Ce site n'est plus à jour

Découvrez Fillon2017.fr
27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 16:13

Voici mon intervention lors de l'ouverture du sommet sur la sécurité nucléaire à Séoul le mardi 27 mars 2012 :  

 

"Monsieur le Président,

 

 

Je voudrais d’abord vous remercier pour l’organisation remarquable de ce sommet. Je crois que rarement un rendez-vous sur la sécurité nucléaire n’avait été aussi nécessaire.

 

Il y a eu l’accident nucléaire de Fukushima, qui a montré à quel point nous avions besoin de renforcer les règles en matière de sûreté dans le monde, mais aussi combien nous avions besoin de mettre en place des capacités internationales d’intervention en cas d’accident, et je voudrais féliciter l’AIEA pour le rôle que cette organisation joue, notamment pour tirer les enseignements de cet accident.

 

Il y a aussi les politiques nucléaires, au mépris du droit international, conduites en Iran mais aussi tout près d’ici en Corée du Nord, qui soulignent l’urgence de la lutte contre la prolifération nucléaire.

 

Et puis il y a un troisième risque, qui requiert toute notre attention, c’est celui du terrorisme nucléaire et du terrorisme radiologique.

 

 

Le Sommet de Washington a été une étape très importante dans la prise en compte de cette menace, grâce à l’engagement personnel du président OBAMA, et je voudrais à ce sujet le remercier pour son engagement au service de la paix dans le monde et, s’il me permet, lui dire que nous souhaitons qu’il puisse poursuivre cet engagement.

 

La France a tenu tous les engagements qui avaient été pris à Washington.

 

Nous avons ainsi procédé à une refonte et à un renforcement de notre réglementation sur la protection et le contrôle des installations, des matières nucléaires et de leur transport.

Nous avons demandé à l’AIEA de mener en novembre 2011 une mission pour faire évaluer notre dispositif national en matière de sécurité nucléaire. Cette mission a concerné l’ensemble de nos règlementations, mais aussi sur le terrain, la plus grande centrale d’Europe occidentale et je me réjouis que le rapport final de l’AIEA ait qualifié notre dispositif d’extrêmement robuste.

 

Je veux dire d’ailleurs que nous encourageons tous les pays présents ici à s’engager dans un exercice similaire et nous les invitons à participer au premier séminaire international qui sera consacré aux enseignements des missions IPPAS que la France accueillera en 2013 en collaboration avec l’AIEA.

 

Je veux ajouter que la Convention de 2005 sur la répression des actes de terrorisme nucléaire et l’amendement à la Convention sur la protection physique des matières nucléaires seront ratifiés dans les toutes prochaines semaines par le Parlement français et la France appelle tous les Etats qui n’ont pas encore procédé à cette ratification à y adhérer le plus vite possible.

 

Notre engagement est également total dans le domaine de la coopération.

Je voudrais en prendrai trois exemples.

D’abord les progrès enregistrés durant la Présidence du G8 en 2011, avec en particulier l’extension du partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes.

Je veux évoquer ensuite notre assistance aux Etats, en partenariat avec les Nations Unies, pour la mise en œuvre de la résolution 1540 du Conseil de Sécurité visant à empêcher les terroristes d’accéder aux technologies liées aux armes de destruction massive.

Et puis enfin l’action que nous avons menée avec l’AIEA pour recenser dans le monde la totalité des sources radioactives usagées d’origine française, et pour sécuriser celles qui pourraient présenter des risques.

Nous avons aujourd’hui achevé ce recensement.

Nous avons déjà conduit une opération de rapatriement l’année dernière à Madagascar. Plusieurs autres opérations de sécurisation devraient aboutir en 2012 et en 2013, notamment au Maroc, au Costa Rica, au Soudan, au Liban et aux Philippines.

 

 

Monsieur le Président,

Pour la France, il y a trois orientations qui doivent appeler notre mobilisation totale.

 

La première c’est une meilleure prise en compte du terrorisme radiologique.

L’utilisation de sources radiologiques à des fins malveillantes est maintenant une menace réelle, qu’il faut distinguer de l’usage terroriste d’une arme nucléaire. A compter de ce Sommet, il faut traiter cette question de l’utilisation des sources radioactives comme un sujet à part entière.

 

La deuxième c’est la recherche.

Il faut poursuivre dans le développement de procédés qui permettent de nous affranchir à moyen terme de l’uranium hautement enrichi pour le fonctionnement des réacteurs de recherche et pour la fabrication de radioéléments à usage médical.

Nous allons pour nous-mêmes y contribuer à travers des programmes de développement de nouveaux combustibles, à travers des actions de conversion des réacteurs de recherche existants, et grâce à des technologies totalement nouvelles, que nous allons utiliser pour le réacteur de recherche Jules Horowitz, qui est en cours de construction à Cadarache.

 

Enfin, le troisième élément concerne la formation.

C’est notamment pour promouvoir le développement d’une culture de la sûreté et de la sécurité que nous avons créé en 2011 l’Institut International de l’Energie Nucléaire, en lien avec tous les acteurs de l’enseignement, de la recherche et de l’industrie nucléaire.

 

 

Mesdames et messieurs,

Pour relever les défis du changement climatique, défis dont je voudrais souligner que leurs conséquences seront bien plus graves que celles de n’importe quel accident technologique, des besoins énergétiques croissants, des progrès de la recherche médicale, nous ne pouvons pas nous priver des atouts de l’énergie nucléaire.

Le nucléaire est et restera un instrument de progrès à l’échelle mondiale.

C’est la raison pour laquelle nous devons exercer ensemble une vigilance sans faille sur toutes les exigences qui conditionnent l’usage de l’énergie nucléaire.

 

C’est notre responsabilité et c’est notre devoir, et, vous me permettrez, monsieur le Président, de profiter de l’occasion qui m’est donnée pour féliciter le Secrétaire général des Nations Unies pour l’engagement total de cette organisation pour rechercher une solution pacifique au conflit syrien.

C’est l’occasion pour moi de le lui dire."

 

 lien vers la vidéo de l'échange avec la presse sur la question de la sécurité nucléaire à Séoul

 

 


Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article
23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 13:07

 


 

François Fillon rappelle, que pendant 5 années il a vu l’énergie mêlée d’expérience et la générosité de Nicolas Sarkozy, lors d'une réunion publique dans les Pyrénées-Orientales le vendredi 23 mars 2012.

 

Voici mon discours lors de la réunion publique dans les Pyrénées-Orientales le vendredi 23 mars 2012 :

"Mes chers amis,

 

Je suis heureux d’être parmi vous en compagnie de Xavier Bertrand qui est l’un des ministres de mon gouvernement parmi les plus solides et les plus efficaces.

 

Je veux dire toute mon affection aux élus présents et tout mon soutien à ceux qui sont candidats aux élections législatives : Daniel Mach, député et maire de Pollestres qui nous accueille ce soir ; François Calvet, sénateur et président de votre fédération UMP qu’il gère avec dynamisme avec Jean-Charles Moriconi ; Jacqueline Irles, dont je connais le courage et la générosité ; Fernand Siré, si tenace dans son engagement ; et enfin Jean Castex, qui défendra nos couleurs avec l’intelligence et le cœur que je lui connais.

 

Mes chers amis,

Avec la tragédie de Montauban et de Toulouse nous venons de vivre une semaine éprouvante qui s’est conclue par la mort du criminel.

Avec vous, je veux rendre hommage au travail de nos forces de l’ordre qui ont été admirables dans l’épreuve.

Les réserves et les critiques que je vois ici ou là sur l’opération menée par les hommes du RAID sont indécentes. Je veux rappeler que ces hommes que l’on voit masqués, concentrés sur leur mission, sont aussi des pères de famille, ils ont des enfants, des parents, des amis.

Comme chacun de nous, ils ont une vie, et cette vie ils sont prêts à la risquer pour celle des autres.

 

Je veux rendre hommage à leur courage, à leur sang froid, à leur professionnalisme.

Il n’a fallu que 10 jours pour repérer le suspect.

Une fois repéré et encerclé, tout a été fait pour le prendre vivant pour l’interroger, pour le juger, pour le sanctionner conformément à nos lois.

Certains se demandent pourquoi l’assaut n’a pas été immédiat et expéditif. Eh bien parce que nous sommes un Etat de droit, pas une dictature.

C’est toute la différence entre nous et les terroristes, et cette différence c’est notre force et c’est notre honneur.

 

Le Président de la République avait décidé d’engager tous les moyens nécessaires pour mettre hors d’état de nuire cet assassin qui avait choisi de s’attaquer à des innocents au nom d’une idéologie meurtrière.

Je dis «assassin» car aucune cause politique ou religieuse ne légitime la sauvagerie dont il a fait preuve.

A ceux qui sont tentés de présenter cet assassin comme un prétendu «combattant », je dis qu’il n’y a aucun courage, il n’y a aucune dignité, à s’attaquer à des innocents, et il n’y a aucune fierté à braver la mort quand on a exécuté des enfants.

 

En frappant nos militaires, puis en frappant la communauté juive de France, c’est en réalité notre République qui était visée.

Face à la haine, face à l’antisémitisme, face au fanatisme, la République est implacable car c’est son unité qui est en jeu, et ceux qui s’attaquent à elle nous trouverons toujours sur leur chemin.

Pour nous, l’autorité de l’Etat n’est pas une formule abstraite. Ceux qui nous croient faibles parce que nous sommes des démocrates sous estiment la force d’âme de notre pays et la résolution du gouvernement.

Après avoir orchestré les opérations avec l’expérience que nous lui connaissons, Nicolas Sarkozy a annoncé une série de mesures pour nous protéger de ces extrémistes qui vont cultiver leur haine et leurs méthodes dans des endroits dont chacun sait qu’ils sont des foyers du terrorisme et pour mieux sanctionner les dérives inadmissibles qui circulent sur les réseaux internet.

 

Ce drame de Montauban et de Toulouse donne tout son sens aux valeurs d’égalité, de fraternité, de laïcité qui fondent notre communauté nationale.

Ce sont ces valeurs que haïssait le meurtrier, à l’image des terroristes dont le but est de nous apeurer, de nous diviser, de nous opposer.

D’où la nécessité de ne pas céder à leurs intimidations.

Nous devons être plus forts que l’intégrisme ! Nous devons être plus forts que ceux qui veulent détruire notre pacte !

Par delà les origines, par delà les croyances, par delà nos cultures régionales, et dieu sait qu’ici, en pays catalan on est attaché à ses racines, nous sommes tous les membres de la même famille nationale.

La France a une identité, une culture, des valeurs dont nous pouvons être fiers.

C’est un héritage qui vient de loin et qui n’a jamais cessé de s’élargir au cours du temps.

Siècle après siècle, notre nation s’est consolidée et unifiée.

Elle a fédéré ses provinces.

Elle embrassé des religions différentes, assimilé des générations d’immigrants.

Ce processus d’unification fut chaotique, parfois douloureux, mais par l’autorité de l'État, par la communion de la langue, par l’égalité des droits, par le prix du sang, la France s'est trouvée !

À tort, certains ont prétendu que le drapeau français n'était ni assez généreux, ni assez large, pour rassembler chacun dans ses différences. Eh bien non, ce drapeau fut et reste suffisamment lumineux pour faire de nous une nation de citoyens, une nation soudée, une nation fraternelle.

Notre unité nationale, mes chers amis, est notre bien le plus précieux, mais ce bien est fragile.

Il doit être respecté, il doit être protégé, il doit être défendu chaque fois que nécessaire.

 

On ne célèbre pas l’unité nationale une seule fois par an, lors du défilé du 14 juillet.

L’unité nationale s’incarne dans l’Etat et dans nos institutions, et ça n’est pas nous rendre service que de les tourner en dérision.

L’unité nationale se forge dans les familles dont le rôle éducatif ne doit pas être délégué à je ne sais qui.

L’unité nationale se façonne à l’Ecole qui doit rappeler à nos enfants que le respect des autres s’ancre dans le respect de la nation qui est notre maison commune.

 

L’unité nationale exige de faire de la sécurité une priorité politique car lorsque la peur mine la vie de nos concitoyens, lorsque les délinquants se mettent à croire que la loi de la rue est plus forte que la loi de la République, alors la liberté et la fraternité perdent tout leur sens.

 

L’unité nationale suppose de donner à notre pays autant qu’il nous donne car la France est la somme de nos efforts individuels.

Ceux qui ne respectent pas les règles communes, ceux qui abusent du système, ceux qui estiment que c’est toujours aux autres de faire des efforts, ceux là vont à l’encontre de l’unité nationale.

 

Etre un républicain de circonstance, selon les heures et selon ses intérêts, ça n’est pas être républicain.

 

La République à plusieurs vitesses, la République à géométrie variable, n’est pas notre République.

Pour la République, nous devons faire en sorte que l’intérêt général transcende les corporatismes.

Pour la République, nous devons combattre l’intégrisme religieux qui est un dévoiement de la foi et une source d’intolérance.

Pour la République, nous devons affirmer que la laïcité se confond avec la liberté de croire ou de ne pas croire, aucune religion ne devant prendre le pas sur les autres.

Pour la République, l’immigration doit être maîtrisée car il n’y a pas de générosité à accueillir des personnes, qui sans travail, sans formation, sans logement seront des déracinés.

 

Pour la République, nous devons lutter contre la xénophobie, car qu’importe les origines, une seule chose compte, une seule, c’est l’amour de la France qui bat dans le cœur de chaque individu.

 

Oui, chaque individu, chaque citoyen tient entre ses mains une part du succès de la France et chacun de nous porte le flambeau d’une Histoire qui vient de loin et qui peut encore aller loin.

Et puis, chacun est détenteur d’une responsabilité civique auquel s’attache le vote.

Etre citoyen, c’est arbitrer entre le souhaitable et le possible, c’est chercher la vérité plutôt que la facilité ; c’est faire appel à sa raison sans céder à la passion ou au populisme.

Chacun doit se demander quel est le meilleur choix pour le pays, et pas seulement pour lui-même : le choix le plus efficace au regard de la crise que nous connaissons, le choix le plus raisonnable au regard des défis que nous lance le monde.

 

Quel avenir voulons-nous pour notre pays ?

Quel rôle voulons-nous qu’il joue, dans dix ans, sur une scène mondiale qui est de plus en plus turbulente, de plus en plus concurrentielle, de plus en plus déstabilisante pour les anciennes puissances occidentales ?

 

Cette élection présidentielle n’est pas qu’une affaire nationale car le monde frappe de toutes ses forces à nos portes.

Tunisie, Egypte, Lybie, le monde arabo-musulman est en train de vivre une transformation politique qui peut redessiner l’espace méditerranéen.

C’est un espoir, mais le chemin de la démocratie est semé d’embûches.

En Syrie, malgré nos efforts internationaux, la répression se poursuit et nul ne sait vers quel précipice l’intransigeance du régime de Bachar al-Assadmène la région.

En Iran, malgré les mesures de rétorsion, la fabrication de l’arme atomique se poursuit, et nous savons que sa présence constituerait une grave menace pour Israël, pour la paix au Moyen Orient, et donc pour la paix du monde.

Ailleurs, nous sentons naître les grands enjeux conflictuels du XXIème siècle : la course aux ressources naturelles, les dérèglements écologiques, la distorsion des monnaies, le fanatisme…

Bref, les temps à venir seront sans doute difficiles.

 

Nous sommes 65 millions de Français parmi 7 milliards d’êtres humains qui aspirent à la croissance, au travail, à la richesse.

7 milliards d’êtres humains qui ne vont pas nous attendre si nous restons bloqués ou pire encore si nous revenons en arrière.

 

Nous avons des talents, nous avons des hommes et des femmes qui créent de la richesse, de l’activité, de l’emploi en France.

Il ne faut pas flatter un vieux fond de ressentiment égalitariste en annonçant des taux d’imposition stratosphériques !

Nous avons la première industrie nucléaire du monde.

Il ne faut pas la faire mourir à petit feu.

Nous avons un niveau d’endettement qui est trop élevé depuis près de quarante ans.

Il ne faut pas recréer des dizaines de milliers d’emplois publics!

 

Projet contre projet : il faut que chacun soit au clair sur ce qu’il veut pour la France.

Il faut dire la vérité, car elle est au cœur de notre redressement national et au cœur de la justice sociale.

Et la vérité, c’est qu’on ne peut pas avoir la meilleure santé du monde, l’Ecole et l’Université gratuites, des retraites pour tous, des allocations pour ceux qui sont dans le besoin, sans efforts.

 

La vérité, c’est qu’on ne peut pas défendre la souveraineté financière de la France en dépensant toujours plus, pour tous et à n’importe quel prix.

 

La vérité, c’est qu’on ne peut pas créer plus de richesses, produire plus en France, sans être plus compétitif et plus innovant.

 

La vérité, c’est qu’on ne peut pas vivre mieux que les autres pays, on ne peut pas augmenter notre pouvoir d’achat, on ne peut pas garantir notre modèle social sans travailler plus, sans travailler tous, ce qui signifie que pour lutter contre le chômage il faut, comme nous le proposons, revoir notre système formation, alléger le coût du travail, responsabiliser ceux qui préfèrent vivre de l’assistance plutôt que de se retrousser les manches.

 

Dans le programme socialiste, je ne vois aucune mesure invitant les Français à se mobiliser pour aller chercher la croissance.

 

 

Tout est fait comme si la bataille pour le progrès n’avait pas lieu d’être livrée, tout est fait pour ne pas déplaire.

 

Mes amis,

 

Le choix, il est entre un candidat qui s’adresse à une France prétendument fatiguée et un candidat qui s’adresse à une France qui est fière d’elle-même et des efforts qu’elle accomplit pour se relancer.

Le choix il est entre un candidat qui dit : Stop ! Arrêtez tout ! Et un candidat qui dit : Notre redressement est en marche ! Continuons d’unir nos forces pour construire ensemble une France moderne !

 

Depuis 2007, nous n’avons pas trompé les Français.

Nous ne les avons pas trompés sur la réalité des crises que nous avons traversées.

Nous ne leur avons pas fait croire que tout pouvait continuer comme avant.

Nous avons réformé, nous avons osé, nous avons bousculé des conservatismes, nous avons, avec Xavier Bertrand, résisté aux blocages.

Nous n’avons pas tout réussi, mais personne ne peut nous accuser d’avoir manqué de courage.

 

 

Pendant cinq ans, j’ai eu l’honneur d’être le Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

Je peux vous dire que je ne le reconnais pas dans les portraits blessants qui ont été dressés de lui.

