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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 18:53


Mardi 9 décembre 2008, François Fillon a prononcé le discours suivant en conclusion des états généraux des chambres de commerce et d’industrie, au Palais des congrès, Porte Maillot.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les élus,

Lorsque votre président, Jean-François Bernardin, m’a demandé de venir conclure vos états généraux, je n’ai pas hésité un instant, parce que je pense que c’est ici avec vous que l’on peut bâtir ensemble les meilleures réponses à la crise économique que nous rencontrons.

Je voulais aller à votre rencontre, je voulais vous voir, je voulais vous dire que dans l’épreuve que traverse notre pays, nous avons besoin de votre engagement, nous avons besoin de votre relais, nous avons besoin de votre expérience, de votre capacité à nous aider à redresser et à relancer l’économie française.


Nous avons besoin de celles et de ceux qui savent que le retour de la croissance ne dépend pas que de l’extérieur. Il dépend aussi de nous ! Et vous le savez mieux que quiconque, il dépend de notre courage, il dépend de notre imagination, il dépend de notre capacité à nous serrer les coudes.

Il dépend aussi de nos valeurs, parce que dans les difficultés, les vertus qui animent les peuples ont autant de prix que les mesures réglementaires qui sont prises : la valeur du travail, la valeur du mérite, la valeur de l’effort doivent plus que jamais dans ces circonstances animer notre pays.

Et plus que jamais, j’en appelle aussi à la valeur de l’audace.

Nous avions, et vous l’avez dit monsieur Bernardin, une situation économique depuis des années qui se caractérisait par des performances moins bonnes que la plupart de nos voisins. Nous savions tous pourquoi, parce que nous n’avions pas le courage d’accomplir jusqu’au bout les réformes nécessaires. En 2007, on a essayé avec le président de la République de proposer un choix clair aux Français, c’est-à-dire de leur présenter sans détour, ce que l’on voulait faire et de s’engager à le faire. Je me souviens que je me suis battu pendant des années pour expliquer à nos concitoyens que la crise de confiance qui minait la vie politique française, et qui affaiblissait notre pays était justement due au fait que, depuis des années, les majorités se succédaient sans jamais mettre en œuvre les projets politiques pour lesquelles elles étaient élues.


En 1997, la gauche a conduit une bataille terrible contre la privatisation des télécommunications. Et pendant toute la campagne législative, ses orateurs se succédaient sur les tribunes pour dire : la première chose qu’on fera en arrivant, c’est l’abrogation des lois qui ont ouvert à la concurrence les télécommunications et qui permettent la privatisation de France Télécom. Les Français les ont choisis, deux mois plus tard - deux mois plus tard ! -, ils mettaient sur le marché les premières actions de France Télécom. Ils ont eu raison, ce n’est pas moi qui vais les en blâmer, mais je dis simplement qu’ils ont fait exactement le contraire de ce pour quoi ils avaient fait campagne. Et quelque temps plus tard, en 2002, nous-mêmes, nous avons fait campagne sur un slogan "il faut en finir avec les 35 heures", "il faut rétablir la valeur du travail". Franchement, on n’a pas fait grand-chose ensuite pour rétablir la valeur du travail et pour annuler les effets dévastateurs des 35 heures.


Le retour de la confiance passe d’abord par le respect scrupuleux des engagements qui ont été pris devant les Français.


Sous l’impulsion du président de la République, nous avons donc engagé une politique volontariste pour mettre en œuvre cette rupture, bien des réformes qu’on disait autrefois "impossibles" ou "trop risquées" ont été engagées. On peut nous reprocher beaucoup de choses, mais on ne peut pas nous reprocher de faire ce que nous avons dit. On ne peut pas nous reprocher d’avoir remis le travail au centre de tous les enjeux de la société française. On ne peut pas nous reprocher d’avoir entamé enfin La réforme profonde de notre pays.

Avec ce sursaut national qui avait tellement tardé, nous avons commencé à nous arracher au passé. Et voilà que nous sommes brutalement projetés au cœur de la première crise financière et économique du XXIe siècle.


Cette crise est une véritable césure historique.
Elle marque les limites d’un capitalisme financier déséquilibré et déconnecté des réalités.
Elle dévoile une mondialisation qui cherche ses repères, c’est-à-dire qui cherche en réalité la régulation dont elle a besoin pour être facteur de progrès.

Elle pousse l’Europe, qui avait été pendant tellement longtemps impuissante face à l’évolution du monde, à se ressaisir.
Elle consacre une légitimité renouvelée pour l’Etat, que certains avaient complètement enterrée et voulaient voir disparaître.
Elle rehausse le statut des vrais entrepreneurs, c’est-à-dire des entrepreneurs qui se battent pour créer des richesses et pour créer des emplois.


Il faut que nous inventions des nouveaux modes de régulation, de nouvelles normes juridiques et comptables. On a vu dans cette crise que certaines des normes juridiques et comptables qu’on avait nous-mêmes bâties avaient un effet entraînant, un effet aggravant sur la crise financière. Il faut mieux réglementer le système bancaire et les marchés financiers : tout cela est à revoir.


Il y a des dérives profondes à enrayer. La dilution des responsabilités, l’obsession du court terme, l’oubli de l’économie réelle, dont vous parliez à l’instant, monsieur le président. Tout cela est à corriger !

Nous vivons, et vous l’avez vous-même souligné avec beaucoup de force, la première grande crise de la mondialisation. On a eu, encore récemment avec la crise asiatique, des crises mondiales, mais aucune n’a eu le même effet aussi puissant, au même moment, sur l’ensemble des économies du monde.

Vous disiez, Monsieur le président, que vous refusiez de voir la France reléguée en deuxième division.

Vous avez raison.
Je pense que la vocation de la France n’est pas là. Je pense même - pardon si c’est, comment dirais-je, une sorte de prétention de ma part - que la France ne peut pas être elle-même si elle n’est pas aux premières places. Voilà, c’est comme ça. Il y a des pays qui sont faits comme ça, qui ont cette culture, qui ont cette histoire, et qui, quand ils ne sont pas aux premiers rangs, sont malheureux et ne donnent plus alors toute la puissance de leur génie propre.


A vous qui êtes les représentants des Chambres de commerce et d’industrie, je veux d’abord vous dire que nous avons besoin des entreprises pour aller chercher la croissance.
Franchement, il y a des pays où dire ça, ça paraîtrait enfoncer des portes ouvertes. Mais chez nous, il faut mieux le répéter plusieurs fois, parce qu’il y a encore beaucoup de gens qui ne l’ont pas compris. Nous avons besoin des entrepreneurs, nous avons besoin de tous ceux qui, comme vous, veulent agir pour le succès de leur entreprise, parce que le succès de l’entreprise, pour nous, n’est pas dissociable de l’intérêt général.

Oui, je parle d’intérêt général, et je n’accepte pas le discours de ceux qui voient dans les entrepreneurs les prétendus adversaires des salariés parce que les entrepreneurs travaillent pour la France, autant qu’ils travaillent pour eux-mêmes.

Pas plus, je le dis, que je n’accepte les excès financiers ou boursiers de quelques-uns qui viennent occulter l’engagement quotidien de tous les chefs d’entreprise.
L’entrepreneur, c’est celui qui prend des risques mais c’est aussi celui qui les assume.
C’est celui qui invente, c’est celui qui innove, c’est celui qui crée quelque chose là où il n’y avait rien.
C’est celui qui investit, c’est celui qui défriche, c’est celui qui emploie.
Une nation sans entrepreneurs, c’est une nation qui est vouée au déclin.
En revanche, une société qui rend hommage à ses entrepreneurs, c’est une société qui croit en l’avenir.

Cet avenir, mes chers amis, nous devons le bâtir ensemble.
Nous sommes faits pour travailler de concert !

Les CCI sont les partenaires des pouvoirs publics. Elles doivent jouer tout leur rôle dans la réforme de notre pays.
Elles doivent même être en tête de la bataille contre la crise.

La violence de cette crise, son ampleur, sa complexité, nous ont placés dans l’urgence.

Il a donc fallu, avec le président de la République, avec le Gouvernement, que nous prenions un très grand nombre de décisions rapidement, et des décisions qui avaient des conséquences considérables. Des décisions que dans des circonstances normales, on aurait mis des mois ou des années à prendre.
Mais nous avons fait la démonstration que dans cette crise, ce qui était le plus efficace, c’était le fait d’agir massivement, d’agir rapidement et d’agir de façon coordonnée.

Et la démonstration en a été donnée par le plan de sauvetage de notre système financier. C’est parce que, avec les Allemands, avec les Britanniques, avec l’ensemble des Européens, nous avons proposé ensemble un plan massif de sauvetage des banques européennes. Parce que nous avons été les premiers à dire en France, en Europe, il n’y aura pas de faillite de banques, parce que l’Etat ne le permettra pas. C’est pour cela que nous avons réussi à enrayer rapidement la crise financière, en tout cas dans ces conséquences les plus graves, alors même qu’aux Etats-Unis ou pour des raisons politiques liées aux élections présidentielles, le temps qu’a mis l’administration à exécuter le fameux plan Paulson n’a pas empêché le déroulement de cette crise financière qui aurait été beaucoup moins grave, si les mesures qui ont été prises aux Etats-Unis, l’avaient été aussi vite, aussi rapidement et aussi massivement que celles que nous avons conduites.


La Commission de Bruxelles a enfin donné hier son feu vert à notre plan de recapitalisation des banques, nous sommes donc maintenant parfaitement en ordre de marche pour permettre au système bancaire de fonctionner normalement.

Nous veillons, et nous veillerons jour après jour, à ce que les banques tiennent leurs engagements !

Notre plan de relance, mesdames et messieurs, c’est un plan d’investissement. Non seulement pour tenir le choc de la crise, mais parce que nous voulons aussi que quand la France sortira de cette crise, elle soit plus forte que quand elle y est entrée.


Notre choix est clair : c’est l’investissement, l’investissement, et l’investissement qui est la réponse à la crise. L’investissement au service de la modernisation, l’investissement au service de la compétitivité de notre pays.

