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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 16:09

François Fillon, Premier ministre, fait le point sur l'actualité, économie "la France résiste mieux", dialogue social "les moyens légaux d'expression sont plus nombreux dans notre pays que partout aileurs".

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 16:56
François Fillon, Premier ministre, répond à Ivan Renar, sénateru du Pas de Calais, sur la réforme de l'université (version écrite intégrale) lors des Questions au Gouvernement au Sénat, le Jeudi 14 mai 2009


‑ "Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les sénateurs,
Monsieur le sénateur Renar,


Depuis 1984, l'université française souffre d'un mauvais statut qui a mis à mal un des principes fondateurs de l'université : c'est l'autonomie. Après bien des efforts conduits par des gouvernements, de gauche comme de droite, et qui n'ont jamais été couronnés de succès, la majorité a soutenu une réforme de l'université qui a été votée par l'Assemblée nationale et par le Sénat, qui offre un cadre nouveau à l'université française, cadre d'autonomie que vingt universités ont déjà choisi.

Dans le cadre de la mise en œuvre de cette réforme, deux difficultés sont apparues : une difficulté sur les statuts des personnels, avec la rédaction d'un décret qui suscitait beaucoup d'opposition et qui a été entièrement réécrit en concertation étroite avec l'ensemble de la communauté universitaire ; et une deuxième difficulté concernant la réforme de la formation des maîtres, qui fait l'objet en même temps d'une concertation très étroite, de délais qui ont été mis en œuvre. L'objectif du Gouvernement étant de faire en sorte que, demain, les maîtres dans notre pays, les professeurs, soient formés à Bac + 5, ce qui ne paraît pas être choquant lorsque l'on voit quelles sont les exigences qui sont demandées à des professions dont j'ai envie de dire qu'elles sont moins stratégiques, quand il s'agit de la formation complète des maîtres.

Alors dans ce contexte, monsieur le sénateur, il y a aujourd'hui six universités dans lesquelles il y a des blocages qui empêchent le passage des examens. Six universités sur plus de quatre-vingt ! Dans ces six universités, il y a environ 60.000 étudiants, dont effectivement la fin des études est menacée, la fin de l'année est menacée par des blocages qui la plupart du temps sont le fruit d'une minorité qui refuse qu'il y ait des votes dans des assemblées générales.

Vous êtes un démocrate, monsieur le sénateur, je pense que vous pouvez comprendre que lorsque l'immense majorité des universités françaises, l'immense majorité des étudiants est au travail et souhaite que les examens soient organisés à leurs dates, il n'est pas question, parce que six universités sont bloquées, parce qu'une petite minorité réclame le retrait d'une loi qui a été votée par le Parlement, il est hors de question que le Gouvernement accède à cette demande.

Alors, ce que nous sommes en train de faire avec le ministre de l'Enseignement supérieur, c'est de veiller à ce que tous les étudiants puissent passer leurs examens. Et en même temps, que ces examens soient tous des examens du même niveau. Il est hors de question de brader les examens dans notre pays, ce serait dramatique pour l'avenir de l'université, pour sa réputation et, au fond, pour l'ensemble de notre jeunesse. Et donc, nous sommes en train de voir, dans les universités où le blocage perdure, s'il y a lieu de repousser au mois de septembre les examens, ou s'il y a lieu de mettre en œuvre des procédures pour que les examens puissent être passés dans d'autres établissements.

Mais monsieur le sénateur, mesdames et messieurs les sénateurs et les sénatrices, le Gouvernement n'acceptera pas que l'on remette en cause une réforme qui est absolument fondamentale pour l'avenir de l'université et qui vise tout simplement à donner à la communauté universitaire l'autonomie, le contrôle de ses décisions. Vingt universités françaises ont choisi à la majorité absolue de leur conseil d'administration ce statut d'autonomie. Eh bien, je pense que le Parlement devrait avoir à cœur de le défendre et de faire en sorte que l'université française soit au premier rang des universités mondiales.


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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 16:53
Intervention du Premier Ministre, François FILLON

François Fillon, Premier ministre, installe le Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée (version écrite intégrale) à Hôtel de Matignon, le Jeudi 14 mai 2009.

Mesdames les ministres,
Mon cher Renaud,
Mesdames et messieurs,

En installant le Conseil Culturel de l'Union pour la Méditerranée, j'ai le sentiment de partager avec vous une singulière aventure politique. Je parle d'aventure, parce que je crois que l'Union pour la Méditerranée est un défi, qui a été lancé par le Président de la République, contre toutes les forces de l'habitude, et je qualifie cette aventure de "politique", parce que le chemin de cette Union ne s'ouvrira pas sans notre volonté de forcer le destin. Vous avez accepté de participer à cette entreprise parce que vous pensez, comme nous, qu'une grande partie de notre avenir se dessine autour de la Méditerranée, et je veux remercier personnellement et chaleureusement chacun d'entre vous.

Votre Conseil compte des membres prestigieux, qui proviennent de toutes les rives du Bassin méditerranéen. Je crois que pour donner de l'impulsion à notre ambition, il fallait ce lieu de convergence des initiatives publiques et privées, qui concourent à notre rayonnement en Méditerranée. Et parce qu'il fallait à la tête de ce Conseil, une personnalité dont les racines méditerranéennes soient tout à fait incontestables et aussi incontestables que sa capacité d'entraînement, nous avons voulu, avec le Président de la République, que ce soit toi, Renaud, qui assume cette mission, qui prolonge celle que tu conduis pour Marseille, capitale européenne de la Culture 2013.