 

Le Président de la République que je connais, c’est celui qui a eu l’audace de forcer le destin en bousculant une douzaine de chefs de gouvernement réunis à l’Elysée un soir de 2008 alors que tout le système financier mondial était sur le point de s’effondrer.

Chacun lui conseillait d’attendre, de consulter, d’obtenir l’aval des américains, des institutions financières…

Seule sa force de conviction l’a emporté ce soir-là.

Lui seul a convaincu la chancelière allemande et les autres de décréter qu’il n’y aurait pas de faillite de banques en Europe parce que les Etats ne le permettraient pas !

 

C’est le même Nicolas Sarkozy qui après s’être battu pour emporter une décision du conseil de sécurité des Nations Unies, annonçait en pleine conférence internationale à Paris, que sans attendre les décisions, les avions français volaient déjà depuis plusieurs heures vers Benghazi où ils arrivèrent juste à temps pour empêcher le massacre des habitants.

 

 

 

Le Président de la République que je connais c’est celui qui sait trouver les mots pour réconforter les familles de nos soldats morts, les mots de l’affection et du courage pour soulager ceux qui ont perdu des êtres chers.

Je l’ai encore vu ces jours-ci.

Je l’ai vu entourer les familles, je l’ai vu apaiser la tristesse et la crainte des communautés qui étaient touchées, je l’ai vu leur assurer que la France ne céderait pas et qu’elle ne laisserait pas ce crime impuni, je l’ai vu réagir, je l’ai vu décider en Chef d’Etat qu’il est.

 

Certains ont cru bon de critiquer l’engagement personnel du Président de la République. Les Français jugeront de l’ineptie de ces propos.

Lorsque sept innocents sont les proies d’un fanatique, lorsque la peur et le chagrin atteignent notre pays, il normal, il est légitime, il est même nécessaire que le Président de la République soit en première ligne, incarnant la résolution et l’unité de la Nation.

 

Oui, durant cinq années, j’ai vu l’énergie mêlée d’expérience de Nicolas Sarkozy, j’ai vu aussi sa générosité, ses hésitations, ses doutes secrets, j’ai vu les blessures qui lui ont été infligées.

 

Non, mes amis, tout ce que j’ai vu n’a rien à voir avec le portrait malveillant de lui qui a été trop longtemps véhiculé.

 

Aucun président n’a fait, sous la 5ème République, l’objet d’un tel acharnement.

Pourquoi ?

Parce qu’il a fait des erreurs ?

Mais qui n’en a pas fait ? J’en ai fait !

Ceux qui n’ont jamais fait d’erreurs ne sont pas nécessairement les êtres les plus justes et les plus solides.

Parce qu’il a osé, parce qu’il a foncé, parce qu’il n’a pas fait semblant comme d’autres avant lui ?

Je dis aux Français : jugez Nicolas Sarkozy sur ses actes, jugez-le sur sa capacité à affronter les crises, sur sa façon de vouloir allez plus loin.

Nicolas Sarkozy, c’est l’homme qui ne se résigne jamais.

 

Il est le candidat d’une France forte.

La France forte, c’est la France qui milite pour une Europe politique et qui met tout son poids dans la balance pour la construire.

La France forte, c’est la France qui résiste à la crise et qui investit à long terme dans la recherche, dans la technologie, dans l’université, dans ses entreprises.

La France forte, c’est la France qui réduit ses déficits pour ne pas laisser à ses enfants le soin de régler la facture.

La France forte, c’est la France qui cherche à être plus compétitive, pour aller chercher la croissance, pour produire chez elle, pour créer des richesses, pour créer des emplois.

 

La France forte, c’est la France qui est fière de ses valeurs républicaines et qui n’hésite pas à agir dès lors que la sécurité et l’unité sont en jeu !

 

Mes chers amis,

J’ai toujours pensé que le choix des Français se cristalliserait dans les toutes dernières semaines de la campagne présidentielle.

10 candidats sont en lice.

Toutes ces candidatures sont légitimes, mais toutes n’ont pas vocation à diriger la France.

Diriger la France, entraîner la France, protéger la France : c’est de cela dont il s’agit avec l’élection présidentielle. Et cela est une chose grave.

 

C’est pourquoi, j’invite tous les Français qui se sentent proches de nos valeurs à nous rejoindre maintenant.

 

Certains ont des sensibilités différentes des nôtres ; certains ont sans doute envie de nous faire passer des messages. Mais le rassemblement des voix est décisif pour créer une dynamique populaire en faveur d’une France forte et unie !

 

J’en appelle à la vaillance de tous les Français à qui je dis que notre nation est capable de se dépasser, de se renouveler, de se transcender.

Rien ne résiste à la grandeur d’un peuple qui a fait de la liberté la première de ses causes !

Alors, traçons notre chemin à travers les difficultés, les hésitations, les oppositions.

 

Nous avons besoin de Nicolas Sarkozy et le Président de la République a besoin de nous tous.

Il a besoin que vous soyez les artisans d’une victoire qu’il faut aller chercher parmi les Français et avec eux.

Alors, dressez-vous, rassemblez-vous, mobilisez-vous, et engageons-nous tous ensemble pour la France et pour la République."

 

Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 18:38

Je me suis rendu aujourd'hui à Alésia pour inaugurer le Centre d’interprétation du MuséoParc Alésia.

 

Voici le lien vers la vidéo de mon discours

 

Messieurs les Ministres, cher Frédéric Mitterrand, cher François Sauvadet,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

 

C’est avec plaisir que je suis parmi vous pour inaugurer le MuséoParc d’Alésia qui nous plonge dans l’univers de la Gaule.

Etat, département de la Côte d’Or, Région, associations, historiens, tous nous avons conjugué nos efforts pour faire de cet espace un magnifique lieu de connaissances et de réflexion.

Il est juste, il est légitime, de redonner à cette période de notre Histoire les lumières qu’elle mérite.

 

La localisation de la fameuse bataille d’Alésia en l’an 52 avant Jésus-Christ a longtemps été l’objet d’incertitudes, et elle est encore à la source de quelques controverses.

Mais il existe aujourd’hui un large consensus des historiens pour la situer sur ce site.

 

Tout a commencé avec Napoléon III, qui a lancé les fouilles archéologiques qui ont mis à jour le site d’Alise-Sainte-Reine.

Près de 150 ans après, nous célébrons la transformation de ce lieu en un grand complexe muséal, avec l’inauguration du Centre d’interprétation.

 

Alésia a existé, à Alésia on s’est battu, mais Alésia a pris au cours du temps une résonnance plus grande encore : Alésia est devenu une légende.

«Les pays qui n’ont plus de légende seront condamnés à mourir de froid», écrivait Patrice de la Tour du Pin.

Une nation se forge par son Histoire, mais aussi en orchestrant son Histoire. Et cette Histoire est faite de réalités objectives et de mythes que s’approprient les peuples.

 

Les mythes sont là pour enseigner quelque chose ; les lieux de mémoire sont porteurs d’une valeur qu’il faut décrypter.

Que signifie Alésia dans notre Histoire nationale ?

C’est d’abord une fresque de contrastes riches en puissance d’évocation : un contraste entre deux hommes, César et Vercingétorix ; entre la civilisation romaine et la diversité des peuples de Gaule réunis ici.

Alésia c’est aussi l’étonnante convergence de ces peuples pour défendre leur territoire. Il y a dans ce sursaut commun une intuition de l’intérêt général face aux divisions.

 

On peut être frappé que ce mythe soit celui d’une défaite.

Mais il est des défaites fondatrices, et la nation française trouve dans ce mythe d’Alésia l’image de l’adversité qui l’a si souvent frappée, et dont elle s’est toujours relevée par l’esprit de résistance qui l’anime.

 

A Alésia, il y a plus de 2000 ans, des peuples de Gaule étaient vaincus, leur chef déposait les armes aux pieds du vainqueur, et des Gaulois partaient en esclavage.

Qui pouvait prédire que la France, héritière de ces tribus gauloises et de tant d’autres, allait progressivement naître, progressivement s’unir et finalement marquer le monde de sa trace étonnante ?

 

Surmontant ses déchirements, surmontant les coups durs, la France s’est faite, la France s’est rassemblée, et nous sommes là ensemble, résistants à ceux qui voudraient nous opposer.

 

Mesdames et messieurs,

 

Nous venons de vivre une semaine éprouvante.

La tragédie de Montauban et de Toulouse s’est conclue par la mort du criminel.

Nous devons rendre hommage au travail extraordinaire de nos forces de l’ordre.

Le Président de la République avait décidé d’engager tous les moyens nécessaires pour mettre hors d’état de nuire cet assassin qui avait choisi de s’attaquer à des innocents au nom d’une idéologie meurtrière.

Aucune cause politique ou religieuse ne légitime la sauvagerie dont il a fait preuve. Il n’y a aucun courage, aucun honneur, à s’attaquer à des innocents.

 

En frappant nos militaires, parce qu’ils servaient notre nation là où nos intérêts sont en jeu et là où le droit international l’exige, puis en frappant la communauté juive de France, c’est en réalité notre République qui était visée. Et c’est elle qui a rendu un hommage solennel à ses morts.

Face à la haine, face à l’antisémitisme, la République est implacable car c’est son unité qui est en jeu, et ceux qui s’attaquent à elle nous trouverons toujours sur leur chemin.

 

Ce drame qui a bouleversé les Français donne tout son sens, toute sa profondeur aux valeurs d’égalité et de fraternité qui fondent notre communauté nationale.

Quelles que soient nos différences, quelles que soient nos origines, quelles que soient nos confessions, nous sommes tous les membres de la même famille.

Celle de l’humanité d’abord, cette famille dont les valeurs universelles ont été scellées en 1948, à Paris, dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme, qui était inspirée par notreDéclaration de 1789.

 

A l’image de ce meurtrier, les fanatiques haïssent les valeurs qui sont célébrées dans ces déclarations.

Nous avons le devoir de leur opposer notre force d’âme. Avec calme et fermeté nous devons nous tenir droit face à leurs intimidations.

 

Nous sommes aussi les membres de la même famille nationale. Par delà la couleur de la peau, les croyances, les racines, nous sommes tous Français, unis sous la même bannière tricolore.

La France a une identité, une culture, une essence. Mais rien ne fut jamais figé !

Ici, à Alésia, comment ne pas ressentir tout à la fois la résistance de la Gaule, son courage, sa singularité mais aussi sa métamorphose dans l’empire Romain ?

 

Notre nation n'a jamais cessé de se construire, de s'élargir, de s'unifier.

 

Elle n’a jamais cessé de fédérer des provinces rebelles.

Elle n’a jamais cessé d’embrasser des religions différentes, d’accueillir et d’assimiler des immigrants.

Le processus d’unification fut chaotique, parfois douloureux, mais par l’autorité de l'État, par la communion de la langue, par l’égalité des droits, par le prix du sang, la France s'est trouvée !

 

À tort, certains crurent que le drapeau français n'était ni assez généreux, ni assez large, pour rassembler chacun dans ses différences. Eh bien non, ce drapeau fut et reste suffisamment lumineux pour faire de nous une nation de citoyens, une nation soudée, une nation fraternelle.

En ce lieu chargé d’Histoire, j’invite les Français à regarder leur passé avec fierté, avec déférence, avec lucidité.

 

La France vient de loin, et il me plait de penser que nous sommes tous un peu gaulois : indisciplinés, téméraires, capables de vouloir l’impossible et d’y arriver pourtant. Mais je n’oublie pas tous ceux qui depuis plusieurs siècles ont mêlé leur destin à celui de la nation.

Après le drame de Toulouse, comment ne pas rappeler que cela fait plus de vingt siècles que les juifs vivent parmi nous, en Français à part entière ?

 

Vingt siècles et avec quels exceptionnels résultats : Rachi de Troyes, le Général Wolf, Marcel Proust, Romain Gary, Pierre Mendès France, André Citroën, Marc Bloch, Simone Veil, Georges Charpak… et tant d’autres.

 

Tous apportèrent leur intelligence et leur bravoure au grand fleuve de la nation française. Ce fleuve est immense, et les ruisseaux de notre gloire sont multiples.

Lorsqu’à Magenta, en 1859, le régiment de zouaves chargea l’ennemi, personne ne regarda la couleur de peau de ces braves parmi les braves.

 

 

Durant la Grande Guerre, qui s’interrogea sur les origines des 100.000 morts et disparus de l'Armée d'Afrique dans les tranchées de la Marne et de Verdun.

Et nul ne s’interrogea, en 1944, sur celles des tirailleurs, spahis, tabors, descendus de l’Atlas et des Aurès pour libérer notre patrie.

Oui, la Gaule constitue l’un des socles de la France, mais célébrons aussi tous ceux qui ont participé à sa construction, à son enrichissement, à sa défense.

 

Tout ceci pour dire, Mesdames et Messieurs, que notre vieille et grande nation est faite de tous ces apports qui se sont rassemblés autour d’un idéal commun qui a pour noms, la France et la République.

 

Notre unité nationale est notre bien le plus précieux.

Nous devons être plus forts que ceux qui veulent détruire notre pacte. Et nous le serons !

 

Nous devons être plus forts que la violence, la haine, le racisme, tous ces maux qui salissent le visage de la Nation. Et nous le serons !

 

Nous devons être plus forts que le repli, l’égoïsme, l’intégrisme. Et nous le serons !

 

Pour la France que nous aimons, pour la France unie, nous choisirons d’être toujours ensemble, libres, égaux et fraternels.




 

Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article
15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 14:35

 

 
François Fillon dénonce "l'antisarkozysme" seul argument de campagne du Parti Socialiste et la caricature du bilan du gouvernement lors d'une réunion publique à Nancy le jeudi 15 mars 2012. 

 

Voici mon discours lors de la réunion publique à Nancy le jeudi 15 mars 2012 :

"Mesdames et Messieurs,

Mes chers amis,

 

A 40 jours du premier tour des élections, je suis heureux de retrouver les militants lorrains, aux côtés des membres de mon gouvernement : Nadine MORANO qui est une femme de cœur dont j’ai mesuré l’efficacité ministérielle, une femme qui ne craint aucun combat ; Gérard LONGUET, dont j’estime la solidité et l’intelligence.

 

Je remercie André ROSSINOT d’avoir permis ce rassemblement et de s’être projeté dans la campagne avec lucidité et loyauté, en entraînant ses amis du Parti radical.

André est un homme expérimenté et pourtant toujours innovant.

Son bilan est exceptionnel, et la ville de Nancy lui doit beaucoup.

Ses convictions républicaines, européennes, humanistes, il a choisi de les mettre au service de Nicolas SARKOZY. Comme l’a également fait Laurent HENART dont l’appui et le talent renforcent notre combat commun.

 

Désormais, toutes les familles de la majorité présidentielle sont rassemblées.

 

Je veux dire toute mon affection aux élus présents et tout mon soutien à ceux qui sont candidats aux élections législatives : Valérie ROSSO-DEBORD dont je viens d’inaugurer la permanence, Jacques LAMBLIN, Philippe MORANVILLIER, Philippe NACHBAR, Jean-François HUSSON, François GROSDIDIER, Céleste LETT, Anne GROMMERCH, François VANNSON, Jean-Jacques GAULTIER, Véronique MATHIEU, Julien FREYBURGER, Etienne MANGEOT, Sylvie THOMAS.

 

Mes chers amis,

 

Progressivement, le voile se déchire.

Durant des mois, on a encensé le candidat du parti socialiste.

Durant des mois, on nous a fait croire que les jeux étaient faits.

Durant des mois, notre action a été caricaturée.

Force est de constater qu’a Villepinte, ce week-end, Nicolas SARKOZY n’était pas seul. Nous étions des milliers à ses côtés bien décidés à aller chercher la victoire.

Force est de constater qu’après avoir été tant dénigré et défiguré, notre bilan s’est imposé dans le débat électoral.

 

La réforme des universités a complètement modifié le paysage universitaire et scientifique de la France.

La réforme des retraites a sécurisé notre modèle social.

Le service minimum dans les transports et à l’Ecole a modifié les relations entre les usagers et les grévistes qui ne peuvent plus prendre impunément les Français en otage.

La rénovation urbaine, engagée par Jean Louis BORLOO, a reconfiguré les quartiers.

Le sauvetage de la Grèce et la sécurisation de l’euro ont conforté la stratégie de solidarité impulsée par la France et l’Allemagne.

 

Sur nos réformes, après cinq années de caricatures et d’opposition stérile, le Parti Socialiste est désormais plus silencieux.

Son seul argument de campagne se limite à l’ « antisarkozysme », autant dire le degré zéro de la politique.

 

Les Français ne s’y tromperont pas.

Bientôt, ils devront répondre à la vraie question de l’élection présidentielle : qui doit diriger la France ?

Qui doit défendre sa souveraineté, qui doit défendre sa place dans le concert des nations ?

Qui doit donner à la France et à l’Europe les moyens de se battre à armes égales avec les nouvelles puissances d’Asie et d’Amérique Latine ?

 

Le style de Nicolas SARKOZY peut plaire ou ne pas plaire, mais personne ne se pose la question de savoir s’il peut tenir le rôle de Chef d’Etat.

Pendant cinq ans, il a agi, il a décidé, il a tranché.

Dans un monde de 7 milliards d’habitants qui ont soif de réussite, le Président s’est efforcé de créer les conditions d’une France plus réactive et plus moderne.

 

Dans cette région, à Florange et ailleurs, on sait les enjeux de la concurrence internationale pour nos industries et nos emplois.

Comment garder nos emplois en France, comment produire plus pour être plus compétitifs, comment créer plus de richesses pour mieux les partager ?

Ce sont les seules questions qui comptent.

 

Le chemin de la croissance sera long, il ne sera pas facile. Mais certaines voies y mènent plus directement que d’autres.

 

La première voie de la croissance, c’est l’Europe politique.

 

En Lorraine, c’est une évidence : défendre la souveraineté française, c’est aussi se battre pour une Europe unie et forte.

La crise a failli mettre à terre 60 ans de construction européenne.

 

Mais l’Europe se redresse. Le plan qui sécurise la zone euro se met en place.

Il y a quelques jours, un accord entre les créanciers et le Gouvernement grec a sauvé le pays de la faillite.

Les attaques spéculatives sur la monnaie européenne ont baissé, comme les taux d’intérêt auxquels nos pays empruntent aujourd'hui.

Ces réussites sont le fruit de l’engagement du président de la République avec la chancelière allemande.

 

Dans cette campagne présidentielle, Nicolas SARKOZY est le seul dont l’engagement européen soit incontestable et concret.

