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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 00:25
Politique economique de la France, budget 2013, durée du travail, gouvernance de la zone euro ... mes analyses et mes propositions, dans l'entretien que publie ce jeudi le quotidien, Les Echos.

Comment jugez-vous le Budget 2013 ? Il relève sensiblement les impôts, mais après tout vous l'aviez vous-même fait à la fin du quinquennat...

Cela n'a rien à voir car les impôts allaient de pair avec des réformes structurelles ! Ce budget n'est pas un budget de combat, mais de défaite. Il alourdit les dépenses, contrairement à ce que prétend le gouvernement, et il assomme l'économie avec des hausses d'impôt.

Au fond, ce budget est un monument d'amateurisme, d'irresponsabilité et de mauvaise foi. L'amateurisme est évident : le gouvernement découvre après coup la nocivité de ce qu'il a prévu sur la taxation des plus-values et il découvre seulement maintenant que la France a un problème de coût du travail.

Mais le plus grave, c'est l'irresponsabilité. On se demande qui gouverne, François Hollande et le gouvernement ou quelques nostalgiques de l'économie dirigée.

 

Vous y allez fort !

Je pèse mes mots, je n'ai pas l'habitude d'être excessif, c'est un budget qui assèche l'investissement des PME. La fiscalité des plus-values et des dividendes va être la plus élevée d'Europe. Avec l'ISF, nous battrons même le record mondial de la taxation du capital.

Quelques exemples : l'augmentation de la taxe sur les salaires qui pèse sur le secteur financier est « un formidable cadeau » à David Cameron qui va dérouler le tapis rouge à nos entrepreneurs et investisseurs ; le plafond de l'ISF est prévu de telle façon que la taxation sera supérieure au taux de 75% maximum affiché ; la définition des biens professionnels est revue et soumise à l'arbitraire des services fiscaux ; et pour couronner le tout, l'ensemble est rétroactif. Les dépenses de 2013 seront plus élevées que celles de 2012.... La Révision générale des politiques publiques (RGPP) est abandonnée, la masse salariale repart à la hausse. Du côté fiscal, je ne crois pas une seconde qu'il n'y aura plus de hausse d'impôt au-delà de ce qui a été annoncé.

Quant à l'affirmation selon laquelle neuf français sur dix sont épargnés, c'est du Pinocchio, chacun le sait désormais. Entre la re-fiscalisation des heures supplémentaires, le gel confirmé du barème de l'impôt sur le revenu, le forfait social sur l'intéressement, l'abaissement du plafond du quotient familial et les mesures sur la Sécurité sociale, c'est 11,6 milliards de plus qui pèseront sur les classes moyennes

 

Qu'auriez-vous fait à la place de François Hollande ?

En 2008-2009, nous avons maintenu l'économie française la tête hors de l'eau ; là, il l'enfonce sous l'eau. Ce budget conduit à la récession ; nous n'aurions pas pris des mesures qui tuent l'investissement.

Je renouvelle mon appel à François Hollande : qu'il s'élève au-dessus de son parti et prenne la mesure de la gravité de la crise ! Il aurait au moins fallu partager à moitié l'effort entre les économies et les impôts. Au lieu de cela, la France devient un repoussoir sur le plan fiscal pour les entreprises et tous les talents s'enfuient.

 

Faut-il absolument « tenir » l'objectif de 3% de déficit ? Et que proposez-vous pour la compétitivité des entreprises ?

Oui, sans aucun doute. La France doit montrer qu'elle est capable de rembourser ses dettes. Ce n'est pas une question de dogme mais de crédibilité. Les socialistes ont déjà décidé de ne pas « tenir » cet objectif. Je milite pour des mesures d'urgence, en remettant en cause certaines dépenses sociales et en allongeant la durée du travail.

Le redressement national passe par un effort de travail supplémentaire. Il faut supprimer la référence à la durée légale et autoriser une négociation collective dans les entreprises sur le temps de travail, dans les limites des règles européennes. Si cela ne recueille pas l'assentiment majoritaire, devant la gravité de la crise, il faut augmenter d'une à trois heures le temps de travail dans les entreprises comme dans les fonctions publiques.

Mais cette deuxième solution serait un pis-aller car elle n'introduit pas la notion de flexibilité. Deux heures de travail supplémentaires, c'est ce qu'on a exploré au moment du plan de rigueur d'août 2011. Nous avons finalement opté pour l'accélération de la réforme des retraites. Les contorsions de la gauche qui découvre le problème de notre coût du travail et nous prépare une augmentation de la CSG sont pitoyables. La CSG n'aura pas du tout le même effet que la TVA. L'assiette est plus étroite donc l'effort sera plus lourd.

 

Pourquoi n'avez-vous pas fait ces réformes plus tôt ?

Je n'ai jamais prétendu qu'on avait tout réussi, mais nous avons enclenché un mouvement de réformes qui s'attaquait à nos handicaps structurels. Dans un contexte de crise, nous avons essayé et commencé de sortir de la panne économique. Les socialistes n'avaient pas besoin de tout détruire. Sur la TVA compétitivité, rien ne les empêchait de laisser la mesure en place, quitte à l'expérimenter et l'évaluer. Ils ont gâché cinq mois à détricoter sans prendre une seule mesure efficace pour l'économie.

