armées mesurent tout ce qu’elles leur doivent et tout ce qu’ils leur apportent - cette noblesse d’esprit et cette fougue ultramarines dont Alexandre Rivière donnait si bien l’exemple.

 

Marsouins du 2e de Marine du Mans, je sais que vous renforcerez votre détermination et votre énergie morale dans le souvenir de votre frère d’armes, avec honneur et fidélité, selon la devise même de votre régiment.

Au sein du bataillon Richelieu, je sais que sa mémoire accompagnera ses camarades dans leur action sur les théâtres d’Afghanistan.

A travers la tristesse provoquée par la perte de l’un des leurs, tous les soldats de France ressentent avec gravité les valeurs de bravoure et de fraternité qui fondent leur engagement.

 

Le caporal-chef Rivière illustrait la vertu de tous ceux qui choisissent la vocation militaire parce qu’ils se font une haute idée de la France.

 

En Afghanistan, en Afrique, au Moyen Orient, nos armées assurent des missions de paix essentielles.

Elles luttent contre le terrorisme et la tyrannie.

Elles défendent la liberté des peuples.

Elles apportent leur soutien aux hommes et aux femmes qui se battent pour conquérir et préserver leurs droits les plus fondamentaux. Et ils sont nombreux à placer en elles leur espoir et à leur témoigner leur reconnaissance.

La noblesse de l’ambition française vit à travers nos armées et l’esprit qui les anime. Elle inspire à mes yeux l’action de tous ceux qui ont foi dans le destin de notre pays.

 

Chacun de nos soldats peut être fier de ce qu’il accomplit chaque jour.

Et chacun de nos concitoyens peut être fier des principes qui guident nos armées, de la dignité qui marque leur engagement, de l’efficacité qui caractérise leurs interventions.

 

La mission d’Afghanistan est longue et difficile.

Elle commande patience et courage. Mais peu à peu elle porte ses fruits.

Depuis quelques mois, grâce à l’action de la Task Force LA Fayette, la liberté de circulation a été rétablie sur l’axe nord-sud qui relie la province de Kapisa au district de Saroubi.

Pour le peuple afghan, qui aspire au développement, à la stabilité, à la maîtrise de son destin, c’est une mission fondamentale que nos armées sont en train de mener à bien.

Et c’est une mission digne des idéaux de la France et des valeurs de nos soldats.

 

La mémoire de nos engagements, et avec elle la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés pour eux, ne sera pas perdue.

Elle ne sera pas perdue parce que, plus que jamais, nos armées agissent dans le sens de l’Histoire, ce sens de l’Histoire qui se dessine aujourd’hui, sous nos yeux, dans toutes ces nations où l’on se lève pour plus de liberté et de dignité.

Il en va ainsi en Côte d’Ivoire, en Libye, comme en Afghanistan.

 

Nous savons que le tribut du combat pour la liberté peut être lourd à payer.

Le destin des armes est par essence le plus périlleux de tous. C’est pourquoi il reste marqué par l’exception.

 

Aucune action militaire ne peut écarter le risque de pertes humaines et cette confrontation au danger suprême fait la grandeur de votre vocation.

Le caporal-chef Alexandre Rivière le savait, comme vous le savez tous.

 

Il est tombé au service de la France et au nom de l’idée exigeante qu’il se faisait de sa propre vie.

Il est mort dans l’accomplissement d’une mission juste et noble.

Son engagement suivait le fil d’une tradition glorieuse dont il se montre digne.

 

Son exemple restera vivant dans le cœur de ses camarades.

Nous veillerons sur sa mémoire et sa valeur continuera de rayonner sur les siens.

 

C’est en pensant à Aïdee, à Emy à toute sa famille et à ses frères d’armes, que je vais à présent lui remettre, à titre posthume, les insignes de chevalier de la Légion d’honneur.

 

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 10:57

 

François FILLON s'exprime au nom de la Présidence française du G8 à la conférence des donateurs de Tchernobyl à Kiev, le mardi 19 avril 2011.
 

Mesdames et messieurs,

C’est un grand honneur pour moi de m’exprimer ici au nom de la Présidence française du G8, et je veux vous dire que je ressens parmi vous et avec vous, toute la gravité et la responsabilité qui s’attachent à notre rencontre.

Vingt-cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl, je veux remercier le Président IANOUKOVITCH et les autorités ukrainiennes d’avoir organisé cette conférence. Les événements du Japon lui donnent une résonance et une signification particulièrement fortes.

 

Au bout d’un quart de siècle, le souvenir de Tchernobyl aurait pu s’estomper. Il n’en est rien. L’actualité le ravive au contraire et nous en rappelle les enjeux fondamentaux.

Nous n’avons pas le droit d’oublier. Nous n’avons pas le droit d’esquiver nos devoirs. Plus que jamais notre responsabilité est de joindre nos efforts pour limiter les conséquences de telles catastrophes et pour préparer l’avenir.

 

En ce moment de triste anniversaire, mes pensées vont au peuple ukrainien, si durement touché. Elles vont aux populations russe et biélorusse qui, dans les zones frontières proches de la centrale de Tchernobyl, ont subi les effets de la catastrophe. Elles vont à toutes les victimes de cette tragédie humaine. Elles vont aux héros qui se sont sacrifiés pour sauver des vies.

 

 

L’accident de Tchernobyl a contaminé de vastes zones où la vie est mise en péril pour une longue durée. Dès le lendemain, des hommes et des femmes ont dû quitter leur maison, leur terre, pour ne jamais y revenir.

Les citoyens japonais évacués des environs de la centrale de Fukushima font aujourd’hui face au même drame.

 

Tchernobyl a frappé l’opinion publique mondiale. Tchernobyl nous a aussi beaucoup appris.

 

Devant une telle catastrophe, les frontières qui séparaient à l’époque le monde occidental et le monde soviétique apparaissaient soudain dérisoires.

L’indifférence était impossible. La solidarité était notre premier devoir. Une catastrophe nucléaire ne concerne pas seulement le pays où elle survient, elle concerne la communauté internationale toute entière.

Celle-ci s’est rapidement mobilisée – et n’a d’ailleurs cessé de le faire depuis lors – pour tenter de comprendre l’accident et d’en évaluer toutes les conséquences.

Dès le mois d’août 86, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique organisait une première réunion d’analyse.

Deux ans plus tard, alors que le monde était encore divisé en deux blocs, les autorités soviétiques et l’AIEA unissaient leurs efforts pour organiser ici même, à Kiev, en mai 88, une conférence scientifique visant à examiner les conséquences radiologiques et les aspects médicaux de la catastrophe.