Il croit en une Europe réactive et maîtresse de son destin.

C’est la raison pour laquelle il a donné au couple franco-allemand une puissance inédite, car sans ce couple l’Europe vacille et hésite.

C’est la raison pour laquelle il s’est battu pour offrir à l’Union européenne un nouveau départ, avec la création d’un vrai gouvernement économique de la zone euro.

 

Il n’est pas possible d’avoir la même monnaie sans avoir le pouvoir d’élaborer des stratégies économiques communes !

Il faut concentrer les moyens de la recherche européenne, il faut tendre vers une fiscalité commune, il faut nous donner les moyens de créer des champions industriels européens.

Parce que le libre-échange sans limite a conduit à affaiblir notre continent, le Président de la république a défendu le principe de réciprocité dans le commerce international jusqu’à le faire reconnaître au Conseil européen de septembre 2010.

L’Europe est ouverte, elle croit aux vertus de la concurrence, mais l’Europe ne doit pas être naïve !

Il est temps qu’elle se dote d’un outil qui encourage la production de ses entreprises et oblige les pays tiers à lui ouvrir leurs marchés publics.

 

La seconde voie de la croissance, c’est le choix de la compétitivité.

 

On peut débattre à l’infini, sur le pouvoir d’achat, sur l’emploi, sur la justice sociale, sur la nécessité de produire en France, mais sans compétitivité économique rien n’est possible.

 

Depuis 2007, nous avons bâti un socle favorable à l’épanouissement de nos entreprises.

Nous avons supprimé la taxe professionnelle qui les dissuadait d’investir sur de nouveaux produits, de nouveaux marchés.

Nous avons triplé le crédit impôt recherche, ce qui a permis de restituer cinq milliards d’euros par an aux entreprises qui font de la recherche et du développement.

 

Nous avons multiplié les synergies entre les entreprises, les universités, les laboratoires de recherche ; nous avons multiplié les pôles de compétitivité parce qu’il fallait mettre fin à cette mauvaise habitude française qui est de cloisonner les talents.

 

A travers les 35 milliards accordés aux Investissements d’Avenir, c’est un acte de foi que nous avons fait dans notre potentiel et dans notre industrie.

Contre tous ceux qui prétendent que l’industrie, c’est le passé, nous avons investi dix-sept milliards d’euros dans les projets les plus prometteurs.

Et aujourd’hui, nous proposons d’aller encore de l’avant : sur la formation professionnelle qu’il faut concentrer sur les demandeurs d’emploi, sur les accords de compétitivité, qui doivent donner à nos entreprises et à leurs salariés plus de souplesse pour ajuster l’organisation et le temps de travail au contexte économique.

 

Enfin, nous avons décidé de réformer le financement de la protection sociale.

Pourquoi ?

Parce que le coût du travail est trop élevé chez nous, à cause des charges sociales.

 

Pour financer la baisse du coût du travail tout en maintenant le niveau de notre protection sociale, nous avons donc choisi d’augmenter en parallèle la TVA et la fiscalité sur les revenus financiers.

 

Oh, je sais bien que c’est un sujet sensible… Mais il faut savoir ce que l’on veut !

Si nous voulons produire en France, si nous voulons défendre notre industrie, si nous voulons créer des emplois, il faut réduire les charges pesant sur le travail !

Cette réforme nous permet de baisser de 5,4 % le coût du travail sur les emplois industriels et de revenir au niveau de l’industrie allemande.

Pour nos entreprises, cette baisse des charges de 13 milliards d’euros, c’est une chance de réduire leurs coûts de production et de gagner des parts de marché à l’export.

Que propose le PS pour la compétitivité française ?

 

La création d’une Banque publique d’investissement.

C’est une tellement bonne idée que cette banque existe déjà !

Il s’agit d’OSEO, dont les moyens ont été considérablement renforcés depuis 2007, et qui a permis de sauver des dizaines de milliers d’emplois pendant la crise.

Son action va d’ailleurs être renforcée, à travers la banque de l'industrie que nous sommes en train de créer.


Le parti socialiste annonce fièrement qu’il entend faire des PME une priorité.

Derrière les mots, il y a la réalité : c’est la remise en cause de la réforme de la taxe professionnelle ; c’est l’augmentation des cotisations patronales pour financer le retour en arrière sur les retraites, soit près de 3 milliards d’euros de plus pour les entreprises.

 

Hier, François HOLLANDE a dit qu’il voulait « soutenir l'investissement ».

Si c’est le cas, il devrait être un peu plus cohérent.

Eriger, comme il le fait, les actionnaires en bouc émissaire est stupide et contre-productif, aussi stupide que de dire que la finance est un adversaire, et tout aussi stupide que de vouloir surtaxer à 75% ceux qui réussissent.

La France a besoin d’investisseurs, notre économie a besoin d’attirer des capitaux, notre pays a besoin d’être une terre ouverte aux talents.

 

Sur l’investissement, le candidat socialiste n’en fera jamais autant que nous.

Le Fonds stratégique d’investissement, que nous avons créé et doté de 20 milliards d’euros, a investi plus de 4 milliards d’euros dans le capital des entreprises françaises.

Quant aux Investissements d'avenir que nous avons lancés, 2,5 milliards d’euros sont ciblés sur la croissance des PME.

 

Le parti socialiste nous dit qu’il veut simplifier le crédit d’impôt recherche.

Sur ce sujet, rappelons les faits : le parti socialiste a voté contre le triplement du crédit d’impôt recherche décidé par le Gouvernement.

Aujourd'hui, il pense être crédible en voulant le rendre plus accessible aux PME.

Mais de quoi parle-t-il ?

Aujourd’hui, les PME indépendantes représentent 72 % des bénéficiaires du crédit d’impôt recherche !

 

Enfin François HOLLANDE propose d’instaurer des règles qui s’appliqueraient aux entreprises en fonction de leurs investissements.

En clair, nous ferions porter les cotisations foncières aux entreprises qui n'ont pas de marge suffisantes pour investir…

Autant dire que les socialistes comptent abandonner sur le bord du chemin toutes celles qui sont déjà au bord du gouffre.

C’est tout l’inverse qu’il faut faire : il faut aider nos entreprises industrielles à investir.

 

La troisième voie pour retrouver la croissance, c’est la réduction des déficits publics.

Vous connaissez ma conviction en ce domaine : un pays endetté, c’est un pays qui perd sa souveraineté.

Le mot de « faillite » que j’ai autrefois employé, n’est plus une abstraction.

Aux Etats-Unis, des communes entières, des caisses de retraites et même le Minnesota, un état grand comme la moitié de la France ont fait faillite !

Pour avoir vécu trop longtemps au dessus de leurs moyens, la Grèce, le Portugal, mais aussi l’Espagne et l’Italie, vont devoir faire des sacrifices brutaux.

 

Construire sur la dette comme cela a été fait depuis des années, croire qu’on va financer la croissance future à crédit, croire qu’on peut remettre à plus tard notre calendrier de retour à l’équilibre de nos comptes publics, c’est une illusion qui réserve des retours de bâton terribles.

 

Dans cette campagne, je voudrais convaincre les Français que la réduction des déficits n’est pas un sujet comptable.

C’est un sujet moral car les parents ne laissent pas à leurs enfants le soin de régler la facture de leur imprévoyance.

C’est un sujet économique car tout l’argent que nous consacrons chaque année pour rembourser nos dettes, c’est autant d’argent en moins pour financer nos entreprises, nos emplois.

C’est un sujet social car la moitié de nos dépenses publiques est consacrée au financement de notre modèle social !

 

Si nous voulons continuer de protéger nos concitoyens les plus modestes, il n’y a pas 36 solutions ; il faut inverser les mauvais choix de ces 20 dernières années : le choix de travailler moins; le choix du recours à la dépense systématique.

 

Depuis 2007, nous réformons nos structures, nous rationalisons l’organisation de l’Etat.

Nous avons mis fin à des années de recrutements tout azimut de fonctionnaires en ne remplaçant pas un départ en retraite sur deux.

Nous avons pour la première fois placé les mots économies et rationalisations au cœur de la politique de l’Etat avec la mise en place de la RGPP qui permet aujourd’hui d’économiser chaque année 15 milliards d’euros.

Nous avons maitrisé comme jamais les dépenses de santé.

Nous avons réformé les retraites, et si nous ne l’avions pas fait ce sont plus de 80Mds€ qui auraient manqué au financement de nos retraites d'ici à 2018.

 

Dans quelle situation serait la France aujourd’hui si nous n’avions pas engagé toutes ces réformes ?

Comme partout la crise a gonflé la dette du pays : de 35%, entre 2007 et 2011. C’est beaucoup. Mais comparé à l’augmentation de 86% en Espagne, 84% au Royaume-Uni et 60% aux Etats-Unis, c’est peu.

 

Grâce aux réformes, la France fait partie des pays, avec l’Allemagne, qui ont le mieux résisté à la crise.

Notre politique de réforme aura permis de diviser par plus de deux l’effet de la crise sur nos comptes publics.

 

J’en suis parfaitement conscient : cette rigueur budgétaire est difficile, elle exige des efforts, des changements d’habitude, des réorganisations…

Mais au bout de ce chemin du redressement budgétaire, il y a la souveraineté financière;  il y a la sécurité de notre modèle social; il y a la possibilité de retrouver des marges de manœuvre pour booster notre économie, pour financer nos infrastructures, pour aménager nos territoires.

 

Notre stratégie est sans alternative !

Nous nous sommes engagés sur un effort de 115 milliards d’euros entre 2011 et 2016 : 40 milliards d’euros de hausse d’impôts et 75 milliards d’euros de baisse des dépenses.

C’est un effort ambitieux mais atteignable.

Pour y arriver, nous continuerons à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Et nous continuerons à réformer l’Etat.

En 2016, nous reviendrons à l’équilibre de nos comptes.

 

Sur ces sujets aussi graves, il n’y a pas de place pour le flou.

Que propose le parti socialiste ?

La démagogie. Après avoir critiqué quasiment toutes les réformes du quinquennat, il en garde la majorité.

Sur les retraites, il garde aujourd’hui 80% de la réforme.

Sur la réforme de la carte judiciaire, après avoir appelé à manifester, il choisit de la conserver.

Sur les deux plans de redressement votés en 2011, il garde l’intégralité des 25 mesures.

 

Sur tous ces sujets, François HOLLANDE sait maintenant que nous avions raison.

Nous avons fait une partie du travail, mais pour le prochain quinquennat, que propose-t-il ?

De renvoyer le retour à l’équilibre au quinquennat suivant. Et encore, « si la croissance le permet », nous dit-il. Ce n’est pas rassurant.

De ne pas voter la règle d’or, qui doit pourtant être adoptée par tous les Etats européens.

D’arrêter la RGPP et le non remplacement d’1 fonctionnaire sur 2.

De supprimer quelques niches fiscales et d’augmenter les impôts des plus aisés.

De son propre aveu, ses mesures fiscales rapportent 29 milliards d’euros.

Or le déficit, c’est 100 milliards d’euros : bref, il manque 70 milliards d’euros dans le programme de François HOLLANDE !

 

Evidemment, s’engager à faire des économies, ça n’est jamais très populaire.

Mais peut-on vouloir être Chef de l’Etat et vouloir plaire à tout prix ?

Peut-on vouloir plaire à tout prix et, dans le même temps, assurer notre souveraineté financière ? Eh bien non, il faut choisir !

M. HOLLANDE n’a pas choisi !

Pour lui, la lutte contre les déficits n’est pas une priorité nationale.

 

Mes chers amis,

 

Dans notre Lorraine, si cruellement blessée par les guerres, si marquée par nos traditions militaires, comment ne pas rappeler que parmi les responsabilités du Président de la République, il y aussi celle de chef des armées ?

 

Notre pays ne se connaît aucun adversaire désigné… Mais la France est une vieille nation qui sait, depuis longtemps, que la paix exige parfois l’emploi de la force.

Notre sécurité nationale, nos responsabilités internationales comme la défense de notre démocratie, nous commandent d’être prêts à agir.

Dans ces circonstances, la main ne doit pas trembler.

 

Durant cinq années, j’ai vu Nicolas SARKOZY exercer ses devoirs avec sang froid et audace : en Côte d’Ivoire, en Lybie, c’est lui qui, en son âme et conscience, a décidé que les forces françaises feraient basculer la situation en faveur de la démocratie et des droits de l’homme.

C’est lui qui, dans la Cour des Invalides, se trouvait seul face aux cercueils de nos sept soldats tombés en Afghanistan.

C’est dans ces instants là, quand la vie et la mort se confondent, que le poids de la fonction présidentielle prend son sens le plus grave.

 

L’élection présidentielle est plus qu’une affaire nationale car le monde vibre de toutes ses forces à nos portes.

 

De l’autre côté de la Méditerranée, le vent de la liberté a été plus puissant que la peur et que la dictature : Tunisie, Egypte, Lybie, le monde arabo-musulman est en train de vivre une transformation politique qui peut redessiner l’espace méditerranéen.

C’est un espoir ; mais le chemin de la démocratie est semé d’embûches.

En Syrie, malgré nos efforts diplomatiques, la répression se poursuit et nul ne sait vers quel précipice l’intransigeance du régime de Bachar EL-ASSAD mène la région.

En Iran, la fabrication de l’arme atomique se poursuit, et nous savons que sa présence pourrait bouleverser les équilibres géopolitiques du Proche et Moyen Orient.

Chaque jour, l’Europe accentue ses mesures de rétorsion.

Mais Israël est sur le qui-vive et les scénarios militaires contre l’Iran sont à l‘étude.

Quant au dialogue israélo-palestinien, il est au point mort.

 

Ailleurs, nous sentons naître les grands enjeux conflictuels du XXIème siècle : la course aux ressources naturelles, les dérèglements écologiques, la distorsion des monnaies, le fanatisme…

Bref, les temps à venir réclameront beaucoup de sang froid, beaucoup d’anticipation et une grande fermeté.

 

Ceux qui disent que ces risques extérieurs ne nous concernent pas ne comprennent pas que le prix de la lâcheté est plus élevé que le prix du courage.

Je récuse ces disciples de la neutralité qui dénoncent les malheurs du monde qu’ils n’ont pas le courage de combattre.

Je m’oppose aux partisans de l’isolement national car le repli est plus risqué que l’action.

Je conteste ceux qui pensent que le défilé du 14 juillet n’a plus de raison d’être.

 

Je me suis souvent rendu à l’Hôpital militaire de Percy pour aller voir nos combattants blessés.

A chaque fois, j’ai été admiratif de leur courage, de leur dignité.

Chez ces blessés, pas une larme, pas un regret, pas un doute sur la légitimité de leur engagement.

Chaque rencontre fut pour moi une leçon d’humilité, mais aussi une leçon de patriotisme.

Ces hommes servent la France, sans orgueil, sans esprit cocardier, sans donner de leçons à quiconque.

Ils méritent notre gratitude et tous les honneurs.

Ils méritent surtout que nous soyons à la hauteur de leur foi en la France.

 

La France n’est pas une fiction, la France à une âme et un visage.

Nous sommes les héritiers d’une Histoire exceptionnelle dont nous n’avons pas à rougir.

Nous sommes les dépositaires d’une culture brillante, dont le rayonnement international doit être fermement défendu.

Nous avons nos mœurs et un certain art de vivre.

Négliger tout cela, ridiculiser tout cela, ce serait ouvrir la porte à une société sans âme, dominée par un individualisme forcené.

Notre nation c'est notre protection et c'est notre tremplin.

Elle nous rassemble, elle nous solidarise, elle nous grandit, elle nous permet, dès lors que nous sommes fiers de nous-mêmes, de nous ouvrir sur d’autres horizons sans crainte de nous perdre.

 

Un peuple uni et fier est un peuple ouvert et généreux. Mais l’unité et la fierté, ca n'est pas quelque chose qui se célèbre une fois par an.

Etre un républicain de circonstance, selon les heures et selon ses intérêts, ca n’est pas être républicain.

Etre français et en même temps entretenir par ses mots, ou par son incivisme, le discrédit du pays, c’est le diviser !

 

Dans la mondialisation, notre unité nationale est notre première arme.

Depuis dix siècles, notre volonté de nous organiser autour d’un projet collectif s’est imposée sur nos particularismes et nos vieux penchants pour la division.

Depuis le fond des âges, la France a accueilli et assimilé des générations d’étrangers.

Nous sommes une communauté nationale, pas une nation mosaïque ! Une nation républicaine et citoyenne, pas une nation à géométrie variable !

 

Voilà pourquoi, je m’insurge lorsque les corporatismes s’estiment plus légitimes que l’intérêt général.

Voilà pourquoi je refuse le vote des étrangers aux élections locales, parce que je suis pour une citoyenneté pleine et entière et contre une citoyenneté à plusieurs vitesses.

Voilà pourquoi je suis pour la laïcité, parce que la République se confond avec la liberté de croire ou de ne pas croire, aucune religion ne devant prendre le pas sur une autre.

 

 

Voilà pourquoi je suis pour une immigration maîtrisée car il n’y a pas de générosité à accueillir des personnes, qui sans travail, sans formation, seront des déracinés.

Voilà pourquoi je combats la xénophobie, car qu’importe les origines, la couleur de peau, une seule chose compte, c’est l’amour de la France et le respect de la République qui inspirent chaque individu.

 

Il n'y a rien de choquant à dire que les étrangers qui s'installent régulièrement chez nous ou qui adoptent la nationalité française ont vocation à s'approprier l'héritage du pays des droits de l'homme.

Et il est naturel que nous voulions que nos valeurs soient aussi les leurs.

C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois et ses mœurs, et non à la France de se plier à des règles qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.

 

Nous sommes une nation d’intégration. Et l’intégration signifie que celui qui vient légalement en France adopte la France, et, dès lors, la France l’adopte comme l’un des siens, comme un citoyen à part entière.

 

 

Mais, Mesdames et Messieurs, pour qu’il y ait intégration, encore faut-il que l’étranger qui rejoint notre communauté nationale sache et sente que notre nation est animée par une foi commune.

Et là, c’est notre responsabilité à tous qui est en jeu !

Etre Français, c’est une chance mais c'est aussi une charge.

Chaque citoyen tient entre ses mains une part du succès de la France.

Chaque citoyen porte le flambeau d’une Histoire et d’une culture qui viennent de loin.

Chacun est porteur d’une responsabilité civique, et parmi ces responsabilités, il y a le vote.