Alors, bien sûr, il y avait une autre solution qui nous est proposée tous les jours, c’était la relance de la consommation. Outre le fait que la relance de la consommation dans une circonstance où l’inflation est à la baisse, et où les taux d’intérêts sont à la baisse, aurait eu bien peu d’effet sauf de booster les importations, c’est-à-dire de créer du travail à l’extérieur, cette relance de la consommation, nous savons surtout qu’elle se serait terminée comme toutes les relances de la consommation dans notre pays, par un plan de rigueur. A chaque fois qu’il y a eu une relance par la consommation massive en France, deux ans après, il y a eu un vrai plan de rigueur. Et je veux rappeler l’expérience malheureuse de 1981, que nous avons mis près de dix ans à digérer.

L’expérience de 1981 c’était la relance par la consommation.


On crée des dizaines de milliers d’emplois publics, on essaie de relancer l’activité en revalorisant massivement les salaires et les prestations sociales, déjà on réduit le temps de travail et l’âge de la retraite, et on nationalise une partie de l’économie du pays.


Le résultat, c’est une augmentation sans précédent chômage, c’est un déficit extérieur qui s’est creusé, un déficit public qui a plongé, une inflation qui a continué de croître et une monnaie qui s’est effondrée.

La réalité, c’est que non seulement ce plan n’était pas supportable par l’économie de notre pays, mais il était en plus en décalage complet avec les politiques qui étaient menées à l’époque par nos partenaires commerciaux. Il a pénalisé l’emploi, il a écrasé la compétitivité des entreprises françaises.

Deux ans plus tard, la majorité de l’époque en a tiré les conséquences, avec une politique inverse, la rigueur, gel des salaires, une hausse du chômage et des taux d’intérêt élevés pour soutenir la monnaie et pour contenir l’inflation. Je le dis, on a mis dix ans à se guérir de cette mauvaise politique qu’était la relance pour la consommation.


Alors nous avons choisi une autre stratégie. Cette stratégie, elle repose sur l’investissement. Et l’investissement, ce sont les entreprises.

Les banques se sont engagées à ne pas réduire, sauf situation exceptionnelle, l’enveloppe globale des encours de leurs entreprises clientes, sans augmenter les garanties personnelles.

Je vous le dis, les Chambres de commerce sont des relais pour le faire, si vous avez connaissance de situations inacceptables, je vous demande d’encourager les entreprises à saisir le médiateur du crédit. Les encours de créances des banques, à fin la d’octobre, seront publiés demain, en même temps que les premières statistiques du médiateur. Ce sera donc le premier test, à la fois de l’efficacité du plan qui a été mis en place et du respect des engagements par les établissements financiers.


Nous sommes, monsieur le président, à l’écoute, nous sommes attentifs aux informations qui nous remontent des préfectures, des représentants des entreprises et bien entendu, au premier rang d’entre elles, des CCI.

Nous avons entendu vos craintes s’agissant des tensions sur la trésorerie des entreprises.
Nous avons décidé d’accélérer le remboursement par l’Etat des créances des entreprises sur le Trésor public. En avril dernier, j’avais demandé que les délais de paiements de l’Etat soient plafonnés à 30 jours. J’ai invité les collectivités locales à faire de même.


Je ne suis pas sûr, pour l’instant, d’avoir été parfaitement entendu, mais enfin, on va continuer les efforts. Je pense que quand tout le monde sera passé à trente jours, quand l’ensemble du pays sera passé à trente jours, il faudra bien que les collectivités locales comprennent que c’est l’intérêt général que de payer ses fournisseurs dans un délai de trente jours.


Nous avons proposé une réduction progressive des délais de paiement, à commencer par 40 jours au 1er janvier avant de converger sur 30 jours au 1er juillet 2009. Je pense que les collectivités locales ne peuvent pas faire moins vis-à-vis de leurs fournisseurs !

Nous avons décidé, dans le cadre du plan de relance, de rembourser aux entreprises, dont la plus grande partie sont des PME, 11,4 milliards d’euros que l’Etat leur doit au titre de divers soldes d’impôts, comme le crédit impôt recherche, les reports en arrière de l’impôt sur les sociétés.


Enfin, le remboursement des crédits de TVA va être mensualisé. Cette mesure que vous attendiez depuis longtemps aura un impact positif sur la trésorerie des entreprises de l’ordre de 3,6 milliards d’euros.

Nous allons doubler les moyens d’OSEO pour lui permettre de garantir des transformations de crédits court terme en moyen ou long terme, à hauteur de 2 milliards d’euros.


En lien avec les besoins de financement créés par la réduction des délais de paiement interentreprises, OSEO aura une capacité d’intervention supplémentaire de financements à court terme de 2 milliards d’euros.

Et nous voulons que les entreprises de taille moyenne, les entreprises qui dépassent les 250 salariés mais qui ne sont pas au CAC 40, aient aussi accès aux garanties d’OSEO.


Nous vous avons entendus quand vous nous avez dit que les assureurs-crédit prenaient des décisions trop mécaniques. Quand une cotation est dégradée, c’est évidemment le crédit fournisseur qui se tend !

Avec Christine Lagarde, qui a dû vous le dire ce matin, nous mettons en place un système de réassurance publique. Le médiateur du crédit traitera au cas par cas les dossiers les plus difficiles dans ce domaine.

Mais nous n’allons pas nous contenter de ces mesures. Nous savons qu’il faut aller plus loin.
Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises de bonne foi se retrouvent en grande difficulté et ont du mal à honorer leurs impôts et leurs charges sociales, du fait simplement des difficultés de trésorerie passagères. Le non-paiement des dettes publiques entraîne automatiquement l’inscription de privilèges, ce qui place l’entreprise dans des difficultés encore plus grandes. Et cela même si vous avez négocié des délais de paiement avec le comptable public !


Et bien, pour moi une entreprise, qui a anticipé ses difficultés, une entreprise qui a négocié des délais de paiement une entreprise qui respecte son plan d’apurement, ça n’est pas une entreprise qui est en situation de défaut !

Et j’ai donc demandé à Eric Woerth de déposer un amendement au projet de loi de finances rectificative pour 2008, qui est examiné en ce moment même au Parlement, afin d’exempter le comptable public de l’obligation de publier l’inscription du privilège du Trésor lorsqu’un plan d’apurement des dettes a été octroyé par le créancier public. Le délai d’inscription, sera par ailleurs allongé de 6 mois à 9 mois, pour laisser le temps nécessaire à la négociation de ces plans.

Naturellement, si l’entreprise ne respecte pas son plan, alors, le privilège sera inscrit, afin que les autres créanciers ne soient pas abusés.


Nous voulons, mesdames et messieurs, inciter les entreprises à investir, nous voulons les inciter dans ce contexte difficile à se développer. Elles vont donc bénéficier des mesures du plan de relance en faveur de l’investissement public, en faveur de l’économie verte, en faveur des infrastructures de réseau, de l’automobile et du bâtiment.


Vous savez que pour cela, nous avons décidé de supprimer la taxe professionnelle pour tous les investissements réalisés d’ici la fin 2009, et pour l’après 1er janvier 2010, nous sommes en train en réalité de préparer une refonde profonde du système, lorsque nous aurons entre nos mains les conclusions de la commission Balladur sur la réforme des échelons territoriaux. J’en profite pour vous demander d’être des acteurs, des acteurs engagés de cette réforme nécessaire des échelons territoriaux, parce que c’est une habitude de notre pays, on est très fort pour faire des constats sur le nombre d’échelons administratifs, on est très fort pour faire des constats sur le coût global de ces échelons administratifs, mais il n’y a plus personne lorsqu’il s’agit d’en venir aux actes,c’est-à-dire de décider réellement de la simplification de l’organisation du territoire, nous savons que nous avons engagé une réforme qui est extrêmement difficile. Mais, je vous dis les yeux dans les yeux, qu’il n’y aura pas de réforme significative de la fiscalité locale, et donc, un allégement de la fiscalité des entreprises, si il n’y a pas en même temps un allégement des dépenses des collectivités locales et donc, une simplification de leur organisation.

Nous avons aussi décidé de baisser le coût du recrutement en 2009, pour faciliter l’embauche. Les charges patronales seront supprimées en totalité au niveau du SMIC et dégressives jusqu’à 1,6 SMIC dans les entreprises de moins de 10 salariés, soit plus de 90 % des entreprises françaises !
J’ajoute que cela vaudra pour toutes les embauches réalisées à compter du 4 décembre dernier, c’est-à-dire du jour de l’annonce du plan de relance. Il n’est donc pas besoin, je vous le dis, d’attendre le 1er janvier pour commencer à embaucher.


Enfin, avec le fonds stratégique d’investissement, que nous avons crée et que nous avons doté, pour commencer, de 20 milliards d’euros, nous voulons soutenir la croissance des PME. Dans le passé, nous n’avions pas d’instrument, ou en tout cas pas d’instrument aussi lourd et aussi efficace pour intervenir dans les secteurs stratégiques de l’économie. Et surtout, ces instruments étaient presque tout entier destinés, dédiés aux grandes entreprises. Eh bien, avec le fonds stratégique, nous avons un instrument qui est à la main de l’Etat, qui est souple dans son utilisation, et qui peut nous permettre d’investir dans des PME, qui correspondent à des secteurs en croissance, à des secteurs nécessaires au développement de l’économie française. Il ne s’agit pas pour nous de nationaliser les entreprises, il ne s’agit pas pour de prendre la place des investisseurs, il s’agit pour nous d’être là au bon moment, quant une entreprise en a besoin pour assurer sa croissance, et pour stabiliser et développer un secteur essentiel à l’économie française.


Vous le voyez, monsieur le Président, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les entreprises à tenir le choc et en même temps à préparer l’avenir.

Mais, évidement tout cela ne servirait à rien si nous devions alourdir à terme la dette publique. Car cela finirait par peser inéluctablement sur les entreprises !


Maintenir l’objectif que j’ai fixé à mon Gouvernement, d’assainissement des finances publiques, c’est pour nous une nécessité absolue. Procéder autrement reviendrait à renoncer à tout rétablissement durable de la confiance.