L'Union pour la Méditerranée, mesdames et messieurs, c'est la volonté de poser les bases d'un développement partagé sur les deux rives. Quand le Président de la République a proposé cette initiative, il est parti, au fond, d'un raisonnement assez simple : après s’être affrontée pendant des siècles, l'Europe a construit la paix et sa prospérité à travers une coopération, concrète d'abord sur des dossiers économiques, la Communauté européenne du charbon et de l'acier, puis ensuite le Marché commun. Pourquoi, après tout, la Méditerranée ne pourrait-elle pas, avec ses différences, avec son génie propre, suivre le même exemple ? Alors, est-ce que cette Union est appelée à un succès comparable à celui de l'Union européenne ? C'est sans doute trop tôt pour le dire, mon cher Henri, mais il n'est pas trop tard pour se fixer cet idéal et pour se mettre au travail.


Pour y arriver, nous avons définis avec nos partenaires des priorités concrètes : l'énergie, les transports, la sécurisation des investissements, l'environnement, la société du savoir, la recherche scientifique…
Bien sûr, chacun sait qu’il y a eu des vicissitudes politiques et géopolitiques au cours de ces derniers mois qui ont ralenti l'élan qui avait été initié.

Tout reste à bâtir, mais nous sommes déterminés, pas à pas, à surmonter tous les obstacles et à réussir ce pari !
En décidant de privilégier aujourd’hui la culture, nous ne démontrons pas seulement notre volonté d’aller de l’avant, nous indiquons aussi notre choix d’aller au cœur des choses. Je veux dire au cœur de tout ce qui fait une civilisation.
Il s’agit de ressusciter nos héritages entremêlés.
Il s’agit d’affirmer notre identité commune. 

Il s’agit, en célébrant l’espace méditerranéen, de trouver l’inspiration de notre avenir.
L’Histoire parle pour nous. Je n'ai même pas besoin de le dire.
Cet espace a été hier le berceau de nos échanges. Il a été un exemple de tolérance entre les communautés religieuses et  ethniques. 
Je pense à la période andalouse où deux fils de Cordoue irriguaient nos sociétés de leur savoir.
Je pense bien sûr à l’Antiquité gréco-romaine.
Je pense à Aristophane, à Ménandre, à Plaute qui furent joués dans plus de 500 théâtres et odéons antiques qui sont les mêmes ou presque d’Orange à Cyrène, de Malaga  à Palmyre ou à Douga, où j'étais il y a quelques jours et où l'on me racontait que, à la fois le maire de Paris et mon ami Christian Giacomotto assistaient, enfants, à des représentations de la Comédie française dans le magnifique théâtre de cette petite ville romaine.

Je pense au sens du commerce et aux contacts scientifiques permanents des peuples méditerranéens, des Phéniciens aux Catalans, à tous ces échanges incessants facilités par l’art de la navigation.

Je pense enfin, de façon bien plus contemporaine, aux efforts entrepris par la fondation euro-méditerranéenne, par l’Institut du monde arabe…
Tout cela est culture, tout cela fait sens, et tout cela fait force.

Voilà pourquoi, Mesdames et messieurs, malgré les différends politiques ou religieux qui ont traversé et qui traversent encore le Bassin méditerranéen – j'ai envie de dire plutôt même en raison de ces conflits - il faut placer la culture au cœur du projet méditerranéen.
C’est elle qui transcende les frontières ; c'est elle qui bouscule les préjugés ; c’est elle qui accorde les esprits et les émotions.  C’est donc elle qui peut être le tremplin de l'émergence d’une conscience méditerranéenne. 

Nous devons bâtir « une Méditerranée qui parle d’une seule voix, mais dans toutes ses langues et de toutes ses âmes », écrivait Fernando Pessoa.
La mission du Conseil Culturel sera de donner du corps et de la visibilité à cette ambition.
Je ne veux pas empiéter sur votre programme de travail, mais je perçois des sujets que vous ferez certainement vôtres : la préservation du patrimoine, la création sous toutes ses formes, la revitalisation des savoir-faire artisanaux, l’éducation, le dialogue des cultures, le statut des artistes, l’économie de la culture…

Des pistes de travail ont déjà été tracées et d'autres vont être prochainement lancées, notamment par les acteurs et les institutions qui sont représentées à l'intérieur de votre Conseil.

Je pense à la convention entre l'Institut du Monde Arabe et la Bibliotheca Alexandrina conclue par Dominique Baudis – qui arrive juste à temps pour que je le remercie -  et aux perspectives de coopération élargie qui peuvent se développer pour la région méditerranéenne en matière de bibliothèques.
Je pense au projet adopté, en avril dernier, par la dernière assemblée de la Conférence permanente de l’audiovisuel méditerranéen, sous la houlette de son président Emmanuel Hoog, concernant la structuration du paysage audiovisuel du Bassin méditerranéen.

Je pense par ailleurs au projet de Marseille Provence 2013 sur les "Ateliers de la Méditerranée", qui permettra l'accueil, la production et l'échange culturel avec plusieurs acteurs du bassin méditerranéen.