En tant qu’électeur, chacun doit se demander quel est le meilleur choix pour le pays : le choix le plus efficace au regard de la crise que nous connaissons, le choix le plus raisonnable au regard des défis que nous lance le monde.

Etre citoyen, c’est arbitrer entre le souhaitable et le possible, c’est chercher la vérité plutôt que la facilité.

Si j’invite la France à se réformer encore, à être plus compétitive, à se former plus, à dépenser moins, c’est que je ne connais pas d’autre moyen pour être une grande nation, une nation soudée qui crée des richesses, qui les partage, qui protège ses enfants des lendemains incertains.

 

Je me bats pour Nicolas SARKOZY car j’ai la conviction que sa volonté réformatrice est plus intense et plus courageuse que celle de François Hollande.

 

Maintenant, le Président de la République a besoin de vous.

Il a besoin que vous soyez ses porte-parole.

Il a besoin que vous soyez ses défenseurs.

Il a besoin que vous soyez les artisans d’une victoire qu’il faut aller chercher de porte en porte, sur vos lieux de travail, parmi vos amis, parmi les Français.

Ne vous laissez pas impressionner.

Vous avez tout lieu d’être fiers de vos valeurs.

Tracez à travers les attaques, entraînez les sceptiques, raisonnez les désillusionnés, réveillez les fatigués, rassemblez-vous, mobilisez-vous.

Engagez-vous pour la France, engagez-vous pour la République, et, ensemble, faisons gagner Nicolas SARKOZY."

Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article
12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 17:56

Les défis que nous avons encore à relever pour que l'accès à l'eau soit plus juste et plus durable sont évidemment très importants.
Mais je voudrais dire qu'il n'y a pas de fatalité.
Nous avons les moyens d'obtenir à brève échéance des progrès toujours plus concrets.
Et je crois que les succès des différents forums de l'eau qui se sont succédés montrent que la conscience de ces enjeux s'est largement développée au sein de la communauté internationale, et que la volonté de faire émerger des solutions durables est désormais bien ancrée.

 

lien vers mon discours au 6ème Forum mondial de l'eau à Marseille le 12 mars 2012

 

Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article
11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:21

Merci à tout ceux qui sont venus soutenir Nicolas Sarkozy à Villepinte, merci de votre enthousiasme!

 

 

 


 

François Fillon appelle à faire gagner Nicolas Sarkozy pour la République et pour la France lorsqu'il s'adresse aux français rassemblés à Villepinte le 11 mars 2010.

 

 

mon discours : 

"Cet après midi, un cœur  bat dans cette immense enceinte, et ce cœur est plus fort que tous les sondages, plus fort que tous les prétendus scénarios écrits d’avance.
C’est le cœur de la France et c’est le cœur de la République !

D’où que vous veniez, vous êtes les membres de la même famille.
Uni par le même passé et pour le même avenir: voici le peuple français, rassemblé à Villepinte !

Non ! Nicolas Sarkozy n’est pas seul, nous sommes là par milliers bien décidés à aller chercher la victoire.
 
Après cinq années de présidence, il se présente tel qu’il est, sans fioritures et sans artifices.

Le Président de la république auprès duquel je viens de passer 5 ans n’est pas l’homme que Martine Aubry vient encore de salir de ce Maroc où, il n’y pas si longtemps elle passait un pacte avec celui qui était alors le grand favori des socialistes et des sondages pour la présidentielle jusqu’à qu’il disparaisse dans le vide des faits divers.

Il n’est pas l’homme qu’on vous décrit à longueur d’éditoriaux à charge.
Le président de la République que je connais c’est celui qui a eu l’audace et le courage de forcer le destin en bousculant une douzaine de chefs de gouvernement réunis à l’Elysée un soir de 2008 où tout le système financier mondial était sur le point de s’effondrer.
Chacun lui conseillait d’attendre, de consulter, d’obtenir l’aval des américains, des institutions financières.
Seule sa force de conviction l’a emporté ce soir-là.
Lui seul a convaincu la chancelière allemande et les autres de décréter qu’il n’y aurait pas de faillite de banques en Europe parce que les Etats ne le permettraient pas !

C’est le même Nicolas Sarkozy qui après s’être battu pour emporter une décision du conseil de sécurité des Nations Unies, annonçait froidement en pleine conférence internationale à Paris que sans attendre les décisions de soutien militaire aux insurgés Libyens qui venaient d’être prise, les avions français volaient déjà depuis plusieurs heures vers Benghazi où ils arrivèrent juste à temps pour empêcher le massacre des habitants.

Il y a ceux qui pérorent sur le droit d’ingérence et celui qui prend tous les risques pour en faire enfin une réalité.
 
Nicolas Sarkozy c’est celui qui n’a jamais renoncé à libérer les infirmières Bulgares, Ingrid Betancourt, les otages français en Afghanistan, en Somalie ou au Niger,  Florence Cassez au Mexique.

Le Président de la République que je connais c’est celui qui sait trouver les mots pour réconforter les familles de nos soldats morts au service de la liberté et des droits de l’homme.

Le Président de la République que je connais c’est celui qui n’a jamais perdu sa capacité d’indignation face aux violences inacceptables dont sont encore victimes trop de nos concitoyens.

Durant cinq années, j’ai vu son courage, son énergie mêlée d’expérience, j’ai vu aussi sa générosité, ses hésitations, ses doutes secrets, ses revirements après avoir entendu des arguments justes, j’ai vu les blessures qui lui ont été infligées, j’ai vu les trahisons qui l’ont freiné dans son élan.

Rien à voir avec le portrait malveillant, injurieux, dressé par ceux qui ont fait de l’antisarkozysme leur argument de campagne.
Aucun président n’a fait, sous la 5° République l’objet d’un tel pilonnage.
Pourquoi ?
Parce qu’il a fait des erreurs ?
Mais qui n’en a pas fait ? J’en ai fait. Ceux qui n’ont jamais fait d’erreurs ne sont pas nécessairement les êtres les plus justes et les plus solides.
Parce qu’il a osé, parce qu’il a foncé, parce qu’il n’a pas fait semblant comme tant d’autres avant lui ?
Je dis aux Français : jugez Nicolas Sarkozy sur ses actes, jugez-le sur sa capacité à affronter les crises, sur sa façon de vouloir allez plus loin. Discernez en lui, cette part d’audace sans laquelle la France serait déclassée.
  
Le Président a agi, il a décidé, il a tranché… Il est difficile d’en dire autant de son principal concurrent.
François Hollande est dans la parole, Nicolas Sarkozy est  dans l’action.
Personne ne se pose la question de savoir s’il peut tenir le rôle de Chef d’Etat. Il l’est et il l’a prouvé dans les situations les plus dures.
 
J’utilise ce mot de « Chef d’Etat », car la France est défiée par une crise qui est bien plus qu’une crise financière, c’est une crise de confiance à l’égard des vieilles nations européennes dont certains se demandent si elles ne vivent pas leurs derniers beaux jours.
J’utilise le mot de « Chef d’Etat », car le chemin de la croissance sera étroit, le chemin du désendettement sera difficile, et notre combat pour tirer profit de la mondialisation devra s’amplifier.
 
Si j’invite la France à se réformer encore, à être plus compétitive, à se former mieux, à dépenser moins, c’est que je ne connais pas d’autre moyen pour être une grande nation, une nation soudée qui crée des richesses, qui les partage, qui protège ses enfants des lendemains incertains.
 
Et pour cela, la France à besoin d’un Chef d’Etat, pas d’un champion de l’esquive.
Dire «oui» à tout le monde pour ne déplaire à personne, c’est le contraire de l’intérêt général.
 
Depuis le début de la campagne de François Hollande, nous sommes dans le flou, dans les petits arrangements et les médiocres calculs  sur des sujets aussi graves que l’avenir de l’Europe, les retraites, le nucléaire, la fiscalité, les déficits...
Le programme socialiste est une plateforme multimodale où, comme le dit la publicité, «rien n'est imposé tout est suggéré».
 
Ce n'est pas un secret de dire que le parti socialiste français n'est pas à la pointe de la modernité.
Ce parti a peut-être un prestigieux passé. Mais le tonneau des danaïdes ne suffirait pas à contenir l'addition de ses conservatismes et de ses renoncements.
Depuis vingt ans, le parti socialiste n'a rien étudié, rien proposé, rien décidé.
Il n'a été qu'une chose : l'académie  du dénigrement.
 
Qu’a-t-il fait pour intégrer dans sa réflexion la puissance de la mondialisation, le choc de la crise ? Rien !
Qu’a-t-il fait pour renforcer notre compétitivité ? Rien !
Qu’a-t-il fait pour moderniser nos universités ? Rien !
Qu’a-t-il fait pour les retraites ? Rien !
S’il est un parti qui a peur des réformes, c’est bien le parti socialiste.
Est-il au moins le parti des idées ?
Les idées ? Quelles idées ?
Le retour des emplois- jeunes ? Quelle idée !
Le recrutement de 60.000 fonctionnaires ? Quelle idée !
Le rétablissement du symbole impossible de la retraite à 60 ans ? Quelle idée !
Revenir en arrière constitue rarement une idée nouvelle.
 
Les français ont besoin d’une France forte pour les protéger.
Les européens ont besoin d’une France forte qui contribue à montrer le chemin de la renaissance du continent européen.
 
La France forte, c'est vous !
La France forte, c'est ce peuple français qui nous a aidés à traverser la première tempête du nouveau siècle.
La France forte, c'est vous tous qui, au lieu de baisser les bras, au lieu de manifester, au lieu de vous indigner de tout et de rien, au lieu de céder aux démagogues, étiez au travail partout où le pays avait besoin de vous.
La France forte, c'est celle qui malgré les pressions de la crise défendait ses valeurs  en Afghanistan, en Libye, en Cote d’Ivoire, au large de la Somalie.
La France forte, c'est la France qui a le courage de se réformer !
Je sais qu’aux yeux de nos compatriotes le compte n’y est pas et que nous n'avons pas tout réussi. Mais personne ne peut nous accuser d’avoir manqué de courage.
Nous avons osé, nous avons résisté aux blocages, nous avons engagé la transformation de la France.
 
Que nous reprochent nos adversaires ?
De faire tout ce qu'ils n'ont pas osé faire; d'avoir envie d'une France ardente et pas d’une France immobile.
Quel message porte la gauche?
Où est passé Pierre Mendès-France?
Bien sur ce n'est pas à moi de répondre, mais force est de constater que la France n'irait pas loin avec le programme socialiste.
 
François Hollande promet le «changement».
Mais ce n'est pas un changement qu’il prépare, c’est une marche arrière, à contre sens et à l’heure de pointe !
 
Avec vous, j'aime la France qui choisi le mouvement, l’audace, le progrès.
Je vote pour une France libre : celle de l’appel du 18 juin du Général De Gaulle, des marins de l’Ile de Sein.
Je vote pour une France des Lumières : celle de Voltaire défendant Calas.
Je vote pour une France solidaire, celle qui invente la sécurité sociale et les French Doctors.
Je vote pour la France des sciences et des techniques qui conçoit le TGV, Airbus et Ariane.
 
Je vote pour la France unie et républicaine.
Lorsque la Marseillaise est sifflée, lorsque les corporatismes s’estiment plus légitimes que l’intérêt général, lorsque l’expression des appartenances ethniques ou religieuses prend le pas sur la laïcité et la fraternité, alors il faut raffermir nos repères civiques !
Dans la mondialisation, notre première arme, c’est notre unité nationale.
 
Depuis dix siècles, notre volonté de nous organiser autour d’un projet collectif s’est imposée sur nos particularismes et nos vieux penchants pour la division.
Depuis deux siècles, nous disons que la citoyenneté est l’expression la plus noble de l’individu.
 
Depuis le fond des âges, la France a accueilli et assimilé des générations d’étrangers.
Nous sommes une communauté nationale, pas une nation mosaïque !
La République n’est pas compatible avec les communautarismes  qui enferment les individus.
La République c’est la même loi pour tout le monde.
 
Voilà pourquoi je refuse le vote des étrangers aux élections locales, parce que je suis pour une citoyenneté pleine et entière et contre une citoyenneté à plusieurs vitesses.
 
Voilà pourquoi je suis pour la laïcité, parce que la République se confond avec la liberté de croire ou de ne pas croire, aucune religion ne devant prendre le pas sur une autre.

Voilà pourquoi je suis pour une immigration maîtrisée car il n’y a pas de générosité à accueillir des personnes, qui sans travail, sans formation, seront des déracinés.
 
Voilà pourquoi je combats la xénophobie, car qu’importe les origines, la couleur de peau, la religion, une seule chose compte, c’est l’amour de la France qui inspire chaque individu.
 
Mes chers amis,
Pendant ces cinq années, la routine, le scepticisme, furent nos pires ennemis.
Alors maintenant, tous ici, nous devons entreprendre une marche militante. Une marche massive en serrant nos rangs.
Tracez à travers les attaques, bousculez les scénarios écrits d’avance, entraînez les sceptiques, raisonnez, réveillez les fatigués.
 
Ici, à Villepinte, notre marche commence, notre marche va s’accélérer, notre marche ne s’arrêtera pas, car cette marche est celle de la France qui depuis toujours se dresse pour atteindre ses espérances.
Alors dressons-nous, battons-nous, rassemblons-nous pour la France que nous aimons !

Et ensemble, faisons gagner Nicolas Sarkozy !
Pour la République et pour la France !"






Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article
9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 11:29

Voici mon discours lors de la réunion publique dans l'Isère le jeudi 9 mars 2012 :

"Mesdames et messieurs,

Mes chers amis,

 

Merci d’abord d’être venu si nombreux à ce rendez-vous à un moment tellement stratégique pour notre pays.

 

Depuis le printemps 2007, nous agissons ensemble pour la France.

Je dis «nous» parce qu’il y a ici des élus locaux et des parlementaires dont la loyauté et dont la détermination au service des réformes, au service de nos valeurs n’ont jamais fait défaut.

Il y a Christian RIVAL, qui nous accueille à Morestel; Alain MOYNE-BRESSAND, député, vous le connaissez mieux que moi, tellement engagé dans cette circonscription mais aussi dans le combat parlementaire; Georges COLOMBIER; Jacques REMILLER; Bernard SAUGEY; Jean-Claude PEYRIN; Brigitte VICENTE; Nathalie BERANGER; Cécilia DURIEU; Michel BERNARD; Jean-Pierre BARBIER; Julien POLAT, il y a Vincent CHRIQUI, qui fut l’un des mes plus proches collaborateurs. Je veux vous dire que vous pouvez avoir confiance en lui, confiance dans sa force de travail et confiance dans sa fidélité au service de nos valeurs.

A tous ces élus, je veux dire mon admiration et mon affection.

 

Comment vous remercier, vous, mes chers amis, de votre présence ce soir alors même qu’on vous dit, matin et soir, que c’est plié ?

Le candidat du parti socialiste se voit déjà à l’Elysée et c’est à peine s’il ne parle pas de lui à la troisième personne !

Partout, sondeurs, observateurs et commentateurs nous disent qu’ils ont scruté le cœur des Français et que l’affaire est entendue.

Bref, circulez, il n’y a plus rien à faire et à voir !

Bonne nuit les petits et faites de beaux rêves.

Mais voilà, on ne met pas la démocratie en équation et on ne dispose pas du peuple français qui n’aime rien tant que sa liberté.

 

Vous êtes là, nous sommes là, et si nous sommes là ce soir, c’est parce que nous sommes décidés à aller chercher la victoire.

Oui, je parle de victoire car tout va se cristalliser dans les derniers jours et tout va se décider entre les deux tours.

Oui, je parle de victoire possible parce que c’est le peuple français, c’est lui seul, qui est le maître de l’élection.

Et le peuple français, il n’est pas encore à l’heure où je parle confronté à la seule question qui vaille, la seule question qui ne surgit qu’au moment final, au moment de faire son choix, au moment de mettre son bulletin dans l’urne et cette question qui est à la fois une question simple mais qui est en même temps une question fondamentale : «  qui doit diriger la France ? »

 

Après cinq années de présidence, Nicolas Sarkozy se présente tel qu’il est, sans fioritures, sans artifices.

Il a agit, il a décidé, il a tranché… Et il est difficile d’en dire autant pour son principal concurrent.

François HOLLANDE est dans la parole, Nicolas Sarkozy dans l’action.

On peut aimer ou on peut ne pas aimer le style du Président, on peut soutenir ou on peut au contraire critiquer ou dénoncer ses réformes, mais personne dans notre pays ne se pose la question de savoir s’il peut tenir le rôle de Chef d’Etat.

 

Alors que l’on se la pose et largement parmi ceux qui disent aujourd’hui qu’ils pourraient voter François HOLLANDE, la question de savoir si lui est capable demain d’être Chef de l’Etat français.

 

Alors, j’utilise le mot de « Chef d’Etat » à dessein, parce que notre pays est défié par une crise, une crise qui est beaucoup plus qu’une crise financière, une crise qui est en réalité une crise existentielle.

 

Nous avons changé de monde, nous ne dominons plus le monde et nous allons devoir réinventer notre économie, notre organisation sociale pour résister à une compétition que nous imposent progressivement les sept milliards d’habitants de la planète.

 

La crise des dettes souveraines, c'est-à-dire la crise des Etats trop endettés, vient sanctionner la montagne de déficit qui a été accumulée par les Etats européens depuis des décennies, mais ça n’est pas seulement une crise financière, une crise de la dette, c’est aussi une crise de confiance à l’égard de nos vieilles nations européennes vis-à-vis desquelles les investisseurs du monde entier se demandent si finalement elles ne sont pas nos vieilles nations européennes en train de vivre leurs derniers beaux jours.

 

Et dès à présent, il faut être conscient de la compétition. Les pays du sud représentent déjà 50% de la production industrielle mondiale, 80% des réserves de change sont détenues par la Chine, par l’Inde, par les pays émergents, 30% de la capitalisation mondiale donc de la propriété des entreprises industrielles, financières sont entre les mains des pays du sud.

 

Dans 10 ans, notre nation française et l’Europe, seront elles déclassées face à ces puissances économiques, commerciales, scientifiques qui sont en train de surgir sous nos yeux en Asie, en Amérique Latine, ou alors est-ce que nos vieilles nations européennes, notre nation française, les nations européennes seront elles encore des espaces de progrès économique et de progrès social ?

 

Eh bien, présider la France, mes amis, c’est justement répondre à cette question là, pas aux autres. Ne pas chercher à faire plaisir à tout le monde. C’est répondre à cette question fondamentale : est-ce que la vieille nation française sera toujours debout avec ses forces, avec cette spécificité, avec cet art de vivre qu’on lui envie dans le monde entier ou est-ce que nous aurons été déclassés par les autres ?