Ensuite, au début des années 1990, des initiatives sont nées dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies.

A la demande du gouvernement soviétique, le projet international pour Tchernobyl a pu être lancé, avec l’ambition de traiter quatre grandes questions : l’étendue de la contamination des régions habitées, les prévisions en termes de radio-exposition de la population, les effets sanitaires observés et potentiels, et enfin, l’efficacité des mesures prises pour protéger le public.

 

Mais il fallait aller plus loin.

La nécessité de construire un nouveau sarcophage est vite apparue, pour remplacer celui qui avait été bâti dans l’urgence en 1986. C’est un chantier considérable et il était impossible de faire peser une telle responsabilité sur la seule Ukraine qui venait tout juste d’accéder à l’indépendance. L’engagement politique et financier de la communauté internationale toute entière était indispensable.

Le G7 et l’Union européenne ont joué un rôle clé dans cette prise de conscience.

Ils ont signé en 95 un premier protocole d’accord avec l’Ukraine.

En 97, un fonds géré par la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement a été mis en place pour financer les travaux de confinement de l’ancien réacteur. Une première conférence des donateurs s’est tenue en 97 à New York, puis une autre à Berlin en 2000.

Il a fallu des années de recherche pour que les ingénieurs conçoivent une arche de confinement inédite, techniquement révolutionnaire. Mais ils y sont parvenus. En 2006, les travaux de terrassement ont pu commencer.

Entre le premier appel aux dons en 1997 et la fin de l’année 2010, 990 millions d’euros ont été versés à la BERD, dont plus de 721 millions l’ont été par les membres du G7 et par l’Union européenne.



En conviant la Présidence française du G8 à co-présider cette conférence des donateurs, l’Ukraine marque sa reconnaissance pour les investissements réalisés par cette institution, et je veux en remercier l’Ukraine.

 

Grâce à tous les efforts réalisés, nous entrevoyons enfin l’achèvement des travaux, prévu pour la fin de l’année 2015. Au regard des contraintes existantes, c’est un exploit technologique.

Mais pour aboutir, nous avons besoin de financements supplémentaires, de l’ordre de 740 millions d’euros. C’est pour cela que nous sommes réunis aujourd’hui !

 

 

La France est depuis toujours impliquée dans ce processus.

Nous voulons que ce chantier essentiel aboutisse avec succès, et je m’engage aujourd’hui, devant vous, à ce que mon pays contribue à hauteur de 47 millions d’euros aux projets en cours. La France aura ainsi contribué pour un total de plus de 160 millions d’euros aux travaux sur le site de Tchernobyl.

 

Longtemps, nous avons recherché les solutions techniques aux problèmes que posaient les installations de la centrale.

Maintenant que nous les avons trouvées, maintenant que la ligne d’arrivée est en vue, nous devons aller au bout de notre effort, et nous devons saisir cette occasion historique de terminer ces travaux, nous devons ensemble solder ce douloureux héritage.

 

C’est ce message de mobilisation que je veux adresser à nos partenaires du G8, à nos partenaires européens et à tous nos autres partenaires.

Jamais la catastrophe de Tchernobyl ne sera oubliée, mais faisons en sorte que jamais non plus ne soit oublié l’engagement résolu de tous les Etats à la réparer ensemble.

 

 

La France et le G8 ont pris leurs responsabilités.

A nos amis ukrainiens et à la BERD, je veux dire que c’est en vous que nous plaçons désormais notre confiance pour que ces projets se concrétisent au plus vite et que la sécurité de tous soit assurée.

Ainsi, nous aurons ensemble soulagé et traité les blessures du passé. Nous aurons, en un mot, assumé nos responsabilités.

 


François FILLON conclue la Conférence des donateurs de Tchernobyl à Kiev, le mardi 19 avril 2011.

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs,

 

En ouvrant tout à l’heure cette conférence au nom de la Présidence française du G8, je disais que la catastrophe de Tchernobyl n’engage pas la seule responsabilité du pays où elle s’est produite, mais celle de toute la communauté internationale. Et c’est notre devoir, à nous qui sommes rassemblés aujourd’hui, d’aider l’Ukraine à en surmonter les conséquences.

Je crois que nous pouvons être fiers de l’engagement collectif que nous avons scellé ce matin. 25 ans après Tchernobyl, au moment où le Japon doit faire face à un terrible accident nucléaire, le rendez-vous de ce matin à Kiev était un véritable test pour la communauté internationale : est-ce que nous serions capables en s’engageant sur des moyens très importants de montrer notre volonté de faire aboutir les travaux sur le site de Tchernobyl, et en particulier la nouvelle arche de confinement.

Tandis que nous pouvons apercevoir dans un horizon proche le terme de ce chantier gigantesque, qui aurait compris que nous prenions le risque de retarder une échéance aussi essentielle ?

Quel message aurions-nous adressé au monde et à nos amis japonais, si nous nous étions montrés désunis face aux conséquences de Tchernobyl, alors que l’accident nucléaire de Fukushima nous bouleverse à son tour ?

Nous avons su nous montrer à peu près à la hauteur de l’enjeu. La crise financière a bien entendu laissé des traces sur chacune de nos économies, et rares sont les pays qui échappent aux contraintes budgétaires.

Malgré cela, les engagements que nous avons pris ensemble aujourd’hui représentent une somme considérable de 575 millions d’euros [550 millions après re-calcul et correction, ndlr]. Je veux dire qu’il ne s’agit que d’un montant minimal, plusieurs pays ont affirmé leur engagement en faveur de l’achèvement du chantier, sans toutefois être en mesure d’annoncer un chiffre aujourd’hui.

C’est le cas notamment du Japon pour des raisons que chacun peut bien comprendre, c’est le cas aussi du Canada en période d’élection pour des raisons constitutionnelles, c’est le cas également notamment de l’Italie.

Je suis confiant dans le fait que les contributions déjà annoncées – et celles qui le seront dans les prochaines semaines – permettront à la BERD d’achever le tour de table financier, de telle manière que tous les travaux soient terminés en 2015, selon le calendrier que nous avons fixé ensemble.



Nous avons montré que la volonté politique et la solidarité internationale restent des valeurs indéfectibles, quelles que soient les difficultés conjoncturelles.

Aux efforts consentis par les donateurs historiques se sont ajoutés ceux des nouveaux Etats – européens et non-européens – et je veux les en remercier au nom de la France et au nom de l’ensemble des pays du G8.