Evidemment, les investissements exceptionnels du plan de relance vont créer une augmentation de la dette à court terme. Mais parce que nous avons choisi des mesures qui sont des mesures ponctuelles, des mesures qui seront financées en 2009, qui ne sont pas des dépenses récurrentes, et bien, nous pouvons continuer sur la trajectoire que nous nous sommes fixés, c’est-à-dire revenir à l’équilibre à l’horizon 2012. Nous espérons en 2012 être à un déficit de 0,9, 1 point de PIB, et d’être à l’équilibre deux ans plus tard, au fond, la crise financière décale de deux ans l’objectif que nous nous sommes fixés, mais nous ne renonçons pas à cet objectif.

Et, je veux que personne ne s’y trompe, il n’y pas de tournant dans la politique gouvernementale, le choix de la remise en ordre de nos finances publiques c’est un choix qui n’est pas négociable !
Nous maintenons cet objectif parce que, un pays surendetté c’est un pays économiquement faible et c’est un pays moralement irresponsable.


Dans cet esprit, je veux dire, que nous maintenons le cap de la réforme de l’Etat, nous maintenons le principe du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux : 30 000 fonctionnaires partant à la retraite l’an prochain ne seront pas remplacés, et nous poursuivrons cet effort, en 2010, en 2011, en 2012.

Nous maintenons la nécessité, je le disais à l’instant, de rénover les structures des collectivités locales, vous m’aurez compris, plus on relance, plus l’effort engagé pour réduire les frais de fonctionnement de l’Etat doit être amplifié si on veut avoir des marges de manœuvre.


La révision générale des politiques publiques produit déjà ses premiers résultats.
Les trois quarts des décisions sont déjà en cours de réalisation.
L’organisation locale de l’Etat est en train d’amorcer une mutation historique. La fusion de la DGI et la DGCP est effective, et je rappelle que c’était une fusion qui était dans les cartons depuis des années et des années, et qui dit-on, avait eu la peau de deux ministres du Budget.

Le rapprochement de la police et de la gendarmerie est en cours.
La gestion du parc de logements sociaux est en cours de modernisation, en même temps que toute notre politique de logement.
Les fonctions de gestion de l’Etat comme la paye, l’immobilier, les pensions, les achats, vont être profondément réorganisées.

Partout, nous traquons les procédures inutiles, nous traquons les doublons, nous traquons les structures inefficaces.
Partout, nous essayons de simplifier, d’adapter, de recentrer l’Etat sur ses missions prioritaires, nous essayons de le rendre plus moderne et plus proche des citoyens.


C’est une question d’efficacité. Mais c’est aussi une question d’équité parce que dans les efforts d’adaptation que nous demandons au secteur privé, il y aurait une certaine injustice à ne les demander qu’au secteur privé, et à ne pas les demander en même temps, au secteur public, c’est tout le pays qui doit dans un même élan, dans un même effort se rassembler et se moderniser.


Alors, nous allons continuer, malgré la crise et malgré l’énergie qui nous est demandé pour la mise en œuvre du plan de relance, nous allons continuer à muscler notre économie, c’est-à-dire nous allons continuer en même temps que le plan de relance, les réformes structurelles. Nous avons entamé une véritable refondation de notre démocratie sociale, qui, vous le savez, était à bout de souffle. Désormais on va pouvoir négocier des accords très importants pour la vie de l’entreprise, dans l’entreprise. Indépendamment des décisions qui sont prises dans les branches, c’est un point très important sur lequel je me suis personnellement battu, parce que je pense que c’est lorsque le chef d’entreprise peut discuter directement avec ses salariés, qu’on peut prendre des décisions de bon sens, qui sont adaptées à la réalité de l’entreprise. Je ne dis pas que les négociations de branches ou que les négociations inter professionnelles ne sont pas des négociations de bon sens, mais j’ai tendance à considérer que les négociateurs de branche et les négociations inter professionnelles sont un petit peu moins près des réalités quotidiennes de l’entreprise que le chef d’entreprise, ses syndicats, et ses salariés.

Nous allons continuer à agir pour remettre la France en tête de la bataille mondiale de l’intelligence, avec un effort exceptionnel qui est maintenu un milliard d’euros supplémentaires tous les ans en faveur de la recherche, de l’enseignement supérieur, de l’innovation, des pôles de compétitivité.
La prochaine étape, c’est la réforme de notre système de recherche, et celle du lycée, pour continuer à moderniser notre système éducatif.


En 18 mois, nous avons réhabilité le travail, à la fois comme valeur morale et comme facteur de croissance et de prospérité.
Nous avons fusionné l’ANPE et les ASSEDIC, parce que nous pensons que l’organisme qui épaule un chômeur doit aussi être celui qui lui verse ses allocations. Et puis, aussi parce que nous avions constaté que nous avions plutôt plus de salariés dans ces deux organismes, que ceux qu’il y a dans les structures européennes équivalentes. Quant on regardait la réalité de l’accompagnement des chômeurs sur le terrain, on s’apercevait que là, c’était l’inverse. Il y avait moins d’accompagnement des chômeurs sur le terrain, alors même qu’il y avait plus de salariés au global dans les deux structures que représentent l’ANPE et l’ASSEDIC. Or, le rôle de ces organismes, c’est bien sûr de gérer les finances qui permettent d’indemniser les chômeurs, mais enfin, c’est surtout de les accompagner vers l’emploi. C’est surtout de les prendre par la main, tous les jours pour les aider à aller vers l’emploi en leur donnant les conseils, les formations nécessaires qui vont leur permettre d’être opérationnels. Nous ne voulons plus voir cette situation ou des hommes et des femmes qui sont licenciés, sont laissés pendant des semaines entières à eux-mêmes, avec des rendez-vous épisodiques qui progressivement les découragent, les éloignent du travail, et les rendent de moins en moins employables.

Nous avons créé le RSA parce que nous croyons à la dignité par le travail, et non pas à l’assistanat, qui est une forme de démission.
La prochaine étape, je vous le dis, elle vous concerne très directement, c’est la réforme de la formation professionnelle.

La formation professionnelle c’est un élément essentiel de la compétitivité de notre pays. C’est un élément essentiel de ce qu’on appelle la flex-sécurité. Au fond, qu’est-ce que c’est que la flex-sécurité ? C’est un meilleur accompagnement des demandeurs d’emploi, et c’est, pendant qu’ils sont à la recherche d’un emploi, un accès plus facile à la formation professionnelle. C’est la voie d’une seconde chance pour ceux qui ont rencontré le plus de difficultés. Nous avons des objectifs très simples et très clairs : nous voulons que les fonds consacrés à la formation, qui représentent 1,5 % du PIB, puissent être utilisés de manière plus juste et plus efficace, et en particulier, qu’ils soient mieux orientés vers les personnes qui en ont le plus besoin.


Les partenaires sociaux ont engagé à la demande du Gouvernement une grande négociation autour de ces objectifs. J’espère qu’elle aboutira à des propositions ambitieuses d’ici la fin de l’année. Je le dis après le président de la République, dans le cas contraire, le Gouvernement prendra ses responsabilités.

Et ça m’amène à dire, monsieur le président, un mot, tout de suite, sur l’apprentissage : je vous ai entendu, on a 420.000 apprentis aujourd’hui. Vous en proposez 600.000. Moi, je dis que si on arrivait déjà à 500.000 en 2009 et à 600.000 en 2010, ce serait très bien.
Evidemment, si on peut faire mieux, allons-y ! Nous serons à vos côtés pour encourager cette forme particulièrement moderne et particulièrement efficace de formation qu’est l’apprentissage.


Mesdames et Messieurs,
La crise actuelle confirme la nécessité pour la France de rattraper son retard.
Son retard d’investissement, qui limite notre croissance.
Son retard de compétitivité, qui plombe notre déficit commercial et qui affaiblit nos industries.
Son retard en matière de notre mode de développement, qui nous expose à une trop grande dépendance énergétique. Bref, cette crise, nous considérons qu’elle doit être un levier pour accélérer la transformation de notre pays.


Dans ce contexte, les CCI sont évidemment, elles aussi, appelées à poursuivre leur réforme.
D’abord, je veux vous dire que l’Etat - et je vous l’ai souvent répété monsieur le président - reconnaît pleinement la place majeure qui, dès à présent, est la leur.
Mais je suis convaincu que les CCI répondront d’autant mieux aux attentes des entreprises et des pouvoirs publics qu’elles seront modernisées, qu’elles seront encore plus réactives, qu’elles seront plus à l’écoute, qu’elles seront encore plus soucieuses du service rendu.

Le Gouvernement vous a invité à proposer votre propre réforme.
Vous avez engagé de façon extrêmement volontaire les réflexions.
Vous vous êtes engagés dans une dynamique de changement, que je veux saluer Monsieur le Président !

Je ne peux que vous inviter à aller tous ensemble au bout de cette dynamique, à pousser la réforme aussi loin que possible.

Je sais bien tous les obstacles que vous allez rencontrer parce que, au fond, c’est ceux que je vis quotidiennement.
Réformer et moderniser, c’est toujours difficile. Avec les membres du Gouvernement, je vis tous les jours cette tension, qui n’est pas anormale d’ailleurs, entre le statu quo - au fond, on sait ce qu’on a, on sait ce qui marche - et puis le changement !

Il faut que nous soyons capables de surmonter cette tendance naturelle qui est la nôtre, à l’attentisme. Il faut convaincre ceux qui n’y croient pas, il faut convaincre ceux qui n’y croient plus, il faut convaincre ceux qui ne veulent pas y croire.
C’est difficile.

Mais - je reprends votre formule monsieur le président -, "le mouvement est toujours plus créateur et plus prometteur que le statu quo".

Les Français et les entreprises attendent beaucoup de nous. Ils attendent aussi beaucoup de vous.
Il faut que dès 2009, votre réforme puisse produire des résultats tangibles pour ceux que vous servez.
Je pense au rapprochement des Chambres, que je souhaite que vous puissiez mener à bien.
Je pense aussi à l’organisation future que vous envisagez.
Je pense à la fiscalité des petits contribuables.

Je veux vous dire qu’avec Hervé Novelli, l’ensemble du Gouvernement a une totale confiance dans l’action que vous menez.

J’ai la conviction que les Chambres prouveront une fois de plus leur capacité à répondre aux attentes des entreprises, leur capacité à s’adapter à un environnement qui change en permanence, et à être à la hauteur de cette crise, et pour cela, il faut que vous puissiez atteindre ces objectifs ambitieux en 2009.