 

Et c’est agir en permanence dans la mondialisation face à des acteurs qui exploitent chacune de nos erreurs.

 

On fait les 35 heures? Nos concurrents, eux, passent à la vitesse supérieure!

On s’endette ? Les investisseurs vont voir ailleurs parce qu’ils savent un jour que l’on pourrait être en difficulté pour les rembourser!

Nous accablons nos entreprises d’impôts, de taxes et de règlements. Alors elles s’épuisent dans la concurrence, elles perdent marché sur marché, et puis, le moment venu, elles baissent le rideau ou alors elles fuient l’hexagone !

Nous surimposons les talents et les fortunes et alors ils s’exilent parce qu’il y a tellement d’autres pays qui ont compris qu’il valait mieux attirer la richesse chez soi plutôt que de la faire fuir et de l’étouffer.

 

Au nom de la solidarité nationale, il est normal et il est légitime surtout en période de crise de demander plus à nos concitoyens les plus aisés et d’ailleurs je veux dire que nous n’avons pas hésité à le faire, et je récuse jour après jour le procès indigne qui est fait au Président de la République et au Gouvernement d’avoir été le Gouvernement des riches.

 

La vérité, c’est qu’aujourd’hui la fiscalité sur le capital est 10 points plus élevée que lorsque Madame AUBRY, Monsieur FABIUS Monsieur STRAUSS-KAHN étaient au pouvoir sous l’autorité de Lionel JOSPIN.

Voila la vérité !

 

Je suis d’ailleurs indigné de voir comment les socialistes, François HOLLANDE en tête, depuis 5 ans s’en prennent jour après jour au Président de la République, à son comportement, à la manière dont il gouverne, c'est-à-dire s’en prennent à la personne de Nicolas SARKOZY.

Et quand il vient excellemment comme il l’a fait cette semaine, au fond s’expliquer, ouvrir son cœur devant tous les Français pour leurs faire comprendre quels ont été les ressorts de son action, de son comportement, de sa façon d’être, alors les mêmes qui depuis des mois et des mois le critiquent sur son comportement, disent mais qu’est-ce qu’il vient faire à la télévision nous parler de lui. On n’a pas besoin qu’il nous parle de lui, on veut qu’il nous parle de la France.

Ce sont les mêmes qui ont fait son procès qui espèrent gagner l’élection non pas sur un projet pour notre pays mais simplement sur un rejet du Président de la République.

 

La vérité, c’est que la réussite ne doit pas être découragée dans notre pays, elle doit au contraire être donnée en modèle à notre jeunesse.

L’objectif, ce n’est pas d’avoir moins de talents, d’avoir moins de réussites, c’est au contraire d’en avoir plus !

L’objectif, ce n’est pas d’ériger la finance en adversaire mais de la convaincre d’investir en France, d’investir dans nos entreprises, d’investir pour les usines, pour les emplois français.

 

Voilà, mesdames et messieurs, le rôle qui est celui du Président de la République.

Voilà le monde ouvert, difficile, concurrentiel dans lequel nous devons nous battre !

 

Alors, bien sûr ce monde, on peut le trouver injuste, on peut le trouver désagréable, on peut le trouver impitoyable, mais comme le disait le Général de Gaulle «on gouverne avec les réalités », et pas avec des illusions.

 

Face à la Chine, face au Brésil, face à l’Inde, présider la France c’est aujourd’hui d’abord bâtir l’Union politique de l’Europe parce que c’est la seule façon pour nous protéger dans cette compétition si difficile avec le reste du monde. C’est la seule manière de tenir notre rang face à ces géants dont les moyens sont en train de décupler.

 

Nous sommes, je le disais, 65 millions de Français, moins de 1% de la population mondiale.

Comment pourrions-nous demain seul maintenir tous les avantages qui étaient les nôtres par rapport à tous ces peuples qui ont faim, qui veulent le progrès, qui veulent la protection sociale, qui veulent la richesse, qui veulent que l’on partage les richesses produites dans le monde.

Alors, je sais bien que dans toute campagne électorale dans notre pays il est plus facile de railler l’Europe que d’en appeler à l’Europe. Comme toujours, il est plus facile d’accuser l’Europe de tous les maux plutôt que de se regarder dans la glace.

Mais, mes chers amis, il faut être clair et il faut être juste.

 

Ce n’est pas l’Europe qui a inventé les 35 heures, ce n’est pas l’Europe qui a créée les déficits de la France.

Ce n’est pas l’Europe qui est aujourd’hui responsable de nos handicaps de compétitivité.

Bien sûr, l’Europe a des lacunes et je suis le premier à les critiquer.

Bien sûr les errements politique, technocratique d’une Europe qui mérite d’être profondément réformée, nous les connaissons. Mais moi je refuse de céder à la démagogie.

Ceux qui rêvent de restaurer le franc, ceux qui envisagent de renationaliser notre économie en réalité, ils se servent de l’intérêt national, ils font croire qu’ils défendent l’intérêt national alors qu’ils ne défendent qu’une seule chose : de vieilles idéologies dépassées qui n’ont plus de sens dans le monde du 21ème siècle dans lequel nous sommes.

Les vrais patriotes, ceux qui aiment aujourd’hui la France qui veulent la protéger et qui veulent la défendre, savent bien que la protection et le rayonnement de notre pays se décident avec l’Europe.

 

Bâtir une Europe plus politique, c'est-à-dire une Europe contrôlée par les peuples et par ceux qui les représentent, c’est l’objectif du Président de la République; et ça devrait être la grande affaire de cette élection présidentielle.

 

Sur ce sujet, Nicolas Sarkozy n’a pas de preuve à faire.

Il les a faites et on lui a reproché du tandem franco-allemand le moteur de la réforme de l’Europe.

Il a créé les conditions d’un Gouvernement économique qui demain pourra résister aux attaques contre la monnaie européenne et qui devra travailler à la convergence des politiques européennes, de faire en sorte qu’il n’y ait pas de différence de fiscalité, des différences de règlement, des différences de législation entre les pays d’un même espace économique et monétaire.

Il a été l’un de ceux, vous le savez, qui a permis de sauver les européens de la faillite bancaire, ça s’est joué en une soirée à l’Elysée autour du Président de la République, de madame MERKEL et de quelques dirigeants européens.

Si Nicolas SARKOZY n’avait pas provoqué cette rencontre européenne au moment de la grande crise financière, les banques auraient fait faillites.

Et si les banques avaient fait faillites, nous serions entrés dans une crise majeure dont notre économie ne se serait pas relevée.

 

Nicolas SARKOZY, vous vous en souvenez est allé ce jour là à la télévision comme Angela MERKEL en Allemagne comme Gordon BROWN en Angleterre et il a simplement dit, il y aura aucune faillite de banque en Europe parce que les Etats soutiendront les banques.

Cette décision, c’est cette réactivité, c’est ce courage qui a permis de sauver l’économie européenne et de sauver vos économies parce que si les banques avaient fait faillites, vous auriez été faire la queue devant les guichets pour essayer de les récupérer

 

Alors, c’est vrai que l’on imagine mal le candidat socialiste qui hésite, qui dit oui un jour, qui dit non le lendemain, qui parle à l’électorat modéré d’une manière, à l’électorat de gauche d’un autre, qui agit comme une éponge au fond, on l’imagine mal prendre une décision aussi risquée aussi difficile, aussi courageuse dans un délai aussi court et donc on peut considérer que oui en 2007 les Français ont fait le bon choix en choisissant Nicolas SARKOZY et ils ont été récompensés parce qu’il a été à la hauteur des événements qu’il a du affronter.

 

Il a été aussi l’un de ceux qui ont permis d’éviter la dislocation de l’unité européenne.

Vous savez, il ne faut pas s’y tromper : derrière la Grèce, c’est toute la zone euro qui aurait pu s’écrouler comme un château de cartes si nous n’avions pas eu le cran de créer les instruments financiers, une sorte de barrière, de pare-feu pour bloquer, comme on dit, pour bloquer les spéculateurs qui attaquaient la monnaie européenne parce qu’ils espéraient des gains considérables en faisant exploser cette monnaie européenne parce qu’ils misaient sur la disparition de l’euro.

Cela n’est pas trahir un secret que de dire que beaucoup de financiers anglo-saxons et notamment américains pensaient qu’ils pourraient faire disparaître l’euro qui commence à faire un peu d’ombre à la monnaie américaine, qu’il pourrait faire d’énormes bénéfices en spéculant sur la crise financière en Europe. Nous les avons arrêtés. Nous les avons arrêtés parce qu’avec Nicolas SARKOZY, avec Angela MERKEL, nous avons jour après jour, conseil européen après conseil européen, malgré toutes les difficultés, malgré toutes les critiques, mis en place les instruments pour protéger la monnaie européenne.

 

Dans ce contexte, François HOLLANDE et le parti socialiste ont choisi, non seulement de ne pas nous accompagner, de ne pas proposer de solution, pire ils ont choisi un petit calcul politicien plutôt que l’intérêt général européen.

 

Pour ne pas diviser la gauche, mais surtout pour ne pas avoir à reconnaître les succès obtenus en Europe par la France, c'est-à-dire par Nicolas SARKOZY, François HOLLANDE et le parti socialiste tournent le dos à trente ans d’engagement européen.

 

Ils refusent de voter ce que l’on appelle la règle d’or c'est-à-dire une disposition que l’on mettrait dans notre Constitution pour dire qu’aucun gouvernement, aucune majorité n’a le droit de voter un budget en déséquilibre, qu’il faut équilibrer les budgets comme le budget des collectivités locales. Tous les Gouvernements européens ont décidés de mettre cette règle d’or dans leur Constitution.

Le seul parti socialiste en Europe qui refuse de soutenir cette règle européenne, c’est le parti socialiste français.

 

Ils s’abstiennent, il y a quelques jours, sur le vote de ce que l’on a appelé le Mécanisme Européen de stabilité c'est-à-dire le mur que j’évoquais tout à l’heure, ce pare-feu qui permet de nous protéger de la zone de spéculation.

Mais, mes amis, quant on est capable de s’abstenir, de s’abstenir lorsque l’Europe est au bord du précipice, c’est qu’on est capable de tout, ou plutôt c’est qu’on est capable de rien.

Au moins, ceux qui ont voté contre le mécanisme de stabilité parce qu’ils sont contre la construction européenne aux moins cela ont pris leurs responsabilités. Mais l’abstention, c’est le flou, c’est la faiblesse, c’est de la tactique, c’est le refus de choisir pour ne pas déplaire.

 

Quant à promettre aux Français, comme le fait François HOLLANDE, jour après jour que l’on va renégocier, si on est élu, les Traités européens : soit c’est de la naïveté et donc de l’incompétence soit c’est du mensonge.

Mais dans les deux cas, ça revient à affaiblir l’Europe en faisant peser une menace sur sa volonté de redressement.

 

Les investisseurs, tous ceux qui regardent l’Europe et qui constatent qu’elle est en train de se redresser et qui de nouveau nous font confiance, ils se disent mais si ces socialistes là arrivaient au pouvoir et qu’ils demandent la renégociation des traités européens alors où va-t-on ? Quelles seront les règles demain ?

Du coup, il fragilise le travail de reconstruction que nous avons engagé.

 

Depuis l’accord intervenu à Bruxelles en décembre dernier, accord dont vous savez qu’il a été à l’initiative de Nicolas SARKOZY et d’Angela MERKEL, vous voyez que la crise financière a été jugulée. Je veux dire par là que la spéculation contre l’euro a stoppé.

Les taux d’intérêts dans les pays de la zone euro, c’est-à-dire les taux d’intérêts auxquels nous nous empruntons les Etats pour financer notre dette, n’ont cessé de baisser.

La France emprunte à 10 ans aujourd’hui à 2,86% : c’est quasiment le taux le plus bas de son histoire.

Quand Lionel JOSPIN était Premier ministre, on empruntait à 5%.

L’Italie dont les taux avaient dépassés 7%, il y a quelques semaines, vous imaginez quand il faut payer 7% pour financer sa dette. La dette de l’Italie est de 120% de sa richesse nationale. C’est la ruine assurée. Comment se redresser ? Et bien les taux en Italie sont descendus hier en dessous de 4,5%.

Et cette nuit, vous le savez, les créanciers privés, les banques, cette fameuse finance, les créanciers privés de la Grèce sont parvenus à un accord qui permet d’effacer, excusez du peu, plus de 83% de la dette de ce pays !

 

Et bien cela, mes amis, c’est le résultat de l’acharnement de Nicolas SARKOZY et d’Angela MERKEL pour sauver l’euro, pour protéger l’immense héritage de 60 années de progrès en Europe.

 

Je le dis honte à François HOLLANDE et aux socialistes qui en refusant de le reconnaître trahissent leur idéal et affaiblissent la voix de la France en Europe.

 

 

Présider la France, c’est aussi la moderniser.

Et pour cela, vous savez bien qu’il est impossible de satisfaire tout le monde en cultivant l’art de la synthèse à tout prix.

 

Dire «oui» à tout le monde pour ne déplaire à personne, c’est exactement le contraire de la définition de l’intérêt général.

 

C’est d’ailleurs au nom de cette logique, dans la quelle il nous est arrivé de tomber dans le passé, c’est au nom de cette logique que l’Etat est devenu en France la cible permanente de toutes les requêtes. Comme si l’Etat, ce n’était pas vous et moi, l’association des citoyens, comme si l’Etat n’était qu’un simple tiroir caisse, auquel il suffit de s’adresser pour qu’il vous apporte les subventions et les aides dont vous avez besoin.

 

C’est au nom de cette logique que le débat public est devenu en France, non pas comme dans beaucoup d’autres pays la traduction normale de la démocratie mais une sorte de vaste défouloir où celui qui hurle le plus fort reçoit plus que celui qui demande honnêtement sa part.

C’est au nom de cette logique que nous avons vécu à crédit depuis trente ans.

S’endetter pour ne pas avoir à choisir, s’endetter pour ne pas trancher, pour ne pas heurter l’opinion, c’est ainsi que nous avons trop longtemps procédé.

Et bien cela ne pouvait plus durer !

Et si l’on veut aujourd’hui défendre l’indépendance de notre pays, si on veut être sûr que les décisions qui concernent les français se prennent bien en France, que c’est bien les élus que vous avez ici, et puis le Président de la République et le Gouvernement qui décident, pour vous, il faut réduire les dépenses publiques.

Parce que ce n’est pas en empruntant sans arrêt, en augmentant les prélèvements obligatoires que nous allons remettre nos finances publiques en ordre.

 

 

Présider la France, aujourd’hui, dans la crise, c’est savoir dire «non», c’est savoir dire « stop » à 35 années de déficit, c’est savoir dire «stop» au recrutement dans la fonction publique parce qu’on ne peut plus augmenter les effectifs de la fonction publique quand on a pas les moyens de les financer, c’est dire «stop» à la redondance des structures militaires, judicaires, hospitalières, c’est dire «stop» à l’augmentation des dépenses des collectivités locales.

 

Je mesure la rudesse de ces efforts de rationalisation, mais mes amis, est ce qu’on peut demander sans cesse aux salariés du secteur privé de s’adapter, de faire des efforts, et renoncer de demander la même chose au secteur public ?

 

Pour sortir de la crise et pour aller chercher la croissance, tout le monde doit réinventer sa façon de travailler, de se former, de s’organiser.

 

Dans les entreprises, il faut plus de compétitivité.

C’est pas un gros mot la compétitivité, ça veut dire simplement que sur les marchés mondiaux et notamment en Europe les produits français peuvent se vendre, qu’ils ne sont pas de moins bonne qualité, qu’ils ne sont pas plus chers que les produits allemands, hollandais, italiens ou espagnols.

C’est dans cet esprit qu’avec le Président de la République nous avons dit que nous voulons développer dans chaque entreprise ce qu’on appelle des accords de compétitivité pour permettre à ces entreprises de s’adapter à leurs marchés.

Ce doit être des accords gagnants/gagnants, conclus entre la direction de l’entreprise et la majorité des salariés et de leurs représentants syndicaux, des accords qui permettent d’adapter le travail, de moduler son organisation, de préserver l’activité et l’emploi.

Il vaut mieux conclure des accords qui pour un temps peuvent demander à tel ou tel un peu plus d’effort, plutôt que de fermer une entreprise faute parce qu’on a pas su s’adapter, ou plutôt que d’en arriver à un conflit social parce qu’on n’a pas été capable de négocier, parce qu’on n’a pas anticipé les difficultés, il faut imaginer dans notre pays un nouveau dialogue social entre les salariés et la direction de leurs entreprises, une vrai participation, comme le Général de GAULLE l’avait rêvé, et comme nous voulons le faire dans le deuxième quinquennat de Nicolas SARKOZY.

 

Il faut que le secteur privé continue de s’adapter, il faut aussi que le secteur public développe sa productivité.

 

 

Ainsi, nous devons repenser notre système éducatif.

Depuis 1980, la dépense par élève en France a progressé de 80%, et il y a aujourd’hui plus d’enseignants et moins d’élèves qu’en 1990.

C’est bien la preuve que tout ne se résume pas aux sacro-saints «moyens» financiers dont la gauche nous rabâche les oreilles sans arrêt, faute d’idées et surtout faute de courage, parce que c’est plus facile de parler à ses électeurs proches en leur disant qu’on va leur donner plus de moyens, plutôt qu’en faisant les choix nécessaires pour l’avenir de nos enfants et pour l’équilibre de nos finances publiques.

 

Nous, nous disons qu’il faut concentrer les efforts sur l’acquisition d’un socle de connaissances fondamentales parce qu’il ne sert à rien de tout apprendre si c’est pour ne rien retenir.

Il faut renforcer l’autorité du maître et il faut assurer la sécurité dans les établissements scolaires.

Et puis il faut responsabiliser les parents, parce que l’Ecole elle n’est pas là pour se substituer aux familles qui auraient renoncé à tenir leurs enfants.

Il faut amplifier l’aide personnalisée et l’accompagnement éducatif, parce qu’il n’y a pas un élève qui ressemble à un autre. Ces deux dispositifs que nous avons créés et qui déjà bénéficient déjà à plus de deux millions d’élèves, il faut continuer de les amplifier.

 

Toutes ces missions d’éducation, d’instruction, d’autorité, de suivi individualisé des élèves supposent de donner à la communauté éducative qui fait vivre chaque établissement plus d’autonomie, plus de capacité à s’organiser, à innover.