Nos amis ukrainiens, en plus d’avoir organisé cette conférence et d’être depuis des années présents sur le terrain dans des conditions difficiles, ont annoncé aujourd’hui un engagement financier supplémentaire. Qu’il leur soit rendu hommage pour leur détermination, pour leur sens des responsabilités face à cette tragédie inouïe qui les a frappés il y a 25 ans.

L’Union européenne a décidé d’apporter 110 millions d’euros, elle aura ainsi contribué à l’ensemble de ce projet pour un montant de 385 millions d’euros. Je veux souligner l’ampleur exceptionnelle de cette mobilisation.



Quant à la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, non seulement elle gère depuis plus d’une décennie ces projets avec un soin et une rigueur remarquable, mais son Président vient aussi de proposer un geste financier important et je veux l’en remercier en votre nom à tous.



Réunir ces moyens considérables, c’est évidemment une étape décisive, mais le travail n’est pas terminé. Ce travail, il repose maintenant sur des entreprises, sur des ouvriers, sur des techniciens, sur des ingénieurs qui vont pouvoir poursuivre leur action sur le site de Tchernobyl jusqu’en 2015. Leur mission exige un degré exceptionnel de courage et de compétences, et je crois que nous devons tout particulièrement leur exprimer notre gratitude et notre confiance.



Et je veux dire que nous saurons trouver prochainement, avec l’ensemble de nos partenaires, les contributions additionnelles nécessaires pour que l’Ukraine et les pays voisins soient durablement mis à l’abri des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

François Fillon s'exprime à la conférence de presse conjointe de la Conférence des donateurs de Tchernobyl à Kiev, le mardi 19 avril 2011.

Mesdames et Messieurs,

Cette conférence des donateurs est un moment très important puisque, dans un contexte économique difficile, au moment où beaucoup de pays sont tenus de faire des efforts budgétaires très importants, trente pays – plus d’une trentaine de pays réunis aujourd'hui à Kiev – ont affirmé leur engagement en faveur du nécessaire achèvement des travaux de sécurisation de Tchernobyl et leur solidarité envers l’Ukraine.

C’est un résultat qui illustre le sens des responsabilités de l’ensemble de la communauté internationale.

Quelques pays aujourd'hui, pour des raisons légitimes, ne sont pas en mesure d’annoncer une contribution, mais ils ont toutefois réaffirmé leur détermination à participer à l’achèvement de ces projets.

Les contributions annoncées ce matin permettent de réunir le montant remarquable, après re-calcul et correction, de 550 millions d’euros. C’est un montant minimal.

Je me félicite de cette dynamique et je veux dire que je suis confiant dans le fait que les pays qui n’ont pas pu annoncer un chiffre aujourd'hui seront en mesure de prendre une décision très prochainement et, naturellement, nous allons continuer à travailler étroitement avec eux.

Ainsi avec la contribution supplémentaire de la BERD, je tiens à exprimer ma confiance dans notre capacité à boucler ensemble le tour de table financier, et donc à achever le chantier qui est actuellement en cours à Tchernobyl avant 2015 comme prévu. Il en va de notre responsabilité collective.

 

 

François FILLON s'exprime au Sommet sur la sûreté nucléaire à Kiev le Mardi 19 avril 2011.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

 

Le monde a connu à Tchernobyl le plus grave accident nucléaire de l’Histoire et il aura fallu 25 ans d’efforts pour que ce matin nous soyons en mesure d’annoncer qu’une nouvelle page allait être tournée. Et que l’avenir de Tchernobyl allait désormais pouvoir de nouveau être regardé avec une certaine sérénité.

Si nous sommes réunis cet après-midi et je veux en remercier particulièrement le Président IANOUKOVITCH, c’est aussi parce que cette année, le 11 mars, une nouvelle catastrophe nucléaire est survenue à Fukushima. A l’heure actuelle l’accident de Fukushima n’est d’ailleurs pas terminé. Nos amis japonais continuent de lutter avec beaucoup de courage pour éviter une aggravation de ses conséquences et pour maintenir sous contrôle une situation qui demeure précaire.

La définition de solutions pérennes, l’évaluation du bilan final, humain et environnemental, ainsi que le retour d’expériences n’en sont qu’à leur commencement et devront se poursuivre.

 

Ce que nous inspire l’accident de Fukushima, c’est d’abord un sentiment d’échec puisque, après Tchernobyl, tous les pays exploitants des centrales nucléaires avaient pour objectif qu’un accident d’une telle gravité ne se reproduise pas, même si les deux évènements ne sont pas comparables.

Celui de Fukushima a été le résultat d’une catastrophe naturelle exceptionnelle qui a fait plus de 25.000 morts et disparus et qui a détruit des régions entières.

 

Pourtant malgré son caractère tragique, la catastrophe de Fukushima ne nous ramène pas 25 ans en arrière.

Le traitement de cette crise montre qu’un certain nombre de leçons ont été retenues. J’en veux pour preuve la rapidité des mesures d’évacuation des populations par les autorités japonaises et leur souci constant de ne pas exposer les travailleurs sur le site de Fukushima à des doses excessives de radioactivités.

Je pense à la transparence avec laquelle les populations dans le monde ont pu être informées sur le déplacement des masses d’air contaminées. Je veux parler de la mobilisation internationale pour fournir immédiatement à nos amis japonais des moyens d’expertise, de protection, et d’intervention. Et je voudrais m’arrêter un instant sur ce point.

Je pense que notre efficacité pourrait être grandement améliorée par la mise en place d’intervention rapide et spécifique en cas d’accident nucléaire.

A l’image de ce que nous avons développé au sein de l’Union européenne pour la sécurité civile, et en particulier pour les incidents de forêts. Pour bâtir cette force d’intervention collective, il faudrait que chacun de nous, responsables politiques, en concertation avec les industriels, et en nous appuyant sur les forces de sécurité civile, nous puissions identifier l’ensemble des moyens humains, matériels et techniques mobilisables de la façon la plus réactive possible, dès lors que surviendrait un accident nucléaire en un point quelconque de la planète.

 

Si nous parvenons à un accord sur le principe d’un tel dispositif, je veux dire que la France y apporterait une contribution active. Nous devrions également mettre en place un centre international de formation à la gestion de crise pour les exploitants des centrales nucléaires et les autorités gouvernementales, qui permettrait de travailler ensemble sur tous les scénarios à risques, et de promouvoir les meilleures pratiques et les ripostes les plus efficaces.