Je pense enfin, cher Renaud, au grand projet du Mucem, le futur musée national des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, qui sera implanté près du fort Saint-Jean.
Vous devez pouvoir inscrire votre action dans le cadre de ces nouvelles dynamiques.
Nous nous en remettrons à la sagacité du comité stratégique et des professionnels de premier plan que vous êtes, pour définir la feuille de route du Conseil Culturel.

Je veux simplement émettre  deux souhaits.
D’abord, faites en sorte que le foisonnement de vos idées puisse déboucher sur des initiatives politiques opérationnelles. Placez-vous donc dans une logique d’action !
Et ensuite, veillez à ce que votre Conseil soit en résonance avec les travaux déjà conduits par les acteurs - publics, privés, associatifs – qui oeuvrent au rapprochement des deux rives de la Méditerranée. Je l’ai indiqué à l’instant, il faut créer des synergies en rassemblant et en prolongeant les initiatives !

Voilà, mesdames et messieurs, les réflexions que je voulais, notamment avec Christine Albanel, partager avec vous.

Tu as, cher Renaud, avec tous les membres du Conseil, la responsabilité de tracer des perspectives et de définir des projets qui vont contribuer à dessiner la Méditerranée de demain.
 
Tu dois savoir, vous devez savoir que vous avez le total soutien du Gouvernement, c'est-à-dire de ses administrations, de ses établissements publics.

Vous avez évidemment celui du Président de la République, qui compte beaucoup sur vos réflexions et sur votre rapport.


Permettez-moi de vous remercier ce matin de votre engagement.

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 18:21

François Fillon, Premier ministre, répond à Jean Pierre Door, député du Loiret, sur la réforme de l'hôpital (version vidéo et version écrite intégrale) à l'occasion des questions d'actualité à l'Assemblée Nationale le mardi 12 mai 09.


Réponse du Premier Ministre François FILLON
à une question de Jean-Pierre DOOR (UMP)
lors des Questions d’actualité à l’Assemblée nationale
Mardi 12 mai 2009

‑ "Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député,


L'objectif de la réforme de l'hôpital c'est de garantir la qualité des soins partout et pour tous. Et, pour y parvenir, chacun comprend bien qu'on a besoin d'améliorer en permanence la gestion de l'hôpital. C'est le sens de la réforme que vous avez votée en première lecture, qui prévoit la clarification des responsabilités - Il faut que le directeur soit en mesure de conduire le projet de l'établissement et assume pleinement ses responsabilités - Réforme qui prévoit ensuite le renforcement des coopérations - qui est la seule manière de concilier la présence sur le territoire de l'offre de soins et en même temps la qualité - et enfin une meilleure coordination entre tous les acteurs de la santé. Personne ne pourra contester qu'il y a encore beaucoup de progrès à faire s'agissant de cette coopération.

Eh bien, je veux vous dire, monsieur le député, que sur tous ces points, le Gouvernement ne déviera pas de sa route, et je suis convaincu que le Sénat saura tenir le cap qui a été fixé par le Gouvernement et par l'Assemblée nationale.

Pour autant, il n'est pas question de marginaliser les médecins dans la gestion de l'hôpital. Ils ont naturellement leur mot à dire dans leurs domaines de compétences. Et c'est particulièrement vrai pour les Centres hospitaliers universitaires qui sont à la fois des hôpitaux, des universités et des centres de recherche. Eh bien, je vous indique, monsieur le député, que conformément aux recommandations du rapport Marescaux, le Gouvernement déposera au Sénat un amendement qui prévoit de placer à côté du directeur - pour l'assister dans les décisions qu'il prend - un représentant de chacune des communautés que je viens d'évoquer. De la même façon, le Gouvernement souhaite que les directeurs de CHU soient nommés de façon conjointe par le ministre de la Santé et par le ministre en charge de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Voilà, monsieur le député, ces décisions ne remettent en rien en cause la volonté du Gouvernement de faire en sorte que le directeur soit bien le patron de l'hôpital demain, parce que nous avons besoin d'une gouvernance efficace pour améliorer l'offre de soins. Et aujourd'hui, ceux qui défendent l'hôpital, ce sont ceux qui défendent l'amélioration permanente de la gestion de l'hôpital, parce qu'il n'y aura jamais d'amélioration de la qualité des soins dans une gestion hospitalière qui ne serait pas optimale.


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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 18:23

François Fillon, Premier ministre, fait le point de sa visite officielle en Slovénie avec la presse le lundi 11 mai 09.

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 18:15

François Fillon, Premier ministre, s'exprime devant le colloque franco-slovène "Europe et Identités nationales : de Napoléon à l'Union Européenne" à l'occasion de sa visite en Slovénie le lundi 11 mai 09.