Elles supposent aussi que dans chacun de ces établissements, la présence des enseignants, leur disponibilité, leur polyvalence soient aussi renforcées.

Et c’est la raison pour laquelle le Président de la République Nicolas SARKOZY a proposé d’offrir aux enseignants qui le souhaitent la possibilité d’augmenter leur présence dans leur établissement, au profit d’une augmentation substantielle de leur salaire.

 

Alors je sais bien que tout cela heurte des habitudes.

 

Mais, mes chers amis, présider la France c’est savoir surmonter les situations acquises, c’est savoir surmonter les blocages, les conservatismes.

Est ce que nous aurions réduit les dépenses de l’Etat si nous avions préféré au courage des actes, des réformes, la douceur de l’inaction ?

Est ce que nous aurions fait la réforme des retraites si nous avions suivi les sondages qui, naturellement, nous recommandaient de ne pas la faire ?

Et si nous les avions suivis, ces sondages, où en seraient aujourd’hui nos régimes de retraites, et où ils en seraient dans quelques années ?

 

Déjà, au moment où nous faisons cette réforme, une retraite sur 10 n’était plus financée !

Si nous n'avions rien fait, d'ici à 2018, c’est plus de 80Mds€ qui auraient manqué au financement des retraites des français !

 

Je veux m’arrêter un instant sur cette question difficile des retraites, parce que c’est une question qui pour moi symbolise parfaitement deux façons de faire de la politique: d’un côté la volonté d’agir, de l’autre la peur d’agir ; deux façons aussi de servir notre modèle social: il y a d’un côté ceux qui réforment, et qui de cette manière préservent le modèle social, et il y a ceux qui de l’autre coté qui ne réforment pas, qui ne font rien, et qui laissent le modèle social décliner.

 

Depuis vingt ans, pour répondre à l’augmentation du nombre des retraités et à la réduction du nombre des actifs, la droite républicaine et le centre ont eu le courage de réformer notre système.

 

 

Aucune réforme sur les retraites n’est jamais venue de la gauche! Aucune !

Ils ont fait des rapports, tous les experts de gauche comme de droite, les intimaient d’agir. Mais non, ils n’ont jamais rien fait.

C’était la prudence politique plutôt que le sauvetage des retraites : cela a été la logique de la gauche qui, pourtant, connaissait parfaitement la gravité de la situation.

Pire! Non content de ne pas agir, lorsqu’ils étaient au pouvoir, la gauche a été de toutes les manifestations, de tous les combats contre les réformes qui nous avons menées et elle a multiplié toutes les promesses démagogiques.

 

Mais, vraiment je veux attirer votre attention sur ce point parce qu’il est fondamental : qui peut un instant croire les promesses de la gauche sur les retraites. Je vous demande simplement de faire un tout petit retour en arrière et de vous souvenir.

En 1993, Edouard BALLADUR décide qu’il faudra dans le privé cotiser 40 ans et non plus 37 annuités et demie. Les socialistes combattent cette réforme et ils disent, la première chose qu’on fera, quand on sera élu, c’est de l’abroger. Ils sont élus en 1997, mais entre 1997 et 2002 ils ont eu tellement de travail, qu’ils n’ont pas trouvé une minute pour abroger la réforme d’Edouard BALLADUR.

 

En 2003, ils combattent avec la dernière énergie la réforme que j’avais défendue et qui en particulier élargissait au secteur public la règle des 40 annuités. Pendant deux semaines à l’assemblée nationale, jours après jours, ils se dressaient devant moi en disant : la première chose qu’on fera, lorsqu’on reviendra au pouvoir, c’est d’abroger votre réforme des retraites. Eh bien aujourd’hui regardez le programme du parti socialiste, la réforme de 2003, elle est maintenant intégrée dans les propositions du parti socialiste. Nous seulement ils ne parlent pas de l’abroger, mais maintenant, c’est leur proposition, la réforme de 2003 ils l’acceptent.

 

Et en 2007, lorsque Nicolas SARKOZY est élu et que nous avons engagé la réforme des régimes spéciaux : ils ont promis d’abroger la réforme des régimes spéciaux, cherchez dans le programme de François HOLLANDE, vous ne trouverez aucune mention de la réforme des régimes spéciaux de retraite.

 

Et enfin en 2010, ils ont férocement combattu la réforme qui a repoussé l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, une nouvelle fois, ils ont promis de l’abroger.

Maintenant, quand on écoute bien, la musique est un peu différente, on a d’ailleurs du mal à s’y retrouver, mais enfin tout le monde a bien compris qu’il n’y aurait pas de retour à la retraite à 60 ans, sauf peut-être pour quelques catégories qu’ils vont réduire avec des circulaires de plus en plus complexes pour faire en sorte qu’il y ait le symbole mais qu’il n’y ai pas de réalité. La vérité, c’est que les socialistes sur les retraites, non seulement ils n’ont jamais rien fait pour les sauver, mais en plus, ils n’ont jamais tenu aucun des engagements qu’ils ont pris devant les Français.

 

Alors, la morale de l’histoire est très simple: depuis que le Général de Gaulle a posé les fondements de notre système social, c’est toujours nous qui avons pris nos responsabilités sur les retraites, c’est toujours nous qui avons cherché à les sécuriser, c’est toujours nous qui avons bravé la rue au nom de l’intérêt général, et c’est toujours la gauche qui a sifflé et qui siffle les réformes dans les tribunes avant de les assumer discrètement et piteusement lorsqu’ils sont au pouvoir.

 

Qui défend le mieux le modèle social français?

Ceux qui ne font rien pour ne froisser personne, jusqu’au jour où le système craque ?

Ou ceux qui agissent, malgré les résistances, pour équilibrer les droits sociaux et les devoirs ? Parce que une nation ne peut fonctionner que si chacun a des droits et des devoirs, et respecte les droits et les devoirs des autres. Pour arbitrer entre ce qui est possible et ce qui est souhaitable.

 

Depuis 2007, notre réponse a été sans ambigüité : nous avons choisi l’action et l’intérêt général !

Nous avons fait le service minimum en refusant d’écouter ceux qui opposent toujours le droit de grève au droit des usagers. Les deux ont le droit d’être respectés.

Nous avons instauré les heures supplémentaires défiscalisées, dans une société française où on ne parlait plus que de réduction du temps de travail.

Nous avons réduit les dépenses de l’Etat, en repoussant les sirènes du toujours plus à n’importe quel prix.

 

Nous avons fait la TVA anti-délocalisation en refusant de céder aux arguments de ceux qui opposent stérilement la consommation à la production en France. S’il n’y a plus d’emplois en France, il n’y aura plus d’argent pour consommer. Et donc la priorité c’est de faire revenir des emplois en France, c’est de faire revenir des usines en France, c’est de faire revenir de la production en France, et alors nos concitoyens qui auront du travail pourront consommer.

 

Si nous n’avions rien fait de cela, je vous demande de vous poser la question, où en serait la France aujourd’hui, avec les crises qui nous avons connues? Je vais même être plus clair.

 

Posez vous la question, si Nicolas Sarkozy n’avait pas été élu Président de la République en 2007, quel serait aujourd’hui le bilan de madame Royal ?

 

 

Alors, mes chers amis,

Tout indique que le XXIème siècle sera dur pour les nations faibles, or tout dans le programme socialiste laisse croire que la France peut encore vivre tranquillement sur ses acquis.

 

Dans ce programme, qu’on me cite une seule mesure qui puisse laisser entendre aux Français qu’il faut se retrousser les manches.

 

Qu’on me cite une seule réforme qui s’attaque réellement à nos problèmes de compétitivité, à nos problèmes de financement de la protection sociale, à notre problème d’endettement…

En réalité dans ce programme, tout est fait pour rassurer tout le monde.

 

On renonce à notre engagement européen de retour à l’équilibre des finances publiques en 2013, on crée artificiellement des emplois-jeunes dans les structures publiques, on promet aux collectivités locales qu’elles pourront continuer à embaucher à tout va, on arrête la revue générale des politiques publiques qui a déjà permis d’économiser 15 milliards, on embauche 60.000 fonctionnaires supplémentaires, on restaure, même si ce n’est que le symbole, celui de la retraite à 60 ans…

 

Devant cette litanie de promesses démagogiques, devant ce programme qui ignore les mots travail, effort, devant ce programme qui trompe les Français en leur faisant croire qu’on peut baisser le prix de l’essence quand le prix du pétrole s’envole, qu’on peut bloquer les loyers quand il y a autant de Français qui peinent à trouver un logement parce qu’on ne construit pas assez, moi j’invite les Français à se poser la question :

Est-ce ainsi que nous pourrons redresser notre pays ?

Est-ce ainsi que nous pourrons le défendre dans la guerre économique que nous livre les pays d’Asie ?

Est-ce ainsi que nous protégerons l’héritage des générations qui nous ont précédés et dont le travail et les sacrifices ont bâti la puissance qui est la notre aujourd’hui ?

 

J’ai envie de me risquer en disant que le socialisme, c’est un luxe que nos vieux pays européens ne peuvent plus se payer!

Après la crise, il n’y aura pas de retour d’un âge d’or parce que l’Occident n’est plus le centre du monde.

Le chemin de la croissance il sera étroit, le chemin du désendettement, il sera difficile, et notre combat pour tirer notre épingle du jeu de la mondialisation, c’est à dire de la compétition entre les pays, et bien ce combat devra s’amplifier. Voilà la réalité !

 

Alors vraiment je veux que vous sachiez que je suis sincère. Je ne prends aucun plaisir à jouer les trouble-fête, mais comprenez-moi bien…

Si moi j’invite les Français à se réformer encore, à se retrousser les manches, à se former plus, à dépenser moins, c’est que moi je ne connais pas d’autre moyen pour une grande nation, pour une nation soudée, pour une nation qui crée des richesses, qui les partage, qui protège ses enfants des lendemains incertains, que cette voie de l’effort, de la raison, et de la vérité.

 

Je crois à l’intelligence et au courage de mes compatriotes.

Et d’ailleurs beaucoup dépend de leur créativité et de leur vaillance, beaucoup plus qu’on ne le dit. Beaucoup plus que tous ces discours, que toutes ces réformes, que toutes ces décisions publiques, qui naturellement sont importantes, mais rien ne remplace en réalité le travail des Français, leur engagement, leur créativité.

Beaucoup dépend aussi de leur civisme, c'est-à-dire de cette aptitude que nous devons chacun avoir à user de nos droits sans oublier nos devoirs.

 

Et tout ceci nous ramène, et je voudrais en terminer par là, nous ramène naturellement, vers la République.

La République ce n’est pas un régime politique, ce n’est pas seulement un régime politique, la république c’est d’abord un état d’esprit !

La République, c’est le goût de la vérité, même si cette vérité n’est pas toujours agréable à entendre.

La République, c’est vivre ensemble plutôt que de vivre chacun pour soi.

La République c’est le choix d’être responsable de sa vie mais aussi responsable de son pays.

 

Dans la mondialisation, notre première arme, c’est notre unité nationale.

Un peuple qui est un peuple divisé, un peuple qui choisit la facilité, un peuple qui ne peut plus concevoir son destin de façon collective, c’est un peuple qui n’a aucune chance de résister au choc de cette mondialisation.

 

Il est évidemment rassurant de penser que la France vient de loin et que dans l’épreuve elle a toujours su, tout au long de l’histoire, rebondir… Mais vous savez il faut prendre garde : il existe dans la société française des ferments de division, qui pourraient être dramatiques pour l’avenir de notre pays.

 

Lorsque la Marseillaise est sifflée, lorsque des individus se moquent du vivre ensemble, lorsque les corporatismes se considèrent plus légitimes que l’intérêt général, lorsque l’expression des appartenances ethniques ou religieuses prend le pas sur la laïcité et sur la fraternité, alors oui je le dis, il faut réagir, et il faut réaffirmer nos repères civiques !

 

Depuis dix siècles, notre volonté de nous organiser, nous les Français, autour d’un projet collectif s’est progressivement imposée sur nos particularismes et sur au fond ce qui étaient les vieux penchants de la nation Française, la division.

Depuis plus de deux siècles, nous disons que la citoyenneté est c’est l’expression la plus noble de l’individu. L’individu est seul mais en devenant citoyen il élève son destin au niveau d’un destin commun, celui de la république, celui de la nation.

Depuis le fond des âges, mes amis, la France a accueilli et elle a assimilé des générations d’étrangers qui ont apporté leur concours au développement de notre pays.

Nous sommes une communauté nationale, nous sommes une nation d’intégration, mais nous ne sommes pas une nation mosaïque.

 

La République n’est pas compatible avec l’existence de communautés qui prétendent n’obéir qu’à leurs propres lois. La République, c’est le respect de la même loi pour tout le monde.

 

C’est la raison pour laquelle, avec Nicolas SARKOZY, je refuse le vote des étrangers aux élections locales que propose la gauche, parce que je suis pour une citoyenneté pleine et entière ; si l’on veut voter aux élections en France, on devient Français.

 

Je suis pour la laïcité, parce que l’humanisme se confond avec la liberté de croire ou de ne pas croire, et aucune religion ne devant prendre le pas sur une autre.

Je suis pour une immigration maîtrisée parce qu’il n’y a pas de générosité à accueillir des personnes, qui sans travail, sans logement et sans formation, seront des déracinés.

Je combats la xénophobie, parce que pour moi, qu’importe les origines, la couleur de peau, la religion, il y une seule chose compte, c’est le courage, c’est le civisme, c’est l’amour de la France qui doit inspirer chaque individu qui veut y vivre.

 

 

Mes chers amis,

Ce quinquennat n'est pas une parenthèse, c’est une page nouvelle et c’est une page forte de notre Histoire. Eh bien cette page, il faut continuer de l'écrire ensemble.

Notre marche ne doit pas s’arrêter.

Par-delà les attaques, par-delà les prétendus scénarios écrits d’avance, par-delà les sceptiques, les désillusionnés, les fatigués, notre marche ne s’arrêtera pas, parce que cette marche c’est celle d’un pays qui depuis toujours se dresse pour atteindre ses espérances.

 

Cette marche c’est celle de la République dont le sort a toujours été lié au courage et à la fierté des hommes libres que sont les Français.

Alors mes amis, dressons-nous, battons-nous, rassemblons-nous pour la France que nous aimons !

Et ensemble, faisons gagner Nicolas Sarkozy !

 

Vive la République et vive la France."

 


Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article
6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 19:30

Pour ma dernière séance parlementaire, j'ai souhaité adresser quelques mots personnels aux députés :

 

"Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les Députés,

Pour cette dernière séance parlementaire du quinquennat, permettez-moi d’adresser à votre Assemblée, un message d’estime et un message de reconnaissance.

Durant cinq années intenses, le cœur de notre démocratie française a battu dans cet hémicycle qui a incarné la légitimité nationale. En démocratie, la première chose qui compte c’est de tenir les engagements que l’on a pris. En 2007, avec le Président de la République, nous avons été élus sur un projet réformateur que nous avons mis en œuvre malgré les résistances, malgré les risques d’impopularité et surtout malgré une crise qui a concentré toutes nos énergies.

Alors on peut être pour ou contre les réformes que nous avons accomplies. On peut les juger trop ambitieuses ou on peut au contraire les juger trop modestes, mais personne ne peut dire que nous n’avons pas agi avec sincérité et avec la volonté de répondre à l’intérêt national.

J’ai la conviction que nous avons posé les fondations d’une France plus moderne et plus réaliste face à la mondialisation. J’ai la conviction que face à la crise nos réponses ont été adaptées et justes. Ceux qui critiquent notre action ne mesurent pas toujours la puissance de cette crise, qui annonce pour l’Europe un monde incertain, au sein duquel nous devrons nous battre pour sauver notre mode de vie, notre influence dans le monde et notre héritage social et républicain.

Mais la démocratie commande aussi d’élargir les espaces de liberté et de dialogue, et loin des caricatures sur la concentration des pouvoirs, nous avons donné au Parlement des pouvoirs inédits qui ont rythmé vos travaux.

Le partage de l’ordre du jour, l’examen en séance des projets adoptés en commissions, la Présidence de la Commission des Finances à l’opposition : nous avons rééquilibré les pouvoirs entre le législatif et l’exécutif. Avec la question prioritaire de constitutionnalité, nous avons incontestablement ouvert un nouveau champ dans la défense des libertés.

Quant aux règles du dialogue social nous avons tout changé, en renforçant la légitimité électorale des partenaires sociaux et en affirmant le principe des accords majoritaires.

Alors Mesdames et messieurs les Députés de la Majorité, si je peux me tourner un instant vers vous, je voudrais vous dire que depuis 2007 la confiance de la majorité fut ma plus belle récompense.

Issu de vos rangs, je mesure le prix de votre engagement ; vous n’avez jamais fait défaut au Gouvernement, jamais le Gouvernement n’a été amené à utiliser les possibilités que lui offre la Constitution pour contraindre sa majorité à voter les textes qui lui sont soumis.

Vous avez accepté souvent d’agir dans l’urgence. Vous avez su vous montrer réactifs et inventifs sur le plan législatif et combattifs face à une opposition – je reviens vers vous – dont l’intransigeance ne fut pas la meilleure des conseillères.

Mesdames et Messieurs les Députés,

Nous allons maintenant nous retrouver sur le terrain pour le grand rendez-vous de la démocratie que sont les élections présidentielles et les élections législatives. Permettez-moi simplement en cet instant de vous dire du fond du cœur : merci.

Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article
1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 16:14

 


 

 

J’ai toujours considéré que notre légitimité dépendait largement de votre confiance.

Cette confiance fut pour moi un honneur.

Et la meilleure façon de vous en remercier est de faire campagne de toutes mes forces.

Pour faire gagner Nicolas Sarkozy et pour faire gagner les valeurs qui sont les nôtres.

De ces cinq années passées, je ne tire pas de nostalgie, mais la ferme volonté de convaincre les Français que le temps du redressement et du changement ne fait que commencer !

 

Comme vous, je vois que les sondages nous sont défavorables.

Comme vous, je vois que nous ne sommes pas les favoris… Mais rien, absolument rien, n’est écrit !

Il y a quelques semaines, les socialistes croyaient l’affaire dans le sac. Mais voilà, l’élection présidentielle est la propriété des électeurs français.

Les sondages sont une chose, le peuple qui a pris la Bastille en est une autre.

 

Nicolas Sarkozy est entré en campagne avec sa puissance de conviction.