Les personnels formés par cette institution pourraient ainsi constituer la base de cette force d’intervention collective projetable, à la demande du pays concerné, en cas d’accident nucléaire majeur.

 

Le recours au nucléaire constitue un choix politique, économique, énergétique qui implique de la part des Etats une responsabilité immense. Les bénéfices qu’il apporte -l’indépendance énergétique, la maîtrise des coûts, les faibles émissions de CO2- ne doivent jamais occulter le fait que l’usage du nucléaire est impossible sans la confiance des citoyens dans la fiabilité des dispositifs de sûreté.

 

La France a toujours défendu le principe d’une industrie nucléaire soumise aux plus hautes exigences de sûreté. Nous avons l’expérience du nucléaire civil depuis plus de quarante ans ; nous avons sans cesse recherché l’excellence technique et le niveau de vigilance le plus haut.

En 2006, nous avons mis en place une autorité indépendante, l’Autorité de sûreté nucléaire, véritable gendarme du secteur qui a le pouvoir de prescrire aux exploitants tous les travaux nécessaires à la sûreté et de les contraindre à la fermeture d’une centrale en cas de risques graves avérés. Au niveau de l’Union européenne, nous nous sommes accordés sur un cadre coordonné pour conduire des tests de résistance sur l’ensemble de nos centrales nucléaires, avec un système de revue par les pairs pour en assurer le haut niveau de qualité et d’homogénéité.

Nous avons aussi demandé que cette démarche soit adoptée par les pays voisins de l’Union européenne, pour que tous les citoyens de notre continent puissent bénéficier du même niveau d’exigence, avec la certitude qu’il n’y a aucun maillon faible dans la chaîne de sûreté.

 

Après la catastrophe de Fukushima, l’inaction est impossible, mais nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des oppositions dogmatiques.

Le tout-nucléaire, comme le renoncement total au nucléaire sont des abstractions.

Nous devons être aussi pragmatiques sur les solutions énergétiques que nous sommes intransigeants sur la sûreté. Les équilibres énergétiques pertinents sont différents pour chacun de nos pays, notre solidarité est donc à chercher ailleurs, dans la prévention des risques, dans l’amélioration des technologies, dans le partage des connaissances et des moyens de répondre aux crises.

 

Au cours des prochains mois, plusieurs rendez-vous vont nous permettre de définir les modalités d’une coopération internationale renforcée.

Il y aura le Sommet du G8 en mai, une réunion des ministres et des autorités chargées de la sûreté nucléaire à laquelle nous souhaitons convier, le 8 juin prochain à Paris, les pays du G8 et les autres pays électro-nucléaires.

Et puis il y aura la Conférence internationale sur la sûreté qu’organisera l’AIEA à Vienne du 20 au 24 juin.

Je veux dire que ces rendez-vous, et en particulier cette Conférence, doivent être l’occasion pour prendre des engagements ambitieux sur la mise en œuvre, partout dans le monde, des exigences de sûreté les plus hautes et pour faire en sorte qu’après Tchernobyl, après Fukushima, un autre nom de site nucléaire ne vienne jamais s’imprimer tragiquement dans la mémoire collective.

 

Mesdames et messieurs, le risque zéro n’existe pas.

Mais notre volonté de responsabilité, de sécurité, de collaboration doit être maximale et je veux dire que c’est ainsi que nous serons à la hauteur des leçons douloureuses que nous infligent les drames de Tchernobyl et de Fukushima

 


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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 11:25

 


 
François Fillon effectue une visite de travail à Bruxelles le 14 avril 2011.
 

Merci monsieur le Président de la Commission.

 

Ma visite à Bruxelles aujourd’hui se situe dans le cadre des relations excellentes de travail entre la France et la Commission, entre le Gouvernement français et la Commission, relations dont je voudrais dire qu’elles sont empreintes d’une très grande confiance.

 

J’ai eu l’occasion avant de déjeuner avec le Président de la Commission, de rencontrer le Président du Conseil européen. Avec José Manuel BARROSO, nous avons bien entendu abordé les principaux sujets de l’actualité européenne, et en particulier le renforcement de la zone euro, la sécurité de l’espace Schengen et le renforcement de la sécurité nucléaire en Europe et dans le monde.

 

Nous avons fait aussi le point sur la prochaine négociation du budget européen pluriannuel. L’utilité du budget européen et en particulier de ses grandes politiques, la politique agricole commune, la politique régionale, la recherche et l’innovation ou l’aide extérieure n’est remise en cause par personne.

Il faut simplement se rendre compte que ces négociations vont se dérouler dans un contexte de très grande contrainte pour les budgets nationaux et cette contrainte doit être prise en compte, ici à Bruxelles.

Pour la France, notre contribution annuelle au budget européen se monte à 20 milliards d’euros. Nous ne remettons pas en cause cette contribution, mais nous demandons pour le budget européen le même effort que celui qui s’impose au budget national, c'est-à-dire la stabilité des dépenses, ce qui doit conduire naturellement à des choix et à des arbitrages.

 

Nous avons bien sûr à cette occasion parlé de la politique agricole commune. J’ai rappelé au président BARROSO l’importance de cette politique pour la France et pour l’Europe. Ce n’est pas à l’heure où la sécurité alimentaire devient un enjeu planétaire qu’il faut renoncer à la politique agricole commune, en tout cas à une politique agricole ambitieuse. Au contraire, la politique agricole commune est une politique qui contrairement à d’autres politiques européennes n’a jamais cessé de se reformer et cette réforme continue. Nous y sommes d’ailleurs, je l’ai indiqué à José Manuel BARROSO, prêts, mais en aucun cas l’agriculture ne peut devenir une priorité européenne de second rang. Nous serons donc très vigilants sur le budget de la politique agricole commune.

 

Je vais profiter de l’occasion qui m’est donnée de venir à Bruxelles à l’invitation de José Manuel BARROSO pour m’adresser dans quelques minutes aux agents des institutions européennes qui sont de nationalité française pour les remercier de leur travail en faveur de l’Europe, mais aussi pour les encourager à continuer à croire à l’action européenne qui est plus indispensable que jamais.

 

L’Europe a fait preuve depuis plusieurs années d’une extraordinaire capacité d’adaptation face à une succession de crises. A chaque fois, nous avons démontré, avec les Etats membres, avec le Parlement européen, avec la Commission que nous étions plus forts ensemble et au fond c’est le principal message de ma visite aujourd’hui au Président de la Commission.