 

Arnaud Montebourg essaie de secouer les entreprises...

Il les secoue tellement qu'elles s'effondrent. Le discours qu'il a tenu sur Peugeot a eu un impact psychologique désastreux sur les chefs d'entreprise français et ceux qui voudraient investir dans notre pays. Le discours démagogique « Je n'aime pas les riches et les patrons qui licencient pour gagner plus d'argent », cela fait peut-être plaisir sur l'instant à une partie de l'opinion, mais cela se termine toujours par une augmentation massive du chômage.

Justement, sur le marché du travail, jusqu'où faut-il aller ?

D'abord, il faut faire la réforme fondamentale de l'assurance-chômage et de la formation professionnelle que Nicolas Sarkozy avait proposée. Il s'agirait de rémunérer les demandeurs d'emploi non pas parce qu'ils sont demandeurs d'emploi mais parce qu'ils sont en formation. Et enfin, il faut revoir le contrat de travail.

C'est la rigidité de notre droit du travail qui écarte une grande partie de la jeunesse française de l'emploi. L'angoisse dans notre société est d'abord liée au fait qu'une grande partie de la jeunesse n'a pas d'avenir professionnel. Une muraille a été dressée depuis trente ans face aux jeunes, notamment sans qualification, pour accéder au premier emploi. Je crains une crise politique majeure s'il n'y a pas rapidement d'assouplissement.

 

Vous félicitez-vous de la ratification du traité budgétaire européen ?

Oui, car c'est un outil indispensable non pas, hélas, pour sauver la monnaie européenne mais pour gagner du temps et se donner la possibilité d'enclencher une réforme beaucoup plus structurelle de la zone euro. Cela ne nous exonère pas d'une refonte de la gouvernance de la zone euro avec un noyau dur européen qui se dote d'un gouvernement économique composé des chefs d'Etat et de gouvernement fixant, à la majorité, des règles contraignantes en matière de convergence de la fiscalité des entreprises et sur le respect des règles budgétaires.

Avec un tel gouvernement, François Hollande n'aurait pas pu prendre ses mesures sur la fiscalité des entreprises qui nous éloignent à des années-lumière de notre voisin allemand.

 

Si vous êtes élu président de l'UMP, que proposerez-vous à Jean-François Copé ? Et quelle place accorderez-vous aux « mouvements » ?

Je tendrai la main à tous les candidats, y compris à ceux qui n'ont pas obtenu les parrainages nécessaires pour se présenter. Ils auront toute leur place dans les instances de direction de l'UMP. Quant aux « mouvements », je souhaite que toutes les sensibilités puissent s'exprimer mais aussi peser sur les décisions.

Mais ce que je refuse, c'est que l'UMP se transforme en confédération de petits chefs négociant sans cesse des petits compromis. La ligne politique sera tranchée en conseil national, voire par référendum interne. Mais à l'arrivée il y aura une ligne, pas cinq ou six.

L'accusation de transparence formulée contre Jean-Marc Ayrault vous paraît-elle excessive ?

Ce n'est pas Jean-Marc Ayrault qui est en cause. Il n'est pas plus critiquable que François Hollande, Pierre Moscovici ou Arnaud Montebourg. Il est navrant de constater que l'ensemble du gouvernement semble totalement désarmé devant la tâche qui est la sienne. Jean-Marc Ayrault est victime du discours que la gauche a tenu cinq ans durant sur le supposé effacement du Premier ministre. Victime aussi de son programme.

La gauche découvre aujourd'hui une réalité évidente que je n'ai cessé de rappeler : sauf en période de cohabitation, c'est le président de la République et pas le Premier ministre qui est responsable devant les Français de l'action menée. Il ne faut pas s'étonner que l'élastique leur revienne en pleine figure.

Par Isabelle FicekGuillaume Tabard et Dominique Seux


 


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Publié par François Fillon - dans INTERVIEWS
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commentaires

elisabeth demolliens 11/10/2012 21:00


Je vous l'ai dit lors d'un meeting "vous serez notre Président" , la victoire se profile à l'horizon.

Quoineaud 11/10/2012 11:24


Je vous soutiens Monsieur FILLON.


 


Danielle Quoineaud                 72540 LOUE

MERCIER Jean-Louis 11/10/2012 09:57


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0 commentaire Deux Grands Patrons se retrouvent...! Enfin une bonne
nouvelle, bien de "chez nous", ... Monsieur Guéant revient aux côtés de Monsieur Fillon. Quoi de mieux !...

jl mercier de Paradou avec tous ses voeux.   De
jlmercier28
: Orange Actu - Le jeudi
11 octobre 2012 à 6H47

fegueux.rene 11/10/2012 09:36


j approuve totalement les propos de f fillon-je souhaite que des "gaullistes" comme mam  ,accoyer, guaino, bertrand rallient f.fillon-pour moi meme si c est une  personne tout a
fait honorable m.tabarot n est pas"gaulliste compatible"................

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