Le choix est maintenant clair, et il doit permettre aux électeurs de ne pas se tromper de débat : c’est nous ou les socialistes, et tout le reste est - pardonnez-moi l’expression - secondaire.

Notre rôle est de convaincre nos concitoyens que le choix de la raison doit se faire dès le premier tour car si toutes les candidatures sont légitimes, toutes n’ont pas vocation à diriger la France.

Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 17:44

Monsieur Ayrault qui n'accepte pas que l'on critique l'abstention du groupe socialiste sur le vote du mécanisme européen de solidarité, me reproche de m'être opposé à la création de l'euro en 1992, voici ma réponse lors des questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale :

"En matière de reniements, vous êtes un expert.

Vous avez combattu à une époque avec une violence extrême dans cet Hémicycle les privatisations. Vous avez été les champions de la privatisation entre 1997 et 2002. Vous avez combattu avec la plus extrême violence le passage de 37,5 annuités à 40 en matière de cotisation de retraites. Maintenant, vous défendez 41,5 annuités comme si c’était le choix qui avait été le vôtre.

 

Vous nous parlez en permanence de taxation des revenus des plus riches. Aujourd’hui, la taxation des revenus les plus riches est de 10 points plus élevée que lorsque vous étiez vous-mêmes au pouvoir. Qui a baissé l’impôt sur le revenu en 2000 sinon le gouvernement socialiste ? Qui a allégé la fiscalité sur les stock-options sinon le gouvernement socialiste ? Alors, franchement, en matière de reniements, on n’a vraiment pas de leçon à recevoir de votre part.

 

Quant à mon vote, Monsieur Ayrault, sur le Traité de Maastricht, il y a une grande différence entre moi et vous, c’est que moi j’ai voté contre, j’ai eu le courage de mes opinions. Vous, vous vous abstenez. Qu’est-ce que cela veut dire aujourd’hui s’abstenir lorsque l’euro est menacé, lorsque la construction européenne est fragilisée ? Ou on soutient la construction européenne, ou on vote contre mais on ne s’abstient pas."

 

 

 

Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 13:19

 


 

François Fillon soutien la candidature de Nicolas Sarkozy dans l'Essonne le 20 février 2012

 

 

Je suis heureux de démarrer avec NKM la campagne présidentielle.

 

Nathalie a démontré ses qualités au gouvernement; elle incarne le visage d’une majorité moderne et courageuse.

Elle est la porte-parole d’une campagne que nous voulons porter par le coeur et la raison

 

Je vois ici des élus, des parlementaires, des militants dont la confiance m’oblige.

 

J’ai une profonde envie de me battre avec vous, de me battre pour mes convictions, et je suis bien décidé à aider Nicolas Sarkozy à aller chercher la victoire.

 

Il y a 5 jours, il a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Maintenant, la campagne est engagée.

 

Pendant les semaines qui ont précédé, des candidats paradaient, d’affriolants sondages sous le bras, donnant à tous le résultat d’une élection qui n’aurait pourtant lieu que des mois plus tard.

 

L’élection présidentielle est la propriété des électeurs français, de tous les Français, et pour eux la messe n’est jamais dite avant d’entrer dans l’isoloir.

 

Soixante jours nous séparent de ce rendez-vous majeur qu’est l'élection du Président de la République. Soixante jours seulement, pendant lesquels notre énergie devra être déployée sans relâche.

 

La candidature de Nicolas Sarkozy est une bonne nouvelle pour la France car elle répond à une nécessité nationale.

Bien sûr ce n'est pas une surprise !

La surprise aurait été que le Président pose son sac à terre; que l’homme d’Etat se dérobe à son destin; qu’il hésite à affronter le suffrage universel.

Comment imaginer que tant d'efforts, tant de décisions, tant de réformes n'aiguisent pas son appétit de convaincre et de vaincre ! Comment imaginer qu'en pleine tempête, dans l'œil d'une impitoyable crise, le Président de la République déclare forfait.

 

Ce second mandat est une nécessité, car il reste tant à faire, sur le chemin que nous avons suivi depuis cinq ans.

Bien sûr que nous aurions aimé aller plus loin, plus vite, dans la modernisation de la France.

Mais nul ne pouvait prévoir qu’en mai 2007, la crise allait rebattre toutes les cartes.

Cette crise s’est révélée plus qu’une crise bancaire, plus qu’une crise financière, mais bien la crise d’un modèle de développement européen qui ne pouvait plus tenir face à l’explosion des déficits et face à la montée en puissance des pays émergents.

 

Du jour au lendemain, il a fallu éviter le krach de nos banques, il a fallu protéger l’épargne des Français, il a fallu sauver la zone euro, et il a fallu renforcer la crédibilité de la France afin qu’elle ne subisse pas le sort de la Grèce, de l’Espagne ou du Portugal.

 

Nicolas Sarkozy se devait d’être à nouveau candidat parce que cette crise n’est pas finie.

A l’évidence, le projet socialiste n’est pas à la hauteur de cette crise.

Cela n’est pas surprenant.

Le socialisme a été créé au début du XXème siècle. A une époque où les conquêtes sociales étaient nécessaires, où les richesses de la France les justifiaient, les permettaient, à une époque où notre continent dominait l’ensemble de la planète et tirait de ses empires les ressources de son développement.

Ce monde là est derrière nous.

L’Occident est doublé par l’Asie, sa fortune s’est tarie, la France et l’Europe sont endettées, leur compétitivité est contestée…

Bref, tous les anciens paramètres de la puissance européenne sont remis en cause.

Au milieu de tout cela, le socialisme tourne à vide.

Il a été conçu pour redistribuer les richesses… Or ces richesses font désormais défaut, et tout le défi d’aujourd’hui est de produire plus.

Il a été conçu pour promettre des lendemains faciles… Or il n’y a plus de progrès possible sans effort.

 

Ceci dit – il faut être juste ! – le candidat du parti socialiste ne rêve plus d’imposer à la France un programme socialiste…

Il suffit de lire son projet pour constater qu’on est devant une sorte de sociale démocratie terne et molle qui ne répond pas aux principaux défis qui sont lancés à notre pays.

 

Comment la France pourrait-elle sortir de la crise avec un tel projet ? Et où irait-elle si elle était dirigée par un candidat qui dit oui, puis non, puis on verra ?

Ce n’est pas considérer les Français dignement que de dire un jour que la finance est le principal adversaire, et un autre jour d’affirmer que la City de Londres n’a rien à craindre.

 

Les Français veulent la vérité, même si cette vérité est difficile à entendre.

Nous, nous n’avons jamais leurré nos concitoyens sur les conditions du redressement national.

 

 

Du début du quinquennat jusqu’à sa fin, nous avons parlé travail, effort, réformes.

A aucun moment nous n’avons cédé à la facilité !

A aucun moment nous n’avons gouverné pour les sondages !

Nous avions annoncé que la modernisation que nous entreprenions n’était pas un lit de roses, et qu’elle avait sa part de sacrifice.

 

Cet impératif de changement, certains semblent vouloir le contourner, le placer sous un voile pudique pour qu’on en détourne le regard, bref, certains voudraient résumer l’élection à un choix de personne.

Pour eux, le changement, c’est simplement une question de visage.

Comme si l’élection présidentielle se réduisait à une affaire de goût et d’affinités, comme si, au lieu de choisir un chef d’Etat, on distribuait un prix de camaraderie.

Dans le fond, le parti socialiste a pour seule ambition le rejet d’une personnalité qu’il n’a eu de cesse de dénigrer de façon blessante.

C’est de l’ostracisme, celui-là même au nom duquel, en 1920, l’Assemblée avait préféré à George Clemenceau l’aimable Paul Deschanel. Mais, l’histoire reconnaîtra les siens !

 

 

 

Mes chers amis,

 

On ne change pas un président qui a fait ses preuves dans la pire des tourmentes.

On ne change pas un président qui a tenu l’Europe; qui a renforcé la fraternité franco allemande. 

On ne change pas un président qui a commencé à sortir la France de ses conservatismes.

Qui aurait pensé, avant 2007, qu’il serait possible, en un quinquennat, de faire la réforme des universités, d’instaurer le service minimum dans les transports, d’assouplir les 35 heures, de supprimer la taxe professionnelle, d’interdire le port de la burqua, de réduire le nombre des fonctionnaires ?

 

On ne change pas un président qui est le seul parmi les candidats à vouloir véritablement s’attaquer aux racines de nos handicaps.

 

Premier handicap : la compétitivité.

Si nous voulons rester une terre de production, il faut avoir le courage de regarder les faits.

A l’heure actuelle, le coût horaire de la main d’œuvre dans l’industrie et les services marchands est supérieur en France de près de 10% par rapport à l’Allemagne et de plus de 20% par rapport à la moyenne de la zone euro.

 

 

On continue comme cela ou on change ?

La gauche fuit le sujet… Mais pas nous !

 

Nous allons réduire les charges qui pèsent sur le travail en revoyant le financement de notre système de protection sociale.

Bien sûr que le sujet est sensible.

Mais nous avons fait notre choix.

Nous sommes aux côtés des Français qui veulent produire en France, nous sommes aux côtés des Français qui veulent travailler dans leurs usines, nous sommes aux côtés des Français qui souhaitent que les produits que nous importons contribuent au financement de la protection sociale.

 

Second handicap : la rigidité de l’organisation du travail.

Pour le surmonter, nous voulons pouvoir développer dans chaque entreprise des accords de compétitivité pour leur permettre de s’adapter aux fluctuations des marchés.

Ce doit être des accords gagnants/gagnants, conclus avec la majorité des salariés et de leurs représentants syndicaux, des accords pour adapter le travail, moduler son organisation, préserver l’activité et l’emploi.

 

Plutôt que de fermer une entreprise faute d’avoir pu s’adapter, plutôt que d’en arriver à un conflit social, imaginons un nouveau dialogue social adapté aux réalités du terrain !

 

Troisième handicap : le chômage.

En période de croissance comme en période de récession, nous n’avons jamais réussi à juguler ce fléau.

Parmi les raisons de cet échec, il y a la question de la formation professionnelle.

Actuellement, seuls 10% des chômeurs bénéficient d’une formation.

Notre système est si compliqué, les acteurs sont si nombreux, les cloisons sont si persistantes que rien de décisif n’a été fait pour moderniser cet outil pourtant capital de la formation professionnelle.

Voilà pourquoi le Président de la République a évoqué la possibilité d’un référendum.

En quoi est-ce illégitime ?

En quoi l’objectif d’une formation structurée, puissante, concentrée sur nos concitoyens les plus fragilisés ne constituerait pas un bel idéal de société ?

 

J’étais aujourd’hui sur le plateau de Saclay, pour dire que notre soutien en faveur de la recherche est sans précédent, que l'autonomie des universités est une révolution, que les grands investissements d’avenir que nous avons financés vont créer les ruptures scientifiques et technologiques du futur.

Je ne dissocie pas cet effort en faveur de l’intelligence française de l’effort que nous devons déployer pour tous les hommes et toutes les femmes qui doivent pouvoir se former pour être dignes dans leur travail et non abattu et isolé dans l’assistanat.

 

Enfin, mes chers amis, notre pays doit retrouver sa souveraineté financière.

Nous devons continuer à redresser nos comptes publics : c’est pour moi un objectif politique, c’est un objectif moral bien plus qu’un objectif comptable !

 

Notre dépense publique absorbe 56% de la richesse du pays. C’est l’un des taux les plus élevés des pays développés. Au surplus, nous sommes l’un des Etats dont l’administration est l’une des plus étoffées du monde par habitant.

Chacun sait donc que c’est au sein de l’Etat et au cœur des dépenses publiques qu’il faut trouver des marges de manœuvre.

Mais la gauche ne veut pas en entendre parler pour des raisons électorales.

Elle veut abroger la réforme territoriale qui permet pourtant une rationalisation des politiques régionales et départementales, elle entend stopper la réduction du nombre de fonctionnaires, elle veut embaucher 60.000 enseignants de plus, soi disant à périmètre constant s’agissant des effectifs globaux de l’Etat…

 

Si c’est vraiment le cas, alors il faut clairement dire aux Français quelles autres administrations vont être sacrifiées sur l’autel de ces recrutements massifs en faveur de l’Education.

Là, c’est le silence radio !

 

Bref, sur la lutte contre les déficits, les Français ne doivent pas compter sur les socialistes !

Et s’ils ne peuvent pas compter sur eux sur les déficits, il est également inutile de croire la gauche sur la solidarité, car il n’y a pas de solidarité qui tienne sans finances publiques saines.

Mes chers amis,

 

Une France forte, c'est le projet de Nicolas Sarkozy pour ce début de siècle.

Cette France forte, nous avons déjà commencé à la construire, et aucun relâchement n’est possible car le monde change et ne nous attend pas.

La vérité, c’est que rien n’est acquis, que les évolutions en cours vont s’accélérer.

Il n’y aura aucune pitié pour les Nations faibles.

Alors oui, il faut une France forte. Il faut une France forte pour protéger les Français.

Ce n’est pas une France pour les forts, pas plus qu’une France pour les riches.

C’est une France qui tient, une France qui relève les défis, une France qui finance sa solidarité, une France qui affronte la mondialisation et réussit à en tirer profit.

 

Pour bâtir cette France là il faut un projet clair. Pas un projet à météo variable.

Le candidat socialiste est passé maître en floutages, demi- tours, marches arrière, et autres cordes de rappel.

Le flou est l'ennemi du vrai !

 

Chers amis, si nous voulons une France forte, il faut donner à Nicolas Sarkozy une majorité unie, large, généreuse.

On a l'habitude de dire qu'au "premier tour on choisit et au second on élimine ".

Dans le cas présent, je ne crois pas à cet adage.

Le premier tour de cette élection sera décisif.

Il faut une dynamique autour du Président de la République.

 

Choisir, réfléchir, écouter la petite musique de sympathie qu'on aurait éventuellement pour tel ou tel candidat, c'est compréhensible, mais est-ce le moment au regard des enjeux, est-ce le moment au début d'un siècle où tant de vents violents balayent le monde ?

 

Dès le premier tour, j’invite tous les Français de bon sens, quelles que soient leurs sensibilités, à choisir la voie de la modernisation de notre pays.

Dès le premier tour, j’invite les électeurs centristes à nous rejoindre car sur bien des points, notre vision de la société est la même.

Pour ces électeurs, l’Europe constitue depuis toujours une priorité fondamentale.

Par le passé, entre gaullistes et centristes, il y avait des différences sur l’organisation de l’Union européenne… Mais depuis, il faut juger sur les actes.

Et les actes militent en faveur de Nicolas Sarkozy.

C’est lui qui en 2007 a sorti l’Union européenne de l’impasse institutionnelle.

C’est lui qui s’est battu pour que cette Union ne bascule pas dans la division et le chacun pour soi lorsque la crise s’est attaquée aux Etats européens les plus exposés à la crise.

C’est lui qui a resserré le couple franco-allemand au moment les plus décisifs.

C’est lui qui, avec Angela Merkel, ambitionne de créer les conditions d’une Europe politique.

Oui, je dis aux électeurs du Centre que l’Europe est également notre priorité, et que cette priorité exige notre rassemblement.

 

À l'appel du Président de la République, mettons-nous tous en ordre de bataille.

Serrons nos rangs, armons-nous de courage, de conviction, d'esprit vainqueur.

Et allons au devant des Français.

Avec ceux qui doutent, avec ceux qui partagent nos valeurs mais se sont éloignés de nous, avec ceux qui ont vu en Nicolas Sarkozy l’homme du changement et qui se laissent parfois étouffer par les fumées de la caricature, vous avez la responsabilité de dialoguer, vous avez la responsabilité de partager vos idées, vous avez la responsabilité de défendre vos idéaux.

 

Aujourd'hui et pendant deux mois consacrons notre énergie à l'essentiel.

Et l'essentiel c'est la France ; cette France dont tant de générations, tant de familles, tant de citoyens, ont fait un grand peuple, une grande nation.

Aujourd'hui c'est notre génération qui porte la responsabilité du chemin français.

 

Ensemble, nous avons le beau devoir, nous avons le grand devoir de parler de la France que nous aimons et que nous voulons plus forte.

 

Vive la France et vive la République.

 

 

Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article
28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 11:16

 


 

François Fillon a conclu le Conseil national de l'UMP et rappelle que l’élection présidentielle récompensera le candidat le plus solide, l’homme que les circonstances exigent, et cet homme c’est le chef de l’Etat, c’est Nicolas SARKOZY.

 

 

Mes chers amis,

 

Je suis heureux d'être avec vous et parmi vous parce que le compagnonnage et la loyauté sont pour moi des valeurs essentielles de la politique.

Je suis heureux d'être avec vous parce que nous avons fait ensemble de grandes réformes, parce que nous avons fait passer la France au travers de violentes tempêtes, parce que nous avons toujours choisi l'audace contre la prudence, les routes de crêtes contre les chemins de ronde.

Maintenant, nous sommes aux avant-postes d'un combat électoral qui va déterminer les lignes de forces françaises de ce début de siècle.

 

Mes amis, les mois que nous allons vivre vont être décisifs et ils vont être passionnants !

Ce sera, pour nous, d’abord une période de rassemblement, une période où le service de l’intérêt commun devra transcender toute les ambitions personnelles. Ce sera une période de dévouement qui devra nous conduire à redevenir des militants parmi les militants.

 

L’UMP est désormais prête pour livrer la bataille.

Le projet est là, les candidats sont désignés, les militants sont mobilisés.

Avec l’appui de Jean-Pierre Raffarin, de Jean Claude Gaudin, de Brice Hortefeux, de Bruno Le Maire et de toute l’équipe dirigeante de notre mouvement, Jean-François Copé peut être satisfait du travail accompli, et Nicolas Sarkozy sait qu’il peut compter sur le mouvement, dont il a été le formidable animateur.

 

L’élection présidentielle récompensera le candidat le plus solide, et dans mon esprit, il n’y a pas de doute, l’homme que les circonstances exigent, c’est le chef de l’Etat, c’est Nicolas SARKOZY.

Mais l’élection récompensera aussi le parti le plus décidé à aller chercher la victoire.

A gauche on croit que la partie est gagnée mais on méconnait la force de votre engagement, et on sous-estime les interrogations et les doutes qui agitent la société française.

Ces interrogations, elles se portent naturellement d’abord sur nous qui avons dirigé notre pays dans la pire situation économique qui soit.

Crise financière, crise économique, crise de l’Europe : tout ce quinquennat aura été un quinquennat de combat face à un monde en rupture.