 

 


François Fillon répond aux questions de la presse lors de sa visite de travail à Bruxelles le 14 avril 2011.

Monsieur le Premier ministre, vous avez évoqué la question du budget européen, je voudrais rebondir là-dessus. Donc cela va être discuté à partir de juin. Actuellement, les trois quarts du budget européen c’est, vous l’avez rappelé, le financement par les Etats membres. Or la Commission a présenté des propositions, qui ne sont que des propositions, à la fin de l’an dernier. Des parlementaires européens parlent de cela y compris des gens proches, des parlementaires proches de votre famille politique et discutent pour une révolution dans le financement du budget européen et notamment pour augmenter les fonds propres. Donc il y a plusieurs propositions qui sont sur la table. La Commission en a fait certaines, les parlementaires européens également. Et parmi ces propositions, il y a la création d’une TVA européenne. Je voudrais savoir si la France est prête à souscrire à cette idée de TVA européenne.

 

François FILLON :

TVA européenne, sans doute pas, mais en revanche la France n’est pas fermée à des innovations en matière de ressources propres pour le budget européen -nous en avons d’ailleurs parlé pendant le déjeuner- plutôt les propositions de la Commission qui ne sont pas des propositions de TVA mais qui sont des propositions de… comment José Manuel appelle cela, de ressources propres.

J’ai indiqué que nous, nous étions ouverts à la discussion, qu’il y avait pour nous plusieurs conditions.

La première, c’est qu’au fond, ces ressources, pour l’essentiel viennent en atténuation de la charge des Etats plutôt qu’en augmentation des prélèvements obligatoires. Nous sommes tous engagés dans un effort de réduction, en tout cas de stabilisation des prélèvements obligatoires. Donc il faut que nous soyons cohérents avec cette position.

La deuxième idée, c’est que si l’Union européenne doit prendre des risques et nous ne sommes pas contre cette idée, dans ses financements, il faut que ces risques soient appréciés correctement et qu’en particulier le montant de ces risques soit garanti, provisionné dans le budget. Voilà mais en tout cas, la France n’a pas de position fermée sur cette question des ressources propres.

 

 

Une question concernant l’immigration, Monsieur le Premier ministre : où en est-on dans « le conflit » entre guillemets qu’il y avait avec l’Italie, en particulier sur le statut des 20.000 et quelque Tunisiens ? Merci beaucoup.

 

François FILLON : S’agissant des relations entre la France et l’Italie, d’abord nous sommes extrêmement conscients des difficultés que rencontre l’Italie et nous voulons, avec les autres pays européens, faire preuve de solidarité avec l’Italie.

Il faut d’abord que les règles s’appliquent ; il n’y a aucune règle qui prévoit l’accueil sur le territoire européen et la libre circulation des immigrants économiques clandestins. Et donc une grande partie, notamment des ressortissants tunisiens qui sont arrivés en Italie, n’a pas vocation à être, comme certains le proposent, répartie dans les différents pays européens. Ils ont vocation à retourner dans leur pays.

Deuxièmement, s’agissant de l’asile, les règles là aussi doivent être respectées. Je veux simplement faire remarquer que la France est le deuxième pays au monde en matière de demandes d’asile, derrière les Etats-Unis.

C’est plus de 50.000 personnes qui chaque année demandent asile en France ; 10.000 en Italie. Il faut que chacun ait ces chiffres présents à l’esprit. il y a eu une rencontre entre le ministre de l’Intérieur français et le ministre italien chargé de l’Immigration il y a quelques jours, et nous aurons un sommet franco-italien à la fin du mois, à Rome, pour traiter toutes ces questions.

Nous voulons aider les Italiens, nous voulons mettre en place, et j’en ai parlé à José Manuel BARROSO, des moyens plus efficaces avec FRONTEX pour patrouiller au large des côtes méditerranéennes, pour pouvoir éviter cette situation qui amène les moyens de FRONTEX à récupérer des immigrés clandestins sur des bateaux pour les amener à Lampedusa : il serait plus intelligent de les ramener directement en Tunisie. Nous souhaitons que l’aide européenne à la Tunisie, que nous voulons forte pour ce pays qui est en train d’accéder à la démocratie, soit liée à une bonne coopération avec le gouvernement tunisien sur le retour de ces immigrés clandestins. Et enfin, nous défendons l’idée du statut unique en matière de droit d’asile qui permettrait d’éviter une sorte de compétition à l’intérieur de l’Union européenne.

 

 


François Fillon s'adresse aux français travaillant pour les institutions communautaires lors de sa visite de travail à Bruxelles le jeudi 14 avril 2011.

Mes chers compatriotes,

 

 

Cela fait longtemps que j’avais formulé le vœu de vous réunir, vous les Français qui travaillez dans les institutions européennes. Et la rencontre que je viens d’avoir avec Herman VAN ROMPUY et José Manuel BARROSO m’en donne enfin l’occasion.

Je voudrais vous remercier d’avoir répondu à l’invitation de notre représentant permanent, Philippe Etienne.

On me dit que ce genre de rencontre est rare.

 

Je l’ai voulue parce que le sort de la France dans l’Europe est très grande partie lié à votre engagement professionnel.

C’est un engagement passionnant, c’est un engagement exigeant, c’est un engagement parfois éreintant parce que la marche de l’Europe est parsemée d’embûches. C’est un engagement où se mêle une part d’idéal, parce que l’Union doit viser sans cesse plus haut pour ne pas régresser et ne pas succomber à ses travers.

Je voudrais vous dire que je ne regarde pas l’Europe comme une mécanique froide, mais comme un inlassable destin qu’il faut tracer jour après jour et vous en êtes, dans vos fonctions les acteurs.

 

On a souvent suspecté la France de négliger le fonctionnement quotidien de l’Europe, comme si ses rouages allaient de soi, comme si les idées et les projets s’imposaient naturellement.

Eh bien non, le fonctionnement de l’Europe est une affaire politique et cette affaire politique n’est pas dissociable de l’action que vous conduisez.

 

Je suis venu vous féliciter pour le travail que vous accomplissez ici.

Vous êtes nombreux à occuper des fonctions de responsabilité dans l’administration du Parlement européen, du Conseil, de la Commission et des autres institutions….

Au sein de ces organismes, vous êtes actifs, vous êtes estimés et votre sens de l’intérêt général dément les caricatures injustes que certains dressent à l’égard du fonctionnement de l’Union.

 

Je veux vous dire que votre engagement personnel au sein de l’Europe, c’est aussi l’engagement de la France.