Monsieur le Président du Gouvernement, cher Borut PAHOR,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,

cette visite que j’ai l’honneur d’effectuer en Slovénie est placée sous le signe de l’histoire. Celle du passé que nous commémorons, ici aujourd’hui et celle de l’avenir, que nous avons contribué à construire ensemble ce matin. C’est la première visite d’un chef de gouvernement français depuis votre indépendance en 1991. Elle intervient dans le prolongement d’une période de relations très intenses entre nos deux pays, à l’occasion des présidences successives de l’Union européenne et elle est l’occasion pour moi de marquer la participation de la France au bicentenaire des provinces illyriennes. La France et la Slovénie se sont découvertes à une époque troublée, à une époque traversée par des mutations et par les promesses d’un monde nouveau. Comment ne pas y voir quelques analogies avec les transformations contemporaines. Avec cependant une différence de taille, si nous vivons bien une transition tourmentée, cette évolution s’effectue dans une Europe qui est désormais pacifiée, qui est solidaire et qui est unifiée. Il y a deux siècles, l’Europe était bouleversée par les conséquences de la Révolution et par les guerres qui s’en suivirent. L’épopée napoléonienne diffusait sur l’ensemble de notre continent les principes des lumières et des droits de l’homme qui fondent la devise de la République française : la liberté, l’égalité, la fraternité venaient bousculer l’ordre ancien. Ce mouvement des idées a, incontestablement accéléré le réveil des peuples et des identités nationales, en Pologne, en Allemagne, en Italie et naturellement en Slovénie avec la création des provinces illyriennes.
Cette création marque donc l’acte de naissance de l’amitié entre nos deux pays et elle témoigne des confluences de notre héritage historique. Bernadotte et Charles Nodier à Ljubljana, Bonaparte dans la vallée de la Soca, le traité de Schönbrunn après la bataille de Wagram. Les gouverneurs généraux Marmont, Bertrand, Junot, Foucher,  tous ces noms nous rappellent une époque fondatrice. Cette époque où les provinces illyriennes rassemblaient les provinces autrichiennes, aujourd’hui slovènes, de Carniole, de Gorica, d’Istrie, une partie de la Carinthie. Mais aussi la Croatie, toute la côte adriatique de Trieste au Monténégro. Tous ces épisodes, tous ces noms sont constitutifs, pour vous comme pour nous d’une identité. Une identité dont vous avez raison d’être fiers. Une identité qui naturellement a sa part d’ombre, parce que l’empire napoléonien a provoqué des blessures, mais aussi sa part de lumière. Le code civil, l’université de Ljubljana, les lycées publics. La reconnaissance de la langue slovène, l’abolition des privilèges et du servage, l’égalité devant l’impôt. A travers cette histoire que nous commémorons, la France et la Slovénie ont tissé une relation étroite, qui n’a cessé de s’approfondir avec le temps. La France est un investisseur important en Slovénie. Nos relations scientifiques et universitaires sont excellentes, je crois que l’on peut dire qu’il existe une réelle confiance politique entre nous – comme l’a démontré le succès de la transition entre nos deux présidences européennes. Nous sommes fondamentalement attachés aux mêmes idéaux, l’idéal de la démocratie qui vous a donné le courage de vous battre pour l’indépendance. L’idéal de la diversité culturelle et linguistique que nous essayons de promouvoir dans l’Europe et dans le monde. L’idéal de la construction européenne, ce projet sans égal qui consacre l’espoir de progrès de tout un continent après des siècles de déchirement. C’est sur la base de cette connaissance mutuelle et c’est sur la base de cette entente historique entre nos deux pays, que j’ai proposé à mon homologue d’entrer dans un partenariat stratégique avec la France. Ce partenariat stratégique, si vous en décidez ainsi, portera notamment sur la systématisation du dialogue politique sur les questions européennes. Nous voulons développer des initiatives communes sur l’énergie, sur l’environnement, sur les transports, sur la recherche scientifique. Il faut que nous poursuivions cette coopération si fructueuse qui nous avait rassemblé l’année dernière au sein d’une Europe plus unie et plus forte. Nous devons promouvoir une Europe efficace, une Europe qui ne nie pas les identités nationales, mais qui au contraire leur permet de s’épanouir autrement que dans le repli ou dans le conflit.
Depuis les années 1990, certains avaient pensé que la mondialisation allait tout effacer. Que la mondialisation allait tout éroder, que la mondialisation allait tout aplanir sur son passage. On a cru que les cultures nationales ou locales ne feraient pas le poids, face à l’uniformisation, face à ce qu’on pourrait appeler la « novland » des affaires. Et pourtant, il n’en a rien été, les cultures les plus assumées et les plus ouvertes ont profité aux autres pour se raffermir, pour se renouveler et pour s’enrichir. Une Europe qui prolonge les identités nationales pour faire émerger une identité européenne partagée, voilà le projet commun que nous poursuivons ensemble. Je crois que nous avons tous les atouts pour faire de l’Europe un grand acteur de la mondialisation : nos richesses, notre monnaie commune, nos entreprises, nos chercheurs, nos technologies, nos salariés qualifiés, notre indépendance alimentaire, nos ressources naturelles – nos valeurs démocratiques au premier rang de ces atouts. Oui, je crois que l’Europe a le potentiel pour tenir son rang, pour assurer sa prospérité et pour défendre ses intérêts dans le monde. Pourquoi ne pas imaginer que le XXIème siècle, puisse être un siècle européen, comme le XVIIIème a été un siècle français. Comme le XIXème a été un siècle britannique, et comme sans doute, on peut dire que le XXème a été un siècle américain ? Mais pour y parvenir il faut une volonté politique. Pendant des années, l’Europe s’est épuisée dans des querelles institutionnelles. Aujourd’hui, il ne s’agit plus de se prononcer pour une Europe fédérale, pour une Europe confédérale, pour une Europe souverainiste. Je pense que ce débat institutionnel est derrière nous. Avec le traité de Lisbonne, nous avons trouvé la voie  de l’efficacité et maintenant ce qui compte c’est de travailler ensemble à sa mise en œuvre. Il en va du bon fonctionnement de l’Union européenne, mais il en va aussi de la poursuite de l’élargissement vers les pays des Balkans occidentaux. Après la très bonne nouvelle qu’a été la semaine dernière, la ratification du traité de Lisbonne par le Sénat tchèque, nous faisons confiance au peuple irlandais pour permettre au traité d’entrer en vigueur au début de l’année prochaine.
J’ai parlé à l’instant de l’Europe politique. Je crois que pendant très longtemps, beaucoup ont douté que cette Europe politique fût possible. Et pourtant, en 2008, les présidences slovènes et françaises ont offert la vision d’une Europe qui prend ses responsabilités et qui agit. L’Europe ainsi a évité le désastre financier en stoppant les faillites bancaires en chaîne qui auraient pu la plonger dans une dépression pire, qui aurait pu d’ailleurs plonger le monde entier dans une dépression pire que celle de 1929. Il faut reconnaître les choses, c’est l’Europe qui a pris les initiatives les plus efficaces et les plus pertinentes pour stopper la crise financière. L’Europe a fait entendre sa voix dans la réorganisation et la moralisation du système financier international. Certes le combat n’est pas encore gagné d’avance, il faut continuer à le mener. Mais c’est très significatif que ce soit l’Europe qui le conduise. Au fond, l’Europe est capable de faire la synthèse des différents systèmes qui ont été utilisés pour en tirer le meilleur parti. C’est l’Europe qui a élaboré la législation la plus ambitieuse au monde en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Et c’est cette législation qui va nous permettre maintenant de faire pression sur les Etats-Unis pour déboucher, nous l’espérons à la fin de l’année 2009 sur un accord très ambitieux à la conférence de Copenhague. C’est l’Europe aussi qui a été au centre des négociations pour arrêter la guerre entre la Géorgie et la Russie. Franchement, cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu l’Europe à cette place là, au premier rang pour jouer le rôle qui doit être le sien dans le monde.