Nous devons nous en expliquer avec les Français qui ont parfois vu leurs espoirs abimés par l’épreuve.

 

Mais ces interrogations et ces doutes, ils sont aussi tournés vers une gauche qui ne s’est jamais montrée à la hauteur des évènements qui ont bousculé l’économie mondiale.

 

A cette heure, l’élection reste imprévisible.

Aucun scénario n’est écrit d’avance, parce que ce scénario, c’est vous qui allez l’écrire, c’est vous qui allez l’écrire avec le peuple français.

Alors répondez fermement aux donneurs de leçons qui durant cinq ans ont commenté tranquillement la crise du haut des tribunes sans jamais chercher à aider leur pays en soutenant les mesures de redressement qui étaient prises par tous les peuples européens.

 

Balayez, balayez la mauvaise foi, armez-vous d'un moral de fer.

L'essentiel c’est de vaincre et de convaincre.

L'essentiel c'est de confirmer et de conforter notre travail d’un quinquennat.

L'essentiel c'est d'éviter à notre pays l'épreuve du triple saut : le saut dans l'inconnu, le saut dans le flou du socialisme, ou dans le vide programme des extrémistes.

Vous l'aurez compris : l'enjeu c’est de gagner.

 

Chers amis, menons, menons cette campagne la tête haute. Et d’ailleurs, pourquoi raserions-nous les murs ?

Contre les vents contraires, et contrairement à beaucoup d’autres pays, nous avons sauvé l’épargne des Français, évité le crash bancaire, maintenu le pouvoir d’achat.

Nos défenses ont tenues et nous sommes allés à l’offensive.

Contre les conservatismes, contre les résistances, nous avons tracé notre route, là ou bien d’autres Gouvernements auraient fait machine arrière.

L’autonomie des universités, l’augmentation des moyens de la recherche, les pôles de compétitivité, nous avons tout fait pour libérer l’initiative et pour préparer l’avenir de la jeunesse de notre pays.

 

L’instauration du service minimum a modifié le rapport entre les usagers et les grévistes qui ne sont plus en droit de prendre les français en otage.

La loi sur la représentativité des syndicats a démocratisé un système issu de l’après-guerre.

La loi contre le port de la burqa a marqué un coup d’arrêt aux attaques contre la laïcité.

La réforme des régimes spéciaux de retraites et la fin du symbole des 60 ans ont permis de sécuriser notre modèle social.

La réduction des dépenses publiques et du nombre de fonctionnaires relèvent d’un exploit dans un pays qui n’avait jamais osé.

 

Croyez-moi, il fallait une volonté farouche pour avancer sur tous les fronts.

Il fallait être partout !

Chez nous, pour continuer sans cesse à moderniser l'Etat et à couper dans nos dépenses.

A Bruxelles, au chevet de l'Europe malade.

A Cannes, pour présider le G 20.

A Berlin, pour aller de l'avant dans la coopération franco-allemande.

En Afghanistan, pour respecter le mandat qui nous avait été confié et nos responsabilités avec nos alliés. Et mes chers amis, à cet égard, je veux dire combien je suis choqué par ces propositions peu responsables de retrait précité et piteux réclamées par le candidat socialiste.

 

Nous fûmes en Libye, en Côte d’Ivoire, pour être fidèle aux valeurs que la France incarne dans le monde.

A quoi bon s’engager là-bas nous disait l’opposition ?

Eh bien je récuse ces disciples de la neutralité qui dénoncent les malheurs du monde mais qui n’ont pas le courage de les combattre.

Si Nicolas Sarkozy n’avait pas eu l’audace de sauver Benghazi, le carnage aurait eu lieu et l’honneur de la communauté internationale aurait été bafoué.

S‘il n’avait pas eu l’audace de faire respecter la démocratie en Cote d’Ivoire, le sort du peuple ivoirien aurait été scellé dans le sang.

 

Oui, nous pouvons être fiers d’être Français.

Nous pouvons être fiers d’avoir défendu les intérêts de la France.

Nous pouvons être fiers de s’être engagé partout où l'union Européenne semblait parfois douter d'elle-même.

Fiers d’avoir résisté à l’une des crises les plus brutales depuis un siècle.

 

 

Bien sûr, je ne crie pas victoire.

Je suis lucide sur notre bilan, un bilan qui n’a pas besoin d’être encensé pour lui rendre justice. Nous avons rencontré des obstacles, nous avons dû remiser certaines de nos espérances.

 

Gouverner, mes amis, c’est tracer une route entre le nécessaire et le possible, c’est évoluer avec prudence entre les récifs de la crise, c’est trouver les articulations entre la France, l’Europe et les réalités du monde, c’est assumer ce difficile arbitrage entre la volonté de faire le maximum pour les Français et l’impossibilité de faire toujours plus, pour tous, à n’importe quel prix.

 

La violence de ce que nous avons vécu pendant quatre ans a toutes les chances de se poursuivre pendant les prochaines années parce que la crise européenne est profonde et cette crise européenne elle ne se résoudra pas avec des slogans ou avec des fuites en avant nationales. C’est d’ailleurs le principal enjeu de cette élection présidentielle : faire comprendre à nos concitoyens que nous sommes entrés dans une longue période d’adaptation, qui demande du cran, qui demande de la volonté et qui demande surtout de l’unité entre les peuples européens qui sont confrontés au même risque de déclassement.

 

 

A propos de bilan, je veux renvoyer l’opposition à deux réflexions.

 

La première, c’est que plusieurs de nos actions auraient mérité un peu plus de consensus national et un peu moins de sectarisme.

Sur la réforme de nos institutions, qui a pourtant donné des pouvoirs sans équivalent au Parlement, la gauche a trouvé le moyen d’y être violemment hostile.

 

Sur les retraites, alors que dans la plupart des grands pays européens, majorité et opposition s’accordaient pour agir ensemble, chez nous, la gauche s’est opposée bêtement à une réforme de bon sens, et cela malgré les conseils avisés de Michel Rocard.

Et maintenant, le parti socialiste prévoit de rétablir l’âge légal de départ à 60 ans, ce qui est une folie économique et sociale qu’aucun autre pays au monde n’oserait faire dans les circonstances démographiques et économiques qui sont celles que nous connaissons.

 

Sur l’instauration d’une règle d’or budgétaire, adoptée de façon consensuelle par beaucoup d’autres Etats européens, jamais la gauche n’a accepté d’élever le débat au dessus des contingences partisanes.

Face à la crise de l’euro et de l’Europe, à aucun moment nous n’avons pu compter sur l’appui de l’opposition. Celle-ci n’a jamais voulu accepter de regarder la réalité en face et de voir que le sujet, par sa gravité, méritait mieux que des querelles hexagonales.

 

Et maintenant, le candidat socialiste prétend qu’il va aller renégocier avec l’Allemagne et nos partenaires européens l’accord du 9 décembre. Comme l’a parfaitement dit Alain Juppé jeudi soir, c’est non seulement présomptueux, mais c’est surtout dangereux parce que si la France revient sur sa signature, alors c’est tout le nouvel édifice européen qui est menacé.

 

 

Non, durant cinq années, à aucun moment l’opposition ne contribua, un tant soit peu, à l’unité nationale.

 

Elle critique notre bilan à tout va, mais dans les faits…

Elle ne reviendra pas nous dit elle sur le service minimum, pourtant tellement combattu.

Elle ne reviendra pas sur la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC.

Elle ne reviendra pas sur le rapprochement de la police et de la gendarmerie.

Elle ne reviendra pas sur la réforme de la carte judiciaire et de la carte militaire.

Elle ne reviendra pas sur le revenu de solidarité active.

Elle ne reviendra pas sur la revalorisation de 25% de l’Allocation adulte handicapé.

Elle ne reviendra pas sur le Grenelle de l’environnement.

Elle ne reviendra pas sur la loi interdisant la burqa.

 

Reviendra-t-elle sur l’autonomie des universités ? A la marge, nous dit-on.

Reviendra-t-elle sur le principe d’une immigration choisie ? «Ni oui ni non », a répondu le candidat du parti socialiste…

 

Bref, si notre bilan était si mauvais, alors pourquoi tout cela serait-il conservé ?

 

 

Mes amis, Jean-François vient de décortiquer le projet socialiste, et je n’y reviens que pour dire que ce projet passe à côté de trois sujets majeurs.

 

D’abord, celui de l’Europe dont le candidat socialiste semble méconnaître les rouages, mais semble surtout ignorer la partie décisive en train de se jouer et que nous sommes progressivement en train de gagner, cette partie qui est de bâtir une Europe politique, avec une gouvernance plus efficace !

C’est cela l’enjeu : l’Europe politique, et l’Europe politique ca n’est pas l’Europe socialiste, avec une relance keynésienne dont plus personne n’a les moyens et un relâchement budgétaire qu’aucun Etat ne peut se permettre.

 

Second sujet, c’est celui des déficits.

Si j’ai bien compris, le candidat socialiste veut les réduire, mais à un rythme moins rapide que nous et avec des prélèvements obligatoires supplémentaires, qui d’ailleurs contrairement à ce qui est dit, ne toucheront pas que nos concitoyens les plus fortunés.

Et l’exemple le plus marquant, c’est la réforme fiscale proposée, qui, avec la fusion programmée de l’impôt sur le revenu et de la CSG, frappera les classes moyennes ; c’est aussi la remise en cause des heures supplémentaires défiscalisées qui bénéficient à 9 millions de travailleurs, le plus souvent les travailleurs les plus modestes.

 

Mais revenons aux déficits.

Notre dépense publique absorbe 56% de la richesse du pays. C’est l’un des taux les plus élevés au monde. Au surplus, nous sommes l’un des Etats dont l’administration est la plus étoffée.

 

Chacun sait donc que c’est au sein de l’Etat et au cœur des dépenses publiques qu’il faut trouver désormais des marges de manœuvre.

Ce diagnostic n’est ni de droite, ni de gauche, il est dressé par tous les Gouvernements qui nous entourent, quelles que soient leurs couleurs politiques.

 

 

Mais chez nous, la gauche ne veut pas en entendre parler pour des raisons électorales : alors on abroge la réforme territoriale qui permet pourtant une rationalisation des politiques régionales et départementales, on stoppe la réduction du nombre de fonctionnaires, on embauche 60.000 enseignants de plus, soit disant à périmètre constant…

 

Si c’est vraiment le cas, il faut clairement dire aux Français quelles autres administrations vont être sacrifiées sur l’autel de ces recrutements massifs en faveur de l’éducation…

 

Bref, sur les déficits, la crédibilité n’est pas au rendez-vous !

Le retour à l’équilibre de nos finances publiques réclame de la franchise, de la ténacité, de la méthode et un sens partagé de l’intérêt général parce que l’objectif de désendettement n’ira pas sans effort et sans sacrifice.

Voilà la vérité que nous devons collectivement à nos concitoyens.

 

Et l’autre vérité, pour ceux qui se font plaisir sur les estrades en proclamant que «l’ennemi c’est la finance», c’est que 60% de la dette française est entre les mains des prêteurs, c'est-à-dire de tous ces investisseurs qui ont confiance dans la France, qui ont confiance dans sa solidité historique, qui ont confiance dans sa capacité à se moderniser, qui ont confiance dans sa capacité à tenir les engagements qu’elle a pris.

 

Et c’est grâce à cette confiance, mes chers amis, que nos taux d’intérêts sont parmi les plus bas d’Europe : autour de 3%, quand les Italiens empruntent à plus de 6%, les Espagnols à 5%, sans parler des Portugais ou des Grecs.

 

Que nous perdions cette confiance, et nos taux d’intérêts s’envoleront inexorablement. 1% d’intérêt supplémentaire, c’est 18 milliards de plus à payer de plus chaque année.

18 milliards !

Autant de TGV, autant de trains de banlieue, autant d’hôpitaux en moins, de rénovations, de collèges, de services publics en moins, de déficits en plus !

Entre les investisseurs et les Français, entre les investisseurs et la France de tous les jours, il y a une relation directe qu’il ne faut pas mépriser, mais qu’il faut au contraire sécuriser.

 

«Contre la finance», «contre les riches »… Quel sera le prochain bouc émissaire sur la liste ?

Le débat doit être digne.

Nul ne doit l’envenimer ni blesser les électeurs, parce qu’il n’y a pas un peuple de gauche contre un peuple de droite, il n’y a que des citoyens français dont l’intelligence et la grandeur d’âme doivent être sollicitées. Voilà ce que nous croyons.

 

Enfin, reste le sujet majeur de la croissance. La croissance est au cœur de toutes les préoccupations françaises : l’emploi, le pouvoir d’achat, la réindustrialisation, la lutte contre les délocalisations…

Il faut relancer notre machine économique, et pour ce faire, il faut avoir le courage de traiter les questions de fond, et les questions de fond s’appellent la compétitivité des entreprises françaises, la productivité du secteur public et du secteur privé, le coût du travail, l’organisation du travail.

 

Eh bien dans le projet socialiste, il n’y a aucune mesure pour s’attaquer à ces véritables problèmes.

On nous parle d’une banque publique d’investissement, qui, existe déjà avec OSEO et le fond stratégique d’investissement que nous avons créé.

On nous parle d’un livret d’épargne industrie, qui existe déjà.

On nous parle d’une modulation de la fiscalité des entreprises en fonction de leur taille, de leurs investissements ou des emplois qu’elles créent. Outre que tout ça serait contraire à tous les traités européens que nous avons signés, que cela nous éloignerait encore un peu plus de la convergence avec notre partenaire allemand, une telle mesure mes amis, témoigne d’une vision théorique et dépassée de l’entreprise et de l’économie.

 

La vie des entreprises, ce n’est pas celle des administrations. Elles doivent faire face à des variations brutales de leur marché.

Elles ont besoin d’oxygène, pas d’une suspicion permanente exercée par des bureaucraties tatillonnes.

 

Au passage, un chiffre en dit long sur le sérieux de ces propositions. Le candidat socialiste veut porter l’impôt sur les sociétés à 35% pour les grandes entreprises. Quelqu’un peut -il l’informer que nous l’avons monté à 36% pour lutter contre les déficits auxquels nous devons aujourd’hui faire face ?

 

 

Mes chers amis,

En quoi toutes ces mesures contribuent-elles à répondre à la seule question qui vaille qui est celle de notre compétitivité qui a pris un sérieux retard par rapport à nos partenaires allemands et européens ?

Le parti socialiste croit suffisant de résumer ce déficit de compétitivité à un problème d’innovation et de montée en gamme des produits.

Oui c’est un des problèmes, mais nous n’avons pas attendu la gauche pour prendre des mesures fortes sur ce sujet.

Nous avons supprimé la taxe professionnelle – cet impôt «imbécile» disait François Mitterrand mais que le parti socialiste croit pourtant intelligent de vouloir rétablir. Et nous avons triplé le crédit impôt recherche.

C’est en tout 10 milliards par an pour l’investissement et l’innovation.

Nous avons lancé les grands investissements d’avenir.

C’est 35 milliards qui sont progressivement injectés dans l’économie, dans l’industrie, et dans la recherche française.

 

Bref, la gauche a un train de retard, mais surtout elle esquive les problématiques de fond qui la dérangent.

Notre temps de travail est inférieur à la plupart de nos concurrents. Voilà pourquoi nous avons voulu assouplir les 35 heures et stimuler les heures supplémentaires.

 

Notre réglementation est trop rigide pour s’adapter, entreprise par entreprise, aux mutations économiques.

Voilà pourquoi nous voulons ouvrir avec les partenaires sociaux le débat sur les accords de «compétitivité» et d’emploi, qui doivent permettre, avec la majorité des salariés et de leurs représentants syndicaux, de conclure des accords gagnants/gagnants pour adapter le travail, pour moduler son organisation, pour préserver l’activité et l’emploi.

 

Notre coût du travail est supérieur de 8% à celui de notre partenaire allemand, et de 20% à celui de la moyenne de la zone euro.

Ca ce n’est pas un débat pour l’opposition, qui craint en réalité si elle l’abordait, de devoir en tirer les conséquences. Pour nous, c’est est un !

 

Et voilà pourquoi le Président de la République s’engage en faveur d’un allègement du coût du travail qui va de pair avec une réorganisation de notre protection sociale.

Nous savons mes amis que le sujet est sensible, nous savons les caricatures et les mauvais procès qui nous attendent au tournant.

Mais nous avons fait notre choix, nous sommes au coté des Français qui veulent produire en France, nous sommes au coté des Français qui veulent travailler dans leurs usines, nous sommes au coté des Français qui, à juste titre, souhaitent que les produits que nous importons paient leur part de financement de notre protection sociale.

 

 

Mes chers amis,

 

Diriger la France, c’est être constamment sur le front d’un monde périlleux.

La mondialisation oblige la France à plus de compétitivité, à plus d’innovation, à plus de solidarité, à plus de discipline budgétaire, à plus de réactivité internationale, et tout cela exige du courage, de la clairvoyance et de la fierté nationale.

Il faut à la tête de la France, un caractère, une expérience, un Président qui s’engage.

Qui d'autre que Nicolas Sarkozy peut protéger nos intérêts, réformer le pays, fédérer les énergies européennes, convaincre les grands de ce monde ?

 

Pour être l’homme de la situation il faut être l’homme de son époque.

Or, comment croire à la modernité du socialisme français ?

Depuis cinquante ans, le parti socialiste a tout annoncé, tout testé, tout recyclé, et surtout beaucoup renié...

 

Au Bourget, le candidat socialiste nous a parlé de rêve.

Il nous a même donné une leçon de rêve en citant un certain Nicholas Shakespeare.

« Ils ont échoué – écrivait ce Nicholas - parce qu'ils n'ont pas commencé par le rêve ».

 

Non mes amis, le rêve socialiste n’est pas ce qu’il faut à la France.

En période de crise, c’est la lucidité, c’est le sang-froid, c’est le pragmatisme qui comptent. Pas question de dire aux Français, faites de beaux rêves et le bonheur viendra par enchantement.

 

Nous ne redresserons pas la France par le rêve, nous redresserons la France par le travail, par l'initiative, par l'investissement, et par le courage.

 

«Tendez votre courage jusqu’au point héroïque et nous réussirons». Ca, c’est du Shakespeare M. Hollande, mais du vrai, William Shakespeare dans Macbeth !

 

Mes chers amis, tendons notre courage et nous réussirons.

 

Vive la République et vive la France.

 

 

 

Partager cet article

Publié par François Fillon - dans TRIBUNES ET DISCOURS
commenter cet article

Mes vidéos

Fil Twitter

Recherche