C'est celui d’une France qui assume la nécessité de l’intégration européenne, qui est la seule réponse efficace aux défis de la mondialisation.

 

C'est celui d’une France engagée, qui travaille avec ses partenaires en tenant compte de leurs sensibilités.

Il est de bon ton de critiquer l’Europe, de la suspecter de tous les maux.

Il est de bon ton de dire qu’elle n’a plus de projet et de dénoncer les contradictions des Etats membres.

 

Toutes ces attaques insidieuses, tous ces préjugés, tout ce populisme, tout ce scepticisme qui entourent l’aventure européenne, je veux vous dire que les combats avec vous.

 

Je les combats au nom de l’avenir de notre continent qui possède en lui de belles promesses, je les combats au nom de la vérité et de la réalité.

Quelle est cette réalité ?

 

Pendant la Présidence française de 2008, en pleine crise économique, nous avons prouvé notre capacité à réagir, à travailler plus efficacement en faveur de l’intérêt général européen.

Récemment, nous avons montré notre capacité à agir sans relâche avec notre partenaire allemand et avec tous les Etats membres pour limiter les dégâts de la crise financière et de la crise de confiance qui a touché plusieurs pays de la zone euro.

 

On dit souvent que l’Europe se révèle dans l’épreuve.

Cette crise nous défiait. Eh bien, nous avons relevé le gant ensemble, qu’il s’agisse de la mise en place du Fonds européen de stabilisation financière, du mécanisme permanent de stabilité ou du Pacte pour l’euro.

Et à chaque fois, vous reconnaîtrez que la France a été au centre des impulsions et des décisions.

Vous avez été partie prenante de ces actes politiques. Sans vous, les décisions qui ont sauvé l’économie européenne et l’euro n’auraient pas pu être mises en œuvre.

 

Mais l’Histoire s’accélère.

Après la crise financière, après la récession économique, voici que de l’autre côté de la Méditerranée, une grande partie du monde arabe se dresse pour conquérir ses libertés.

L’Europe pouvait-elle demeurer indifférente ?

Pouvait-elle, comme autrefois, se satisfaire de son statut de grande puissance économique dépourvue de puissance diplomatique ?

Avec notre partenaire britannique, nous avons été à l’avant-garde européenne pour empêcher une répression sanglante de la révolution libyenne par le régime de Kadhafi.

Nous avons été à l’origine de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU puis des conclusions unanimes du Conseil européen sur la crise libyenne.

Une position européenne unanime sur cette crise, vous le savez, était loin d’être gagnée, et pourtant le sens de la responsabilité, le sens de la cohésion européenne, de l’audace collective l’a finalement emporté.

Eh bien, nous ne devons pas relâcher nos efforts sur le pouvoir libyen.

Dans ce pays, une espérance est née et cette espérance a valeur de symbole pour l’ensemble de la région et je crois que la vocation de l’Europe c’est de parier sur la victoire de la liberté et de la démocratie. Elle est d’imaginer et de bâtir un espace de progrès qui relie tous les rivages de la Méditerranée.

 

Soyons fiers de l’Europe, et soyez fiers de la servir.

Vous avez un devoir de loyauté à l’égard de l’administration européenne, et sans cette loyauté, l’Union ne pourrait pas fonctionner. Mais votre influence au sein des institutions est importante pour la France et pour les Français.

 

En apportant, comment dirais-je, une sensibilité française à cette administration qui, par ailleurs, nous doit tant, vous contribuez à la rendre plus légitime aux yeux de nos concitoyens à qui elle paraît souvent lointaine.

 

N’abdiquez jamais votre foi en l’Europe.

L’Europe c’est une construction complexe, mais c’est une réussite immense, et disons-le, c’est une réussite unique dans l’Histoire.

500 millions d’Européens qui n’ont cessé de se déchirer pendant des siècles et qui travaillent ensemble. Ils y parviennent sans autre contrainte que la volonté politique et la force du droit européen.

 

Il y a quelques jours, en inaugurant la Foire de Hanovre avec la Chancelière Angela MERKEL, j’ai dit ma conviction que le XXIème siècle sera beaucoup plus européen qu’on ne le dit. Alors que tellement d’observateurs prophétisent notre déclin, pourquoi est-ce que j’affirme cette conviction ?

Parce que je pense que durant les prochaines décennies, les conditions du progrès auront pour noms: l’innovation, l’éducation, le consensus social et démocratique.

Et ces conditions, elles sont puissamment réunies sur le continent européen, bien plus qu’ailleurs. Voilà pourquoi j’estime que la force singulière de l’Europe s’affirmera dans la mondialisation.

 

Bien sûr, nous sommes confrontés à d’immenses défis: le dynamisme de la Chine, de l’Inde, du Brésil qui bouscule notre ancienne suprématie, mais en même temps on voit que l’Europe s’organise et on voit que l’Europe s’est remise à faire de la Politique.

 

Face à la crise de la zone euro, nous avons, en quelques mois, fait plus de progrès en termes d’intégration financière, économique et budgétaire qu’en 20 ans !

Et cela a été possible grâce au dynamisme franco-allemand, grâce au Président permanent du Conseil européen, grâce à la Commission, grâce à la réactivité de la Banque centrale européenne.

Désormais, avec le Pacte pour l’euro, même la coordination fiscale est officiellement au programme.

 

 

Plus de coordination politique, plus de responsabilité budgétaire, plus d’innovation, plus d’harmonisation fiscale, moins de naïveté face à nos grands concurrents: voilà l’Europe à laquelle nous devons nous consacrer.

 

A tous nos défis, s’est ajouté celui de la catastrophe de Fukushima.

Les principaux Etats membres ont réagi de façon, comment dirais-je, un peu dispersée.

Mais j’ai confiance dans la capacité européenne à tirer les leçons de Fukushima, sans renier ses engagements en faveur de la lutte contre le changement climatique et en respectant le droit de chaque Etat membre à choisir son bouquet énergétique.

Le 25 mars, le Conseil européen a rendu des conclusions unanimes sur ce sujet.

Des tests de résistance crédibles vont être menés sans délai pour toutes les centrales nucléaires européennes, dans un cadre européen coordonné.

Je veux vous dire que la France continue à croire à l’avenir de l’énergie nucléaire civile. Mais elle y croit à condition que soient assurées les plus hautes normes de sûreté pour les centrales présentes et futures.