Je sais bien qu’il vous faut un peu de temps pour travailler ensemble. Et naturellement, c’est à vous d’en décider.
Mais je veux aussi vous dire que les vraies réformes ne prennent pas nécessairement beaucoup de temps dès lors qu’on s’accorde sur l’essentiel.
Aujourd’hui, il faut accélérer parce que les regards et les attentes sont tournés vers vous. Et c’est la raison pour laquelle je vous invite à achever, dans les mois qui viennent, la réflexion que vous avez conduite.

Je demande à Christine Lagarde et Hervé Novelli de préparer avec vous, dans un dialogue nourri et constructif, les textes émanant de votre réflexion, qui émanent de la réforme que vous-mêmes vous proposez et qui devront être votés au Parlement dans le courant de l’année 2009.


Mesdames et messieurs,

Faciliter la création d’entreprises, mieux renseigner les entreprises, c’est capital, et c’est au cœur des missions des CCI.
Vous avez parlé, monsieur le Président, de guichets uniques.
Ces guichets doivent être des points d’information où les entrepreneurs trouvent toutes les informations nécessaires, où ils peuvent accomplirent leurs formalités.
Il faut donc des guichets physiques sur l’ensemble du territoire. Mais il faut aussi que ces démarches puissent être effectuées à distance.

La loi de modernisation de l’économie a confié aux centres de formalités des entreprises le rôle de guichets uniques de la direction services. Ce choix a été guidé par la grande expérience des CFE.

J’ai confiance dans leur capacité à assumer cette nouvelle mission qui doit aboutir pour le créateur d’entreprise à une simplification et une modernisation des procédures.
Et je ne puis que me féliciter de votre volonté, vous CCI, de l’accomplir avec les pouvoirs publics.


La simplification administrative est au cœur de ce dispositif ambitieux. Ce dernier doit rester simple, il doit rester efficace il doit rester accessible. Je souhaite que soit mis sur pied un portail Internet unique de création d’entreprises, avec la double mission d’information et de guichet d’accomplissement des formalités.
Sa gestion sera assurée de façon partenariale. Là encore, je demande à Christine Lagarde et à Hervé Novelli de mettre en place, avec les acteurs concernés, la structure juridique nécessaire, puis de commencer à travailler sur le portail Internet, et cela, avant un délai de trois mois.

Je sais que les CCI souhaitent être au premier rang pour la mise en œuvre de ce dispositif. Je vous ai bien entendu, et je veillerai à la mobilisation entière de l’administration à vos côtés.


Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,


Vous l’avez bien tous compris, et vous êtes sans doute ceux qui le ressentez le plus directement, j’aillais dire le plus "physiquement" sur le terrain, chaque jour : la conjoncture nous lance un terrible défi.
Il y aura à la sortie de cette crise des gagnants et des perdants. Il y aura des pays qui se seront renforcés, il y aura des pays qui auront fait la démonstration de leur efficacité, de leur capacité à se réformer. Et il y en aura d’autres qui auront perdu du terrain, et qui plongeront sans doute de façon irrémédiable dans le déclin.


Cette crise, c’est pour nous un test majeur.
Nous avions deux attitudes possibles : soit faire le dos rond en espérant vainement que les lendemains seront meilleurs, soit s’élancer, innover et se battre encore plus.

Eh bien cette crise, nous avons choisi de la saisir comme un tremplin. De la saisir comme un tremplin pour accélérer notre rythme, pour rénover nos structures, pour remobiliser nos énergies.
Et je suis parmi vous parce que je considère aujourd’hui que vous êtes en mesure de susciter et d’accompagner toutes les forces que comptent la France et ces forces sont nombreuses. C’est votre responsabilité, c’est votre devoir, et, plus que cela encore, ce sont vos convictions qui sont en jeu.


Les entreprises et les Français savent que vous jouez un rôle majeur pour l’économie française. Ils savent que vous êtes désireux de vous impliquer davantage. Que vous demandez à être respectés, que vous demandez à être écoutés, que vous demandez à ce que les propositions que vous faites soient mises sur la table et ne soient pas rejetées d’un revers de la main par une administration qui sait tout.

Ils savent que vous êtes prêts à relever le défi de la réforme, que vous êtes prêts à le faire pour aider notre pays à tenir le choc de la crise et à préparer le rebond.


Au fond, les Français ils savent que la principale force de notre pays ce sont les hommes et ce sont les capacités à les entraîner. Il suffit d’ailleurs de regarder ce qui s’est passé ces dernières semaines en Europe pour voir que cette Europe, qui était effacée sur la scène internationale, cette Europe que l’on disait "impuissante", cette Europe que l’on disait "paralysée" par une bureaucratie dont elle ne pourrait jamais au fond s’extraire, cette Europe a été capable d’être trois fois au premier rang. Au premier rang pour faire la paix en Géorgie. Au premier rang pour proposer la solution la plus efficace à la crise financière. Et aujourd’hui au premier rang pour lancer un plan de relance, que nous espérons voir rapidement épauler par un grand plan de relance américain, mais qui, pour le moment, n’est pas encore intervenu.


Pourquoi est-ce que l’Europe a réussi cet exploit ? Parce qu’il y a eu un leadership, parce que le président de la République française s’est engagé, parce qu’on a cessé de se cacher derrière les habitudes, derrière les contraintes, derrière les impossibilités, derrière cette idée que rien n’est jamais possible et qu’il faut surtout pas de débat, et surtout pas de conflit, et surtout pas d’affrontement. Alors qu’en réalité, c’est de l’affrontement, c’est du conflit, c’est du débat que naît la créativité, que naît la force qui permet de changer les choses.


Je suis convaincu que vous avez cette force. Et je veux, avec vous, que nous changions notre pays et son économie.

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 21:01























Dans le cadre des Entretiens de Royaumont, dont le thème était cette année "Structurer la croissance", François Fillon a prononcé, le 6 décembre 2008, le discours suivant.

 

Mesdames et Messieurs,


Je voudrais tout d’abord remercier Jérôme Chartier de m’avoir invité à m’exprimer devant vous. Je tiens à le féliciter d’avoir relancé ces entretiens de Royaumont qui ont toujours été un haut lieu du débat intellectuel français. Le fait de se trouver dans un endroit chargé d’histoire, construit il y a presque 800 ans, est une façon de mieux embrasser les fulgurances de l’Histoire.


La France ne s’est jamais vraiment remise des chocs pétroliers des années 1970.

Pourquoi ?

Parce qu’elle a adopté des politiques économiques inadaptées et à contre-courant des évolutions du monde.

Elle s’est réfugiée dans des solutions de court terme, marquées par le malthusianisme, le conservatisme intellectuel, la peur du changement. Avec pour conséquence un déclassement progressif sur la scène internationale, une perte de compétitivité, une dérive budgétaire, un chômage de masse, une paupérisation rampante et un délitement du lien social.


En 2007, les Français ont fait le choix de la rupture.

Une politique volontariste a été engagée pour répondre enfin aux maux qui minaient notre pays.

Ce sursaut national était destiné à nous arracher du passé, et voilà que nous sommes brutalement projetés au cœur de la première crise financière et économique du 21ème siècle.


Cette crise constitue, à bien des égards, une césure historique.

Elle marque les limites d’un capitalisme financier jusque là triomphant ; elle témoigne d’une mondialisation en quête d’une régulation enfin adaptée aux nouvelles puissances émergentes ; elle pousse l’Europe à se ressaisir ; elle réconcilie l’Etat et le marché ; elle réhabilite la légitimité du Politique.

Bref, cette crise annonce un monde nouveau.


Notre défi, notre devoir, c’est de penser ce monde nouveau.

Ce n’est pas de le regarder s’installer, faisant fi de nos choix et de nos valeurs.

C’est de le préparer et de le construire dès maintenant, tout en répondant jour après jour au déchaînement de la crise.

La violence de cette crise, son ampleur, sa complexité, nous ont placés dans l’urgence.


Nous avons mis en place une garantie de l’Etat pour assurer la continuité du financement interbancaire à hauteur de 265 Mds€ et nous renforçons les fonds propres des principales banques françaises afin que, dans le contexte actuel où la perception du risque est accrue, elles continuent à financer l’économie.

L’accord de la commission européenne sur ce plan ne devrait plus tarder.

Les hésitations de Bruxelles sont significatives des difficultés que rencontrent nos institutions à comprendre que nous sommes en face d’une rupture historique.


Je comprends parfaitement que dans le cas du sauvetage d’une entreprise, on prenne des mesures concurrentielles pour éviter qu’elle ne prenne des parts de marché à ses concurrentes qui ne sont pas aidées.

Mais lorsque la recapitalisation est ouverte à tous et qu’elle a pour objet même la progression du financement de l’économie, il serait absurde de vouloir encadrer cette progression; voire comme cela a été envisagé de demander une baisse des encours de prêts !


Ce que nous voulons éviter, c’est le scénario de la crise bancaire japonaise des années 90, avec des recapitalisations trop tardives, qui ont conduit les banques à différer les purges et à faire le gros dos. Il s’en est ensuivi une stagnation interminable.

Vous savons faire la part des choses : en témoignent les conditions imposées à Dexia, qui a fait l’objet d’un sauvetage, dans laquelle l’Etat a pris une participation directe au capital.

 
Nous avons ainsi évité un effondrement du système de crédit qui est la première condition pour maintenir l’activité.


Parallèlement, nous avons mis en place de premières actions pour garantir le financement des entreprises et pour doper le secteur du logement.

Soutien aux PME, fonds stratégique d’investissement, exonération de taxe professionnelle des nouveaux investissements, rachat par l’Etat de 30 000 logements neufs: là encore, il a fallu agir vite et sans dogmatisme.


Je n’ai pas manqué de relever qu’après le consensus initial, ce soutien au secteur financier fait l’objet de critiques de l’opposition.

Je les regrette, mais c’est d’une certaine manière le signe que nous avons sécurisé le système, que nous avons passé le cap où chacun craignait le crash.

Je préfère le génie de l’esprit critique français à des citoyens tétanisés par l’angoisse de perdre leur épargne !