Eh bien, cette Europe qui s’affirme, il faut la porter et il faut l’incarner. Cette Europe, elle a besoin d’être entraînée par des nations décidées et ce qui compte, s’agissant de l’entraînement de l’Europe, ce n’est pas la taille des nations qui la conduisent – et je le faisais remarquer avec le succès de la présidence slovène, c’est la détermination de ces nations. Au fond, il y a celles qui pensent que l’Europe doit jouer un rôle politique, prendre des initiatives, prendre des risques, prendre des décisions. Et puis il y a ceux qui pensent que l’Europe doit se contenter de poursuivre, inlassablement les mêmes politiques, les mêmes non décisions, les mêmes compromis. L’Europe a besoin d’institutions équilibrées et robustes pour jouer ce rôle politique. Elle a besoin d’un Conseil européen où les décisions sont clairement assumées et pas d’un Conseil européen qui se met d’accord sur des communiqués de 40 pages, dans lesquelles chacun croit pouvoir trouver la satisfaction de ses demandes. Il faut un Parlement qui soit un Parlement respecté et influent – parce que l’Europe c’est d’abord le respect des valeurs démocratiques et c’est la raison pour laquelle l’élection au Parlement européen, dans quelques semaines est si importante pour l’avenir de notre continent. Et puis il faut une Commission forte qui avance des propositions, qui imagine des solutions et qui propose des compromis. Alors bien sûr le défi le plus pressant pour notre Europe, c’est celui de la crise économique. Je crois que l’Europe a beaucoup fait pour la stabilité financière, elle n’a pas fait assez encore pour la réponse à la crise économique. Et je ne veux pas qu’on me dise que l’Europe n’en a pas les moyens. L’Europe coordonne de vastes plans de recherche et de développement. L’Europe a tous les pouvoirs en matière commerciale, l’Europe est une grande puissance de normalisation industrielle. Et on a vu que quand cette normalisation industrielle était mise au service d’une stratégie industrielle comme cela a été le cas avec la première générale de téléphones mobiles, cela donne une domination des marchés mondiaux par les entreprises européennes. L’Europe peut, grâce à ses directives engager une action cohérente des états-membres dans la plupart des aspects de la vie économique. Et enfin l’Europe est garante de la « soutenabilité » des finances publiques des Etats membres.