 

Et, comme vous avez pu le constater, malgré certaines divergences bien connues, la France et l’Allemagne ont finalement défendu les mêmes amendements sur ce sujet lors du Conseil européen.

 

Mesdames et Messieurs,

Les espoirs des citoyens européens sont tournés vers leurs responsables politiques, mais ils sont aussi tournés vers vous.

Derrière les projets de directive ou de règlement, derrière des notifications d’infractions, c’est finalement d’eux qu’il s’agit.

Bien sûr, vous allez me dire que vous n’êtes pas les législateurs.

Mais votre rôle est considérable et vous devez conserver en vous cette capacité d’écoute, cette réactivité qui font parfois défaut à nos institutions européennes.

C’est vous qui pouvez dire si une mesure est vraiment nécessaire; si elle ne crée pas plus de problème qu’elle ne cherche à en résoudre; c’est vous qui devez et qui pouvez mesurer l’image que vos initiatives donnent de l’Europe.

 

Nous ne sommes qu’au début du développement des études d’impact.

Je pense qu’elles devraient être complétées par des études spécifiques à chaque Etat membre, en coordination avec la Commission.

Je voudrais dire aussi qu’il faut encourager davantage les échanges de fonctionnaires entre la Commission et les Etats membres.

Vu de France, certaines orientations de la Commission apparaissent parfois incompréhensibles.

 

Je me souviens de la difficulté que j’ai eue à faire comprendre à Bruxelles, lors du débat sur le budget de l’UE pour 2011, que l’on ne peut pas proposer près de 6% d’augmentation des crédits de paiement alors qu’en France les moyens des ministères sont soumis au gel.

 

Je crois que ces échanges de fonctionnaires permettraient aux agents des administrations nationales de mieux comprendre les contraintes qui pèsent sur les institutions européennes.

Vous oeuvrez pour 27 Etats, pour 500 millions d’Européens. Vous seriez mieux compris dans les capitales si plus de fonctionnaires venaient travailler quelque temps avec vous, au-delà du système des «experts nationaux détachés», qui est utilisé avec beaucoup d’intérêt par l’administration française.

 

Je suis venu parmi vous, pour vous dire, mes chers compatriotes, que la France est et restera résolument européenne.

Elle le restera parce que l’Europe nous protège.

Sans l'Euro, la dette française serait insoutenable, le pouvoir d'achat des Français en pâtirait et la valeur de nos biens serait brutalement réduite.

La France restera européenne parce qu’elle y gagne des moyens indispensables pour faire entendre sa voix dans le monde.

Sans l'Union européenne, c’est toute notre politique étrangère qui perdrait de sa portée dans les négociations internationales, commerciales, financières et environnementales.

 

Sans le marché unique et sans les règles du marché unique, pas de croissance possible pour les grandes entreprises françaises.

Sans l'Union, la France se replierait sur son pré carré et alors elle subirait de plein fouet les vents de la mondialisation.

 

Mais j’ai aussi la conviction que l'Union n’est encore qu’à mi-chemin de son potentiel.

L’Europe a besoin d'une zone Euro plus stable, plus compétitive, plus prospère.

Il nous faut aussi conduire ensemble plus d'aventures industrielles européennes, plus de succès comparables à celui d’Airbus.

Il faut une recherche européenne, un brevet de l’Union européenne, un système européen de capital risque, une excellence européenne en matière d’enseignement supérieur.

Dès maintenant, je crois que nous pouvons préparer, par la culture, par l'éducation, ce qui au fond est le but de notre projet européen, c’est-à-dire, l'émergence d'une identité européenne au sein de laquelle les Français et tous les peuples de l’Union seraient fiers de leurs réalisations communes.

 

Pour faire advenir cette Europe plus forte, plus fraternelle, je sais que je peux compter sur l’engagement de chacun d’entre vous. Et c’est le message de confiance, d’amitié et de respect que je voulais aujourd’hui partager avec vous.

 

 


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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 10:01

 

François FILLON a annoncé l'annulation des autorisations qui ont été données en matière d’exploration et d’exploitation de gisements de gaz de schiste en réponse à une question de Christian JACOB du Groupe UMP lors des questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale le Mercredi 13 avril 2011.
 

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les députés,

 

 

Je veux d’abord dire qu’il est légitime que notre pays conduise des recherches sur la question de savoir s’il y a des gisements d’énergie qui peuvent être exploités dans notre pays. Et je veux dire aussi qu’il est légitime que nos concitoyens soient inquiets, s’agissant des autorisations qui ont été données en matière d’exploration et d’exploitation de gisements de gaz de schiste, compte tenu des méthodes qui sont actuellement employées pour exploiter ces gisements de gaz de schiste, et compte tenu de l’expérience de nombreux autres pays, et en particulier des Etats-Unis.

 

Je veux dire que les autorisations qui ont été données l’ont été dans des conditions qui ne sont pas satisfaisantes. Il n’y a pas eu assez de concertation et il n’y a pas eu assez d’information, j’en prends, en tant que chef du Gouvernement, ma part de responsabilité. Et je considère qu’aujourd’hui, pour qu’il n’y ait aucun doute dans le débat entre les Français et le Gouvernement sur ce sujet, il faut tout remettre à plat. Et donc, il faut annuler les autorisations qui ont déjà été données. Il y a des propositions de loi qui ont été déposées dans ce sens. C’est la meilleure façon d’aller vite : le Gouvernement les soutiendra.

 

Mais en même temps, mesdames et messieurs les députés, je ne veux pas que nous fermions la porte à toute possibilité d’exploiter avec d’autres techniques demain ces gisements. Et c’est la raison pour laquelle j’ai demandé au Conseil général du ministère de l’Industrie et au Conseil général du ministère de l’Environnement de conduire une mission de recherche scientifique sur les possibilités d’exploiter demain ces gisements avec d’autres technologies. J’ai décidé de prolonger cette mission afin que la recherche scientifique soit conduite jusqu’à son terme.

 

Mesdames et messieurs les députés, il n’est pas question de sacrifier notre environnement mais il n’est pas question non plus de fermer la porte à des progrès technologiques qui permettraient demain d’accéder à de nouvelles ressources énergétiques.

 

 

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 17:06

 


François FILLON déclare qu'il est fier que la France ait participé à la défense de la démocratie en Afrique en réponse à une question de Jean-Marc AYRAULT président du groupe socialiste lors des questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale le Mardi 12 avril 2011. 