Mesdames et Messieurs,


Cette crise confirme la nécessité pour la France de rattraper son retard, qui ne date pas du mois de septembre dernier.

Un retard d’investissement, qui limite la croissance, en dehors même de la période de crise exceptionnelle que nous traversons.

Un retard de compétitivité, qui se traduit par un déficit commercial record et l’affaiblissement de nombreuses industries.

Un retard dans l’adaptation de notre mode de développement, qui nous expose à la dépendance énergétique.

Bref, cette crise doit nous conduire à accélérer la transformation de notre pays.

Elle nous force à reconstruire les piliers de la croissance autour de la recherche, de l’innovation, du développement durable.

Le plan de relance que vient d’annoncer le Président de la République, c’est un plan d’investissement, non seulement pour tenir le choc de la crise, mais aussi pour préparer la France de demain.

Nous avons choisi de conforter les entreprises, d’accélérer la réalisation des infrastructures publiques, d’accroitre l’effort de formation, d’innovation et de recherche.

Y avait il une autre option ?

Je ne le crois pas !


A court terme, si nous ne faisions rien, nous prenions le risque d’accumuler des dommages irrémédiables et de compromettre la croissance structurelle.

Si nous laissons le chômage augmenter trop - et trop longtemps -, un nombre croissant de personnes perdraient leur employabilité. Le chômage structurel, le chômage de longue durée reprendraient. Tout serait alors à recommencer pour abaisser le taux de chômage, et cela nous coûterait beaucoup plus cher.

De la même manière, la disparition de trop nombreuses entreprises à cause d’une récession brutale, cela n’est pas une « destruction créatrice », c’est une destruction tout cours. Quand les entreprises disparaissent non parce que leurs projets sont inadaptés, ou leurs dirigeants incompétents, mais à cause de la pénurie de financement et de débouchés, c’est la valeur, l’innovation, la compétitivité de demain qui sont détruits.


C’est cela que nous avons voulu éviter.

Nous avons pesé le pour et le contre, et nous avons pris nos responsabilités.

Nous avons estimé que le risque de ne pas agir était plus important que celui d’agir.

Et nous avons estimé que la France ne pouvait pas, ne devait pas avoir un comportement de « passager clandestin » de la relance de ses voisins.

Ce n’est pas l’idée que nous nous faisons de la coordination de la politique économique européenne. Et cela n’aurait pas été à la hauteur de la situation.


Bien sûr, la solution de facilité aurait été de relancer la consommation.

Nous avons un précédent dont il n’est pas superflu de tirer les leçons : c’est la relance de 1981.

Elle a consisté à créer des dizaines de milliers d’emplois publics, à tenter de relancer l’activité en revalorisant les salaires et les prestations sociales, à réduire le temps de travail et l’âge de la retraite, à nationaliser une partie de l’économie du pays.

Résultat, le chômage a augmenté, le déficit extérieur s’est creusé, le déficit public a plongé, l’inflation n’a pas diminué et le franc s’est effondré.

En réalité, ce plan était en décalage avec les politiques menées par nos partenaires commerciaux. Le coût de ces mesures était trop élevé. Il a pénalisé l’emploi et écrasé la compétitivité des entreprises.

Deux ans plus tard, une politique inverse est alors intervenue, la rigueur, là aussi à contretemps par rapport à nos partenaires, avec à la clé un gel des salaires, une hausse du chômage et des années de taux d’intérêt élevé pour soutenir la monnaie et contenir l’inflation.


 

Bref, cet épisode fut un égarement historique, qui a fait prendre à la France plusieurs années de retard, tandis qu’au même moment, nos principaux partenaires réformaient et modernisaient leur pays avec audace et efficacité.


Pour éviter les erreurs du passé, nous avons construit notre plan de relance autour de principes clairs.

D’abord, les mesures doivent avoir un impact très rapide.

Ensuite, aucune mesure ne doit compromettre l’avenir.

Pas d’augmentation du SMIC qui plomberait l’emploi, pas de pseudo partage du travail, pas de créations massives d’emplois publics. Mais des mesures favorables à l’investissement, qui améliorent la compétitivité des entreprises sans déséquilibrer les finances publiques à terme.

Par ailleurs, nous veillons à rester en phase avec les autres pays européens. Nous agissons ensemble. Nous n’avons plus de problème de change, l’euro s’est déprécié, et les politiques monétaires de la BCE et de la FED vont dans le même sens.

En un mot, nous évitons tous les travers de l’épisode de 1981.


Ce sont 26 milliards d’euros qui vont être injectés par l’Etat et les entreprises publiques, dans l’économie en 2009.

Toutes les mesures de ce plan sont soit temporaires et réversibles, soit des accélérations de dépenses programmées.


C’est pour cette raison que nous pouvons assumer le retour sur la trajectoire prévue des dépenses publiques en 2012.

Maintenir l’objectif d’assainissement des finances publiques est pour nous une nécessité absolue. Procéder autrement reviendrait à renoncer à tout rétablissement durable de la confiance.

Ces investissements exceptionnels vont certes créer une augmentation de la dette à court terme, mais ils ne remettent pas en cause le retour à l’équilibre.

Plus on relance, plus l’effort engagé depuis 18 mois pour réduire les frais de fonctionnement de l’Etat afin de dégager des moyens d’investissements doit être amplifié.


Désormais, notre priorité est de mettre œuvre ce plan très rapidement.

Les procédures qui allongent les délais d’exécution des programmes publics seront simplifiées pour accélérer les investissements.

75% des montants qui seront injectés dans l’économie auront un effet dès 2009.

Nous avons désigné hier un ministre, Patrick Devedjian, chargé de la mise en œuvre du plan de relance.

Il disposera d’un budget spécifique qui sera voté dans une loi de finances rectificative début 2009.



« Structurer la croissance », c’est exécuter ce plan de manière exemplaire.

« Structurer la croissance », c’est poursuivre nos réformes structurelles. Le mot d’ordre du gouvernement, c’est « la relance et la réforme » !


 

En 18 mois, nous avons réhabilité le travail, à la fois comme valeur morale et comme facteur de croissance et de prospérité.

Après la défiscalisation des heures supplémentaires, la réforme du contrat de travail, la fusion ANPE ASSEDIC, l’édification de la flex-sécurité à la française, nous préparons pour 2009 une profonde réforme de la formation professionnelle.


Nous allons continuer à muscler notre économie, en la débarrassant des multiples freins réglementaires qui la paralysent.

Nous avons commencé avec la loi de modernisation de l’économie. Mais la réglementation économique française recèle encore des gisements inépuisables de simplifications et d’allègements, au service de la concurrence, de la croissance et de l’emploi.


Nous avons entamé une véritable refondation de notre démocratie sociale, qui était à bout de souffle.

Avec la loi du 20 août dernier, nous avons franchi une étape historique.

Dans la crise, je considère les forces sociales comme des partenaires du changement et non des adversaires. Il n’y a pas d’un côté le combat pour l’économie et de l’autre le combat pour la solidarité. Ces deux combats sont liés, ils doivent être menés de front.


Nous allons continuer à agir pour remettre la France en tête de la bataille mondiale de l’intelligence.

Un milliard d’euros de crédits budgétaires supplémentaires par an d’ici 2012 pour la Recherche et l’Enseignement supérieur; l’autonomie des universités; plus de 5 milliards de crédits exceptionnels à travers l’Opération Campus; la relance de la politique des pôles de compétivité; une réforme du crédit impôt recherche qui fait de la France le pays le plus attractif des pays de l’OCDE pour les activités de recherche et développement: nous avons déjà beaucoup progressé.


La prochaine étape, c’est la réforme de notre système de recherche, et celle du lycée pour continuer à moderniser notre système éducatif.


Enfin, nous allons poursuivre la réforme de l’Etat et des structures de collectivités publiques.

Nous voulons confirmer le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, la réforme de la fonction publique, la révision générale des politiques publiques. Nous voulons ouvrir le grand chantier de la réforme des niveaux de collectivités locales dont l’enchevêtrement constitue un frein cent fois décrit mais pourtant renforcé à chaque étape de la décentralisation.


Mesdames et Messieurs,


La crise globale du capitalisme que nous vivons en ce moment nous invite à tout repenser, sans dogme, sans frilosité, et c’est tout le mérite de ces entretiens de Royaumont.


Nous ne vivons pas une crise du « laisser faire » mais plutôt une crise du « laisser faire n’importe quoi ».

Le laisser faire, ce n’est pas la loi de la jungle:

C’est le refus du protectionnisme, ce qui n’est pas la même chose.

C’est la dénonciation des barrières réglementaires arbitraires, injustes, inefficaces et contreproductives.

L’économiste, Vincent de Gournay, recommandait, en 1752, de libérer le commerce du blé entre les provinces, à une époque où les freins au commerce augmentaient les prix et affamaient les populations.

Le protectionnisme, le repli sur soi, c’est justement une tentation que le monde doit éviter aujourd’hui.

C’est ce qui, dans les années 1930, a transformé la crise de 1929 en une dépression mondiale d’une décennie.

C’est ce que condamnent aujourd’hui tous les économistes sérieux, à commencer par le dernier prix Nobel d’économie, Paul Krugman – par ailleurs keynésien et partisan de la relance de l’activité par l’Etat – quand il dénonce ce qu’il appelle la « pop economy », cette version relookée de la vieille doctrine mercantiliste.


En revanche, le « laisser faire n’importe quoi », lui, n’est plus de mise.

Cela pose la question des modes de régulation à réinventer, au niveau national comme au niveau international.

A l’évidence, certaines réglementations et autorités de régulation se sont révélées défaillantes. Normes juridiques et comptables, réglementations du système bancaire et des marchés financiers : tout cela est à revoir.

Des dérives profondes du capitalisme sont aussi à corriger.

La dilution des responsabilités, le déséquilibre des contre-pouvoirs dans le gouvernement d’entreprise, l’obsession du court terme, l’oubli de ce qui fait l’éthique du capitalisme: tout cela, nous devons aussi le corriger.

C’est un travail de longue haleine. Mais, à l’initiative de la France, les premiers principes ont été posés à Washington, lors du G20 du 15 novembre dernier.