Dans l’épreuve actuelle, l’Union européenne doit utiliser tous ses moyens pour bâtir une stratégie économique qui permette aux Etats membres de sortir au plus vite de la crise. Cette stratégie de sortie de crise qui devrait réviser la révision de la stratégie de Lisbonne devra répondre aux questions suivantes : comment encourager de façon efficace la recherche et le développement en Europe ? Comment renforcer au niveau européen les secteurs qui seront demain les secteurs porteurs de croissance : la mobilité, la croissance verte, toutes les questions liées aux énergies, les biotechnologies. Je veux faire remarquer que beaucoup des succès industriels de l’Europe ne sont pas seulement aujourd’hui des créations du marché. Ce sont aussi le fruit de décisions politiques qui ont été prises pour promouvoir des secteurs d’excellence, comme l’aéronautique, comme l’espace, comme le secteur énergétique. Comment tirer les leçons de la crise financière pour assurer le financement stable du marché intérieur ? Comment s’assurer, je sais Monsieur le Président du Gouvernement que nous partageons la même préoccupation : comment s’assurer que le poids de la dette publique due aux déficits cumulés dans les Etats membres ne va pas compromettre la croissance de demain ? Comment renforcer la dimension externe de la stratégie de Lisbonne en luttant mieux contre le protectionnisme ? En promouvant dans le monde les normes européennes, en protégeant mieux nos droits de propriété intellectuelle. Je pense que la réalisation de cette stratégie économique européenne est urgente.
Mesdames et Messieurs, pour être plus forts, pour être plus solidaires encore, l’Europe ne doit pas être une ambition désincarnée. Nous ne sommes pas en train de gérer une aventure administrative. Nous sommes en train de bâtir une aventure humaine et peut-être la plus belle des aventures humaines qui ait été imaginée. L’Europe c’est d’abord une communauté de valeurs, l’humanisme, l’état de droit, le respect de l’individu, le souci des minorités, la solidarité et la considération accordées à la force du savoir et aux transmissions familiales et spirituelles. L’économie de marché au service du progrès social, voilà notre héritage, voir les bases sur lesquelles nous construisons cette aventure humaine. Et au cœur de cet héritage, comment ne pas évoquer une fois encore, ici, dans ce lieu, la culture qui est le ferment de notre civilisation. Nous sommes les détenteurs d’un patrimoine exceptionnel, parler de l’Europe, ce n’est pas seulement parler de marché, parler d’économie, parler de droits de douanes, parler de règlements communautaires – c’est évoquer des noms qui sont familiers à tous les Européens, Rubens, Picasso, Bach, Schoenberg, Haendel, Shakespeare, Hugo, Cervantès, Goethe et vous me permettrez de terminer par le grand auteur slovène, Yvan CANKAR. Nous sommes, nous, européens dans la lumière de ce rayonnement culturel. Notre histoire commune, nos valeurs, notre culture, notre volonté de doter l’Europe d’une ambition politique, tout ceci doit contribuer à faire émerger une véritable identité européenne. Bien sûr, je suis conscient que beaucoup de nos concitoyens voient encore l’Union européenne comme une affaire lointaine. L’identité européenne pour émerger implique un héritage culturel, implique un projet politique, implique aussi des frontières. Ces frontières ne sont nullement synonymes de fermeture ou d’exclusion. Mais je veux dire que les élargissements successifs ont permis la réunification du continent européen, au Sud, après des décennies de dictature, à l’Est après cinquante ans d’une douloureuse séparation. L’élargissement de 2004 qui a vu l’adhésion de la Slovénie et dont nous venons de célébrer le cinquième anniversaire est un succès éclatant. Eh bien demain les peuples des Balkans émancipés et pacifiés doivent rejoindre, eux aussi la famille européenne. Parce que comme vous, ils savent le prix de la liberté, ils savent la valeur des droits individuels fondamentaux. Comme vous, ils ont leur place parmi nous et dans cet esprit, je veux le répéter des frontières stables à l’Europe sont nécessaires pour faire émerger une conscience européenne. C’est la raison pour laquelle l’élargissement sans fin de l’Union européenne ne peut pas être un objectif en soi.
Mesdames et Messieurs, l’Europe se construit avec des actes, le 7 juin vont avoir lieu les élections au Parlement européen. Les citoyens, dans tous les Etats membres vont avoir la parole. Le Parlement européen qui représente les peuples est associé aux décisions du Conseil européen sur un nombre croissant de sujets qui touchent pour l’essentiel d’entre eux à la vie quotidienne de chacun d’entre nous. Je veux que tous les citoyens européens comprennent qu’il est absolument indispensable de se mobiliser pour ce rendez-vous démocratique qui doit être le succès de l’Union européenne. Nous devons porter avec fierté, nos convictions européennes, l’amitié qui lie nos deux nations depuis deux cents ans n’est pas seulement le témoignage d’un passé commun, elle constitue aussi une force, une force pour aller de l’avant. Une force pour aller vers l’avenir qui nous attend. Permettez moi à mon tour de dire : vive la Slovénie, vie la France et vive l’Europe.

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 16:06

François Fillon fait campagne pour les élections européennes à Paris le 6 mai 09.

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 17:08

François Fillon, Premier ministre, remet les insignes de commandeur de la Légion d'honneur à Wladislaw Bartoszewski figure politique et morale polonaise (version vidéo et version écrite intégrale) à l'occasion de sa visite en Pologne, le jeudi 30 avril 09.

Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs,

Tout juste cinq ans après l’entrée de la Pologne dans l’Union européenne, je veux vous dire que j’éprouve une joie particulière à célébrer le lien si profond et si amical qui existe entre nos deux pays.
A l’issue de mes entretiens avec le Premier ministre et avec le Président de la République, j’ai constaté une nouvelle fois combien notre travail commun était, dans tous les domaines, à la fois si dense et si constructif.