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les députés,

Monsieur le Président Ayrault,

 

Je vous remercie de l’occasion que vous me donnez de saluer devant l’Assemblée nationale la victoire du droit, la victoire de la démocratie et la victoire des Nations Unies en Côte d’Ivoire.

 

Depuis un peu plus de quatre mois, monsieur Gbagbo refusait le résultat des urnes. Depuis quelques jours, les choses se sont accélérées. En effet, depuis le début du mois d’avril, les forces fidèles à monsieur Gbagbo se sont livrées à une série de provocations et d’exactions : attaques contre des ambassades, prise en otage de l’ambassadeur du Japon, attaque à l’arme lourde contre la résidence de l’ambassadeur de France, contre l’Hôtel du Golfe où résidait monsieur Ouattara et son gouvernement, contre les forces de l’ONUCI, contre les hélicoptères français qui, il y a quelques jours, cherchaient à faire évacuer, à sa demande, le Consul général de Grande-Bretagne.

 

Devant cette situation, devant les massacres qui sont intervenus et en particulier les tirs à l’arme lourde sur des civils dans des quartiers d’Abidjan, le Secrétaire général des Nations Unies a demandé de la façon la plus claire qui soit, à l’ONUCI et à la France, d’aller jusqu’au bout de la mission qui leur était confiée par la résolution 1975, c’est-à-dire la destruction totale de toutes les armes lourdes encore entre les mains des forces fidèles à monsieur Gbagbo. C’est ce que nous avons fait dans la nuit de dimanche à lundi. Les forces de l’ONUCI et les hélicoptères français, pendant pratiquement toute la nuit de dimanche à lundi ont détruit les blindés, les canons, l’ensemble des armes lourdes des forces fidèles à monsieur Gbagbo.

 

Lundi matin, les forces françaises ont pris position pour sécuriser la presqu'île de Cocody et pour permettre aux forces républicaines d'entrer dans le palais présidentiel, dans la résidence de monsieur Gbagbo, et de se saisir de monsieur Gbagbo qui a été fait prisonnier, qui est aujourd'hui retenu sous la garde des soldats de l'ONU et pour lequel le Président Ouattara a annoncé hier qu'il serait jugé en Côte d'Ivoire. Voilà les faits, voilà ce que nous avons réalisé sous l'autorité de l'ONU.

 

Je voudrais en tirer trois leçons. La première, monsieur Ayrault, c'est que nous avons envoyé avec l'ONU un message symbolique extrêmement fort à tous les dictateurs. Nous leur avons indiqué que la légalité, la démocratie, devaient être respectées, et qu'il y avait des risques pour ceux qui ne le faisaient pas.

Je dois dire de ce point de vue que je suis extrêmement choqué - mais ce n'est pas ce que vous avez fait - mais je suis extrêmement choqué d'entendre un certain nombre de commentateurs mettre sur le même pied monsieur Gbagbo et le Président Ouattara. Comme si en Afrique on ne pouvait avoir d'élections et de démocratie. La vérité c'est que ceux qui présentent les évènements de cette manière laissent entendre que l'Afrique n'est pas apte à mettre en œuvre la démocratie.

 

La deuxième chose que je voudrais souligner, c'est le comportement exemplaire des soldats français auxquels le Président de la République avait fixé une mission très difficile, puisque il leur était interdit d'entrer dans la résidence de monsieur Gbagbo. Il leur était évidemment interdit de prendre toute initiative qui aurait pu conduire à blesser ou tuer des personnes civiles à l’intérieur d’Abidjan. Les soldats français ont accompli leur mission sans qu’il y ait eu de perte du côté des Français, sans qu’il y ait eu de blessé. C’est un hommage que je veux leur rendre en vous disant tout de suite, monsieur Ayrault, que la force Licorne qui est présente en Côte d’Ivoire depuis 2002, n’a pas vocation à rester en Côte d’Ivoire maintenant que la démocratie va s’installer et que le résultat des urnes est respecté. Et donc je vous le dis, les forces françaises devront quitter la Côte d’Ivoire, le dispositif Licorne, dès que la sécurité sera suffisante en particulier pour nos ressortissants à Abidjan.

 

Enfin, la dernière chose que je voudrais dire, c’est que maintenant la priorité c’est la reconstruction de la Côte d’Ivoire. Et, s’agissant de la reconstruction de la Côte d’Ivoire, le gouvernement français a déjà annoncé que 400 millions d’euros allaient être mis immédiatement à la disposition du gouvernement ivoirien pour cette reconstruction. Nous avons agi auprès de l’Union européenne pour que soient levées toutes les sanctions qui frappaient la Côte d’Ivoire. Et enfin, nous avons entrepris de convaincre les entreprises françaises qui sont installées en Côte d’Ivoire d’y retourner, de refaire fonctionner leurs activités.

 

Voilà, mesdames et messieurs les députés, certains voudraient par des insinuations qui sont blessantes pour les forces françaises jeter un discrédit sur l’action de la France. Moi, je dis devant l’Assemblée nationale, aujourd’hui, que je suis fier que la France ait participé à la défense de la démocratie en Afrique.

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 20:15
François FILLON rappelle la grande confiance qu'il a dans le Ministre de l’Intérieur lors des questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale le Mardi 5 avril 2011.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député Bernard ROMAN,

 

Il y a quelques semaines, une publication du Parti socialiste présentait le Président de la République sous les traits d’Adolphe HITLER. Je n’ai vu aucun regret, aucune excuse, aucune condamnation de la part des dirigeants du Parti socialiste. Il y a, …et c’est la vérité…, il y a quelques jours, la première Secrétaire du Parti socialiste trouvait judicieux d’apposer sa signature au bas d’une pétition avec Monsieur Tariq RAMADAN, l’homme qui proposait un moratoire pour la lapidation des femmes adultères.

 

A Marseille, des accusations graves de fraude ont été portées par Monsieur MONTEBOURG. Je n’ai vu aucune réaction, aucune condamnation, aucune décision du Parti socialiste.

 

Et vous venez maintenant instruire le procès de Claude GUÉANT, avec des phrases sorties de leur contexte ; avec des phrases coupées en morceaux ; avec les bonnes vieilles méthodes des procès staliniens : la caricature, la calomnie, l’amalgame.

C’est une attitude méprisante. Claude GUÉANT est un Républicain et toute sa carrière parle pour lui. Vous avez choisi une méthode d’intimidation.

Eh bien je vous le dis, je ne cèderai pas devant cette méthode, et vous me donnez l’occasion de dire à tous les Français la grande confiance que j’ai dans le Ministre de l’Intérieur.

 

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