Il faut maintenant que le plan d’action adopté par les chefs d’Etat soit mis en œuvre sans délais. Aucun acteur, aucun segment de marché, aucune juridiction ne doivent échapper à la régulation ou à la surveillance internationales.


Nous vivons la première grande crise de la mondialisation.

Les précédents chocs, celui par exemple de la crise asiatique en 1997, ont toujours eu des répercussions mondiales mais celle-ci est la première qui se révèle réellement systémique.

Ce constat doit nous amener à réfléchir sur la gouvernance mondiale de l’économie.

Sur le rôle du FMI, de la Banque mondiale, du G8, de la place qu’il faut accorder aux superpuissances du Sud.

Sur la nécessaire coordination des politiques économiques.

Sur le rôle de l’Union européenne.

D’un côté, il faut éviter de reproduire au niveau mondial des méthodes et des organisations qui ont fait la preuve de leur échec au niveau des nations, parce qu’elles niaient les nécessités fondamentales de l’économie de marché.

Mais de l’autre, il faut plus de coordination et de réciprocité. Une économie mondialisée, où les mouvements de capitaux sont libres, ne peut pas fonctionner en acceptant le dumping réglementaire et social.


La liberté de circulation des capitaux a été revendiquée dans un monde où le capitalisme était associé à la démocratie, et faisait face à une seule alternative, le sous-développement ou le communisme. 

Il était fondé sur des valeurs, et associé à un contrat social.

On ne reviendra pas sur la circulation des capitaux, sur la mondialisation, sur la sophistication de nos économies. Mais il nous revient de refonder une gouvernance économique et une régulation internationale.

Pas pour brimer les initiatives et les progrès, mais pour leur permettre de s’épanouir de manière soutenable.


Cette crise n’est pas seulement celle des économies avancées, elle frappe aussi le monde en développement de plein fouet.

Cela soulève des problèmes géopolitiques majeurs pour les années qui viennent.

Nous ne pouvons pas laisser se volatiliser plusieurs décennies de progrès économique en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie.

La question du développement doit rester au cœur de nos agendas politiques.

A cet égard, je me réjouis de la présence parmi nous de Muhammad Yunus, qui a si puissamment contribué à développer le microcrédit dans le monde, outil concret, pragmatique, simple, indispensable pour lutter contre la pauvreté.

L’action de M. Yunus prouve qu’il y a de nouveaux chemins à emprunter pour surmonter la fatalité de la pauvreté.

 

En France, la loi de modernisation votée cet été va permettre, par l’une de ses dispositions qui n’a pas été la plus commentée, de débrider l’intervention des organismes de microcrédit habilitées en permettant son refinancement par des acteurs bancaires.

L’Etat continuera à soutenir les initiatives qui se développent, au travers du fonds de cohésion sociale dont l’intervention se poursuivra en 2009.

D’une manière plus générale, je souhaite que le microcrédit soit l’un des éléments de la réflexion que nous allons mener sur l’accès au crédit à la consommation.

Notre système n’est pas satisfaisant. Il prétend protéger les emprunteurs mais il aboutit à exclure une large population du crédit tout en n’évitant pas le surendettement.

Nous devons pouvoir trouver un meilleur équilibre – c’est l’objet des travaux que mèneront en commun Christine Lagarde et Martin Hirsh.


Je pense aussi à la pensée et à l’action du péruvien Hernando de Soto, dont la renommée est mondiale, et qui a démontré que les pays pauvres détenaient un immense potentiel économique à travers ce qu’il appelle le « capital mort », toutes ces possessions des plus démunis qui ne font pas l’objet de titres de propriétés officiels alors que leur reconnaissance institutionnelle permettrait d’activer des mécanismes vertueux d’entreprenariat, d’épargne, d’investissement et de croissance.


L’époque actuelle nous prouve, mesdames et messieurs, que le Politique a plus que jamais un rôle majeur à jouer, que l’économie n’est pas un monde autonome, que les sociétés humaines ont un besoin vital d’instances légitimes chargées du long terme et de l’intérêt général.

Le 21ème siècle sera politique !


La politique, c’est répondre de manière urgente et pragmatique aux crises qui menacent la survie même des nations et des peuples, en se libérant des a priori idéologiques qui deviennent hors sujet dans des circonstances exceptionnelles.

La politique, c’est bâtir une gouvernance mondiale.

La politique, c’est donner à l’Europe le pouvoir d’agir.

La politique, c’est avoir le courage d’investir sur l’avenir plutôt que de sanctuariser le passé.

La politique, c’est concilier le développement durable et la croissance.

La politique, c’est encourager les salariés à se saisir de leur propre destin économique.

C’est ce que nous faisons en rénovant notre démocratie sociale et en la décentralisant au niveau des entreprises, là où les entrepreneurs et les salariés doivent nouer des consensus.

C’est ce que nous faisons aussi avec la participation.

Avec la loi du 3 décembre 2008, parue au Journal officiel avant-hier, nous élargissons les mécanismes d'intéressement, de participation et d'épargne salariale.

Il faut replacer l’économie au service du social et le social au service de l’économie !


Mesdames et Messieurs,


La politique ne doit pas se réduire à la gestion quotidienne des crises.

La politique doit répondre à la question de la condition humaine !

Imaginer la condition humaine au 21° siècle, c’est le défi que nous lance cette crise.


Nous avons choisi d’y répondre en affirmant notre exigence d’une mondialisation maitrisée, d’un progrès économique au service du progrès social, d’un ordre international plus juste et plus efficace.

Bref, nous avons choisir de faire et d’agir plutôt que de subir.

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 17:40

Répondant à une question de M. Jean LEONETTI, le chef du Gouvernement a fait ce 2 décembre devant l'Assemblée nationale la déclaration suivante :


Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,

Je voudrais d’abord remercier Jean Leonetti, Olivier Jardé, Gaétan Gorce et Michel Vaxès pour un rapport qui fait honneur au Parlement, sur un des sujets les plus difficiles, auquel nous, responsables politiques, soyons confrontés.


Je veux vous dire que le Gouvernement partage l’essentiel du diagnostic et des propositions que vous faites. Et je voudrais retenir trois points essentiels, que vous évoquez dans ce rapport.

• D’abord, la méconnaissance extrêmement inquiétante de la loi, à la fois de la part du corps médical et du grand public; cette loi qui permet, qui autorise de soulager toutes les souffrance d’une personne en situation grave et incurable, même si ce soulagement doit écourter la vie, cette loi n’est connue que de 10 % des médecins et elle est largement inconnue du grand public.

La première mission que je confie à Madame Bachelot, c’est de mettre en œuvre tous les moyens pour faire en sorte que le corps médical connaisse la loi, applique la loi et qu’elle soit connue des Français.

• Ensuite, je considère comme vous, qu’il est fondamental que nous accordions la même valeur et le même accompagnement au début de la vie et à la fin de la vie. Il n’est pas acceptable que l’on soit empêché d’accompagner à domicile un proche vers la mort pour n’avoir pas pu ou pour n’avoir pas osé, ou pour n’avoir pas réussi à arrêter temporairement son activité professionnelle.

C’est la raison pour laquelle j’ai décidé que nous mettrions en œuvre les recommandations de votre rapport sur la mise en place de la rémunération du congé d’accompagnement à domicile pour les parents en fin de vie.

• Enfin, troisièmement, vous soulignez la nécessité d’aller plus vite - même si vous indiquez que notre pays est un des plus en avance sur ce sujet - en matière de développement de soins palliatifs.

Nous allons tenir l’engagement qui a été pris par le président de la République de doubler le nombre des personnes prises en charge d’ici 2012, grâce à la mobilisation de 230 millions d’euros supplémentaires.


Mais je voudrais dire, monsieur le député, mesdames et messieurs les députés, que ce rapport, comme vous l’avez vous-même souligné, ne clôt pas le débat. Et qu’il est nécessaire que le Parlement, en permanence, réfléchisse à l’adaptation de nos règles, de nos prises en charge, de notre législation aux évolutions de la société française.

C’est une de ses principales missions et je suis sûr qu’il saura la conduire.

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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 13:13

François Fillon répond aux questions de Laurence Ferrari sur la plan de relance
de l'économie

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 18:07

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 17:54

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 17:50

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 16:36

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 16:22

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 16:12

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 13:18

Avec une croissance voisine de 6%, le Liban affiche son ambition de redevenir un acteur économique majeur au Proche-Orient.

A la tête d'une délégation de chefs d'entreprises français, le Premier ministre a voulu encourager le renforcement des échanges commerciaux, financiers et culturels entre le Liban et la France.

Devant une large assemblée de représentants des milieux économiques, François FILLON a rappelé le rôle historique du Liban dans l'animation de l'espace méditerranéen.

Il a souligné l'importance décisive du retour à la paix dans le rédémarage de l'activité et des contacts internationaux du pays.


***



Monsieur le Président du Conseil,
Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,


Il y a des lieux que l’on ne retrouve jamais sans une profonde émotion.

C’est le cas du Liban.

La tolérance des esprits, le sens de l’audace, le goût de tous les échanges, l’esprit d’indépendance et de résistance ont composé une culture millénaire du Liban - le Liban, pays trempé dans l’épreuve, acharné à vivre et à reconstruire, obstinément loyal aux liens de son passé.

L’histoire du Liban, c’est celle d’une culture qui refuse d’abdiquer sa richesse, sa pluralité, son ouverture au monde ! C’est l’histoire d’une volonté et d’une identité complexes, érigées contre les simplifications de la guerre.

C’est l’histoire d’une fidélité.

Au lendemain de trente ans de violences, le Liban a mis toute sa fierté sans rien renier : ni les privilèges de la tolérance religieuse et de la démocratie, ni l’ambition d’incarner la prospérité régionale, ni l’amitié passionnée de la France.

La France met aujourd’hui tout son honneur à lui répondre. Et je voudrais remercier chaleureusement monsieur le président du Conseil, monsieur Fouad Siniora pour la chaleur de son accueil, pour l’esprit si constructif de nos relations. Par delà la signature de nombreux textes et de conventions bilatérales hier, notre rencontre a permis de vérifier une fois de plus, puisque c’était la troisième fois que nous nous rencontrions en moins de dix-huit mois, notre proximité de vues, notre volonté commune, j’ai envie de dire même notre impatience, de travailler ensemble pour renforcer la coopération entre nos deux pays.