La France et la Pologne ont une vision proche des enjeux européens. Elles partagent l’énergie de les faire aboutir ensemble.
Je voudrais adresser tous mes remerciements aux Français présents, qui servent cette amitié avec dynamisme, et qui ont voulu que l’hommage rendu par leur pays à l’une des figures les plus lumineuses de la Pologne contemporaine soit aussi le leur.

Votre parcours, Monsieur le Ministre, invite nos deux pays à s’engager sans hésitation dans l’aventure de la construction européenne.
Mieux, il fait de vous l’un des fondateurs de notre réalité européenne, c’est-à-dire d’un libre dialogue entre les nations et des peuples, sous le signe de la paix.

Toute votre vie, vous avez accompli des choix essentiels, des choix que l’admiration nous porte à qualifier aujourd’hui d’héroïques.
Vous avez su trancher entre la sécurité et le courage, entre la résignation et la résistance, entre l’acceptation de la dictature et la lutte pour le droit.
Résolu à ne pas rester spectateur de l’Histoire, vous avez, dans des circonstances dramatiques, dressé votre volonté contre les ombres du nazisme.
A 17 ans, vous participez comme brancardier à la défense de Varsovie assiégée.
Pris par une rafle l’année suivante, vous êtes conduit à Auschwitz, où vous figurez parmi les premiers détenus, sous le numéro 4427.
Libéré sur l’intervention de la Croix Rouge, en avril 1941, vous vous engagez aussitôt dans la résistance armée polonaise et auprès du Front pour la Renaissance de la Pologne, un mouvement d’action sociale catholique.

Vous faites en sorte que le parti de la lutte soit aussi le parti de l’esprit. A l’époque où les autorités allemandes démantèlent l’enseignement supérieur polonais, vous poursuivez vos études supérieures dans un département clandestin de l’Université de Varsovie.
Au cœur des persécutions atroces déclenchées contre les Juifs, alors même que leur venir en aide est passible de la mort, vous rejoignez la Zegota, un comité secret qui leur porte assistance.

Journaliste, animateur des réseaux d’information, agent du Gouvernement polonais en exil, vous organisez en avril 1943 le soutien aux insurgés du Ghetto de Varsovie.
L’année suivante, à 22 ans, vous participez à l’insurrection de la capitale.
A aucun moment, vous ne renoncez à lutter. Contre le totalitarisme nazi, pour qu’une autre histoire européenne s’écrive, vous jouez votre jeunesse avec une générosité absolue.
Vous faites partie, Monsieur le Ministre, de ces hommes qui, entre 1939 et 1945, ont sauvé l’honneur de l’Europe, en plaçant plus haut que tout l’humanité de ses citoyens.
Pour ces actes, vous recevrez en 1963 de l’État d’Israël le titre de « Juste parmi les Nations ».

La victoire, hélas, ne va pas mettre fin à vos sacrifices.
La guerre finie, l’influence soviétique étend sur la Pologne un nouveau manteau d’oppression.
Contre le gouvernement communiste qui la relaie , vous êtes alors de toutes les résistances - auprès des intellectuels, au sein du Parti paysan, dans les universités clandestines, dans les clubs de débats, puis, le moment venu, dès 1980, aux côtés du syndicat « Solidarité ».
Cet engagement vous vaut plusieurs séjours en prison. De 1946 à 1948, une fausse accusation d’espionnage interrompt vos études. En 1949, un nouveau procès, tout aussi falsifié, débouche sur cinq ans de détention. En 1981, vous êtes interné une dernière fois, pour avoir protesté contre l’application de la loi martiale.
Renvoi de l’université, interdiction de publier, privation de passeport, les pressions ont beau croître : jamais votre intelligence ne désarme, dans son effort constant pour dénoncer, texte après texte, article après article, les mensonges de l’appareil communiste.
En 1978, vous fondez pour les combattre une université clandestine, la Société des Cours Scientifiques. Faute de pouvoir déployer toute votre énergie en Pologne, vous reportez sur vos voyages une activité exceptionnelle de journaliste, d’enseignant et d’animateur des cercles intellectuels.

Le terrain privilégié de votre combat est celui de la mémoire historique.
Dès 1945, vous entamez un travail d’écriture et de réflexion sur l’extermination des juifs d’Europe. Vous êtes parmi les premiers à comprendre la nécessité du témoignage, pour faire entendre la voix des morts et pour conjurer la résurgence de la haine.

Aujourd’hui encore, en présidant le Conseil international d’Auschwitz, vous poursuivez cette œuvre de conviction, et je veux vous dire que mon pays vous est profondément reconnaissant.

La France apportera d’ailleurs un plein soutien au futur musée d’Histoire des juifs de Pologne, dont vous présidez le conseil de direction et qui rappellera la participation des juifs de Pologne, sur plus de neuf siècles, à la grande histoire européenne.

Mais si j’ai placé votre éloge sous le signe de la construction européenne, c’est aussi parce que la mémoire historique est inséparable, chez vous, d’un dialogue pacifié des nations.

Dans une Pologne muselée, surveillée, privée d’ouverture, vous avez très tôt la vision de notre Europe, celle où, sans rien oublier du passé, les peuples bâtissent ensemble un nouveau destin.