Je l’ai redit au Premier ministre : la France se tient aux côtés du Liban.

Elle croit à tout ce que l’évolution récente du pays offre de promesses et d’espoir.

Les promesses du Liban sont en effet nombreuses.
Une inscription stratégique au cœur de l’espace méditerranéen.
Des secteurs en très forte croissance.
Une excellente résistance à la crise.
Une volonté affirmée de réforme.
Et enfin, au premier rang de ces promesses, monsieur le Premier ministre, il y a la sécurité retrouvée du pays !


L’autorité et la stabilité de l’État, c’est évidemment la clé du renouveau libanais.
Brisant l’espoir soulevé par le retrait des troupes étrangères, les combats de l’été 2006 et la crise politique avaient paralysé les institutions libanaises. En mai dernier, la guerre civile menaçait encore le pays, décourageant la croissance et grevant la situation sociale....

Dans ce contexte difficile, les accords de Doha ont ouvert la voie à des progrès réels.
La réconciliation nationale, si elle éloigne la menace des tensions armées, donne également le signal du retour au dynamisme et à l’initiative !

Le président Sleimane sait qu’il bénéficie dans cette entreprise du soutien entier de la France. Le président de la République le lui a dit en juin ; j’ai eu l’occasion de le lui répéter hier.

Les prochaines étapes, décisives pour la stabilisation du pays, seront suivies de près par toute la communauté internationale.

Au printemps prochain, les élections législatives libres, transparentes, démocratiques, permettront aux Libanais de choisir sereinement la voie qu’empruntera le pays, durant les quatre prochaines années.

Je veux dire une nouvelle fois que la France se tient prête, si le Gouvernement libanais le désire, à apporter son concours technique à ce scrutin.

De la légitimité d’un gouvernement démocratique, il dépend que les atouts du Liban retournent sous le boisseau, ou au contraire en sortent !

L’intérêt de tous plaide ainsi pour la normalisation rapide des rapports entre le Liban et la Syrie.

L’ouverture d’une ambassade syrienne à Beyrouth a été annoncée ; elle doit signer une reconnaissance claire et nette de l’indépendance et de l’intégrité du pays ; nous attendons que son projet soit suivi d’effet avant la fin de l’année, conformément aux engagements qui ont été pris !

D’autres mesures indispensables doivent l’accompagner au plus tôt : la délimitation de la frontière, le renforcement de son contrôle et le traitement du dossier si douloureux des disparus...

La renaissance libanaise passe par celle d’un État libanais souverain !
Elle passe aussi par le refus de l’impunité, nécessaire à la réconciliation,
et c’est la raison pour laquelle je veux redire à nouveau que la France apporte son plein soutien, politique et financier, à la création du Tribunal spécial sur le Liban.


Mais la seconde promesse du Liban, celle qui nous rassemble ce matin, c’est l’évolution de sa situation économique.

Nous traversons, dans le monde entier, aujourd’hui, une crise extrêmement grave, une crise financière qui est née de l’inconséquence d’un système bancaire déréglé, mais aussi crise réelle qui résulte de la contraction du crédit et des échanges.

Cette crise est spectaculaire dans les grands pays développés, elle n’est pas moins sévère pour le reste de la planète, dont elle rogne les exportations.

Il faut dire que dans cette crise mondiale, le Liban constitue une sorte d’exception remarquable, puisqu’une croissance supérieure à 6 % devrait consacrer l’année 2008.

Stabilité de la livre, performances des banques nationales, excédent dégagé par la balance des paiements, les ressorts de ce succès sont connus : le défi, c’est maintenant d’éviter qu’ils ne cèdent, mois après mois, face au reflux de l’investissement étranger et au ralentissement de l’économie mondiale. Vous savez que nous essayons d’organiser la réponse internationale à la crise. Le sommet du G20 à Washington samedi dernier, sommet que la France a voulu et pour laquelle elle a, avec ses partenaires européens, beaucoup œuvré, envoie un triple message au monde.

D’abord, les pays du G20 se sont mis d’accord sur une action concertée et coordonnée de relance de la croissance pour soutenir l’économie mondiale, et on va voir dans les prochaines semaines dans tous les pays, en particulier européens, se mettre en place les instruments de cette relance. Ensuite, les pays faisant face à des graves difficultés de financement devront être soutenus, notamment par le Fonds monétaire international et par la Banque mondiale, au-delà des soutiens d’urgence traditionnels. Il est indispensable que les flux d’aide au développement se maintiennent. Ensuite, les bases d’une meilleure régulation des marchés financiers vont être posées, parce qu’il faut éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets et que ceux qui sont à l’origine de cette crise puissent impunément recommencer demain à mettre en danger les économies du monde entier. Les agences de notation devront respecter des disciplines strictes ; les systèmes de rémunération devront être revus pour ne pas encourager les prises de risque excessives ; tous les acteurs financiers, sans aucune exception, et en particulier les hedge funds, devront être régulés ou surveillés. La lutte contre les trous noirs du système financier international, dont les centre off shore, sera renforcée.


Mais les réponses ne peuvent pas seulement être des réponses internationales ; elles doivent être aussi des réponses internes.

Nous-mêmes, dans notre pays, nous avons fait le choix de l’offensive. Nous sommes résolus, face à cette crise, à accentuer notre effort de réforme pour moderniser notre pays. Nous réformons notre marché du travail, nous réformons l’Etat, nous mettons le paquet sur l’innovation et sur la recherche, et je sais que c’est aussi la volonté du gouvernement libanais. Et je voudrais rendre hommage au plan très ambitieux voulu par le gouvernement de Fouad Siniora pour maîtriser l’évolution du déficit public et de la dette et pour impulser de nouvelles réformes structurelles.

La privatisation de la téléphonie mobile, la transformation du secteur de l’électricité, le développement de la fiscalité, ces réformes vont renforcer, au fur et à mesure qu’elles se mettront en place, l’attrait de l’économie libanaise.

Elles garantiront la qualité de son insertion dans l’économie mondiale, et d’ailleurs les mesures que le Liban a lui-même décidées et qu’il a engagées dans le cadre de la conférence de Paris III, la France, la communauté internationale, les institutions financières internationales les appuient pleinement parce qu’elles sont la troisième promesse du pays.

Elles tracent les principaux axes de notre soutien futur au Liban, parce que la France sait que votre pays est investi d’un rôle original dans la région ; elle veut soutenir le développement de ses secteurs d’avenir.

Je veux parler des secteurs d’infrastructures, l’eau, l’électricité, les transports, ceux qui sont traditionnellement porteurs au Liban, la banque, les assurances, la construction, le tourisme, et enfin les secteurs de forte valeur ajoutée où votre créativité reconnue décidera de la croissance future, le luxe, la communication, les technologies de l’information.

Je parle aussi des chantiers de la croissance verte et du potentiel formidable que représenterait le développement d’un tourisme vert au Liban.

Parce qu’elle croit à l’orientation privilégiée de votre pays vers les échanges, la France soutiendra son redéploiement commercial. Je veux d’ailleurs à cet égard féliciter les sociétés CMA-CGM, troisième groupe mondial de transport maritime, qui a remporté aujourd’hui même, d’importants succès en Asie - et ADPI - qui développe les plateformes aéroportuaires - qui ont décidé d’implanter prochainement leurs sièges régionaux à Beyrouth !

Parce qu’elle croit au poids décisif des formations supérieures et de la recherche, dans une économie de l’intelligence, la France appuiera les efforts libanais pour renouer avec une tradition intellectuelle forte et féconde, où convergent, comme en peu d’endroits au monde, les sources latines, grecque, arabes et anglo-saxonnes...

Je visiterai tout à l’heure le chantier d’un projet qui est cofinancé par la France ; il s’agit du "pôle technologie santé" de l’université Saint-Joseph, pôle consacré à la recherche en santé publique. Je veux qu’il témoigne de l’engagement de la France dans une dimension très spécifique du développement libanais, autant que dans sa dimension sociale et économique !

La France, Mesdames et Messieurs, va prêter tous ses efforts à la renaissance libanaise.

Nous l’avons d’abord fait hier en signant les accords qui permettront, en particulier d’accélérer la mise en place des décisions qui ont été prises dans le cadre de la conférence de Paris. Nous avons signé toute une série d’accords et de conventions qui vont structurer notre coopération et qui vont assurer sa pérennité.

Parmi les textes signés hier soir, il y a le Document-cadre de partenariat qui établit les priorités stratégiques de la coopération franco-libanaise pour la période 2008-2012 ; il couvre l’appui au secteur productif, le développement des infrastructures, l’enseignement supérieur et la protection de l’environnement...

Il couvre aussi, bien entendu, la promotion de la francophonie.

Langue internationale, le français est un atout pour l’insertion du Liban et pour l’épanouissement de sa communauté internationale. La France va y consacrer 14 millions d’euros pour la période 2008-2012.

Un champ d’application aussi vaste de notre coopération, c’est un message en soi ! C’est le message de la confiance, c’est le message de la volonté d’aller de l’avant.
D’autres accords importants complètent ce document-cadre, dans le domaine de l’économie, du contrôle des assurances, de la défense ou de la coopération judiciaire.


Le Liban, Mesdames et Messieurs, a toujours été un pays de contrastes, un pays de convergences géographique, économique et culturelle.
Son identité est dans le plurilinguisme ; son identité est dans la cohabitation des cultes et des origines ; dans un rôle d’interface revendiqué entre l’Occident et l’Orient.
Son avenir ne se conçoit donc pas, sans une insertion réussie dans les instances économiques internationales.


Je pense d’abord à l’Union Européenne, qui ouvre au Liban des perspectives dont il doit absolument profiter !

La libéralisation progressive des échanges qui est prévue par l’Accord d’association et par la Politique Européenne de Voisinage en fait partie. L’Union européenne est le premier donateur au Liban. La France, présidente de l’Union européenne jusqu’au 1er janvier, veille à ce que cet engagement ne faiblisse pas.


Je pense aussi bien sûr à l’Union pour la Méditerranée !

L’Union pour la Méditerranée, c’est le cadre idéal pour dépasser - et vous pouvez, au Liban, en être les premiers acteurs ! - l’apparente scission qui oppose trop souvent les logiques du Nord et du Sud.

L’Union pour la Méditerranée, qui a été saluée par tous les participants du sommet de Paris et confortée par le succès de la réunion ministérielle de Marseille, c’est le rapprochement dont nous avons besoin pour amplifier les relations entre nos deux rives, pour inventer ensemble les ressources technologiques et scientifiques de demain ; et c’est la raison pour laquelle l’idée d’un centre de recherche méditerranéen au Liban, défendue par le président Sleimane, nous a immédiatement séduit. Je veux vous dire que nous l’appuyons sans réserve, parce que nous connaissons bien la qualité du réseau des universités libanaises.

C’est aussi la traduction moderne de notre communauté de destin, face aux défis de l’environnement et à leurs immenses enjeux !

Dès aujourd’hui, j’invite le Liban à prendre ses marques dans cet espace de développement où sa tradition d’ouverture, sa réputation intellectuelle et marchande lui donnent une avance extrêmement précieuse.


Et enfin je pense au processus d’accession du Liban à l’Organisation mondiale du commerce. Je salue le souhait du Liban de relancer sa candidature à l’OMC. Nous applaudissons cette démarche et nous voulons dire que la France et l’Union européenne sont prêtes à fournir au Liban toute l’aide technique nécessaire.


Mesdames et messieurs,

La délégation très importante de chefs d’entreprises qui m’accompagne - plus de cinquante entreprises de toutes tailles et représentant tous les secteurs de l’économie française - témoigne, s’il en était besoin, de la diversité de ceux qui sont engagés dans le renouveau de la relation franco-libanaise.
J’ai voulu, en venant ici, partager avec tous les acteurs de nos échanges, la même foi en l’avenir.

La France est aujourd’hui le deuxième fournisseur du Liban. Notre pays compte sur votre sol plus de 80 implantations d’entreprises, employant plus de 5.000 personnes.
Témoins de leur confiance, les investissements des entreprises françaises n’ont pas faibli dans les moments les plus difficiles ces dernières années. Depuis 2007, notre pays est redevenu l’un des investisseurs les plus dynamiques au Liban.
Je souhaite que nous allions plus loin, que nous œuvrions ensemble pour que cette présence française prenne encore plus d’extension et de vigueur.
Il faut que toutes les formes de l’implication économique française - l’implantation d’opérations régionales, les projets de concession, les projets de gestion déléguée ou de privatisation des services publics libanais - viennent cimenter encore, et de manière durable, les liens de nos deux pays.

Aujourd’hui, nos principaux secteurs de position progressent : l’immobilier, les télécommunications, le secteur financier, les industries agroalimentaires... Je veux encourager les opérateurs économiques français à constater cette tendance, et à faire le choix du Liban !

Pour faciliter le développement du commerce courant, la COFACE, qui est l’assureur des entreprises françaises à l’international, va rouvrir dès le début de l’année prochaine, sa couverture en moyen terme pour des contrats importants. Cette extension de la garantie de l’Etat français vient s’ajouter à l’encours actuel de 200 millions d’euros pour les opérations commerciales régulières de court terme. Nous mettrons l’accent sur l’accompagnement des entreprises françaises et sur leurs contacts d’affaires avec les entreprises et les opérateurs libanais. La mission économique de notre ambassade, en partenariat avec les chambres de commerce, présentera des pavillons français dans les principaux salons.

Je veux enfin accueillir avec satisfaction la création récente du Mouvement des entreprises et représentations économiques françaises au Liban, le MEREF. Cet organisme a pour vocation de réunir les filiales, les bureaux des représentations, les agents et les franchises des entreprises françaises présentes ici au Liban. Ses objectifs sont d’établir un dialogue nourri au sein de la communauté d’affaires et de développer les intérêts économiques franco-libanais. Ils répondent parfaitement à nos ambitions. Le MEREF ne doit pas être une coquille vide, ce doit être une force de propositions pour nos deux gouvernements et je lui souhaite bonne chance et pleine réussite

Monsieur le Président du Conseil,

La confiance que le Gouvernement français, et derrière lui, le peuple français, place dans l’avenir du Liban, épouse votre confiance et votre volonté de construire.
Je veux vous dire que la France maintient et maintiendra au Liban une présence active, une présence digne des liens multiséculaires qui unissent la France et le Liban.
Notre attachement au Liban, libre, souverain, démocratique, est indéfectible. Je crois en la nation libanaise, me faisant, en cela, le porte-parole de la France qui, vous le savez, a une tendresse et une espérance singulières pour le pays du Cèdre.
Je veux que cette amitié ancienne scelle notre avenir commun. Et je me réjouis de l’occasion qui m’est donnée d’avoir maintenant un échange avec les forces vives du Liban, et les entreprises françaises.


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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 18:25



Ce vendredi 21 novembre, François FILLON a rendu au contingent français de la FINUL la première visite d'un chef de Gouvernement ou d'Etat français depuis douze ans.

Il a adressé aux 1 900 casques bleus stationnés à At-Tiri le discours suivant :


Mesdames et messieurs les ministres,
Monsieur l’ambassadeur,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et Messieurs,

La présence militaire française au Liban est ancienne, elle est tenace, et elle est courageuse.

Vous l’assumez avec honneur et avec professionnalisme, ces deux vertus qui caractérisent notre armée, qui est à juste titre considérée comme l’une des meilleures du monde.

Je suis heureux que ma visite me permette aujourd’hui de vous rencontrer, sur votre théâtre d’opérations.

Je suis là pour vous témoigner mon estime personnelle et vous assurer de la confiance du gouvernement.

Fidèle à son amitié séculaire pour le pays du Cèdre, la France s’est engagée, avec 27 autres nations, aux côtés du Liban, après la guerre de l’été 2006.

Elle s’est fait un devoir d’aider à la reconstruction du pays et de soutenir ses autorités légitimes.

L’importance de votre mission dans le rétablissement de la sécurité nationale est considérable.

Elle est déterminante pour l’avenir de la région, et c’est pour moi un privilège et une fierté que de la rappeler.

Depuis 30 ans déjà, l’armée française est présente au sud-Liban ; et c’est d’ailleurs la troisième fois que j’ai l’honneur de l’y rencontrer. 30 années de fidélité ; 30 années d’interposition et d’action, qui ont vu plusieurs de nos soldats tomber pour cette mission de paix.

Depuis l’été 2006, trois de nos compatriotes sont morts au Liban.

Je rends hommage à leur mémoire, et je salue la noblesse de leur engagement.

Je veux y associer le souvenir des 271 Casques bleus qui, depuis 1978, sont tombés dans ces montagnes, dans ces vallées.
Je veux y associer les 58 parachutistes français du poste Drakkar, lâchement frappés il y a 25 ans, en plein Beyrouth, par un terrorisme abject.

Près de 2.000 militaires français sont engagés aujourd’hui, sur terre et sur mer, dans les missions de la FINUL.

Cette mission est menée dans un contexte incertain et difficile. Cette mission réclame une posture opérationnelle permanente ; une préparation opérationnelle poussée ; des équipements performants dont la prochaine loi de programmation militaire continuera de vous doter.

Cette mission est dangereuse, comme le prouvent les sacrifices consentis. Mais cette mission est essentielle !

La résolution 1701 et le renforcement de la FINUL ont déjà permis à l’armée libanaise de se déployer au sud-Liban.

Vous avez considérablement développé vos activités conjointes, et la coopération engagée avec vos camarades libanais.

Mieux que quiconque, vous êtes capables d’apprécier la volonté et la détermination de l’armée nationale libanaise.

Cette armée a vocation à retrouver la maîtrise de son territoire.

La France œuvre à son renforcement, et permettez-moi de me faire ici votre interprète, et de dire combien la République est fière de se porter à ses côtés, dans des circonstances où sa valeur ne cesse d’être éprouvée.

Mesdames et messieurs,

Beaucoup reste à bâtir au sud-Liban. La concorde n’est pas restaurée. La paix n’est pas définitivement acquise. Mais chaque jour, des progrès s’accomplissent.

Et je veux vous exprimer toute la satisfaction du Président de la République pour la dignité avec laquelle vous remplissez votre mission.

Vous participez au rayonnement de la France. A travers vous, c’est l’honneur et la responsabilité de la France qui s’expriment.

Je remercie le commandant de la Force pour la confiance dont il vous honore, et je vous engage à en rester dignes, par la même vigilance et par le même professionnalisme.
Je vous exprime enfin la reconnaissance du Gouvernement pour les missions complémentaires que vous menez au profit des populations civiles. Dans la très grande et dans la meilleure tradition des armées françaises, vos actions contribuent à gagner leur confiance.

La destruction des mines, des sous-munitions ; l’aide médicale gratuite ; l’enseignement du français ; l’assistance à l’agriculture locale : ces tâches ont leur nécessité. Elles ont leur grandeur.

Vous savez qu’elles suscitent la gratitude et l’estime des Libanais envers notre nation.
Vous savez aussi qu’elles conditionnent le retour progressif à une paix véritable.
Vous menez ces missions avec constance, avec humanité, avec efficacité.
Vous les menez aussi, je le sais, avec beaucoup de dévouement ; et je veux vous dire que j’ai une pensée particulière pour vos conjoints, pour vos enfants, pour vos parents dont votre mission vous tient éloignés durant de longs mois.

Mesdames et messieurs,

La situation politique au Liban s’est beaucoup améliorée depuis le déploiement renforcé, en 2006.

Longtemps paralysées par la violence, les institutions démocratiques du pays reprennent progressivement leur fonctionnement normal.

Cette paix encore fragile nous invite à intensifier notre effort. Le succès de votre mission, au sud-Liban, n’est pas seulement précieux en lui-même : il est essentiel à l’aboutissement de tout le dispositif français d’assistance au Liban.

La France vous fait confiance. Elle vous fait confiance pour maintenir ouvertes les portes de l’avenir libanais. _ La France s’honore de vous voir porter avec générosité et avec bravoure ses idéaux éternels.

Vive le Liban ! Vive la France !



crédit photo : REUTERS / Ammar Awad

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