Au milieu des années 60, au moment même où en France, le général de Gaulle rassemble le couple franco-allemand, vous préparez la réconciliation germano-polonaise. Düsseldorf vous attribue le prestigieux prix Heinrich HEINE pour les droits de l’homme et l’entente entre les nations. A partir des années 1980, vous enseignez à Munich, à Ingolstadt, à Augsbourg.
De la même manière, vous êtes l’un des premiers à rouvrir, après la Shoah, le dialogue entre juifs et catholiques. A l’Université Catholique de Lublin, vous défendez avec beaucoup de courage une lecture lucide de l’histoire polonaise contemporaine. Et dans cette entreprise, votre chemin croise celui d’un autre visionnaire, Jean Paul II.

Pour donner toute leur résonance à vos convictions, vous vous engagez enfin dans l’action gouvernementale. Ambassadeur de Pologne à Vienne entre 1990 et 1995, vous êtes ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Olszewski, en 1995, puis dans le gouvernement Buzek, en 2000.
Vous êtes ainsi le prédécesseur et le successeur de Bronislaw GEREMEK, dont je veux rappeler ici la mémoire exemplaire. Partageant les mêmes espoirs et la même détermination, vous avez tous deux ouvert à la Pologne les portes de l’Alliance atlantique, puis de l’Union européenne. Vous avez, en somme, ramené la Pologne chez elle.
Depuis 2007, au service d’un idéal démocratique inchangé, vous êtes secrétaire d’État et plénipotentiaire pour les Affaires internationales auprès du Président du Conseil polonais, Monsieur Donald TUSK.
 
Monsieur le Ministre,
Ce parcours fait de vous un Européen d’exception, couronné en 2002 par la médaille Schuman.
Mais il fait aussi de vous un Français d’honneur.
Peu d’hommes ont, dans ce siècle, défendu aussi bien que vous la devise de la République française : liberté, égalité, fraternité. Peu d’hommes ont porté aussi haut que vous l’humanisme et le dévouement. Dans votre attitude et dans vos choix, éclate une fidélité intransigeante aux valeurs de mon pays.

Nous commémorons cette année plusieurs grands moments de votre histoire :
le 70e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale,
le 65e anniversaire de l’insurrection de Varsovie,
le 20e anniversaire des premières élections libres en Pologne et de la chute du communisme en Europe centrale.

En vous décorant cette année, je veux exalter l’Europe que vous avez érigée sur ces épreuves ; l’Europe des droits de l’homme, l'Europe des libertés, l'Europe de la tolérance.

Monsieur le Ministre,
Pour triompher du nazisme et du communisme, il fallait des héros.
Aujourd’hui, pour défendre la liberté en Europe, il faut de vrais citoyens.
Notre responsabilité historique est de prolonger votre œuvre, en renforçant les structures de la démocratie européenne, pour affronter ensemble les défis de l’époque.

Face à la crise économique actuelle, certains prennent l’Europe pour un bouc émissaire. Certains agitent des divisions qui n’existent pas, certains agitent des querelles qui sont sans objet.

Ici, à Varsovie, avec vous, je veux réaffirmer les choix franco-polonais de la solidarité et de la coopération.
Ensemble, nous devons construire une Europe de la connaissance, une Europe de la recherche, une Europe de l’innovation, une Europe de l’industrie. Ensemble, nous devons rebâtir notre système financier. Et pour y parvenir, nous devons faire du triangle de Weimar une force de proposition écoutée.
Je sais, Monsieur le Ministre que cette conviction déjà ancienne guide toujours vos fonctions actuelles.
C’est pourquoi l’Europe ne cesse de compter sur vous, comme elle a pu compter, il y a longtemps déjà, sur le courage et sur l’humanisme d’un adolescent de 17 ans.


Wladislaw BARTOSZEWSKI,
C’est avec beaucoup de respect et beaucoup de reconnaissance que je vais maintenant avoir l'honneur de vous faire commandeur dans l'ordre de la Légion d'honneur.
Wladislaw BARTOSZEWSKI, au nom du président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons commandeur de la Légion d'honneur.

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 15:42

François Fillon, Premier ministre, annonce le passage en phase 5 d'alerte par mesure de précaution pour la grippe A, le jeudi 30 avril, à Matignon.

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 11:58
Depuis quelques semaines, la toile relaye des propos inacceptables sur les musulmans qui me sont attribués et qui se propagent sous forme de courrier électronique repris par plusieurs blogs. Je vous confirme qu'il s'agit d'un "hoax", en français un canular, détestable, en  l'occurrence une fausse déclaration. Ce courrier circule en réalité dans le monde entier depuis plus d'un an et a déjà attribué ces propos à plusieurs dirigeants ou chefs de gouvernement  étrangers. J'invite les internautes qui seraient susceptibles de croiser ce canular à le dénoncer. Le web ne doit pas être l'espace  des mensonges et de la haine raciste. Ceux qui me connaissent savent que de tels propos sont aux antipodes de ce que je suis, de ce que je pense, de tout  mon engagement politique républicain e humaniste.

François Fillon

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 14:10

François Fillon, Premier ministre, fait le point il y a quelques heures sur la situation de la grippe H1N1 à l'occasion de son déplacement à Varsovie.

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 09:33

François Fillon, Premier ministre, fait le point avec la presse sur les européennes et la grippe mexicaine à Varsovie le jeudi 30 avril 09.

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